
Tout d'abord, raisonnons en partant du point de départ, pourquoi élever ? Certes pour le "pied", mais aussi et surtout pour récolter un peu plus de miel. Toutefois, le surplus de productivité n'est pas dû à la seule influence de l'élevage, jugez-en plutôt par ce qui suit :
FACTEURS DE RENDEMENT EN APICULTURE
(Production de miel à la ruche)
| 1°) L'APICULTEUR |
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| 2°) LES FLORAISONS |
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| 3°) LE CLIMAT |
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| 4°) LES ABEILLES |
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| 5°) LE MATERIEL |
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Nous pouvons intervenir partout sauf sur le climat, quant à l'élevage de reproducteurs, sujet qui nous intéresse dans ces pages, il contrôle parfaitement le point n° 4, mais influe aussi indirectement sur les points 1 et 5, car sans un minimum de connaissances, d'organisation et de cadres standards, point de salut.
Avant d'entreprendre tout élevage de reproducteurs, il faut absolument sélectionner. Il y a trois types de sélections : la "massale" (je prends la/les meilleure(s), je la/les multiplie et remplace ainsi les plus faibles), la "généalogique" (j'identifie plusieurs lignées, voire races, les croise et suis leurs descendances) et enfin la "génétique" (je réserve cela aux scientifiques, transgénose and Co).

La "massale", tout le monde la pratique sans le savoir comme Jourdain et sa prose. C'est bien, à condition de ne pas faire l'erreur de réunir deux faibles entre elles ou pire de réunir une faible et une forte en laissant la nature maître du combat des reines. En ce qui nous concerne dans ces chapitres, nous allons adopter en douceur la "généalogique", pas de demi-investissement. Trois pièges s'ouvrent alors à nous :
1°) les erreurs d'identification. Qui m'a produit quoi, quand et où? Solution : la numérotation des colonies et la tenue d'un fichier.
2°) la consanguinité. Multiplier une seule lignée, tant pour les mâles que pour les femelles, à grande échelle, dans un secteur protégé des transhumances, fait courir la menace d'un appauvrissement du pool génétique de notre cheptel avec l'inconvénient d'atteindre l'exact contraire de ce que nous recherchons. Solution : suivi d'au moins quatre ou cinq souches, échanges de matériels biologiques avec les collègues, achats ponctuels de reines "élites" à des éleveurs professionnels (voir l'A.NE.R.C.E.A.).
3°) les erreurs de qualification des lignées. Deux "effets", deux causes :
effet dérive : dans un rucher en ligne, les ruches de rive sont gonflées par un pourcentage variable de butineuses des ruches centrales, les résultats de récolte sont ainsi complètement faussés. Solution : brisons les lignes droites, disposons les ruches en épis, en carrés ou en grands ronds, jouons sur les hauteurs des supports et sur les couleurs des façades.
effet rucher : un rucher, situé à dix kilomètres d'un second, à reçu un bel orage sur la miellée de bruyère et ses ruches ont ainsi le moitié de récolte sans pour autant être les plus mauvaises. Comment distinguer la (les) meilleure(s) colonie(s) des deux ruchers ? Solution : un peu de mathématiques de niveau cours élémentaire, et nous limiterons sérieusement la perversité de la chose. Il suffit de retenir pour chaque ruche, non pas le nombre de kilogrammes qu'elle a récolté, mais un chiffre représentant la moyenne de récolte du rucher moins sa propre récolte. Appelons-le "chiffre de la production ajustée" ou plus simplement "chiffre ajusté". Les ruches qui obtiendront le "chiffre ajusté" égal à zéro ne seront pas "nulles" mais simplement "moyennes". Celles qui obtiendront un "chiffre ajusté" négatif, par exemple -7, auront récolté 7 kilogrammes de moins que les ruches "moyennes" du rucher. Enfin celle qui parviendra au "chiffre ajusté" positif le plus haut sera la meilleure du rucher. Un truc à surtout bien assimiler : ce n'est pas la ruche qui atteint le record en miel sur une miellée qui est la plus forte de tout le cheptel (donc tous ruchers confondus), mais celle qui a son "chiffre ajusté" le plus haut. En clair, cela signifie, par exemple, qu'une ruche qui a récolté 25 Kg et qui a un "chiffre ajusté" de 15 est meilleure qu'une ruche qui a récolté 40 Kg mais qui ne possède qu'un chiffre ajusté de 2. D'autant plus vrai si cela se vérifie sur plusieurs miellées. Il faudra aussi tenir compte des essaimages naturels ou artificiels en ajoutant +5 au chiffre ajusté des ruches ainsi ponctionnées. Rassurez-vous, il existe un logiciel pour effectuer tous ces calculs et même plus, cliquez sur => Apilogic©
En observant et en notant, par cette méthode, nos ruches sur plusieurs saisons, nous avons ainsi satisfait au premier des quatre ensembles de critères de sélection, à savoir :
| 1°) RENDEMENT EN MIEL |
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| 2°) PURETE DES RACES |
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| 3°) RUSTICITE |
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| 4°) COMPORTEMENT |
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Remarques :
Démarrer sa sélection sur du matériel biologique déjà fortement hybridé est une erreur. Les explications, "génétiques", existent mais sortent de nos propos, volontairement simples. Des ruches sélectionnées, il ne faudra retenir donc que celles dont les abeilles sont de races quasi-pures. La détermination de la pureté des races ne se résout pas au simple examen de la coloration des tergites, il faut faire appel à la biométrie (mesures et analyses de certains aspects morphologiques des ouvrières) et à l'électrophorèse (migration des certains enzymes de l'hémolymphe sous l'influence de champs électriques). L'I.N.R.A. de Montfavet pourra nous aiguiller à temps vers les prestataires possibles du moment pour ce genre d'analyses. Quant au fameux choix, race locale ou cheptel hybride, voire même T.H. (= Triple Hybride, exemple : une reine vierge caucasienne, Apis mellifica caucasica couplée à un italien Apis mellifica ligustica donnera une fille qui sera ensuite couplée à un noir local, Apis mellifica mellifica), cela dépend plutôt de nous que des abeilles. Explications : apiculture semi-extensive avec peu d'intrants (nourrissements, déplacements, couverture sanitaire, etc ...), peu de soucis et de miel = race locale. Apiculture intensive avec renouvellement annuel des reines, grosse cavalerie et beaucoup de miel = cheptel hybridé. Il n'y a pas de place pour une apiculture intermédiaire : risque de pollution génétique interne avec des F3, F4 (générations successives de métisses, maîtrise des comportements quasi-incontrôlable).
Une colonie économe (qu'elle soit de race pure ou métissée) est particulièrement prisée. Que vaut-il mieux : des abeilles qui produisent 40 Kg de miel dans l'année tout en réclamant 15 Kg de sirop hors miellée ou des abeilles qui ne produisent que 35 Kg et ne réclament aucune assistance alimentaire ?
L'anecballie se traduit par un comportement de changer de reine sans produire d'essaimage. Les lignées anecbaliques pures, quoique en disent certains auteurs, n'existent pas. Ce qui existe, et cela on en est sûr, c'est notre volonté d'avoir des souches qui tendent vers ...
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< l'économie |
| la tenue au cadre > | ![]() |
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< bonne éleveuse |
Bien. En apiculteurs consciencieux, tous les paragraphes précédents ont été digérés et appliqués sur le terrain. Nous avons maintenant quatre ou cinq colonies dites indifféremment "sélectionnées", "élites" ou "souches"; qu'en faire ? Réponse dans le prochain chapitre.
| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 16/03/99 APISERVICES - Copyright © 1995-2000 |
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