| L`Apiculture
au XXIème siècle en Iran par Reza Shahrouzi |
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Photos prises par Gilles RATIA lors de son tour du monde

Rucher dans le département de Gillan
Historique
L’apiculture était connue en Iran plusieurs siècles avant l’apparition de
l’Islam. A l’époque romaine, on avait déjà écrit sur les abeilles, plus
particulièrement dans le livre poétique Chanamer. Cinq mille ans avant Jésus
Christ, le people iranien de l’Est avait déjà compris la nécessité de la
pollinisation des dattiers par les abeilles.
Depuis trois décennies environ, l’exploitation de la ruche à cadres a commencé à
se développer et la majorité des apiculteurs sont capables de nos jours de
conduire des ruches à cadres. Cependant, la récolte du miel des colonies
sauvages n’a pas totalement disparu. Partout les abeilles font encore leur nid
dans de vieux arbres, des trous creusés dans la roche ou dans des cavernes.

Rucher traditionnel en vannerie
Type
de Ruches
Les ruches traditionnelles sont réalisées en poterie d'argile, en bois (tronc
d’arbre) ou en vannerie (branche de saule).
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Les ruches en argile : il en existe de deux modèles. Les premiers ont la forme d’un cylindre d’une longueur d’un mètre environ que l’on exploite couché. Les seconds ont la forme d’une meule de paille. Pour les solidifier, ces deux modèles sont cuits au four. |
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Les ruches en tronc d’arbre: le tronc est évidé puis fermé à ses extrémités par une planche en bois. Des trous de vol sont pratiqués sur les côtés. |
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Les ruches en vannerie:sont le plus souvent constituées en branches de saule recouvertes de bouse de vaches qui en assure l’étanchéité. La majorité des ruches à cadres sont des Langstroth, mais on trouve aussi des ruches Dadant. |

Collection de ruches traditionnelles en Iran
Les
régions mellifères
Le vaste plateau iranien est composé de régions aux conditions climatiques très
variées. On y rencontre de ce fait une flore extrêmement diversifiée. Cependant
le revêtement végétal est en général épars et discontinue dans les régions
sèches.
Sur les 350 familles de plantes vasculaires connues, on n’en dénombre pas moins
de 180 à 200 qui poussent en Iran, c’est dire la richesse de la flore de ce
pays. Plus de 1.200 genres sont présents, certains avec plus de 100 espèces.
D’après Dr Ghahreman (1981), on peut estimer de 7.500 à 8.000 le nombre total
des espèces vasculaires présentes.
Les régions mellifères sont localisées dans l’Azerbaïdjan,le Kurdistan,
l’Ardebil, sur la côte nord de la Mer Caspienne, dans le Gillan, l’Ispahan, le
Khorzan, dans le Fars, le Boyer Ahmad E Kohkiluyeh, le Chahar Mahal E Bakhtiari,
le Téhéran, Zanjan, et Qazvin. Pour l’hiver, la côte du Golf Persique (les
départements de Hormosgan, Bushehr, Kouzistan, etc.) peut rester mellifère.

Rucher Langstroth dans le département Téhéran en Demavend
Nombre
de Ruches
Le pays possède 2.750.000 ruches dont 2.400.000 sont de type moderne (majorité
de Langstroth) et 350.de type traditionnel. Il est à noter que dans les
départements de l'Azerbaïdjan et du Kurdistan, il existe aussi des ruches Dadant
12. Mais depuis l’arrivée de la varroatose, le nombre de ruches traditionnelles
a beaucoup régressé. Nous avons 49.000 apiculteurs et la production moyenne du
miel par an et par ruche s'élève à 10 kg. Les estimations d'exportation
oscillent entre 2.000 à 4.000 tonnes de miel par an.

