Fidèles
à la tradition, les rédacteurs de cette rubrique souhaitent à tous les
apiculteurs et à leurs familles : bonheur, santé, joie de vivre et beaucoup de
satisfactions avec leurs abeilles. Que l'année 2007 soit propice à leur cheptel
et leur offre d'abondantes récoltes.
Janvier
La
neige, le froid, tout pourrait nous éloigner du rucher, mais l'apiculteur reste
fidèle à ses abeilles. Il ne les voit plus que rarement mais son cœur bat à
l'unisson de la grappe. Il est important de rendre de fréquentes visites à ses
ruchers, surtout après une tempête. Tant de choses peuvent arriver. La tempête a
pu emporter un toit, décoiffer une caisse. Bien sûr, si l'on a pris la
précaution d'arrimer solidement les caisses sur des palettes, le risque est
faible, mais sait-on jamais. Ailleurs, ce seront des animaux ou des vandales qui
auront renversé quelques ruches ; avec beaucoup de précautions il faudra les
remettre en place, essayer de récupérer les abeilles et les cadres éparpillés
aux alentours et de nouveaux, bien les arrimer.
Si la neige recouvre le sol, de nombreux prédateurs chercheront auprès des
ruches une subsistance qu'ils ne trouvent plus dans leur environnement habituel.
Si les portières à arcades protègent efficacement la colonie de l'intrusion de
prédateurs tels que les souris ou les mulots, il arrive parfois et surtout en
bordure de forêts que les piverts, les fouines, les martres ou même les
blaireaux attaquent les ruches et endommagent très sérieusement les boiseries.
Dans un premier temps, cela dérange la colonie et entraîne un désagrégement de
la grappe ; elle sera affaiblie car la mortalité aura augmenté. Par la suite, si
le prédateur arrive à ses fins et pénètre à l'intérieur de la ruche, c'est la
destruction et la mort inéluctable de la colonie.
Il est donc impératif de s'en apercevoir le plus tôt possible et de prendre les
mesures de protection nécessaires. D’autre part, il est intéressant de bien
observer les traces laissées dans la neige pour connaître et apprécier la
diversité faunistique de son territoire et l’existence d’espèces discrètes qui
fuient la présence de l’homme mais par contre apprécient celles d’insectes bien
nourris.
Ces visites promenades doivent s'effectuer sans déranger les abeilles. Certains
apiculteurs impatients désirent à tout prix s'assurer quelle que soit la
température extérieure, de l'existence et de la vitalité de leur colonies. Pour
cela, tels des piverts, ils toquent la paroi de la ruche jusqu'à ce qu'un
vrombissement prometteur se fasse entendre. C'est une grave erreur : un peuple
dérangé consomme par précaution, ce qui entraîne un gonflement dommageable de
l'ampoule rectale de ses habitants si une longue période de claustration y fait
suite.
En
hiver, laissez donc vos abeilles en paix
En
ce mois de janvier, seul l’œil exercé de l'apiculteur doit travailler,
c'est-à-dire observer avec attention tous les signes révélateurs d'une anomalie.
Un livre exceptionnel que l'on peut trouver à la bibliothèque du SNA "Au trou de
vol" par H. Storch décrit avec beaucoup de réalisme et d'exactitude tout ce que
l'on peut déduire des observations faites au trou de vol d'une ruche. Cela
permet de participer sans bruit à la survie de nos protégées pendant leurs
longues vacances hivernales. C'est une expérience passionnante que de vouloir en
vérifier la justesse.
Il ne faut pas s'affoler des mortalités constatées et, par période froide, de
l'amoncellement de cadavres sur les fonds de ruches. En hiver la mort naturelle
touche en moyenne une trentaine d'abeilles par jour soit 3 000 en trois mois et
si le froid est vif, personne ne sort ces cadavres qui s'entassent sur les
planchers. Il est souhaitable, mais non obligatoire, si la froidure se prolonge,
de les extraire avec un crochet mais sans bruit, ni mouvement qui pourrait
inquiéter la grappe.
