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La varroase est toujours présente ! par P. Polus |
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Si
les espoirs sont grands de trouver des agents pathogènes aux varroas, qui
permettraient de réduire naturellement et efficacement la population des varroas
dans nos ruches, il n’en reste pas moins qu’à l’heure actuelle nous devons
rester très vigilants et traiter toutes nos colonies, aux bons moments et avec
une technique ayant fait ses preuves. Le laxisme, l’usage de méthodes quelque
peu fantaisistes, une efficacité insuffisante coutent la vie, chaque année, à de
trop nombreuses colonies.
Voici une étude, par ordinateur, du potentiel de
développement d’une population de varroas sur une année et de l’efficacité des
traitements appliqués à des moments opportuns. L’introduction des formules de
calcul dans l’ordinateur est due à André Lecrenier (Durbuy – Belgique), les
graphiques et les commentaires sont de l’auteur de l’article.
Dans cette étude, il a été tenu compte d’un maximum de paramètres pouvant
influencer le développement de la population des varroas dans une colonie, mais
il ne nous a pas été possible de tenir compte de tous les facteurs conduisant un
certain nombre de femelles à ne pas se reproduire.
La
vie d’une femelle varroa
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La durée de vie de la femelle est de 1 à 2 mois en été; 6 à 8 mois en hiver. |
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La femelle varroa reste 7 jours sur les abeilles avant de rentrer dans une cellule pour s’y reproduire. |
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L’éclosion de l’ouvrière a lieu 12 jours et l’éclosion du mâle, 15 jours après l’operculation. |
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Le cycle de reproduction du varroa est donc de 19 jours en cellule d’ouvrière et 21 jours en cellule de mâle. |

Sortent d’une cellule d’ouvrière, la femelle pondeuse, une jeune femelle
fécondée et une jeune femelle vierge. 40 % des femelles vierges entreront dans
une cellule en voie d’operculation, pondront un œuf donnant un mâle. Celui-ci
fécondera sa mère qui pondra alors des œufs donnant des femelles. Sortent d’une
cellule de faux-bourdon, la femelle pondeuse, deux jeunes femelles fécondées et
une femelle vierge.
On estime à 1,4 le cœfficient de développement du varroa dans le couvain
d’ouvrière et à 2,4 s’il s’agit du couvain de mâle. 20 % des varroas seront
capables de pondre une deuxième fois.
Il faut toutefois remarquer que le couvain de mâle apparaît plus tard que celui
d’ouvrière (dans cette étude, au 1er avril) et devient plus réduit plus tôt
(ici, début août).
En supposant qu’une femelle pondeuse donne 10 descendants sur une année, il
faudra en détruire 9 soit 9/10 ou 90 % pour retrouver, en début de saison, un
nombre identique de varroas dans une colonie.
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Si une femelle pondeuse donne 20 descendants, il faudra en détruire 19 soit 19/20 ou 95 % |
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Si une femelle pondeuse donne 30 descendants, il faudra en détruire 29 soit 29/30 ou 96 % |
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Si une femelle pondeuse donne 40 descendants, il faudra en détruire 39 soit 39/40 ou 97 %… |
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L’efficacité de l’ensemble des traitements d’une année doit donc être d’au moins 97 %. |
Potentiel
de développement du
varroa.
Nous prenons comme population de départ 15 femelles commençant leur cycle de
ponte à un jour d’intervalle.

Il s’agit d’un potentiel de reproduction, c'est-à-dire de la
population théorique que donneraient ces 15 femelles de départ, si tous les
descendants avaient une vie et une reproduction normale. Le nombre réel est
heureusement moins élevé, mais suffisamment important que pour devenir
rapidement une charge insupportable pour une colonie.
Chaque graphique reprend le nombre de varroas sur les abeilles, le nombre de
varroas dans le couvain et la mortalité.

