Ce sont aussi les vacances, les fêtes de la musique
et les touristes nombreux. L'abondance florale du printemps se transforme en
abondance de récoltes et pourtant on ne sait si juillet est bon, qu'après qu'est
faite la moisson.
Il en va de même pour nos abeilles. Les propositions de nourriture ne sont plus
aussi abondantes et nos amies prévoyantes le savent très bien. Elles savent que
pour elles l'essentiel est fait, parce qu'elles adaptent leur comportement au
rythme biologique de la nature, conditionné par la course du soleil.
Insensiblement la durée du jour commence à décroître et les populations si
nombreuses au sommet de l'été se réduisent progressivement au profit de varroa
qui lui continue à accroître sa population. L'apiculteur peut-il alors, lui
aussi, prendre des vacances ? Au cours du mois de juillet, certes il peut se
permettre quelques jours de repos après avoir casé ses protégées en bordure d'un
champ en fleurs ou dans les sapins ; mais en août il n'en est plus question car
qui dort en août dort à son coût.
Freiner
la baisse d'activité
Bien
que nos ruches paraissent encore populeuse, surtout par fortes chaleurs, la
disparition de nombreuses butineuses usées par le travail et le ralentissement
de la ponte amorcent le déclin de nos colonies. Il est certain que l'activité
des butineuses se maintient aussi longtemps qu'il y a encore des miellées à
exploiter ou des sources de pollen à visiter, mais il faut être prudent et ne
pas trop s'illusionner sur la force des colonies. Bien souvent nous risquons de
voir des butineuses désœuvrées par manque de miellée ou qui, si elles donnent
encore l'impression d'être actives, bien souvent rentrent le ventre vide. Ces
colonies ont depuis longtemps arrêté tout élevage, surtout si aucun
nourrissement de stimulation n'est intervenu.
C'est pourquoi il est important de soutenir l'activité de nos colonies ; il faut
absolument profiter des dernières occasions de miellées, quitte à déplacer les
ruches. Ce sont maintenant les tilleuls qui bordent parcs et jardins ; ils sont
très intéressants lorsque plusieurs variétés se suivent (à grandes feuilles puis
à petites feuilles).Très souvent les fleurs sont visitées, mais aussi les
feuilles recouvertes de miellat. Ce mélange donne à ces miels un goût très
agréable et recherché par le consommateur.
C'est aussi la saison de la floraison du tournesol dont l'abondance des miellées
est directement tributaire de la qualité du sol, de l'humidité relative et de la
variété. En certains lieux, on peut aussi trouver de la phacélie ou de la
moutarde, qui elles aussi produisent un miel intéressant qu'il ne faut pas
négliger.
C'est à ce prix que l'activité et la santé des colonies sont maintenues
naturellement. Il ne faut pas oublier que les abeilles naissantes en juillet et
août auront l'importante mission de soigner les abeilles d'hiver qui assureront
la survie et la pérennité de la colonie. Ces abeilles d'hiver sont dotées dans
leur organisme, d'une grande réserve de graisses et de protéines, absolument
nécessaires pour le nourrissement du premier couvain de l'année prochaine. Pour
constituer ces précieuses réserves, elles doivent disposer de grandes quantités
de pollen que leurs prédécesseurs auront récolté et stocké.
La
disparition des faux-bourdons
Leur disparition est un signe évident du changement de caractère de la colonie.
L'opulence et la joie de vivre au rythme bruyant de ces lourdeaux ont été
remplacées par la frénésie d'économiser et de constituer des réserves, pour
assurer la survie de la colonie pendant la saison froide, dont elle a très
certainement pressenti la durée. C'est inscrit dans l'héritage et la mémoire des
abeilles.
Ils firent partie de l'environnement du printemps créateur, leur présence
répondait à une nécessité vitale La nature a inscrit dans sa loi économique, la
suppression des bouches inutiles quand l'opulence disparaît. Les faux-bourdons
ont fait partie de l'environnement social de la ruche. Dans une ruche normale,
la production des mâles est assez brève : de 2 à 5 mois dans le meilleur des
cas. Leur nombre varie de 3000 à 11000 individus, mais ces mâles sont éphémères
car lorsqu'on veut les décompter ils n'en restent pas plus de 1500.
