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l'Abeille

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Traitement de la varroase

 Que faire fin 2004 - début 2005 ?
par

Jean-Paul Faucon, Daniel Gergouil, Vice-Présidents de la FNOSAD

Avec l'aimable autorisation de la revue
"La Santé de l'Abeille"

 


punaise.gif (183 octets)Rappelons que le traitement des colonies réalisé le plus tôt possible dès la fin de la dernière miellée (fin de l'été ou début de l'automne) est impératif afin de préparer un hivernage de qualité.

I - Les médicaments

Pour lutter contre la varroase, l'utilisation de médicaments ayant une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) est obligatoire en application de la loi sur la pharmacie vétérinaire.

Actuellement l'Apivar, l'Apiguard et l'Apistan ont une AMM.

punaise.gif (183 octets)Apivar

C'est un médicament dont la molécule active est l'amitraze.

Jusqu'à présent les résultats d'efficacité étaient corrects. Une ou deux applications (2 lanières par colonie) en fonction de la région géographique (début de l'automne et début du printemps) permettaient une année apicole sans encombre.

Des incidents de plus en plus nombreux sont rapportés. Ils semblent montrer une efficacité en baisse même si l'on ne peut exclure une possible recontamination par des colonies non traitées (présence de nombreux varroas sur les abeilles adultes après plus de 6 semaines de traitement, seuils d’infestation élevés dès le mois de février après un traitement d'automne…). Cette baisse d'efficacité est-elle due à une résistance du parasite ou à une anomalie de libération de la matière active de la lanière ? Des essais devraient être entrepris pour répondre à cette question.

L'Apivar reste cependant le médicament à utiliser préférentiellement. Le mode de traitement doit être parfaitement respecté : 2 lanières par colonie à insérer au milieu de la grappe d'abeilles et à laisser en place 10 semaines.

punaise.gif (183 octets)Apiguard

Les diverses remontées du terrain font apparaître des avis très partagés sur l'efficacité de ce traitement à base de thymol. Certains apiculteurs sont satisfaits, d'autres moins. Ce traitement doit être réalisé durant la période chaude en août et début septembre. La température extérieure ne doit pas être inférieure à 15 °C. Mais attention, ce traitement doit être impérativement consolidé par un traitement d'hiver afin d’éliminer les varroas restants.

punaise.gif (183 octets)Apistan

Le fluvalinate est la matière active de ce médicament. Varroa destructor a développé des résistances vis-à-vis de cette molécule. Pour cette raison, depuis plusieurs années il est demandé de ne plus utiliser l'Apistan.

Un espoir cependant car, d’après J. Trouiller de la Société SWARM :
Il a été clairement montré qu’après une certaine durée d’arrêt d'utilisation du fluvalinate, la résistance du varroa vis-à-vis de l'Apistan diminue naturellement jusqu’à presque disparaître. Par exemple, après 8 ans d’arrêt de l'Apistan en Italie, les taux de résistance ont considérablement diminué et ont atteint des valeurs moyennes de 5 % permettant une efficacité de l'Apistan généralement supérieure à 95 %.
SWARM a effectué à la fin des années 90 une série de tests de laboratoire pour évaluer le degré de résistance du varroa vis-à-vis de l'Apistan. Pour évaluer le degré de résistance actuel, nous voulons cette année effectuer une nouvelle campagne plus particulièrement centrée sur le Sud de la France où l'Apistan a été arrêté depuis de nombreuses années. La méthode de laboratoire utilisée est identique à celle utilisée par le passé.


Cette réutilisation, si elle se confirme, ne sera peut-être que temporaire mais permettrait une mise en repos de l'amitraze.

II - Cas particulier de l'acide oxalique

L'acide oxalique est une substance efficace pour lutter contre Varroa destructor dans les colonies sans couvain.

Trois modes d'application sont utilisés actuellement :

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la pulvérisation,

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le dégouttement,

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la sublimation.

Ces modes de traitement offrent, si l'utilisation et le dosage sont corrects, une efficacité d’environ 95 % à condition, il faut le répéter, que la colonie soit dépourvue de couvain. Ce traitement est comparable aux traitements amitraze à froid (lange graissé où est étalé 0,5 ml de Tactik), aérosol à l'amitraze avec différents nébulisateurs… autant de traitements qui :

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il y a une quinzaine d'années, ne donnaient pas satisfaction à cause de la non prise en compte des varroas prisonniers du couvain ;

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ont conduit à de grandes difficultés pour maintenir les colonies dans un état sanitaire correct particulièrement dans les régions du Sud où la présence de couvain n'est jamais nulle.

La période de traitement à l'acide oxalique se situe donc à la fin de l'automne et au début de l'hiver.

La méthode par dégouttement est la méthode la plus appropriée compte tenu de sa relative facilité d'utilisation. La solution suivante est à employer : 35 g d'acide oxalique dihydrate dilué dans un litre de sirop de saccharose 50/50.

Il faut arroser les abeilles présentes entre les cadres avec environ 40 ml de solution, soit 5 ml par intercadre occupé.

