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Tout d'abord, raisonnons en partant du point de départ, pourquoi élever ? Certes pour le "pied", mais aussi et surtout pour récolter un peu plus de miel. Toutefois, le surplus de productivité n'est pas dû à la seule influence de l'élevage, jugez-en plutôt par ce qui suit :

FACTEURS DE RENDEMENT EN APICULTURE
(Production de miel à la ruche)

1°) L'APICULTEUR
  • caractère : sens de l'observation, organisé, bricoleur
  • formation apicole et contacts avec collègues
  • disponibilité
  • choix judicieux dans les technologies de ruchers et de mielleries
  • expérience
2°) LES FLORAISONS
  • d'entretien
  • de rapport : nectarifères, pollinifères ou nectarifères + pollinifères
3°) LE CLIMAT
  • hygrométrie
  • pluviométrie
  • anémométrie
  • thermométrie (mini & maxi, + différences diurnes et nocturnes)
  • héliométrie
4°) LES ABEILLES
  • sélectionnées (rendement, rusticité, douceur, espérance de vie)
  • nombreuses
  • saines
5°) LE MATERIEL
  • choix, standardisation et état du matériel de rucher
  • renouvellement et qualité des cires gaufrées
  • choix du matériel de miellerie

Nous pouvons intervenir partout sauf sur le climat, quant à l'élevage de reproducteurs, sujet qui nous intéresse dans ces pages, il contrôle parfaitement le point n° 4, mais influe aussi indirectement sur les points 1 et 5, car sans un minimum de connaissances, d'organisation et de cadres standards, point de salut.

Avant d'entreprendre tout élevage de reproducteurs, il faut absolument sélectionner. Il y a trois types de sélections : la "massale" (je prends la/les meilleure(s), je la/les multiplie et remplace ainsi les plus faibles), la "généalogique" (j'identifie plusieurs lignées, voire races, les croise et suis leurs descendances) et enfin la "génétique" (je réserve cela aux scientifiques, transgénose and Co).

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La "massale", tout le monde la pratique sans le savoir comme Jourdain et sa prose. C'est bien, à condition de ne pas faire l'erreur de réunir deux faibles entre elles ou pire de réunir une faible et une forte en laissant la nature maître du combat des reines. En ce qui nous concerne dans ces chapitres, nous allons adopter en douceur la "généalogique", pas de demi-investissement. Trois pièges s'ouvrent alors à nous :

1°) les erreurs d'identification. Qui m'a produit quoi, quand et où? Solution : la numérotation des colonies et la tenue d'un fichier.

2°) la consanguinité. Multiplier une seule lignée, tant pour les mâles que pour les femelles, à grande échelle, dans un secteur protégé des transhumances, fait courir la menace d'un appauvrissement du pool génétique de notre cheptel avec l'inconvénient d'atteindre l'exact contraire de ce que nous recherchons. Solution : suivi d'au moins quatre ou cinq souches, échanges de matériels biologiques avec les collègues, achats ponctuels de reines "élites" à des éleveurs professionnels (voir l'A.NE.R.C.E.A.).

3°) les erreurs de qualification des lignées. Deux "effets", deux causes :

En observant et en notant, par cette méthode, nos ruches sur plusieurs saisons, nous avons ainsi satisfait au premier des quatre ensembles de critères de sélection, à savoir :

1°) RENDEMENT EN MIEL
  • instinct d'amassage
  • espérance de vie des ouvrières
  • populations adaptées aux biotopes
  • arrêt et début de ponte judicieux
2°) PURETE DES RACES
  • des reines vierges
  • des mâles
  • ou hybridation contrôlée de races pures
3°) RUSTICITE
  • tolérance aux pathologies et parasitoses
  • économie en période hivernale
4°) COMPORTEMENT
  • douceur mais instinct de défense
  • bonnes éleveuses (reine et couvain)
  • tenue du cadre
  • anecballie
  • propreté (instinct dit "de nettoyage")

punaise.gif (183 octets)Remarques :

cadre_epais.jpg (4478 octets) < la production de miel
la tolérance aux maladies > varroa1.jpg (6959 octets)
piqures.jpg (7616 octets) < la douceur
la tendance à l'anecballie > anecbalie.jpg (7277 octets)
rucher_neige.jpg (5579 octets) < l'économie
la tenue au cadre > cadre_tenue.jpg (4868 octets)
eleveuse.jpg (7041 octets) < bonne éleveuse

Bien. En apiculteurs consciencieux, tous les paragraphes précédents ont été digérés et appliqués sur le terrain. Nous avons maintenant quatre ou cinq colonies dites indifféremment "sélectionnées", "élites" ou "souches"; qu'en faire ? Réponse dans le prochain chapitre.


Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 16/03/99
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