Une question est souvent posée : que deviennent mes abeilles quand la neige
recouvre les ruches ? Les chutes de neige ne sont pas à craindre même si elles
obstruent le trou de vol. Lorsqu'un rucher est enseveli sous un beau manteau de
neige, il est bien protégé du froid et du bruit. Il n'est pas rare en montagne
de voir des ruchers recouverts par des congères de plusieurs mètres d'épaisseur
qui persistent parfois pendant plusieurs semaines. La neige est perméable à
l'air. Elle ne devient un problème qu'en cas de gel et de dégel successifs, car
la glace qui souvent en résulte est imperméable à l'air et nos protégées ont
besoin d'air.
La neige est encore un problème, quand elle est tombée sur un sol gelé alors
recouvert d'un beau tapis blanc et que le soleil réchauffe suffisamment
l'atmosphère pour inciter les butineuses à un vol de propreté. La luminosité
devient si forte qu'elles sont aveuglées et ne retrouvent plus l'entrée de leur
ruche. Elles se posent alors un peu partout sur la neige et finissent par être
saisies par le froid et périssent. L'apiculteur peut constater que ce manteau
blanc est jonché de multiples petits cadavres noirs. Pour limiter cette
catastrophe, si le rucher est proche de leur habitation, les apiculteurs ont
l'habitude de répandre devant les ruches de la paille ou des cendres, afin que
les abeilles trouvent à se poser ailleurs que sur la neige glacée, piège mortel.
Si le rucher est éloigné, il est préférable de poser préventivement, en fonction
des prévisions météo, une tuile ou une planche pour masquer l'entrée de la
ruche, de sorte que ce soit seulement la chaleur de l'air et non la clarté d'un
rayon de soleil qui les invite à s'aventurer à l'extérieur de leur habitation.
Cet obstacle est retiré au printemps quand l'activité a repris. Il ne faut pas
se préoccuper des abeilles qui sortent malgré la froidure, si leur sortie n'est
pas provoquée par un dérangement ou un accident ; ce sont généralement des
malades ou de vieilles abeilles qui sortent pour mourir.
Lorsque le soleil et la chaleur invitent à un vol de propreté, alors vite au
rucher pour vérifier que tout est en ordre, sans oublier le petit livre qui
explique les faits constatés.
La
grappe, organe de survie
Alors
que les mammifères et aussi les oiseaux ont la possibilité de conserver une
température corporelle constante, les insectes dont l'abeille, sont soumis sans
aucun égard, aux variations de température de leur environnement, ce qui
conditionne leur activité. Le corps de l'abeille ne comporte aucune isolation et
ressent très rapidement les variations de température de l'environnement.
L'abeille isolée, en fonction de sa constitution et surtout de sa contenance en
fructose, perd plus ou moins rapidement ses capacités de vol lorsque la
température ambiante
stagne aux environs de 10° et en deçà de 7°, elle est paralysée et se laisse
mourir. Pourtant au printemps il n'est pas rare de voir des porteuses d'eau
voler par basse température, grâce à la chaleur produite par le mouvement de
leurs muscles alliaires ; malheureusement beaucoup succombent à cet effort
inconsidéré.
Pour pallier la fragilité de l'abeille isolée, la nature a doté cette
sous-espèce d'hyménoptère d'un esprit communautaire qui peut forcer
l'admiration, « l’unité abeille » qui a la possibilité de régler la température
du groupe en fonction de ses besoins. Par une augmentation du métabolisme
(consommation de graisses et glucides) de ses muscles alliaires sans battre des
ailes, elle est capable d'augmenter en très peu de temps la température de sa
poitrine de 10°; le reste du corps restant à une température inférieure.