Le rucher moderne dans département Qazvin, Alamout (rucher de Reza Shahrouzi)
Maladies
et parasites des abeilles
Le pays dispose d’organisations sanitaires et de laboratoires pour les maladies
et parasites des abeilles, mais les vétérinaires de terrain sont hélas
pratiquement ignorants de l’apiculture alors que les maladies, parasites ou
ennemis des abeilles observés en Iran sont nombreux.
Parasites et ennemis
La
transhumance
Depuis le XIXème siècle, les apiculteurs d’Azerbaïdjan ont compris l’intérêt de
la transhumance. Ils transportaient leurs ruches traditionnelles dans la
montagne pour y récolter le miel de la flore d’altitude. Les transports se
faisaient à dos d’homme ou à l'aide d'ânes. Chaque âne pouvait transporter trois
ruches. Plus tard, les ruches ont été transportées en charrettes à deux roues
tirées par des ânes encore ou par des chevaux. L’Iran a un climat très varié en
fonction des régions. La flore est abondante et très diversifiée. Le butinage
printanier commence très tôt, dés le mois de janvier et se prolonge jusqu’à la
fin de mai. Les agrumes sont en fleurs durant cinq mois de l’année, de janvier à
mai, en allant de l’Est au Nord-Ouest du pays. Pour profiter de cette situation
climatique exceptionnelle, la majorité des apiculteurs professionnels
transhumaient leurs ruches. Depuis maintenant trois décennies, les apiculteurs
transportent désormais leurs ruches en camion. Ces transhumances se font vers la
côte nord de la Mer Caspienne pour la récolte du miel des agrumes et pendant
l’hiver vers la côte de la golfe persique (départements de Hormozgan, Busher et
Kuzistan).
La
technologie apicole
La technologie apicole en Iran reste partagée entre l’apiculture traditionnelle
et l’apiculture moderne. Il y a de peu progrès dans ce domaine. Si l’Iran
possède des ruches à cadres, elles sont généralement mal construites. Parmi
leurs principaux défauts, on notera en particulier un trou de vol trop petit et
la mauvaise aération qui en résulte, l’épaisseur des parois presque toujours
insuffisante (souvent inférieure à 18 mm), l’absence de couvre-cadres. En fait
on ne peut pas dire qu’il s’agisse vraiment de ruches modernes. Les apiculteurs
iraniens produisent un miel de haute qualité mais sa présentation est
défectueuse car ils manquent d’appareils modernes de traitement et de
conditionnement dans leurs mielleries. Concernant l'élevage de reines, il n'y a
pas vraiment de sélection sur la race, les éleveurs pratiquent selon des
méthodes non scientifiques qui produisent des colonies qui essaiment beaucoup,
fabriquent de la mauvaise cire, hivernent mal, sont agressives, produisent de
moins en moins de miel, sont très sensibles aux maladies et sont, de plus en
plus, de petite taille.
Conclusion
Grâce à son climat, l’Iran est un pays où on peut facilement développer la
production apicole. L’étude géographique et géologique montre en particulier que
la côte de la Mer Caspienne, la plaine montagneuse de l’Alberz, l’Azerbaïdjan,
le Kurdistan, l’Ardebil, le Gillan, l’Ispahan, l’Khorzan, le Fars, le Boyer
Ahmad E Kohkiluyeh et le Chahar Mahal E Bakhtiari sont des régions bien connues
pour leur intérêt apicole. L’apiculture est une science qui a été négligée par
rapport aux autres activités agricoles. Elle manque d'appareils modernes pour
les mielleries ainsi que de machines pour la transformation des produits. Malgré
le peu d’aide que reçoivent les apiculteurs notamment dans le domaine sanitaire
ou de la formation, il faut espérer que l’apiculture iranienne arrivera un jour
à vraiment se moderniser. Ceci est capital pour le pays, non seulement pour le
miel mais aussi pour le rôle indispensable que joue l’abeille en matière de
pollinisation.
Reza Shahrouzi
P.O. Box 34185-451
Qazvin - Iran
Tél. : +98 281 33 38 003
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Mobiles : +98 282 379 21 73 et +98 912 581 97 33
Email : rezashahrouzi@yahoo.com
Bibliographie
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Colson.F, 1977 : "L’apiculture dans le
développement agricole - Un exemple iranien" Bul. Tech. Apic., 4(2), 14, 13-21. |
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Sammataro D. Gerson U. & Needham G, 2000,
"Parasitic mites of honeybees : life, history, implications, and impact", Annual Review of Entomology, 45 :519 - 548. |
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Shahrouzi Reza – "L’apiculture en Iran", Bul. Tech. Apicole, Nº 83 Vol. 20 (3) 1993. |
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Shahrouzi.R,– "Two decades of living with varroa in Iran", Apimondia, Durban - South- Africa, 28 Oct to 1 Nov. 2001. |
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Shahrouzi.Reza.,1991, "Les maladies et parasites des abeilles en Iran", Congrès vétérinaire à Téhéran. |