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New books Book Nouveaux livres

Titre : Quand les abeilles meurent, les jours de l'homme sont comptés
Sous-titre : Un scandale d'État
Auteur : Philippe de Villiers
Pages : 173
Format : 14,5 x 22,7 cm
Parution : janvier 2004
ISBN : 2-226-14201-X
Editeur : Albin Michel
22 rue Huyghens 75014 Paris - France
Tél. : +33 (0)1.42.79.10.00
www.albin.michel.fr
Prix : 13,50 €

dollars.gif (794 octets) Taux des devises


punaise_r.gif (643 octets)Présentation de l'auteur

« C'est l'histoire du pot de miel contre le pot de fer.

Depuis plusieurs années, en Vendée, comme partout en France, les abeilles sont exterminées, victimes de deux insecticides neurotoxiques ultra puissants : le Gaucho et le Régent.

Confrontés à une inertie délibérée des pouvoirs publics, les apiculteurs ont porté plainte et le Parquet a requis des poursuites.

Depuis plusieurs mois, après perquisitions, saisies et interrogatoires, le Juge d'instruction va de surprise en surprise.
Le Département de la Vendée, l'un des plus sinistrés, s'est constitué partie civile. Ayant accès au dossier pénal, je me sens autorisé à parler d'un véritable scandale d'État, qui rappelle l'affaire de la « vache folle » et du « sang contaminé » : derrière l'hécatombe du cheptel apicole français, la communauté scientifique, à travers des études inédites jusqu'à ce livre, met en exergue la menace pour l'homme lui-même : exterminateur d'abeilles, les agents actifs du Gaucho et du Régent sont passés dans l'alimentation humaine. Une expérience scientifique récente, conduite sur des mammifères, prouve que leurs cibles sont les cellules de notre système nerveux central. Dans l'indifférence générale, sous la protection des pouvoirs publics, on sème la mort sur des centaines de milliers d'hectares. Le raffinement délicieux du droit devient l'instrument d'une fourberie d'État et, une fois encore, « la loi, bonne fille, sourit à celui qui la viole ».

Lanceurs d'alerte, scientifiques et chercheurs qui font la lumière sur le sujet, sont aussitôt bâillonnés, menacés, déplacés et rationnés. C'est pour enrayer cette dérive monstrueuse que j'ai décidé de briser la loi du silence en écrivant ce livre.

J'ai entrouvert la Ruche du Crime. »

Philippe de Villiers*

* Président du Conseil général de Vendée, ancien ministre, Philippe de Villiers a engagé sa collectivité territoriale aux côtés de l'Union nationale des apiculteurs dans les procédures engagées en vue de faire retirer du marché deux insecticides « le Gaucho » et « le Régent ».

punaise_r.gif (643 octets) Présentation de l'éditeur

« Si l'abeille venait à disparaître, l'homme n'aurait plus que quelques années à vivre », prédisait Albert Einstein pour qui les abeilles étaient « les sentinelles du monde ». N'en sommes nous pas déjà là ?

Après avoir eu accès au dossier explosif du Gaucho® et du Régent®, deux insecticides ultra-puissants qui continuent leurs ravages dans nos campagnes, Philippe de Villiers s'interroge, révèle et sonne l'alerte.

Il n'hésite pas à mettre en cause non seulement un certain productivisme irresponsable manipulé par des industriels, mais aussi la passivité complice de l'administration. Des comportements qui peuvent nous conduire à un nouveau scandale d'État comparable à ceux de « la vache folle » ou du « sang contaminé ».

Il s'appuie sur des expériences scientifiques accablantes qui montrent les risques de ces neurotoxiques pour la flore et la faune mais, au-delà, pour l'homme lui-même.

Après la mort des abeilles, celle des hommes ? Une nouvelle fois, Philippe de Villiers brise la loi du silence.

punaise_r.gif (643 octets) Morceaux choisis

 
"L'équation est simple. En dépouillant le Gaucho® de la société Bayer de son application sur les tournesols, on offre à Rhône-Poulenc le marché exclusif du traitement des semences de tournesol.