Dès que l'atmosphère se refroidit, l'unité abeille commence à se regrouper et à
partir de 6° elle prend ses dispositions de survie en formant une grappe plus ou
moins sphérique dont la partie supérieure reste en contact avec les réserves de
miel. En fonction de la température extérieure, la grappe se contracte ou se
relâche surtout dans la partie haute. A ce stade la tête des abeilles est
dirigée vers le haut ; dans les périodes de forte contraction les têtes sont
dirigées vers le centre de la grappe.
En l'absence de couvain, la chaleur mesurée au centre de la grappe oscille
autour de 20° et augmente à 34-35° dès que commence un élevage de couvain même
très réduit. Nous savons que le cycle biologique, donc l'évolution d'une colonie
est fortement influencée par les mouvements du soleil, qui dès le solstice
d'hiver reprend sa montée au-dessus de l'horizon.
La grappe est entourée d'une enveloppe, composée de corps d'abeilles serrées les
unes contre les autres, qui crée une couche isolante, afin de réduire les
déperditions de chaleur. Sous cette enveloppe, les abeilles sont moins serrées,
elles produisent la chaleur nécessaire à la survie de la grappe. Cette chaleur
est propulsée dans de petits couloirs jusqu'aux abeilles extérieures. Lorsque la
température des abeilles de la couronne extérieure chute vers 9°, celles-ci
reviennent au centre pour se nourrir et se réchauffer.
Alors
ne faudrait-il pas isoler les ruches ?
Ne serait-il pas bienvenu d'emballer les ruches pour éviter les déperditions de
chaleur et aider nos peuples à passer un bon hiver ? Cette question est un sujet
de discussions récurrent chez les apiculteurs. Ce qui est appelé la grappe
hivernale n'est pas un ensemble homogène en dépit de l'image que l'on peut s'en
faire. En réalité il s'agit d'une structure composée d'individus séparés par des
cadres. Se succèdent une tranche d'abeilles de 10 mm d'épaisseur installées dans
les ruelles entre les cadres, certaines plongées dans les alvéoles vides et des
tranches de cadres de 25 mm d'épaisseur. Les limites des tranches d'abeilles
définissent aussi les limites des tranches de cadres. Les tranches de cadres
s'imprègnent de la chaleur des tranches d'abeilles. Et cet ensemble forme au
sens physique du terme le diffuseur de chaleur. A l'extérieur de ce diffuseur se
trouve un volume d'air qui est lui aussi découpé en tranches par les cadres et
il a été maintes fois prouvé que l'air est le meilleur isolant.
De nombreuses expériences ont été conduites par les instituts de recherche
apicole, concernant la consommation, mais surtout les capacités de développement
printanier de colonies emballées comparées à des colonies exposées. S'il est
certain que la consommation d'une colonie exposée à tous les vents est
supérieure à celle d'une colonie emballée dans des proportions allant de 10 à 15
% ; son développement bien que plus tardif est beaucoup plus fulgurant, car
disposant de plus d'abeilles et d'abeilles reposées. En effet une colonie
trompée par une ambiance plus chaude se mettra à élever du couvain plus tôt,
obligeant les butineuses à sortir pour récolter de l'eau encore glacée, avec
tous les risques en résultant, principalement la mort. Ces études ont même
conduit les chercheurs à recommander de ne pas fermer les planchers grillagés
pendant l'hiver.
Cette recommandation présente un autre avantage : celui de mettre un frein au
développement de la nosémose, maladie en recrudescence chez les nourrices qui
doivent commencer trop tôt l'élevage du couvain. De même la moisissure des
cadres de rive est évitée.
L'hygiène
dans la ruche
Comment les habitants de la ruche veillent-ils à une bonne hygiène et à la
propreté de leur logement ? Il y a des milliers d'individus qui utilisent la
maison commune et ramènent forcément des agents pathogènes de leurs différentes
sorties. Il leur faut donc vaincre la pollution de l'air, s'opposer aux germes
de maladie, évacuer les déchets de digestion et les corps étrangers. Au cours de
ses pérégrinations depuis la lointaine Asie, l'abeille a appris à chercher
refuge dans des cavernes et aussi les mesures de salubrité du local qui
l'abrite. Qu'un brin d'herbe ou de paille vienne à franchir l'entrée de la ruche
et c'est l'alerte immédiate.
