![]() Noisetier tortueux |
V’la l’printemps, v’la l’joli temps Par B. Cartel |
Mars au potager, mars au verger, mais aussi mars
au rucher ! Ce mois tant attendu où il faut être partout nous apporte un beau
cadeau : le printemps. Les premières fleurs nous le disent, les oiseaux nous le
chantent. Dans le grand saule, c'est la frénésie de milliers d'abeilles à la
cueillette du pollen. Qui d'entre nous n'est pas pressé de plonger dans la ruche
? Et pourtant, si le calendrier ne ment pas, la nature peut encore faire
quelques caprices en giboulées, gels nocturnes ou chute de neige tardive.
Prudence donc ! Allons plus longuement au rucher reprendre contact en n'oubliant
pas que tout n'est pas encore permis à l'apiculteur qui n'habite pas dans le
Sud. Quant à celui qui veut se lancer dans l'apiculture, il peut penser d'ores
et déjà à résoudre cette question : comment acquérir mes premières abeilles ?
Nous allons tenter de l'aider.
Rentrées
de pollen et élevage
Ce sont les noisetiers qui ouvrent le bal dans ma région. Ils délivrent un
pollen abondant ocre jaune. Ces premières rentrées de matières protéiques
fraîches sont indispensables ; elles dopent l'élevage du couvain par les
abeilles d'hiver encore nombreuses mais en fin de vie. Sur ce point, nos
abeilles locales, adaptées au climat de leur région "savent" de par leurs gènes
à quelle période entreprendre les premiers élevages, ni trop tôt, ni trop tard :
si l'on prend comme hypothèse, pour une région donnée, que la miellée s'étend
sur 1 à 2 mois - du 15 mai au 15 juillet - ce sera vers le 16 mai qu’il sera
indispensable pour les colonies de libérer un maximum de butineuses.
Mais pour "faire" une butineuse, il faut 42 jours : 21 à l'état larvaire et
nymphal et autant sous forme d'abeilles d'intérieur. Dans notre cas, la colonie
doit fortement se développer dès le début avril pour envoyer aux champs les
bataillons de butineuses pour cette mi-mai. Si celles-ci sont disponibles avant
le 15 mai ou après le 15 juillet, elles seront au chômage et les colonies dont
elles sont issues seront tentées d'essaimer, surtout pour les plus précoces.
C'est pourquoi nous suggérons encore et encore de n'élever que des abeilles de
souches locales, qui "savent" entreprendre l'élevage en temps voulu. De son
côté, l'apiculteur peut tenter de rétablir certaines situations extrêmes, par
l'égalisation des colonies, en retirant du couvain prêt à naître là où il est
excédentaire, pour l'offrir là où il manque, en vérifiant qu'il puisse être pris
en charge par un nombre suffisant d'abeilles.
Au fur et à mesure que l'on avance dans le temps, les abeilles récoltent des
pollens issus d'espèces différentes ; ceux des noisetiers, des saules, des
cerisiers, des fruitiers... Pour aider l'apiculteur curieux de déterminer de
visu l'origine des pelotes ramenées, nous proposons une liste non exhaustive des
essences butinées avec la couleur des pollens correspondants. C'est une base de
données qui n'exclut pas l’observation sur le terrain, l'une complétant l'autre.
Nourrissement
printanier

On peut considérer le nourrissement printanier sous 2 aspects : de soutien ou spéculatif. Le premier nourrissement de soutien concerne les colonies pauvres en nourriture glucidique (le miel). A cette époque, les rentrées de nectar sont aléatoires et il ne faut pas compter sur elles. Par conséquent, il ne faut pas hésiter à nourrir les colonies nécessiteuses, et ce, d'autant plus si elles sont populeuses. Ce sont souvent elles qui meurent de faim les premières et il est très décevant de constater la mort quasi subite d'une colonie très active les jours précédents. On propose du sirop concentré du commerce ou préparé à raison de 3 kg de sucre ou plus pour 2 litres d'eau. Dès que le sirop est stocké, on peut également sur ces mêmes colonies déposer 1 pain de candi en complément. Cela les aidera à franchir cette période de l'année et à les mettre en état de produire au moment voulu.

