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FRANCE

Bientôt, la concurrence des miels hongrois et polonais

Face à la concurrence du miel de Hongrie et de Pologne après le 1er mai, la démarche de certification attestant de la qualité du produit (qui concerne chaque année 15 à 25 tonnes de miel d'Alsace) deviendra incontournable, a insisté hier à Wasselonne le président bas-rhinois Charles Huck.

22/01/2004

Le président de la Confédération des producteurs de miel d'Alsace, Francis Anchling et le président haut-rhinois André Frieh, présents aux côtés des bas-rhinois, se sont montrés particulièrement attentifs, d'autant que la reprise prochaine des importations de miel de Chine est prévisible. « Dans ce cas, les contrôles à la frontière devront être sérieux et réguliers », afin de déceler la présence de chloramphénicol, une substance comportant des risques pour la santé, a plaidé Charles Huck.
Parallèlement, les exigences faites aux producteurs européens se renforcent : au1er janvier 2005, la traçabilité du miel devra être totale. En outre, les apiculteurs sont soumis à l'écotaxe (2 centimes d'€ par rucher). La nouvelle législation sur l'étiquettage, applicable dès le 1er juin, imposera quelques modifications, l'origine de la provenance « Alsace » n'étant plus autorisée par les instances européennes.

Au1er janvier 2005, la traçabilité du miel devra
être totale.(Photo archives DNA)

Calamité agricole

L'Europe de l'apiculture avance dans le bon sens, puisque, sur sollicitation amicale de leurs homologues allemands, les producteurs de miel bas-rhinois sont invités à participer à l'exposition florale, au Jardin des Deux rives, à Kehl, à partir du 23 avril. Un stand d'exposition et de vente est prévu.
Constat surprenant, des financements sont disponibles et restent sous-employés. « Seules 47% des aides européennes sont utilisées selon l'ONIFLOHR (structure interprofessionnelle des fruits et légumes) », a indiqué Charles Huck. Les subventions peuvent être sollicitées pour l'achat de matériel pédagogique, l'aide à la transhumance (à partir de 150 ruchers) ou la reconstitution de cheptel (à partir de 70 ruchers), l'installation de grillages ou la formation.
Les apiculteurs bas-rhinois, durement touchés en 2003, ont été élus au titre de la procédure des calamités agricoles. Cependant seuls pourront bénéficier des aides les producteurs les plus importants : en effet ils doivent disposer de cinquante ruches au minimum.

Convaincre sur le projet d'institut à Obernai

Dans une perspective de pérennité de la profession, on comprend mal pourquoi le dossier de création d'un institut apicole au lycée agricole d'Obernai - où il aurait une place toute naturelle et logique, à proximité du verger expérimental Veraxal - reste en panne. Le président Charles Huck continuera à essayer de convaincre les élus de la Chambre d'agriculture et les autres partenaires de l'arboriculture, quitte à revoir la première mouture à la baisse.
Les apiculteurs, qui ont de nombreuses préoccupations environnementales, disent leur incompréhension devant le refus du gouvernement « de prendre un principe de précaution » face au Gaucho, puissant insecticide employé pour le traitement du maïs. Ils déplorent également que la portée de « Natura 2000 », « mesure pourtant européenne, ait été presque entièrement anéantie ». Le président Charles Huck déplore que « les espaces de butinage pour l'abeille et d'autres insectes pollinisateurs, auxiliaires indispensables aux diverses cultures, se trouvent encore plus restreints » et dénonce « les intérêts partisans à courte vue » qui l'ont finalement emporté.

Laurence Rey