En moins de cinq minutes une jeune nettoyeuse de service s'en empare et le
transporte à 15 ou 20 m devant la ruche, où elle laisse tout simplement tomber.
Si l'objet est trop lourd elle le pousse jusqu'à l'entrée de la ruche avant de
l'aggriper et d'essayer de le porter le plus loin possible sans le lâcher. L'on
voit ainsi une jeune abeille tomber avec l'objet à éliminer, juste devant
l'entrée et elle fera alors beaucoup d'efforts pour essayer de le transporter
plus loin, avant de l'abandonner.
Ces opérations de nettoyage comportent trois caractéristiques : les abeilles
agissent immédiatement ; toute autre besogne est immédiatement interrompue et ne
sera reprise que lorsque l'intrus aura été neutralisé, le corps étranger est
expulsé à quelque distance du trou de vol pour empêcher une infection de
l'habitat.
Si le corps étranger est trop volumineux, les abeilles le tuent s'il s'agit d'un
animal vivant et pour éviter la pollution des lieux ou les mauvaises odeurs dans
l'atmosphère, le recouvrent d'une couche de 1,5 mm de propolis.
Les équipes affectées au service de santé n'ont guère de travail si la colonie
est saine. Normalement les abeilles ne salissent pas l'intérieur de leur
habitation ; elles font leurs besoins à l'extérieur, en vol et à quelques mètres
de la ruche.
En hiver c'est différent. Les abeilles ne sortent que si la température
extérieure est d'au moins 10 degrés. Pendant les périodes plus froides, elles
sont contraintes de conserver dans leur ampoule rectale extensible les cendres
issues de leur nourriture. Il faut noter que les écotypes habitués au froid ont
développé la possibilité de réduire le contenu de leur vésicule rectale grâce à
un acide produit par six petites glandes exocrines de 1,5 mm de long et de 1,4
mm de large qui tapissent l'intérieur de la vésicule rectale.
Si par malheur le froid persiste et que les abeilles sont dérangées
régulièrement, la situation devient tragique : les abeilles sont contraintes de
se soulager dans la ruche même. En quelques heures l'équilibre social est rompu
et la ruche glisse très rapidement vers sa perte.
Une question est quelquefois posée : comment fait la reine ? Après ses noces,
elle ne sort plus qu'en cas d'essaimage, en conséquence elle ne peut pas évacuer
à l'extérieur les restes des aliments qu'elle a reçus. On peut alors se perdre
en conjectures : les abeilles de sa cour débarrassent-elle la ruche de ses
excréments, ou bien la reine ne reçoit-elle que de la nourriture royale ne
laissant aucune cendre en fin de trajet.
Préparons
la saison prochaine
L'automne dernier nous avons mis nos peuples en hivernage, puis en décembre
toutes nos forces ont été mobilisées pour assurer la promotion et la vente de
nos produits. Maintenant, au cours de l'hiver, il est urgent de nettoyer,
désinfecter et ranger tout le matériel d'exploitation et aussi de le préparer
pour la saison à venir. Cette dernière peut aussi bien tarder qu'arriver
brusquement, alors mieux vaut être prêt car nos avettes auront anticipé nos
calculs.
1°) Contrôle des cadres de hausse
Depuis que nous luttons contre varroas avec des produits chimiques, nos cadres de hausse n'ont plus jamais contenu du couvain ; ils sont spécifiquement réservés à la récolte du miel. Cependant ils ont vieilli et il est sage de les éliminer après trois à quatre années d'utilisation pour avoir la garantie d'un miel de qualité. Je connais l'âge de mes cires en mettant sur chaque cadre une punaise ou un écarteur à la couleur de l'année. Les cadres sont nettoyés et grattés au ras des lattes. La cire est récupérée en premier, la propolis ensuite. Les cires à réformer sont soigneusement découpées à l'aide d'une spatule, régulièrement lavée pour l'empêcher de coller. La cire récupérée est mise dans le fondoir et transformée en pains, pour servir à la confection de nouvelles feuilles de cire gaufrée. La propolis est récupérée de son côté pour être utilisée ultérieurement.