Ils se font entretenir en toute quiétude avant de prendre part au plus grand
événement de leur vie, la course à la fécondation de la reine. A leur sortie de
la cellule d'élevage, ils sont nourris par les ouvrières. Plus âgés ils vont
eux-mêmes se nourrir directement dans les réserves de miel. On a calculé que les
plus jeunes consomment 1 mg de miel par heure. Plus âgés, leur consommation est
multipliée par trois. Durant les vols elle atteint 14 mg par demi-heure, soit
trois fois la ration d'une ouvrière. Incapable de butiner la moindre fleur, ils
ne vivent qu'avec les réserves de la ruche, ce qui explique leur élimination
lorsque la nourriture se fait rare. Pendant leur courte vie, ils ne font rien,
se promènent sur les rayons, se nettoient, mangent pour assurer leur maturation
sexuelle et exécutent quelques vols de repérage. Il sortent entre 14 et 17 h
pour se retrouver avec d'autres faux-bourdons en un lieu identique chaque année
appelé agrégation de mâles et qui peut être situé très loin de la ruche dans
laquelle ils ne reviendront peut-être plus. Ce sont de grands voyageurs étourdis
qui peuvent changer d'habitat plusieurs fois pendant leur existence. Les reines
vierges recherchent ces sites pour se faire féconder.
Quand
elles ne construisent plus
Suivant l'implantation du rucher et les ressources mellifères de
l'environnement, la construction des rayons va s'arrêter plus ou moins
rapidement. La production de cire se limitera strictement aux besoins immédiats
de la colonie pour l'operculation des rayons de miel. Tous les cadres de cire
gaufrée non encore étirés et ceux qui ne seraient pas construits en totalité
seront retirés, pour éviter des volumes inutilisables qui encombreraient
inutilement la ruche.
Il est tout à fait évident qu'une ruche emportée en transhumance sera garnie de
cadres construits, les cadres à construire seraient immanquablement boudés et la
colonie oisive. C'est uniquement dans le cas d'une récolte de mélézitose que les
abeilles acceptent de construire.
Augmentation
de l'agressivité
La
raréfaction des sources de nectar va de pair avec une augmentation de
l'agressivité des abeilles. Nous nous abstiendrons alors de les déranger si les
conditions atmosphériques ou environnementales sont défavorables. Les abeilles
ont un instinct naturel de défense et pour contenir leur agressivité nous
utilisons de la fumée. Muni d'un bon enfumoir il est possible de travailler sans
problème majeur avec un minimum de gêne pour les abeilles. Il est naturellement
toujours avantageux d'être à deux, les opérations sont alors menées plus
rondement. L'apiculteur doit toujours s'imposer et ne pas laisser les gardiennes
prendre le dessus. Dès qu'elles lèvent l’abdomen, vite de la fumée pour couper
toute velléité d'attaque.
Ne jamais ouvrir de ruche sans avoir prévenu de notre intention. Pour procéder à
une visite, on introduit quelques bouffées de fumée par l'entrée pour mettre la
colonie en bruissement. Puis on lui laisse le temps de se gorger de miel : elle
sera moins agressive. On soulève le couvre cadre en envoyant de nouvelles
bouffées de fumée sur le dessus des cadres pour refouler les abeilles à
l'intérieur de leur habitation. Un bourdonnement grave doit répondre à notre
avertissement, ce qui autorise l'intervention prévue. Dès que ce bourdonnement
faiblit, ne pas craindre d'enfumer énergiquement pour garder la maîtrise des
opérations prévues.
L'enfumoir a pour but de maintenir le calme dans la ruche et non d'asphyxier les
abeilles. On ne doit utiliser que des matières végétales et surtout pas de
produits synthétiques qui les empoisonneraient.
