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"Dénigrement du
Gaucho ?" |
Yves Védrenne, président national du Syndicat National d’Apiculture (SNA)
poursuivi par Bayer pour « dénigrement du Gaucho ». Affaire examinée hier au
tribunal civil de Troyes. Jugement le 4 février.
A Châteauroux le 24 juin, le tribunal a débouté Bayer de ses poursuites pour «
dénigrement » contre Maurice Mary, vice-président de l’UNAF (Union Nationale des
Apiculteurs Français). Hier, le tribunal civil de Troyes, que présidait M.
CHOPIN, avait à examiner un dossier similaire. Etait poursuivi un Aubois au
franc-parler, Yves Védrenne, président du Syndicat National d’Apiculture (SNA).
La salle d’audience était bondée : une soixantaine d’apiculteurs venus de la
région mais aussi de Vendée, de Savoie ou encore du Puy-de-Dôme ont fait masse,
dans un calme olympien, derrière lui. Juste à ses côtés le Dr Becker, secrétaire
général du SNA, Jean-Marie SIRVINS, Président de l’UNAF et ses deux
vice-présidents, Maurice MARY et Henri CLEMENT, cible lui aussi de la même
assignation, prévue pour être examinée au tribunal de Mende (Lozère) au début
2004. Bayer reproche à Yves Védrenne de « dénigrer » par des « propos
systématiques et répétitifs tenus en public ou par voie de presse, le Gaucho ».
Le Gaucho, insecticide « nouvelle génération » nourrit depuis neuf ans, un
contentieux de plus en plus virulent, administratif et juridique, entre la firme
allemande et les apiculteurs en proie à une diminution croissante de leurs
ruches et de leur production de miel. En France, il bénéficie d’une homologation
depuis 1991 pour les betteraves et pour les tournesols depuis 1994.
Amalgame
« Quand le gaucho a été utilisé pour les grandes cultures intéressant les
abeilles, les apiculteurs ont constaté de façon très pragmatique que le cheptel
apicole disparaissait dans ces zones à une vitesse ahurissante » rappelait Me
Bernard FAU, l’avocat de la défense, représentant le S.N.A., l’UNAF et la FNSEA.
Pour Me Olivier BARATELLI, l’avocat de Bayer, c’est un mauvais procès qui est
fait au Gaucho, un produit « qui n’obtient que des éloges des ensemenciers et
des agriculteurs », caractérisé par sa diffusion à l’ensemble de la plante à
partir d’un enrobage de la graine, préalable à l’ensemencement.
Les débats ont été très techniques. Pas tant sur le plan scientifique que
juridique, notamment autour des subtilités de Droit autour de la notion de «
dénigrement ». Pour le fond, Me BARATELLI qui réclame 1 € symbolique de dommages
et intérêts, qualifie « d’amalgames » et de « contre-vérités », les critiques
d’apiculteurs « sans objectivité et en toute mauvaise foi, au premier rang
desquels Yves Védrenne ». Il fait valoir qu’expertises et contre-expertises
menées depuis 1997, arbitrées par le ministère de l’Agriculture, n’ont « jamais
mis en évidence le lien de cause à effet entre le Gaucho et la mortalité des
abeilles ». « Le mal des abeilles a commencé bien avant l’invention de cet
insecticide », précise-t-il.

Donneurs d’alerte
Selon Bayer, l’origine de la mortalité des abeilles et par conséquence de la
nette diminution de la production de miel est « plurifactorielle ». L’avocat
cite la tempête, les changements climatiques ainsi que le varroa. Mais en aucun
cas, le Gaucho. Selon lui, si les apiculteurs stigmatisent leur mécontentement
sur l’insecticide Bayer, « c’est uniquement dans le souci d’une demande
indemnitaire ».
Me Bernard FAU a évoqué les premières conclusions de l’étude multifactorielle
menée sur « les troubles des abeilles » rendues le 18 septembre. Le comité
scientifique et technique se dit « en accord avec les observations de terrain
rapportées par de nombreux apiculteurs en zone de grande culture (maïs,
tournesol) concernant la mortalité des butineuses, leur disparition, leurs
troubles comportementaux et certaines mortalités d’hiver ». C’est,
souligne-t-il, « une démonstration de l’incidence du Gaucho dans la mortalité
des abeilles ». Quoi qu’il en soit, il réfute la qualification de dénigrement
aux propos d’Yves VEDRENNE. D’abord parce que « dans un tel contexte » ils sont
plutôt raisonnables ». Ensuite et surtout parce que Yves VEDRENNE est un
responsable syndical : « Faut-il faire taire les donneurs d’alerte quand ils
pointent du doigt les risques de l’agrochimie. Qui parlera si les responsables
du syndicalisme agricole ne le font pas ? ». Pour Me FAU, « Bayer intente ces
actions parce que son marché est perturbé pour faire taire ceux qui donnent
l’alerte sur un vrai problème de société en dénonçant le Gaucho, voire le
procédé d’homologation ».
Valérie ALANIECE (L’EST-ECLAIR 06/11/2003)
Autre région, autre ambiance
Salle comble autour d’un grand serviteur des Apiculteurs, de l’Alsace et du
Syndicat National d’Apiculture : élevé au grade de Chevalier du Mérite Agricole,
notre ami Francis ANCHLING a tenu à rappeler combien le bénévolat est chose
difficile et parfois ingrate. Sa foi en l’homme, grandement relayée par une
épouse animée de la même fibre nous est apparue plus grande encore à travers ses
remerciements. Leur disponibilité reste intacte et ce aussi longtemps que les
forces et l’allant seront présents. Merci à vous deux.
Y.V.

Cette manifestation s’inscrivait dans un cadre plus général, celui de l’A.G. de
la Fédération du Haut-Rhin. Brillante assemblée générale avec exposition,
projection et concours de dessins dans les écoles.
Merci aux enfants et à leurs professeurs qui ont su si bien traduire les soucis
des apiculteurs mais aussi leurs inquiétudes pour demain, futurs locataires de
cette terre si gravement perturbée.

avec l'aimable autorisation de la revue
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