Framboisier
Genêt
Contrairement au nourrissement de soutien, celui dit "spéculatif"
s'adresse à des colonies qui ne manquent pas forcément de provisions mais qui
méritent d'être dopées avec un objectif bien précis, comme par exemple celui de
les mettre en état de produire pour une période donnée.
Sachant qu’il faut 42 jours (6 semaines) pour faire une butineuse et connaissant
d'autre part approximativement la période de miellée visée, il suffit de
remonter le temps et de distribuer à ces colonies, donc environ 6 semaines
avant, un sirop 50/50 de préférence le soir pour éviter le pillage.
Ce type de nourrissement est à utiliser avec prudence, car s'il est administré
trop tôt ou trop tard, les butineuses générées en grand nombre ne seront
d'aucune utilité. De plus, il peut favoriser une des plaies de l'apiculteur :
l'essaimage.
Nettoyage
des plateaux
Début mars, avec la reprise d'activité au rucher, c'est la première opération
importante que nous pouvons pratiquer sur les ruches.
Entre deux giboulées et par temps frais pour ne pas déranger les colonies, nous
retirons les plateaux l'un après l'autre et nous les examinons. Ils portent
encore des déchets d'opercule : clairs ou foncés suivant l'ancienneté des
rayons. On y trouve également des cristaux de sucre, des cadavres d'abeilles, de
varroas et à l'aide d'une loupe, des petits commensaux qui profitent des résidus
de la ruche sans la parasiter.
Cependant, on ne découvre pas de déjections, sauf dans le cas où les abeilles
n'auraient pas exécuté un vol de propreté ou en cas de maladie, nosémose ou
dysenterie. Sur le plateau, on imagine l'emplacement et la force de la colonie
par le nombre de rangées de déchets qui correspondent en fait aux ruelles
intercadres. Cette première indication sera notée sur la fiche individuelle de
la ruche et servira à établir un pré-classement de la colonie en faible, moyenne
ou forte. Elle sera précieuse lorsqu'ultérieurement nous pourrons pratiquer la
visite de printemps avec en particulier l'égalisation des colonies.

Visite de printemps (Cliché Chong-Wing)
Après cet examen, on grattera le plateau, que certains qualifient de
"carrefour de la pollution", on le désinfectera, soit par un sérieux brossage à
l'eau de Javel, soit par un brunissement à la flamme du chalumeau. Plus
radicale, nous préférons cette 2ème solution. Si le remplacement d'un plateau
sale par un propre est une opération assez courte, elle peut être encore réduite
par un échange standard, dans la mesure où tous les plateaux sont parfaitement
identiques.
S’occuper
des colonies faibles
A l'observation du trou de vol et à l'examen des planchers, nous avons pu
détecter une colonie que nous considérons comme faible, vu le peu de mouvements
d'abeilles et le petit nombre de "rangées" de déchets. Que faire? Nous suggérons
d'ouvrir cette ruche lors d'une journée douce pour vérifier d'abord et
rapidement la présence de couvain et donc de reine.
Dans ce cas, nous pouvons désoperculer un peu de miel par griffage d'un cadre
qui jouxte le couvain. Il convient ensuite de resserrer la colonie au maximum en
ne lui laissant que les cadres que les abeilles peuvent couvrir. Le tout est
confiné contre une paroi à l'aide d'une partition, la plus étanche possible.
L'ouverture du trou de vol est réduite.
Dans cet espace ainsi recréé, plus facile à chauffer et si la reine est encore
bonne pondeuse, la colonie pourra plus facilement se développer. Elle reste sous
surveillance et il faudra adapter le volume de cet espace, proportionnellement
au développement de la colonie. On pourra aussi lui fournir régulièrement une
petite quantité de sirop 50/50 tiède.
Vouloir conserver une colonie sans couvain à cette époque est peine perdue. Seul
un regroupement avec une colonie voisine permettra de récupérer la population
constituée d'abeilles d'hiver, en fin de vie et donc de peu d'intérêt. Si de
surcroît cette population orpheline présentait des signes de maladie, abdomen
gonflé des abeilles, abeilles rampantes, traces de diarrhée, le regroupement
serait une erreur d'ordre sanitaire.