Dans un rucher, plus les colonies sont groupées en nombre important, plus il
faut être prudent car l'agressivité est contagieuse. Et très vite le pillage
peut apparaître. Lorsqu'une ruche réagit trop brutalement, il est préférable de
reporter l'intervention à une date ultérieure.
Attention
au pillage
Morsures, excitation et morts devant les trous de vol. Là quelques abeilles se
battent pour un malheureux petit morceau de cire abandonné. Par endroits, elles
cherchent à s'introduire dans les fissures des ruches pourtant bien trop
étroites pour elles. Les peuples faibles sont attaqués, les ruchettes d'élevage
sont investies et pillées, ça bourdonne très fort !
Si l'on ouvre une ruche et qu'on en sort un cadre, par centaines elles
accourent, hargneuses et se jettent sur le cadre ou même dans la ruche. C'est la
guerre entre les abeilles, les hommes et les animaux sont attaqués. Les voisins
se plaignent, des étrangers ont été piqués. Certaines vont même dans les salles
de bain et cherchent avec frénésie, attirées par l'odeur d'un savon parfumé. Ça
c'est le pillage.
C'est ainsi que cela peut se passer entre les mois de juillet et de septembre
pendant les périodes de disette, que les abeilles sont encore nombreuses, et
qu'on leur en donne l'occasion. Il est prouvé que l'occasion fait le larron. Une
goutte de miel ou une trace sur un couvercle attire une éclaireuse très vite
suivie d'une multitude d'excitées. Il suffit d'un cadre encore humide oublié
pour activer toute une meute. Les abeilles du rucher voisin, elles aussi
arrivent très vite, même s'il est situé à trois kilomètres et plus. Les abeilles
apprennent très vite à devenir des voleuses.
Une
fois nourries elles reviennent
Le pire, c'est qu'elles n'oublient jamais l'endroit où elles ont trouvé un bon
repas. Si par maladresse on a attiré toutes les abeilles des alentours, elles
reviendront sans cesse et il ne sera plus possible de travailler au rucher.
Elles resteront sans cesse en maraude, pour contrôler s'il n'y a pas de nouveau
quelque chose à récupérer. Au moment du nourrissement, les colonies pillardes
seront à nouveau mobilisées surtout s'il n'y a pas eu de miellée entre le
pillage et le moment du nourrissement. Des abeilles galvanisées par un
nourrissement de stimulation sortent plus activement et plus fréquemment qu'en
temps normal à la recherche de nectar ou de miel. Si la nature ne leur donne pas
de quoi satisfaire leurs recherches, elles vont aller tester la force des ruches
voisines et même du rucher voisin ce qui est plus grave. Alors malheur aux
peuples faibles, malades ou orphelins et à ceux qui se défendent mollement ; ils
seront rapidement dépouillés de leurs réserves. Lorsque les pillardes reviennent
à leur ruche, elles sont aussitôt entourées par les gardiennes, reniflées et
suspectées. On a alors l'impression que c'est cette ruche qui est pillée ; par
contre les abeilles sortantes ne sont pas inquiétées. C'est à cause de l'odeur
étrangère dont elles se sont imprégnées dans la ruche pillée que les gardiennes
les ont interceptées. Mais comme les voleuses ramènent du miel, elles sont
finalement acceptées. La ruche des pillardes diffuse alors une forte odeur de
miel frais et attire à son tour des maraudeuses.
Un truc : en saupoudrant de farine les voleuses, on peut avec un peu de chance,
connaître leur origine.
Nos
erreurs retombent sur les ruches pillées
Le
pillage surprend très souvent le néophyte par l'ampleur qu'il peut prendre. Les
histoires qui n'arrivent qu'aux autres sont nombreuses et l'origine d'un pillage
est toujours en relation avec une erreur ou une faute de l'apiculteur.
