Utilisation des antibiotiques. Restons vigilants !
Avec l'aimable autorisation de la revue "La Santé de l'Abeille"
Depuis
leur apparition dans les années 1940, les antibiotiques ont permis de sauver des
millions de vie humaine.
Mais dès 1947, l¹apparition des premières résistances à la pénicilline ont
alerté la communauté scientifique.
De nos jours, la résistance des micro-organismes aux antibiotiques est
considérée comme un problème majeur de santé publique. Ce problème s¹est posé en
premier dans le milieu hospitalier où les agents pathogènes sont soumis à
diverses molécules et ont ainsi acquis une multirésistance. La résistance ne
s¹est pas cantonnée à l¹hôpital. On la retrouve actuellement autour de nous. à
titre d¹exemple, le taux de résistance à la pénicilline des agents responsables
des affections broncho-pulmonaires est passé de 3 % à plus de 50 %.
Pour comprendre pourquoi une telle situation s¹est créée, il faut savoir qu¹une
bactérie est un être vivant capable d¹évoluer en fonction des contraintes de son
milieu. Nous retrouvons le même phénomène avec l¹adaptation de Varroa destructor
au fluvalinate. Il s¹agit en fait d¹une évolution par rapport à un changement du
milieu d¹origine.
L¹antibiotique est responsable de ce que l¹on appelle une pression de sélection.
En effet une bactérie devenue résistante à un antibiotique va se développer
prioritairement (le médicament n¹arrête plus la multiplication), les autres
bactéries dites sensibles à l¹antibiotique (sur lesquelles l¹antibiotique agit)
vont être éliminées. Le champ est libre alors pour le développement de la
bactérie résistante.
La résistance s¹acquiert de plusieurs manières en ce qui concerne les bactéries.
La mutation est une des premières possibilités, même si sa fréquence est peu
importante. Tout au plus 10 % des bactéries mutent, c¹est à dire modifient leur
patrimoine génétique et deviennent résistantes.
Les autres possibilités sont beaucoup plus inquiétantes car elles peuvent se
développer entre bactéries d¹espèces différentes. Il s¹agit de la conjugaison
(le gène de résistance est copié et transféré à une autre bactérie), de la
transduction (le gène de résistance est transmis à une autre bactérie par un
virus), de la transformation (la bactérie incorpore dans son patrimoine
génétique un fragment d¹ADN présent dans le milieu et porteur de la résistance).
Le développement des résistances proviendrait également des bactéries
naturellement résistantes que l¹on trouve fréquemment dans l¹environnement. Le
gène responsable de la résistance de ces bactéries est qualifié de sauteur,
ayant la particularité de passer à une autre bactérie par un phénomène similaire
à celui que dans l¹informatique, on définit par couper-coller.
En conclusion, l¹usage abusif et inadapté des antibiotiques favorise
l¹apparition de souches résistantes, ce qui est très grave car le nombre
d¹antibiotiques utilisables est tout de même limité.
Mais l¹attention ne doit pas se limiter seulement à l¹utilisation humaine.
L¹emploi des antibiotiques en santé animale doit aussi être mis en cause. En
effet des bactéries résistantes d¹origine animale peuvent très bien en raison
des contaminations se retrouver dans l¹alimentation humaine au contact de
bactéries non résistantes. Des échanges de gènes peuvent alors se produire. La
résistance peut se transmettre à des bactéries pathogènes pour l¹homme.
Compte tenu de la présence de résidus d¹antibiotique dans les produits de la
ruche, même à dose très faible, il est nécessaire d¹attirer une fois de plus
l¹attention sur le mauvais emploi de ces médicaments en apiculture.
Si l¹on utilise des antibiotiques, seulement en cas de nécessité absolue, il
faut :
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limiter l¹application des antibiotiques aux ruches malades, |
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respecter la posologie, |
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réaliser le transvasement des ruches malades. |
Le traitement doit être fait sur prescription d¹un
vétérinaire et l¹ordonnance jointe au carnet d¹élevage.
Les traitements systématiques n¹ont aucune utilité et sont à proscrire.
Se passer de l¹utilisation des antibiotiques est possible et très fortement
recommandé. Les méthodes de transvasement, d¹isolation des colonies donnent de
bons résultats et sont à préconiser.
A lire :
"A propos des antibiotiques en usage apicole",
de J.-M. Barbançon, La Santé de l¹Abeille n°176, pp 113-117.
Avec l'aimable autorisation de la revue
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2003 |
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