L'interdiction du Gaucho® est pain béni pour Rhône-Poulenc, dont on s'apprête à privatiser la branche agrochimique en vue de la marier au géant allemand Hoechst, pour créer Aventis Cropscience. Plus la mariée est belle, plus on la vendra cher.

Dans le grand mouvement de restructuration qui secoue l'industrie agrochimique européenne, les cartes sont déjà distribuées. Si le ministère avait ainsi décidé de ne plus servir la multinationale Bayer, c'était pour se mettre au service d'une autre multinationale.

Comment les apiculteurs français auraient-ils pu concevoir un tel jeu d'intérêts puissants et une telle instrumentalisation du droit au service de stratégies cachées et douteuses ?"
   
 
"Les apiculteurs affirment qu'un produit homologué est en cause et ils annoncent qu'ils vont saisir la justice.

La direction générale de l'Alimentation tente d'éteindre immédiatement l'incendie et double les apiculteurs sur le fil. Elle dénonce, par lettre adressée au procureur de la République de Saint-Gaudens, deux médiocres officines connues localement depuis des années pour leur petit trafic d'importation de produits en provenance de l'Espagne toute proche. Pour la direction générale de l'Alimentation, la causalité est évidente. La messe est dite.

Le parquet de Saint Gaudens ouvre une instruction pénale confiée à Jean Guary, juge d'instruction. Les deux officines et leur réseau sont démantelés. Le juge Guary apprend, à cette occasion, que les services de la direction générale de l'Alimentation ont fait réaliser des analyses à partir des abeilles mortes en avril 2002. Le résultat est, paraît-il, connu depuis l'été. Impossible d'y avoir accès.

Le magistrat décide d'user de la contrainte et de se saisir, par voie de réquisition, du texte de ces expertises détenues par une administration d'État bien étrangement réticente. La réquisition est fructueuse et le juge Guary adresse les documents à un expert judiciaire, chercheur à l'Afssa. Tout le monde comprend alors ce que la discrétion de l'administration recèle d'ambiguïtés."
   
 
"Le juge. - Cela ne vous a pas interpellé ? Et pourquoi, en votre qualité de chef de bureau, ne vous en êtes-vous pas ouvert auprès de votre hiérarchie ?

Le chef de bureau. - Non. Nous traitons 25 000 décisions d'autorisations de mise sur le marché par an, nous sommes trois pour le faire... »

Placé par le magistrat instructeur devant ses responsabilités, M. Schenfeigel a fini par expliquer de manière extrêmement alarmante et avec courage « Nous étions en sous-effectif. Je vous verse une note que j'ai adressée à mon directeur, qui me semble traduire la situation dans laquelle j'ai trouvé le bureau et les difficultés que nous rencontrions. »

M. Schenfeigel a ainsi versé au dossier de l'instruction une lettre qu'il a personnellement adressée au directeur général de l'Alimentation, en quittant ses fonctions, le 3 juin. La situation qu'il décrit est, en effet, calamiteuse :

« - Le ministère de l'Agriculture n'est qu'une instance d'enregistrement et de délivrance des certificats,
- le comité d'homologation est géré de fait par une personne,
- il existe une cogestion de l'évaluation du risque avec les partenaires industriels : l'UIPP et l'UNCAA1 étaient membres à part entière de la Commission d'étude de la toxicité,
- il y a une absence de transparence des procédures,
- il y a une absence totale d'information vers la société civile poussée jusqu'à la caricature - refus
systématique de communiquer de l'information, arguant du secret industriel,
- il y a une faible structuration du système d'information, avec pour corollaire une traçabilité insuffisante des dossiers ; cette situation pouvant avoir des conséquences dramatiques, au plan juridique et économique,
- il y a une absence de doctrine claire en matière de gestion du risque, en particulier sur les conditions d'homologation "sous condition",
- il y a une absence de maîtrise de l'expérimentation des intrants,
- il y a une absence de dialogue et de flux d'information avec les services déconcentrés. »

Quel constat ! On dirait le carnet de bord d'un huissier sur le Titanic.

1. Organismes fédérant et représentant les firmes."

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