L'apiculteur dont les abeilles sont devenues pillardes s'étonne, quand encore il
s'en aperçoit, d'observer des abeilles excitées et dont les poils sont usés. La
plupart du temps, il ne s'en aperçoit que lorsque les voisins viennent se
plaindre. Très souvent l'apiculteur concerné s'imagine que les abeilles du
voisin viennent piller parce qu'elles ne sont pas nourries ou mal soignées. Au
contraire, la responsabilité est à rechercher chez celui dont les ruches sont
pillées. Par le pillage, abeilles et apiculteurs enregistrent des dégâts et ce
n'est pas seulement celui chez qui le pillage a commencé qui subit des dégâts.
Par le pillage, les varroas, la loque et les spores du couvain plâtré sont
rapidement transportés d'une ruche à l'autre. C'est pourquoi, il est obligatoire
de rendre inaccessible à toute abeille les ruches contenant des abeilles mortes
ou des cadres vides.
Tous les apiculteurs sont d'accord pour reconnaître qu'un pillage n'est possible
qu'à la suite d'une erreur humaine.
Que
faire quand le pillage s'est installé ?
Lorsque l'apiculteur découvre qu'un pillage est en cours, il a toutes les peines
du monde à l'interrompre. Le mieux est alors de transporter les ruches pillées
très loin, hors du rayon de vol des pillardes. Mais à la place des ruches
pillées il faut de suite poser des caisses vides, pour éviter que les voleuses
continuent en choisissant une autre victime. Surtout ne faites jamais ce que
l'un de mes amis a cru bien faire : nourrir les attaquantes à l'extérieur du
rucher avec l'espoir de les éloigner des colonies pillées. On aura alors une
situation comparable à celle du film "les abeilles attaquent" avec des essaims
qui visiteront les poubelles, les conteneurs à verres, les boulangeries et
salons de thé ou même les marchands de glace.
Pour récolter en période de disette il faut être très prudent. Ces périodes sont
caractérisées par le fait que les abeilles visitent autres choses que les
fleurs. À ce moment-là il faut intervenir très tôt le matin et se limiter à
quelques colonies avant que le pillage ne s'organise. Il est certain qu'alors la
récupération des derniers cadres n'est pas une partie de plaisir surtout lorsque
l'on travaille tout seul.
Le
pillage n'est pas une fatalité, il peut être évité
Eviter un pillage violent est en fait simple et facile. Rien, absolument rien ne
doit attirer une abeille étrangère à l'extérieur de sa ruche. Aucun sirop ni
morceau de cire, aucun reste de miel dans n'importe quel conteneur ne doit être
laissé à la portée d'une éclaireuse. Même le cérificateur doit être étanche. Ne
nourrir que le soir lorsque toutes les abeilles sont rentrées, rétrécir les
entrées. Il est certain que l'apiculteur doit faire sa propre expérience, mais
surtout pas d'expérimentations. Le manque d'attention, le plus petit accident ou
oubli risquent de se transformer en beaucoup de colère.
Les abeilles ne connaissent pas les dangers d'un pillage ; elles réagissent sans
mesurer les pertes et celles-ci sont garanties.
Interventions
et contrôles
C'est
le nombre de varroas qui va conditionner nos interventions au rucher.
Des contrôles fréquents et précoces sont très importants. Dès la mi juin, il est
impératif de commencer à contrôler et à décompter régulièrement les chutes
naturelles de varroas, sinon leur multiplication deviendra incontrôlable. Selon
une formule lapidaire qui a fait ses preuves, on calcule que la chute naturelle
de 1 varroa/jour en moyenne sur une semaine correspond à une infestation globale
de 500 varroas. Il faut veiller à ne jamais dépasser le seuil de 2000 varroas
c'est-à-dire 4 varroas/ jour car alors la situation serait très grave
nécessitant une intervention immédiate. Attention aux fourmis friandes des
varroas morts qui risquent de fausser les résultats.
Si le traitement est simple pour les colonies faiblement infestées, il doit être
radical pour les autres.
