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Conduite à tenir en cas de loque américaine
par Jean-Paul Faucon
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La loque américaine est une affection du couvain
qui, en France, touche de nombreuses colonies d’abeilles au cours de l’année
apicole. établir la prévalence exacte de cette maladie est difficile, voire
impossible, en raison de la non-déclaration des cas constatés par les
apiculteurs. Seules sont disponibles les statistiques fournies par la DGAl,
elles-mêmes issues des déclarations faites par les apiculteurs aux DDSV. Mais
ces déclarations sont peu nombreuses et non représentatives de la réalité du
terrain.
Lorsque la loque américaine est mise en évidence dans un rucher, une ou
plusieurs colonies peuvent être atteintes. Que peut faire l’éleveur confronté à
une situation qu’il ne peut négliger en raison de la gravité de cette maladie ?
Rappelons qu’aux états-Unis en 1997, l’impact de la loque américaine était
crédité de 5 millions de dollars de pertes (Shimanuki).
Conduite à tenir en cas de loque américaine : 3 possibilités
1
– Destruction des colonies malades
Cette solution est la plus facile à mettre en œuvre.
Lorsque les symptômes de la loque américaine, quelle que soit leur intensité
(une cellule de couvain atteinte ou plusieurs cadres de couvain atteints), sont
constatés, la colonie sera détruite. La destruction se fera le soir lorsque
toutes les abeilles sont retournées à la ruche, cela afin de ne pas augmenter la
contamination des colonies voisines par les butineuses privées de leur ruche.
Méthode
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Asphyxier les abeilles avec une mèche de soufre introduite au trou de vol, laisser la ruche fermée environ 15 minutes. |
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Ouvrir la ruche et récupérer les abeilles et la totalité des cadres dans un sac-poubelle plastique. |
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Désinfecter le sol aux abords de l’emplacement de la ruche. |
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Lors du retour à l’atelier apicole, le sac-poubelle et son contenu seront brûlés (les cendres seront récupérées et enterrées). La combustion complète peut être favorisée par l’ajout d’une petite quantité de mazout. |
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Le corps de ruche et tous les autres éléments (plateau, couvre-cadres, nourrisseur…) seront parfaitement désinfectés au chalumeau. |
Avantages
Cette méthode radicale a pour avantage principal d’éliminer les souches
d’abeilles sensibles à la loque américaine ainsi que les diverses sources de
contamination. La non-utilisation de médicament évite toute pollution des
produits de la ruche.
Risques
Les colonies voisines et le rucher doivent être attentivement surveillés, la
maladie pouvant se déclarer ailleurs en raison de la contagion qui s’est faite.
C’est pour cette raison que, lorsque dans un rucher, une colonie est retrouvée
malade, c’est le rucher qui considéré comme l’animal malade.
2
– Transvasement des colonies malades
Fig. 1 : tableau traitements médicamenteux et transvasement

Avant de choisir l’option transvasement seul (sans traitement médicamenteux),
l’éleveur devra s’interroger sur deux points : la population est-elle
suffisamment forte pour que la colonie supporte la mise sous essaim, la saison
apicole est-elle encore suffisamment propice pour que la colonie reconstitue ses
différentes réserves ? Si la réponse est oui à ces deux questions, le
transvasement pourra être réalisé. Dans le cas contraire, c’est la possibilité 1
qui sera retenue. Cette méthode est très ancienne : elle est déjà décrite dans
la Revue Internationale d’Apiculture no 3 de mars 1894 (voir
Glanures en fin de page).
Méthode
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La méthode, pour transvaser, obéit à des règles strictes afin de ne récupérer que les abeilles adultes et à les faire rentrer dans une nouvelle ruche en laissant sur un lange disposé devant le trou de vol le plus de déchets contaminés possibles. |
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Disposer la ruche à transvaser face à son ancien emplacement (à 2 m d’intervalle environ). Les butineuses vont retourner à leur lieu d’origine où sera placée une ruche parfaitement désinfectée, équipée de cadres construits ou gaufrés. |
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Disposer entre les deux colonies un drap (qui peut être une nappe de papier jetable) destiné à récupérer les abeilles provenant de la ruche malade. Bien faire monter le drap sur le rebord de la ruche où vont rentrer les abeilles, cela afin de faciliter leur pénétration à l’intérieur. |
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Ouvrir la ruche malade et secouer chaque cadre d’abeilles sur le drap. Les abeilles pourront aussi être brossées, cela afin d’éviter de les engluer avec du nectar. Dans ce cas, en fin de manipulation, la brosse sera lavée et désinfectée à l’eau de javel. |
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Les cadres une fois secoués ou brossés seront disposés dans un sac-poubelle plastique. |
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Secouer sur le drap le corps de ruche, le plateau et les autres éléments. L’ensemble du matériel sera alors rapidement mis à l’abri du pillage. |
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Surveiller la rentrée des abeilles dans la nouvelle ruche. Si la reine est marquée, il sera facile de la visualiser et de la déposer au trou de vol, ce qui entraînera la rentrée rapide de toutes les abeilles. |
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En fin de manipulation, replier le drap qui contient différents déchets contaminés et le mettre dans le sac-poubelle où a été disposée la totalité des cadres malades. |
Avantages
Cette méthode a pour avantage de ne pas détruire une colonie forte, dans
certains cas susceptible de produire du miel. Elle n’est pas traumatisante pour
l’éleveur pour qui détruire des colonies est un acte difficile au regard du peu
de colonies parfois possédées. La non-utilisation de médicament évite toute
pollution des produits de la ruche.