Cliché Selhi (Algérie)
La solution ultime, refusée par certains mais salutaire pour entretenir
une bonne prophylaxie du rucher reste la destruction par soufrage : on place le
soir sur la ruche découverte une hausse vide et l'on calfeutre le trou de vol
lorsque les dernières abeilles sont rentrées. Il suffit alors de suspendre une
mèche de soufre, d’y mettre le feu et de la laisser se consumer dans la hausse
recouverte. Ne seront récupérées que les cires jeunes (jaunes). Les cires noires
(anciennes) pouvant contenir des germes pathogènes seront brûlées.
Ses
premières abeilles
Pour le débutant, acheter sa première colonie est une opération qui peut
s'avérer difficile. Il est souhaitable qu'il se fasse aider pour éviter des
déboires. On n'acquiert pas une colonie d'abeilles qui est un organisme vivant,
comme on le ferait pour un bien quelconque que l'on peut rendre au bout de 8
jours. Si l'apiculteur confirmé se pose déjà un certain nombre de questions lors
de l'achat d'une ruche peuplée, le tout débutant est totalement désarmé et a
besoin d'aide, pour son acquisition et son installation. Nous allons lister les
principales situations qu'il peut rencontrer. Il y a diverses façons de se
procurer des abeilles. Les principales sont l'héritage d’un rucher, l'achat
d'une ruche peuplée, d'un essaim nu ou sur cadres, et la récupération d'un
essaim.
1) Héritage d'un rucher
C'est la situation idéale du point de vue investissement, du moins dans l'immédiat. Si l'apiculteur qui donne son rucher peut former le débutant, même grossièrement, le problème est partiellement réglé à court terme. A ce dernier cependant de s'inquiéter et de noter : l'état de chaque colonie (sanitaire - force - âge de la reine), de la situation des traitements sanitaires (exécutés, en cours, à mettre en place). Normalement, outre le numéro d'immatriculation du rucher, toutes ces indications sont portées sur le registre d'élevage qui est une partie de la mémoire du rucher. La situation d'héritage, sans consignes de son donateur, laisse le débutant sans réponse aux questions qu'il se pose. Dans ce cas, il est préférable de demander l'aide d'un apiculteur pour faire un état des lieux le plus précis possible et pour prendre progressivement la relève du donateur. On pourra aussi sans scrupules frapper à la porte d'un rucher-école.
2) Achat d'une ruche peuplée
C'est le cas du débutant pressé de récolter son premier miel, si la ruche
qu'il convoite est en état de produire. Des occasions ne manquent pas dans la
presse apicole. Puisqu'il y a investissement, autant le faire avec discernement,
de préférence avec les conseils d'un bon apiculteur, un parrain. Il ne faut pas
s'emballer pour une ruche dont le prix paraîtrait attractif. Choisir avant tout
un modèle de ruche classique de préférence Dadant, 10 ou 12 cadres. Ce dernier
est naturellement plus lourd et est réservé à une apiculture sédentaire. Après
cette première sélection, nous pourrons, avec le parrain voir sur place, d'une
part la ruche proprement dite et ensuite visiter la colonie par une journée à la
température douce. La ruche : outre le modèle, nous vérifierons que le bois est
en bon état (pas de pourriture, de fissures) et qu’elle possède ses propres
éléments (nourrisseur, hausse garnie...).
La colonie : après avoir enlevé le couvre-cadres, nous pourrons évaluer le
nombre de cadres occupés par les abeilles qui ne doit pas être inférieur à 6 ou
7. Ensuite nous compterons le nombre de cadres de couvain, et l'importance de
celui-ci. Il doit être compact, signe de bonne santé. S'il était au contraire
dispersé, en mosaïque, on pourrait soupçonner soit une maladie, soit une reine
âgée. La couleur des cires révèle si elles ont été renouvelées régulièrement ou
non : noires, elles sont anciennes alors que les jeunes sont jaunes. Pendant la
visite, nous pourrons également estimer le volume des provisions de miel et
découvrir éventuellement la reine.

