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La saison
touche à sa fin |
![]() photo © Roger Guetaz |
Octobre peut être un mois agréable. Quelques travaux sur les colonies sont encore possibles. Le temps permet aux colonies d’achever leur collecte de nectar pour l’hiver. Ce sera le dernier bilan sur les colonies pour préparer la visite de printemps.
Les ruches
Fin du mois ou début novembre selon leur date de pose il faut enlever les
lanières de traitement anti varroa. Ce sera l’occasion de jeter un dernier coup
d’oeil aux colonies pour vérifier la présence de la reine, l’étendue du couvain
et ces indications seront comparées à celles collectées il y a un mois. Elles
seront consignées dans le carnet pour alimenter la réflexion lors de la future
visite de printemps.
Mettre devant les entrées les portières pour réduire le passage et éviter que
les musaraignes et autres lézards ne viennent passer l’hiver au chaud. Les fonds
aérés limitent le risque mais on retrouve facilement des nids faits de ficelles,
feuilles, y compris dans les cadres inoccupés au sommet de la ruche. La
musaraigne a chaud ne dérange pas les abeilles, elle ronge les cadres, par
contre le lézard mange les abeilles, il vient dormir dans son garde manger.
Une année un petit lézard était rentré par la portière bien que réduite. Au
printemps, au changement de plateau de sol j’ai vu sortir un énorme lézard,
bloqué par la portière. Il vivait sur un énorme tas de paille, en fait c’était
des cadavres d’abeilles. La colonie était décimée, la ruche bonne à ranger.
Les colonies sont puissantes, laissez le couvre cadre nourrisseur, si elles en
sont dotées, de manière à nourrir précocement si d’aventure l’hiver se trouvait
d’être doux.
Si la colonie est moyenne du point de vue provisions, mettre un couvre cadre
ordinaire, percé de son trou pour le nourrisseur au centre. Il servira à mettre
du candi dès le mois de décembre.
Dernières opérations de dispersion ou de réunion si d’aventure une colonie
orpheline avait échappé à votre oeil attentif.
C’est le bon moment de changer de reines, si vos reines d’élevage se trouvent
dans des nucléis inaptes à passer l’hiver. A cette époque de l’année on risque
moins la supersédure, ai-je déjà indiqué le mois dernier.
Ce changement de reine sans essaimage se traduit par une cellule située en
milieu de cadre et sur un ou deux cadres pas plus et la jeune reine naît, se
fait féconder et les abeilles tuent ou chassent l’autre. En règle générale on ne
s’aperçoit de rien comme si la nouvelle reine chassait l’autre une fois née et
fécondée, de sorte que l’on n’observe pas de réduction très évidente du couvain.
Seule la peinture sur la reine et la tenue rigoureuse du carnet d’élevage
permettent de constater le fait. Evènement articulièrement gaçant lorsqu’il
s’agit dune jeune reine d’une lignée bien précise, inséminée artificiellement et
achetée à un éleveur réputé ! Ce changement de reine est assez fréquent lors
d’une renouvellement de reine en pleine saison. Les abeilles de lignée
différente de la reine la changent. Pourquoi ? Quel en est le facteur
déclanchant ?
Les nucléis
Au fil du temps et des orphelinages des nucléis pour leur prendre des reines, on
les réunit entre eux. On laisse une reine dans chacun des ensembles de nucléis
superposés. Pour les amateurs de « Miniplus » le système est prévu pour la
superposition. Pour ceux qui utilisent des haussettes de ruchette, il faut
déclouer les fonds et les empiler les une sur les autres.
Avec deux « corps » superposés, tous ces nucléis passent très bien l’hiver s’ils
sont bien pourvus en nourriture.
Au printemps leur démarrage fournit la base des nucléis utilisables, car bien
peuplés, au moment des élevages de reines, ils accueilleront une fois orphelinés
les cellules que nous aurons greffées.
Leurs reines 2007 serviront pour fabriquer les essaims artificiels issus de
divisions de ruchettes. Les apiculteurs habitués à l’élevage des reines savent
combien ces nucléis sont précieux.
Leur richesse en nourriture et leur bon état sanitaire sont stratégiques pour la
saison prochaine. Le vol étant aisé, leur poids faible, je ne peux que
conseiller de les ramener au plus près de chez soi dans son jardin, bien à
l’abri des regards concupiscents d’apiculteurs peu scrupuleux ou de vandales
dont le courage se limite à faire des moulins à vent devant leur glace. On peut
les stocker serrés les uns contre les autres en rang d’oignons. Ce qui occupe
vraiment très peu de place.
La dynamique des
colonies
Cette année, dans mon coin du haut de la vallée du Rhône, la surabondance des
pluies d’été aura maintenu une floraison propice aux abeilles. Le nourrissement
massif de fin juillet, combiné à ces floraisons, a permis aux colonies d’amasser
du miel en quantité. Rares sont les années où j’ai pu constater autant de
provision et de couvain à ce jour. C’est bon signe pour 2008, ces réserves
seront utilisées dès le froid venu, sans doute, mais le volume de pollen stocké
sous forme de pain des abeilles, le miel qui occupe les cadres jusque dans leur
partie la plus basse est le gage d’un démarrage de qualité au coeur de l’hiver
si le prochain s’octroie des périodes de grande douceur comme on en connut ces
dernières années.
Fait rare mais qui confirme l’importance des nourrissements de juillet après les
récoltes. Les colonies ont construit des rayons en août. Et ce fut le cas sur
toutes les colonies issues d’essaims artificiels de l’année donc qui ne
construisent pratiquement pas de cires. Sauf que, cette année, non seulement les
cires mises en bordure des cadres bâtis ont été construites, et que dans les
espaces vides, alors que normalement la taille de la colonie aurait dû interdire
de penser à toute construction, des rayons naturels de grande taille ont été
bâtis. Ces essaims que je garde sur 6 cadres habituellement les ont largement
débordés. Cette force des colonies s’accompagne de leur qualité sanitaire. Pas
de mycoses, pas de ruche loqueuse.
Mais il est vrai que les reines les plus âgées sont de 2006. Aucun essaim
naturel issu de ruches inconnues n’a été introduit dans mes ruchers, aucune
importation de reines, l’élevage est fait à partir de souches sélectionnées
achetées chez un éleveur réputé et dont je me réjouis depuis plus de 10 ans de
ses sélections et de la qualité sanitaire des ses abeilles. Et à cette heure,
sauf exception pour les souches, je n’ai plus que des reines 2008.
Suite aux disparitions massives de colonies en 2006, j’ai réalisé la suppression systématique de tous les cadres bâtis des colonies mortes, le traitement à la chaudière à vapeur de ces cadres, le nettoyage à la flamme de tous les corps, plateaux de sol et couvre cadres. 2007 aura redémarré avec du matériel propre et des cires neuves. En ces temps où la question sanitaire est au coeur des réflexions sur les disparitions massives de colonies, cette année est une bénédiction. Elle confirme aux néophytes que nous redevenons sans cesse l’importance du suivi sanitaire de nos colonies, de ces mesures préventives simples que sont la bonne alimentation des colonies, le remplacement rapide des cadres de corps, l’entretien du matériel, sa désinfection.
Le rucher
Pour terminer, je rappellerai simplement qu’octobre et novembre sont de bons
mois pour débroussailler, nettoyer le rucher. En hiver, les lianes et arbres
développent leurs racines, attaquer leur sérénité à ce moment là est propice
pour en limiter le développement l’année suivante.
Jean Riondet
jean.riondet@wanadoo.fr
avec l'aimable autorisation de la revue Abeilles et Fleurs
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