Risques
La colonie transvasée doit être étroitement surveillée car la maladie peut à
nouveau se déclarer. De même, les colonies voisines et le rucher doivent être
surveillés. Il n’y a pas de sécurité absolue et c’est la connaissance, la
disponibilité de l’apiculteur qui assureront pour partie le succès de cette
opération.
3
– Transvasement des colonies malades et traitement aux antibiotiques
Fig. 2 : conduite à tenir en cas de loque - Arbre décisionnel

Dans une note de service du 11 février 2005, modifiée le 26 avril 2005, la DGAl
autorise l’utilisation des antibiotiques en apiculture bien qu’aucune
Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) ne soit disponible pour un
antibiotique. C’est une possibilité (qui n’est pas quasi automatique) consentie
aux éleveurs, possibilité dont l’application est soumise à des conditions
impératives : éliminer le miel après traitement et avant la mise en place de la
hausse, réaliser le traitement sur prescription d’un vétérinaire.
Méthode
L’utilisation d’un antibiotique de la famille des tétracyclines devra se faire
exclusivement par nourrissement à raison de 0,5 g de matière active par
application et par litre de sirop, en suivant une conduite qui combine
traitement médicamenteux et transvasement (fig. 1). Le mélange sirop/médicament
sera réalisé juste avant la distribution aux colonies.
Avantages
Cette méthode a pour avantage de ne pas détruire la colonie et d’assurer la
guérison avec un taux élevé de réussite. Elle ne nécessite pas un suivi aussi
rigoureux que pour la possibilité 2. Des expérimentations ont montré qu’entre le
transvasement seul et le transvasement assorti d’un traitement aux
antibiotiques, c’est pour ce dernier cas que l’on retrouvait le moins de
récidive de la maladie.
Risques
Dans ce cas aussi, la colonie transvasée doit être surveillée ainsi que les
colonies voisines.
Le miel doit être éliminé avant la mise en place de la hausse et le retour de la
colonie dans le circuit de production.
Que faut-il éliminer dans le corps de ruche ?
Tous les cadres où il n’y a pas de couvain. Le miel sera extrait et détruit. Il
pourra être dilué dans de l’eau et évacué dans un évier.
Il est possible que le miel présent au-dessus du couvain soit contaminé !
Cette contamination sera négligeable. En effet lors des différentes opérations
de « conduite à tenir », il est demandé de transvaser au jour J + 7. Cette
opération élimine le miel contaminé par la première application d’antibiotique
et oblige les abeilles à consommer complètement le sirop médicamenteux de la
deuxième application. Seule la troisième application est considérée comme
contaminante. Cette contamination sera minimisée par l’élimination du miel et
par l’application du médicament avec un sirop de nourrissement. Le traitement
médicamenteux par poudrage devra être exclu.
Sur un autre point : l’utilisation des antibiotiques peut conduire à la
sélection d’antibiorésistances.
A noter
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Les trois possibilités décrites s’appliquent aux seules colonies malades. |
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L’utilisation d’un antibiotique ne peut se faire que sur prescription vétérinaire. |
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L’ordonnance doit être présentée dans le registre d’élevage que doit posséder tout apiculteur et doit mentionner la destruction du miel après traitement. |
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Des études sont actuellement en cours pour vérifier que les tétracyclines préconisées sont toujours efficaces contre l’agent de la loque américaine et pour rechercher d’autres antibiotiques utilisables. Des firmes posent actuellement les premiers jalons pour une éventuelle demande d’AMM. |
Jean-Paul Faucon
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Glanure : Ce que l’on recueille
dans un domaine déjà exploité. |
| A Propos du transvasement
Choisissez une période où la miellée donne un peu et
une heure du jour pendant laquelle les abeilles ne sortent pas ; puis
remuez un peu de côté la première colonie et mettez à sa place la nouvelle
ruche, qui devra, autant que possible, lui ressembler extérieurement, et,
aussi rapidement que faire se pourra, prenez les rayons de la colonie et
secouez ou brossez toutes les abeilles devant la nouvelle ruche, dont
elles prendront immédiatement possession. Ensuite, vous emporterez les
rayons et la vieille ruche dans un lieu sûr pour être désinfectés, en
ayant grand soin de ne pas briser de rayons, afin de ne pas répandre du
miel sur le sol ou ailleurs, où des abeilles d’autres ruches pourraient
s’en emparer.
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Avec l'aimable autorisation de la revue
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2005 |
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