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Communiqué de
l'Union Nationale de l'Apiculture Française |
Paris, le 25 mai 2004
Monsieur le Premier Ministre,
Dans une récente lettre ouverte ayant pour objet « La protection de la santé des
végétaux et des Français » (sic !), certains dirigeants agricoles tentent de
vous convaincre de maintenir l’autorisation du Gaucho pour son usage sur les
cultures de maïs, au moyen d’un invraisemblable amalgame entre « santé des
plantes » et Santé Publique ( !) et au prix de contrevérités caricaturales.
Cette lettre ouverte intervient au terme du délai de 2 mois que le Conseil
d’Etat a imparti au ministre de l’Agriculture pour reprendre une décision sur le
Gaucho, cette fois-ci selon les critères imposés par la loi et « compte tenu de
l’état d’avancement des expertises et notamment du rapport de synthèse établi
par le « Comité scientifique et technique de l’étude multifactorielle des
troubles des abeilles », qui conclue à l’absence d’innocuité du produit.
Au terme de près de dix ans de recherches effectuées par les laboratoires
publics indépendants, CNRS et INRA, validées par le Comité Scientifique et
Technique dans son rapport final du 18 septembre 2003, la toxicité de la
molécule imidaclopride et de ses métabolites sur les abeille est aujourd’hui
reconnue à des dose infinitésimales présentes dans les parties florales des
plantes.
Contrairement à ce qu’affirment les signataires, les problèmes liés à l’emploi
de ces produits neurotoxiques systémiques dépassent largement, vous le savez, le
cadre national. Nos collègues apiculteurs belges, italiens et allemands ont
demandé également le retrait de ces produits et par deux fois le Parlement
Européen a voté à l’unanimité des résolutions en demandant la suppression.
La méthode de traitement par enrobage des semences est en totale contradiction
avec les principes d’une agriculture dite « raisonnée ». Elle ne s’apparente pas
à une « vaccination » puisqu’elle ne fait naître aucune réaction auto-immune,
mais elle se limite à l’application aveugle et constante de doses de produit de
traitement sur les cultures.
…/…
Les doses préconisées sont inversement proportionnelles à la toxicité
hyper-puissante des nouvelles molécules utilisées, imidaclopride et fipronil, et
le critère du poids ou du volume de produits répandus, Gaucho et Regent, ne
rendent pas compte de la pollution qu’ils entraînent. La rémanence du produit
Gaucho et de ses métabolites, trop longue et non-conforme aux directives
européennes en vigueur, ne fait que renforcer les effets toxiques qui sont
déplorés.
Dans son arrêt du 31 mars dernier, le Conseil d’Etat réaffirme la seule et
unique méthode d’évaluation et constate qu’elle n’a jamais été mise en oeuvre
lors de l’autorisation du Gaucho. L’Union Nationale de l’Apiculture Française
exige que la loi soit appliquée.
Elle exige également que, dans les délais les plus brefs, la Commission d’Etude
de la Toxicité élabore, dans la transparence, des tests susceptibles de
démontrer l’innocuité, à des doses sublétales sur les abeilles, des produits
mettant en œuvre de nouvelles molécules.
L’Union Nationale de l’Apiculture Française s’interroge notamment sur la mise en
oeuvre de ce type de contrôle sur les matières actives clothianidine et
thiametoxam en cours d’examen pour leur prochaine autorisation. Elle précise
qu’elle a saisi le ministre de l’Agriculture d’une demande écrite en ce sens,
restée sans réponse à ce jour.
Telles sont les raisons pour lesquelles l’UNAF demande que vous receviez
personnellement ses représentants pour que des solutions soient trouvées à ces
problèmes qui intéressent au premier chef le devenir de l’environnement.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre
haute considération,
Jean-Marie SIRVINS, Président de l’UNAF : 06.89.37.06.12
Henri CLEMENT, Vice-Président de l’UNAF : 06.83.52.47.11
Alain DAVID, Vice-Président de l’UNAF : 06 83 98 77 47
UNAF Tel : +33 (0)1.48.87.47.15
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