Ces deux graphiques montrent bien qu’une population de varroas
peut devenir rapidement insupportable pour une colonie. On constate également
que l’infestation prend des proportions énormes à partir de juillet. A cette
époque de la saison apicole, il est indispensable d’appliquer un traitement
réduisant le plus possible la population des varroas afin de protéger les
abeilles d’hiver qui auront à nourrir, de leur hémolymphe, les varroas présents
pendant tout l’hiver.
Remarquons enfin qu’au moment où la population des varroas augmente
dangereusement, la population des abeilles diminue, ce qui entraine un surcroit
de charge tant pour le couvain que pour les abeilles adultes.
Efficacité
des traitements.
Les calculs ont été établis sur base de traitements ayant une efficacité de 97
%. Il s’agira de deux types de traitements, traitements de longue durée
s’étalant sur plusieurs semaines et traitements ponctuels ayant une efficacité
de courte durée (quelques heures).
1. Traitements
ponctuels en présence de couvain.

On constate que, malgré une réduction importante du nombre de varroas atteints par le traitement, le nombre de varroas présents dans la colonie à la mi-novembre reste beaucoup trop élevé.


Les graphiques 4 et 5 représentent l’application de deux puis de
trois traitements ponctuels à 6 jours d’intervalle. Le choix de 6 jours entre
les applications est dicté par la nécessité d’atteindre les varroas, protégés de
l’application précédente dans les cellules operculées, avant qu’ils ne rentrent
dans une cellule pour s’y reproduire.
On constate que le nombre de varroas éliminés par trois traitements ponctuels
est considérable, mais malgré tout insuffisant pour s’en satisfaire.
L’application d’un quatrième traitement ponctuel n’a aucun effet significatif,
le nombre de varroas présents sur les abeilles n’étant plus très élevé 6 jours
après les trois traitements.
Première
conclusion.
L’application de traitements ponctuels en présence de couvain aura un effet
limité et demande un travail important puisque trois traitements à 6 jours
d’intervalle sont nécessaires pour avoir une efficacité suffisante pour protéger
les abeilles d’hiver. Un nouveau traitement en l’absence de couvain sera
nécessaire.
2. Traitement longue
durée en présence de couvain plus un traitement ponctuel en absence de couvain.

Le graphique 6 montre qu’en appliquant une traitement de longue
durée pendant un minimum de 25 jours (cycle de développement du couvain de
mâle), le nombre de varroas est revenu à son point de départ (une population de
15 varroas). Mais ces varroas survivants vont continuer à se multiplier dans le
couvain toujours présent. A l’entrée de l’hiver un traitement ponctuel aura une
efficacité largement suffisante pour réduire le nombre de varroas à quelques
unités.
3. Deux traitements de
longue durée.

Le graphique 7 montre le résultat d’un traitement de longue
durée, au mois d’août (voir graphique 6), suivi d’un autre traitement également
de longue durée au printemps (application au 1er mars). Pour la saison apicole
débutante le résultat est satisfaisant. Il faut cependant remarquer que la
colonie a passé l’hiver avec un nombre trop important de varroas.
Conclusions
générales.
Quelles que soient les méthodes utilisées, la lutte contre la varroase passe par
deux phases :
Un ou plusieurs traitements de longue durée en présence de couvain pour protéger la colonie d’un nombre trop élevé de varroas nuisant considérablement au couvain et aux abeilles adultes.
Un second traitement, de préférence en l’absence de couvain et le plus tôt possible dans la période hivernale, ce traitement pouvant être un traitement ponctuel.
Les calculs présentés ici ont été établis sur base de traitements ayant une efficacité de 97 %. Il y a donc lieu d’être prudent lorsqu’on fait usage de traitements dont l’efficacité est moindre.
ATTENTION ! Dix traitements espacés détruisant chacun 9,7 % de varroas ne détruiront pas 97 % au total.
On ne peut recommencer la saison apicole avec plus de 3 % des varroas de l’année précédente. Ces 3 % ne peuvent dépasser la centaine de varroas. Evidemment il n’est pas possible de compter le nombre de varroas présents dans une colonie en début de saison. Il est impératif de choisir un ou des traitements ayant fait leurs preuves.
Dans le suivi de vos traitements, ce qui compte ce n’est pas le nombre de varroas tués, mais bien le nombre de varroas restants.
Il est important de ne pas utiliser le même produit pour les traitements d’une année. L’usage de produits différents entraîne la destruction des varroas résistants à l’un d’eux.
P. POLUS
avec l'aimable autorisation de la revue
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/ Realisierung: Gilles RATIA Last update / Mise à jour / Actualizado el / Letzte Bearbeitung: 17/03/01 APISERVICES - Copyright © 1995-2007 |