Cette solution est un compromis entre les deux critères importants que sont l'efficacité et les effets secondaires sur les abeilles.

Un stockage de la solution à une température inférieure à 5 °C assure une conservation de la solution sucrée d'acide oxalique durant une longue période.

Des essais menés dans différents pays européens ont montré que la teneur naturelle en acide oxalique des miels de printemps n’était pas augmentée suite à un traitement réalisé à l'automne précédent

L'acide oxalique vient d'être inscrit à l’annexe II du règlement CEE n° 2377/90, ce qui signifie qu’il n'apparaît pas nécessaire pour la protection de la santé publique de fixer une limite maximale de résidus (LMR).

La note de service du Ministère de l'Agriculture (DGAl/SDSPA/N2004-8136) indique :

En complément de la note de service DGAL/SDSPA/N2002-8045 du 18 mars 2002 relative aux médicaments vétérinaires destinés au traitement de la varroase des abeilles, il y a lieu d'ajouter l'acide oxalique.
Etant pharmacologiquement active, cette substance nécessite donc, avant de pouvoir être administrée à des animaux producteurs d'aliments, d'être inscrite à l’une des annexes I, II ou III du règlement (CEE) n° 2377/90, en application de l'article 14 de ce règlement. Le règlement (CE) n° 546/2004 du 24 mars 2004 vient d'inscrire l'acide oxalique à l'annexe II du règlement (CEE) n° 2377/90. Je rappelle que l'article 3 de ce dernier règlement indique que si, à la suite de l'évaluation d'une substance pharmacologique active utilisée dans des médicaments vétérinaires, il n'apparaît pas nécessaire, pour la protection de la santé publique, de fixer une limite maximale de résidus (LMR), cette substance est inscrite à l'annexe II.
Comme la note de service du 18 mars 2002 l'indiquait, les médicaments devant être utilisés en priorité sont ceux ayant obtenu une AMM pour le traitement de la varroase des abeilles. Toutefois, le vétérinaire prescripteur peut, en l'absence de médicament autorisé disponible, recourir à d'autres médicaments conformément au principe de la cascade définie par l’article L. 5143-4 du Code de la Santé Publique (CSP). Le recours à la cascade peut également se justifier lorsque les médicaments disponibles sont jugés inefficaces par le vétérinaire prescripteur, auquel cas il lui appartiendrait de faire une déclaration de pharmacovigilance pour efficacité insuffisante du médicament par rapport à l'efficacité prévue par l'AMM, conformément à l'article R. 5146-41-3, § 3°, du CSP (décret n° 2003-7 ! 60 du 1er août 2003, art. 2, II, A, 2°). L'acide oxalique peut donc être utilisé en apiculture sous ces conditions.
Il convient cependant de distinguer le cas particulier de l'apiculture biologique qui est réglementée par le règlement (CE) n° 1804/1999 du 19 juillet 1999. En effet, ce règlement interdit l'utilisation de médicaments vétérinaires allopathiques chimiques de synthèse à des fins de traitement préventif (cf. annexe I, Prophylaxie et soins vétérinaires, 6.3, d). L'Apiguard (à base de thymol) et titulaire d'une AMM peut, étant visé par ce dernier règlement, être utilisé en apiculture biologique, mais il est inefficace durant les périodes climatiques froides. Dans ces conditions, et conformément à l'article L. 5143-4 définissant la cascade, le vétérinaire peut prescrire une préparation magistrale vétérinaire à base d'acide oxalique en apiculture biologique, sans qu'il soit obligé de juger au préalable de l'inefficacité des médicaments allopathiques chimiques de synthèse titulaires d’une AMM.

En clair :

puce

Un vétérinaire peut prescrire l'acide oxalique à un apiculteur normal que dans la mesure où les médicaments ayant une AMM sont jugés inefficaces par ce même vétérinaire et s'il effectue une déclaration de pharmacovigilance.

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Un vétérinaire peut prescrire l'acide oxalique à un apiculteur biologique sans qu'il soit obligé de juger de l'inefficacité.

Deux poids, deux mesures : les apiculteurs normaux ont plus de contraintes que les apiculteurs pratiquant l'apiculture biologique pour utiliser réglementairement l'acide oxalique.

Inacceptable pour la profession particulièrement quand il s'agit comme pour l'acide oxalique d'un produit sans risque en ce qui concerne la contamination du miel.

Cependant, puisque l'acide oxalique est inscrit à l'annexe II du règlement CEE n° 2377/92, l'apiculteur pourra acheter directement l'acide oxalique dihydrate et pourra l'utiliser sous sa propre responsabilité. Comme pour les autres interventions sanitaires, les conditions de traitement seront inscrites dans le carnet d'élevage.

Que préconiser pour la saison 2004-2005 ?

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Un traitement à l'Apivar à la fin de l'été ou au tout début de l'automne (laisser les lanières en place 10 semaines).

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Une application d'acide oxalique à la fin de l'automne ou au début de l'hiver pour éliminer les parasites qui auraient échappé au traitement à l'Apivar. 


Avec l'aimable autorisation de la revue

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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 03/04/02
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