Cliché Michel (60)
Est t'elle marquée ? Quel est son âge ? Il y a de forts risques que le
vendeur ne le connaisse pas. L'ensemble de ces informations doit aider à prendre
la décision d'acheter et de négocier le prix, ou de ne pas acheter.
Puisque l'objectif initial était d'acheter une ruche peuplée pour produire dès
la première miellée, il est indispensable qu'elle soit déjà forte au moment de
cette visite, soit 3 cadres minimum de beau couvain à la mi-mars (hormis les
zones du Sud où nous en souhaiterons 1 de plus). Il faut refuser l'achat d'une
colonie moyenne ou faible qui ne réalisera pas l'objectif fixé au départ.
N.B. : On entend par beau cadre de couvain, une surface équivalente à celle de 2
mains au minimum par cadre.
3) Achat d'un essaim sur cadres
Dans la profession apicole, certains ont choisi de faire de l'élevage
d'essaims et de reines destinés à la vente. Généralement un éleveur propose
début mai, des essaims sur 6 cadres dont 4 ou 5 de couvain, avec une reine
marquée, soit de l'année précédente soit de l'année en cours. L'achat d'un
essaim sur cadres qui comprend les cadres et les abeilles est beaucoup plus sûr
que celui d'une colonie inconnue car il possède une reine jeune, souvent issue
d'une lignée locale, suivie par l'éleveur. C'est une bonne garantie de réussite.
Le débutant qui opte pour cette solution doit posséder une ruche vide en bon
état compatible avec les cadres de l'éleveur (le modèle Dadant est très souvent
utilisé) et des cadres munis de cires gaufrées ou à gaufrer.
Pour transporter l'essaim de l'éleveur à l'acheteur, 2 façons de faire sont
possibles : soit ce dernier apporte la ruche sur place (le soir) et l'éleveur
introduit l'essaim, soit l'acheteur transporte l’essaim dans une ruchette prêtée
par l'éleveur consignée ou non. Cette solution paraît être la meilleure et la
moins risquée. L'essaim sur cadres coûte proportionnellement un peu plus cher
qu'une colonie de volume identique, mais comme on l'a dit plus haut, ses chances
de réussite sont meilleures (reine jeune, lignée suivie, cires jeunes). Au
rucher, tout en se formant, le débutant pourra suivre le développement de
l'essaim et agrandir progressivement la colonie au moment voulu à l'aide des
cadres gaufrés.
Avec ce type d'achat, la production de l'année en cours n'est pas assurée : les
abeilles doivent construire la totalité des cires gaufrées du corps de ruche et
celles de la hausse et c'est une lourde tâche. Par contre la colonie sera en
pleine capacité de produire l'année suivante.

4) Enrucher un essaim nu
Qu'il soit acheté (paquet d'abeilles) ou récupéré, l'essaim nu peut être le début d'une aventure apicole, à 2 conditions : qu'il pèse au moins 2 kg (20 000 abeilles environ) à la période d'enruchage, au plus tard fin mai et qu'il possède une reine fécondée. En effet, il lui faudra construire ses rayons (à moins qu'on lui en fournisse) ce qui lui permettra d'entreprendre un élevage. En attendant les nouvelles générations d'ouvrières (21 jours pour les abeilles d'intérieur et encore autant pour devenir butineuses), l'essaim perdra peu à peu une partie de ses forces vives, destinées à récolter les provisions, miel et pollen, pour se nourrir et constituer les réserves d'hiver.

Il est recommandé dans ce cas, de nourrir régulièrement l'essaim par de petites quantités de sirop 50/50 et de lui donner un cadre de couvain de tous âges débarrassé de ses abeilles. Son démarrage n'en sera que facilité et le couvain lui ôtera l'envie de déserter. Si au contraire l'essaim possède une reine vierge, il lui faudra 10 à 15 jours supplémentaires pour qu'elle se fasse féconder et se mette à pondre. C'est un handicap de plus. Par ailleurs, ce type d'essaim appelé secondaire voire tertiaire, est généralement plus léger que l'essaim primaire et il est plus tardif. Ses chances de survie l'hiver prochain seront moindres.

