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Le nourrissement

par Gilles Fert
(Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica)

avec l'aimable autorisation de la revue
Abeilles et Fleurs


Malheureusement, nos abeilles ne trouvent pas toujours le nectar suffisant pour constituer les réserves hivernales ou développer leur couvain au printemps. Nous sommes parfois amenés à compenser ce manque par un nourrissement liquide ou solide. Les apiculteurs français achètent autant de sucre qu’ils produisent de miel, soit environ 18 000 tonnes. L’évolution du paysage agricole y est pour beaucoup. La disparition de nombreuses prairies naturelles, l’utilisation abusive des désherbants font que les fleurs sont de plus en plus rares.

Etape n°1
Premier point : bien choisir l’emplacement où vous placerez le rucher. L’abondance de fleurs variées est indispensable à la bonne santé de nos abeilles.

Second point : ne soyez pas trop gourmand à la récolte. Laissez suffisamment de provisions pour qu’elles passent bien l’hiver. Rien ne vaut le miel et le pollen naturel pour le bon développement de la colonie.

Le choix entre nourrissement liquide ou solide se fera en fonction de la période : le nourrissement solide compense le manque de réserves hivernales, alors que le nourrissement liquide stimule le développement de la population au printemps.

 

Etape n°2
Le nourrisseur de dessus permet de distribuer des quantités importantes de sirop ou de candi. Ce nourrissement situé au-dessus de la grappe d’abeilles se maintient à la température de la colonie.  Les abeilles le consomment même par des nuits automnales froides.

Dans ce cas, le sirop doit être le plus concentré possible, donc préparé avec de l’eau chaude. Les abeilles ont beaucoup de difficultés à éliminer l’excès d’humidité en fin de saison.

Ce nourrisseur de dessus reste bien souvent en permanence sur la ruche et joue le rôle de couvre-cadres avec un effet d’isolation. Attention, on ne nourrit jamais des ruches qui ont des hausses.

 

Etape n°3

Placé au-dessus du trou de couvre-cadres, le petit nourrisseur anglais en plastique nécessite une hausse vide pour créer l’espace correspondant à la hauteur du nourrisseur.

Son couvercle transparent permet de contrôler la prise de sirop.

Il convient aux petites quantités de nourrissement répétées. La concentration en sucre est faible, 40 % à 50 % maximum. Pour 5 litres de solution, ajoutez une cuillère à soupe de vinaigre de cidre.

Ce sirop acidifié sera plus digeste pour les abeilles et limitera les cas de nosémose.

 

Etape n°4

Le nourrisseur cadre permet un nourrissement liquide près du couvain.

C’est le cadre nourrisseur idéal pour les ruches éleveuses de cellules royales.

En effet, un apport d’humidité près du couvain favorise l’élevage des reines.

A l’approche de l’hiver, parfois, les essaims tardifs n’ont pas rempli complètement tous les cadres.

Vous pouvez utiliser ce nourrisseur cadre comme partition pour diminuer le volume de la ruche.

De plus, ce type de nourrisseur limite le pillage si vous faites un apport de sirop de miel.

 

Etape n°5
Le nourrisseur d’entrée permet de visualiser la prise de sirop et évite d’ouvrir la ruche.

Par contre, en cas de forte chaleur et de prise lente, le sirop peut fermenter.

Par conséquent, ne donnez que des petites quantités répétées, ce qui par ailleurs aura pour effet de stimuler la ponte de la reine en simulant une rentrée de nectar.

Ces petites doses de nourrissement répétées favorisent également les rentrées de pollen donc le développement du couvain.

Attention au pillage, réduisez l’entrée et nourrissez en fin de journée.

 

Etape n°6

Si vos colonies manquent de provisions en fin d’automne ou en hiver, le nourrissement solide est conseillé.

Les abeilles n’ont pas à éliminer l’excès d’eau qui se trouve dans le sirop liquide. On trouve même en vente du candi enrichi en protéines qui donne de bons résultats. La fabrication du candi reste une opération de cuisson délicate.

 Vous trouverez la recette dans le Traité Rustica de l’apiculture, page 276.

Dans l’urgence, vous pouvez donner du sucre cristallisé. Seules les colonies bien peuplées le consommeront dans les régions où le taux d’humidité de l’air ambiant est élevé.

Précaution à prendre :
Dans le cas d’une apiculture sédentaire, le choix de l’emplacement est très important. Si vous en avez la possibilité, évitez les zones de grandes cultures et favorisez les zones de bocage. Si une butineuse de nectar va jusqu’à 3 km de sa ruche, une butineuse de pollen ne va qu’à 800 m.

Pour en savoir plus :
M. Bocquet – Le nourrissement, édition OPIDA, 1994.
Traité Rustica de l’apiculture, p. 275-276

Gilles Fert
Auteur de « L’élevage des reines » aux Editions Rustica


avec l'aimable autorisation de la revue Abeilles et Fleurs


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