Les colonies de rapports sédentaires doivent être débarrassées de leur hausse et
extraites avant fin juillet. Aussitôt après, il est conseillé de nourrir en une
fois quatre kilos de sucre pour que la reine continue de pondre et que la
colonie l'entretienne.
Pour les colonies fortement infestées, le traitement doit être radical. On
enlève tous les cadres de couvain operculé et l'on conserve le couvain ouvert.
Si les cadres sont anciens, ils seront fondus et remplacés par des cadres
fraîchement extraits. S’ils sont récents, de couleur jaune clair, ils seront mis
au congélateur pendant 4 jours pour tuer le couvain et les varroas.
A première vue, cette méthode peut paraître horrible et semble compromettre la
survie de la colonie. C'est le contraire qui se produit. Ce couvain fortement
parasité ne donnerait naissance qu'à des abeilles atrophiées, incapables de
passer l'hiver ou tout au moins d'assurer leur destinée d'abeilles d'hiver. De
plus, si elle est sollicitée par un nourrissement adéquat, la reine est capable
de reconstituer très vite de larges surfaces de couvain qui lui ne sera pas
parasité. Si un traitement anti varroas est conduit en parallèle, on peut être
assuré d'un résultat à 95 %. Il est trop tard pour entreprendre le confinement
de la reine sur un cadre ou tout autre méthode pour attirer varroa. Il y en a
trop et le temps presse si l'on veut sauver la colonie.
Dernière opération : quatre semaines plus tard, la reine doit avoir du couvain à
tous les stades de développement, ce qui permet de décider la suite des
opérations. Suivant l'âge de la reine, le nombre d'abeilles, les vieilles
colonies trop faibles seront réunies avec un nuclei. On a ainsi une colonie
forte, pauvre en varroas ou tout au moins qui n'en contient plus que très peu.
Attention aux réinvasions : le contrôle continu de la mortalité naturelle est
primordial pour s'assurer qu'il n'y ait pas de réinvasion, ce qui neutraliserait
tous les soins précédents et conduirait à la disparition de la colonie. Il sera
de toute façon recommandé de faire un traitement hors couvain avec un produit
autorisé.
Les
contrôles
Une fois le problème varroas solutionné, les tâches qui nous attendent au rucher
sont définies à la lumière des différents changements de comportement que nous
pouvons observer et que nous avons analysés précédemment.
Tout d'abord pour les sédentaires, - c'est-à-dire ceux qui restent sur place -
il convient de procéder le plus tôt possible à la dernière récolte, avant que
les dernières sources de nectar ne soient taries. Il faut profiter d'une journée
calme, enlever tous les cadres et la hausse. Le travail est grandement facilité
si l'on utilise le chasse abeilles. Lorsque la dernière miellée est presque
achevée, l'apiculteur procédera de suite au contrôle approfondi de toutes les
colonies : les essaims primaires, ceux qui ont donné une récolte et les ruches
de rapport.
Le but de ce contrôle est de vérifier l'aspect du couvain qui doit être bien
fourni et homogène à tous les stades de croissance, ce qui nous permettra de
juger de la capacité de la reine à conduire son peuple jusqu'au printemps
prochain. Il faut aussi veiller à la présence d'une banane de miel entourant le
couvain. On notera le nombre et la qualité ainsi que la présence de pollen.
Il serait fortement préjudiciable pour la colonie de se trouver démunie et
exposée à la famine en cas de temps défavorable prolongé. La colonie qui se
trouverait ainsi en situation précaire après avoir vécu dans l'abondance,
réduirait fortement sa ponte ou bien même l'arrêterait totalement. De telles
situations à cette époque de l'année auraient des conséquences tragiques pour la
survie de la colonie. Il n'y aurait plus assez de jeunes abeilles pour atteindre
le printemps suivant.
