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Formation : les cours gratuits d'apiculture du Dr Vautier démarrent samedi

Cette année, ce sera la sixième fournée d'auditeurs qui iront au Cours Sainte Marie de Hann la formation en apiculture tropicale du Dr Alain Vautier. Ils s'y rendront donc tous les samedis, à 9 H, et à partir du 17 janvier. C'est gratuit.

Dakar, 13/01/2004

Ce sera, cette année, la sixième fournée d'auditeurs qui iront au Cours Sainte Marie de Hann la formation en apiculture tropicale du Dr Alain Vautier - grâce à l'amabilité du directeur, Victor qui a prêté une salle de classe. Ils s'y rendront donc tous les samedis, à 9 H, et à partir du 17 janvier. C'est gratuit. Il n'y a même pas de frais d'inscription à verser. Tout le monde y est admis, sans distinction d'âge ou de sexe. Les apiculteurs qui veulent simplement acquérir de nouvelles connaissances, tout comme les personnes aimant les abeilles ou désireuses de se lancer dans l'apiculture.

D'anciens élèves ayant suivi ces cours reviennent également se ressourcer, prendre contact avec d'autres exploitants, parler de leur expérience et échanger des idées.

Le Dr Vautier les initie tous à sa méthode d'apiculture traditionnelle. Elle a valu à ce chirurgien-dentiste qui vit au Sénégal depuis 1968, la Médaille d'Or de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI, en 1997) et un encouragement lors d'une édition du Grand Prix du président de la République pour les Sciences. A la différence de la pratique en Occident de cette activité, elle est moins onéreuse. La ruche Vautier est fabriquée de façon artisanale, et avec des matériaux locaux. Elle revient à 10.000 ou 12.000 FCFA, quand il faut compter six à dix fois plus environ, pour une Langstroth, l'autre type de ruche. Faite en bois, cette dernière présente l'inconvénient de ne pas résister aux intempéries (pluies et humidité), aux termites et est souvent détruite par les feux de brousse. Or l'apiculteur y regardera à deux fois avant de réinvestir la même somme pour remplacer celle qui est hors d'usage. Quant à la ruche traditionnelle africaine, elle donne lieu à beaucoup de pertes au moment de la récolte du miel. On perd le couvain, et il faut attendre longtemps avant que l'essaim se reconstitue.

Cet enseignement dispensé par le Dr Vautier s'étale sur huit cours. On y a un aperçu sur les abeilles du monde entier, notamment l'espèce africaine (apis Adansoni, « l'abeille tueuse »), sauvage et très agressive, et l'occidentale (apis Mellifera) qui, elle, est domestiquée depuis très longtemps et est beaucoup moins farouche. L'univers des abeilles, l'organisation de la ruche, le rôle de chacune des catégories qui la composent (la reine, les ouvrières, les guerrières, les oeufs et les larves), tout cela y est exposé. Une partie des séances est, par ailleurs, consacrée aux réponses aux questions particulières. « On sort de cette formation de huit semaines avec le minimum nécessaire pour réaliser soi-même ses ruches, explique Alain Vautier. On est capable de conduire en amateur son rucher. Il ne s'agit donc pas de tout savoir sur les abeilles, mais d'en apprendre suffisamment pour s'adonner à l'apiculture moderne, avec une méthode nouvelle adaptée à l'Afrique et aux pays en développement.

Dans son numéro de novembre 2003, la revue « L'Abeille de France et l'Apiculteur » a présenté cette dernière à travers un article intitulé « De l'apiculture africaine traditionnelle à la ruche moderne à baguette du Dr Vautier ». Ce reportage était axé sur les apiculteurs de Santhiou Daara, à 70 km de Dakar près de Keur Moussa : une quinzaine d'exploitants qui ont adopté cette méthode et qui ont été formés dans ce sens. Ils installent leurs ruches à travers la forêt de Bandia et vendent leur production sur la route de Mbour, ce qui constitue pour eux des revenus substantiels. Les abeilles sont utiles à l'agriculture (maraîchage et arboriculture) puisqu'elles favorisent la pollinisation.

On estime qu'un rucher placé dans une exploitation agricole, décuple les rendements et permet d'avoir des produits de qualité.

L'agriculture sénégalaise n'utilisant pas d'énormes quantités de pesticides, l'abeille sénégalaise n'est nullement menacée. D'autre part, le miel produit se rapproche du miel bio. Il est très prisé de la population. Dans la pharmacopée traditionnelle, on associe ce produit à un certain nombre de poudres et de décoction. Il est d'ailleurs un aliment aux vertus multiples. Il contient beaucoup d'éléments nutritifs et est utilisé contre les plaies (à cause de ses propriétés antibiotiques), les maladies respiratoires, celles du tube digestif (constipation et autres troubles), etc. Ce n'est pas pour rien que les abeilles et le miel sont évoqués dans des textes sacrés, le Coran et la Bible, précisément.

Djib Diedhiou

Le Soleil