Récupéré puis enruché (Cliché Mme Bouche - 27)
Une bonne solution pour lui serait de l'aider comme pour le premier cas et
de prévoir à l'automne un regroupement avec une colonie dont la reine est âgée.
Après suppression de cette dernière, la réunion de ces 2 colonies constituera un
peuple fort avec une reine jeune, conditions idéales pour réaliser un fort
développement l'année suivante.
Enfin, tout essaim récupéré d'origine inconnue peut présenter un état sanitaire
douteux. Par sécurité, on peut l'installer éloigné du rucher, le temps d'une
quarantaine.
Une
nouvelle menace : Aethina tumida
Il y a 25 ans environ, la presse apicole mettait en garde la profession sur une
menace venant de l'Est, appelée Varroase. D'après les autorités de l'époque, la
propagation naturelle de l'acarien responsable de la maladie, le varroa, ne
pouvait guère dépasser 15 km par an, distance que peuvent parcourir les vecteurs
naturels de la maladie : le faux-bourdon ou l'essaim. “ A cette allure, on aura
bien le temps de le voir arriver ” se disait l'apiculteur de la France profonde
! Mais c'était sans compter sur le commerce, la transhumance, les centres
apicoles. Et, en 1982, contrairement à tout ce qui avait été théoriquement
prévu, Varroa a franchi le Rhin et a été ensuite découvert l'année suivante dans
le Midi. Vitesse de propagation sur notre sol : 800 km/an soit plus de 50 fois
celle de la prévision…

Aethina tumida
24 années plus tard, mon propos n'est pas de rechercher les responsables
de cette propagation rapide, mais d'imaginer qu'avec le coléoptère Aethina
tumida, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Une chose est quasi
certaine : le parasite arrivera un jour en France. Espérons que ce soit le plus
tard possible, à moins qu'il n'y soit déjà importé. Quelles sont les mesures à
prendre pour retarder l'échéance ? N'acheter si besoin que des essaims ou des
reines de nos races locales, provenant d'élevages locaux, et oublier les «
belles étrangères ». Mais puisque le doute plane sur son éventuelle présence, il
nous faudra désormais prendre un peu de temps supplémentaire pour le rechercher
lors des prochaines visites, en utilisant comme support comparatif les photos du
parasite et celles de ses cousins de la famille des Nitidulidae parues dans la
presse apicole, et plus précisément celles illustrant les différents articles de
l'Abeille de France n° 908. Pour l'instant, nous ne disposons pas de consignes
officielles pour lutter contre cette nouvelle parasitose. Lutte chimique, lutte
biologique, autres moyens ? Espérons que nos instances sanitaires nationales
nous en proposeront rapidement, avant que l'un d'entre nous ne découvre avec
horreur et complètement désarmé, le petit scarabée de la ruche.
N.B. Je lisais récemment un article ancien concernant la varroase (Abeille de
France n° 648). Son auteur le concluait partiellement ainsi : "L'histoire de la
varroase servira d'avertissement à 1’encontre de l'importation de reines d'un
pays à l'autre, ou même de régions d'écologies différentes". Je ne suis pas
persuadé que l'avertissement ait été compris et retenu. Par contre, je suis
certain que la punition a été collective et qu'elle risque bien d'être doublée !
Au cours de ce mois, nous avons pratiqué les premières opérations apicoles,
voire la visite de printemps pour les favorisés des zones méridionales. Les
autres devront attendre le début avril. Plus que le respect d'un calendrier,
c’est plutôt la précocité ou au contraire le retard pris par la végétation qui
donne le signal à visiter, tout comme celui de la pose des hausses. C'est
particulièrement visible en montagne où les effets cumulés ou non de différence
d'altitude et de versant adret/ubac font qu'une espèce florale donnée peut
s'épanouir avec 15 à 20 jours d'intervalle.

A chacun d'entre nous de surveiller les premières espèces de fleurs qui serviront de repère.
B. Cartel
avec l'aimable autorisation de la revue
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