Nous profiterons de ce contrôle pour retirer de la ruche tous les rayons
fraîchement construits et qui n'ont pas encore contenu de couvain ; les cires
gaufrées, les rayons non entièrement construits et aussi ceux qui sont envahis
de cellules de mâles. L'élimination de ces cadres inutilisables pour la mise en
hivernage permettra d'amorcer la réduction du volume disponible dans chaque
ruche. L'expérience a prouvé que les abeilles n'aiment pas hiverner sur des
rayons n'ayant pas encore contenu du couvain. Un cadre blanc fraîchement
construit agit comme une partition.
Les mêmes conseils s'appliquent aux transhumants dès leur retour. Bien souvent
les ruches reviennent très affaiblies de leur transhumance notamment dans le
sapin, car le manque de pollen n'a pas incité la reine à pondre. Au moment du
contrôle approfondi de la ruche il est fréquent de réunir ces colonies
affaiblies avec les nucleus en attente au rucher, ou entre elles.
Faut-il
changer de reine ?
Lorsqu'une reine a accompli deux années de loyaux services il recommandé
d'envisager son remplacement. Tous les instituts de recherche sont arrivés à
cette conclusion, que soumis au traitement anti varroas, à la pollution ambiante
et aux attaques de varroas, une reine est usée prématurément et il serait risqué
de la conserver plus longtemps. En juillet il est encore possible de changer la
reine mais en août cela devient beaucoup plus délicat. Les manuels d'apiculture
expliquent avec force détails comment procéder. Chacun choisira la méthode qui
lui convient le mieux.
Le
mélézitose, gros souci pour les transhumants
Tous les ans dans l'une ou l'autre région de nos montagnes, les transhumants
sont confrontés à une miellée certes très abondante mais qui pose plus de souci
que de plaisir. Ce miel cristallise très rapidement dans les alvéoles et son
extraction est pratiquement impossible. Par contre, si l'on veut faire
construire des cadres vierges lorsque le mélézitose coule, les abeilles le
réalisent à une vitesse incroyable. Comment transformer ce miel cristallisé en
un miel de forêt prisé et d'un arôme recherché ?
Premier cas, miellée précoce : les colonies encore sur site sont capables de
transformer elles-mêmes et immédiatement le mélézitose en miel de forêt :
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sortir les cadres de mélézitose et les désoperculer ; |
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tremper les cadres désoperculés dans de l'eau potable ; |
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regarnir la hausse avec des cadres vides ; |
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recouvrir la hausse avec un carton (ou autre opaque) dans lequel on aura pratiqué une fente de 1 cm par 10 cm. |
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mettre une deuxième hausse sur la première sans enlever le carton ; |
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y installer les cadres désoperculés en les écartant (6 cadres dans une hausse pour 10 ; |
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recouvrir cette hausse non pas avec un couvercle mais avec une plaque de verre ou un plastique translucide. |
Laisser travailler les abeilles, alors que se passe-t-il ? Les abeilles
transportent le miel de la hausse supérieure dans la hausse inférieure à travers
la petite lucarne laissée dans le carton. Pour ainsi dire, elles pillent la
hausse supérieure. Comme les cadres ont été trempés dans l'eau, les abeilles ont
à leur disposition suffisamment d'eau pour ramollir le mélézitose et le
transformer en un miel de forêt qui peut être extrait et qui a un goût exquis.
Cette méthode expérimentée pendant tout un mois de juillet a donné de très bons
résultats.
Dans le cas d'une miellée tardive : c'est-à-dire en août et même au-delà, les
abeilles n'arrivent plus à faire cette transformation. On procédera donc de la
manière suivante :
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retirer les cadres de mélézitose |
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les conserver dans une pièce sèche, fraîche et sombre, |
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remplacer par des cadres vides, |
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nourrir les abeilles et procéder au traitement anti varroas, |
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compléter les provisions de la colonie, |
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les abeilles complètement usées par cette transhumance seront rassemblées avec un nuclei ou entre elles, |
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pendant la saison suivante, profiter d'une absence de miellée pour mettre en oeuvre le procédé ci-dessus décrit. |
Bon courage et bonnes récoltes !
F. Anchling
avec l'aimable autorisation de la revue
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