2°) Contrôle des cadres du corps de ruche
Ces cires sont à rénover tous les deux ou trois ans. Il est maintenant bien établi que ce sont des réservoirs à bactéries, de plus par suite des traitements anti-varroas, les anciennes cires sont fortement chargées chimiquement. Il est certain que ces deux pollutions cumulées sont en grande partie responsables de l'effondrement brutal des colonies sans cause apparente. Aussi par précaution, ces cires seront renouvelées fréquemment. Les cadres seront grattés comme précédemment mais les cires polluées seront fondues séparément des cires de hausse et ne seront utilisées que pour faire de l'encaustique ou des bougies.
3°) Nettoyage du matériel
Ces cadres grattés ne sont pas vraiment propres, pas plus que les autres
matériels de l'exploitation : grilles à reines, nourrisseurs, corps de ruche,
hausses, partitions, plateaux de fonds, couvre cadres, etc.
Pour leur rendre l'aspect du neuf on utilise un grand chaudron, vieille
lessiveuse ou un vieux tonneau dans lequel on chauffe de préférence de l'eau de
pluie ou de l'eau douce. Pour 100 litres d'eau utilisée, on dissout 2 kilos de
lessive Saint-Marc. Ce produit est légèrement agressif pour la peinture, mais
son odeur de pin est très agréable. On peut aussi utiliser un détergent
industriel alcalin du commerce ; il en existe plusieurs marques que l'on peut
trouver au rayon des peintures. Ces produits sont doux, ils dissolvent la
propolis et émulsifient la cire. Pour les surfaces peintes que l'on souhaite
repeindre nous choisirons des produits qui précipitent la cire.
4°) Désinfection et protection des ruches en bois
L'apiculteur aime ses abeilles, il veut les loger dans de jolies maisons.
L'entretien des ruches reste pour lui un souci constant et la meilleure garantie
de longévité d'une ruche en bois c'est sa protection renouvelée périodiquement.
Les propositions d'entretien du bois sont nombreuses : peintures, lasures, cire
microcristalline, etc.
Surtout ne jamais employer de lasures utilisées pour les charpentes qui restent
dangereuses et toxiques pendant plusieurs années par leur pouvoir insecticide.
Encore une question fréquemment posée : faut-il peindre les ruches également à
l'intérieur ? Bien sûr que non ! les abeilles s'en chargent beaucoup mieux que
nous, elles propolisent l'intérieur de leur logement pour le rendre étanche
selon des critères qui nous échappent mais qui les garantissent contre
l'humidité.
Les propositions de produits spécifiques sont nombreuses et vous en trouverez
certainement qui se veulent être les meilleures bien entendu. Il est
naturellement difficile d'associer esthétique et durabilité. Les résines
glycérophtaliques sont faciles à appliquer et de bel aspect ; malheureusement
elles résistent assez mal au temps lorsqu'elles sont appliquées sur des ruches
placées en pleine nature, elles cloquent, se craquellent et malgré tout restent
d'un prix élevé.
Il existe des lasures sans solvant présentant une finition satinée gardant
l'aspect naturel du bois. Certains préfèrent le thermopeint : c'est une peinture
spéciale pour ruches avec des pigments d'aluminium ; fongicide, hydrofuge et qui
ne cloque pas. Ces peintures seront appliquées au pinceau ou à la brosse en
insistant particulièrement sur les assemblages et les extrémités du bois qui
retiennent l’humidité car c’est précisément là que l’eau de pluie s’infiltre.
D'autres entretiennent leurs caisses par trempage dans un bain de cire
microcristalline chauffée à 120°. C’est l’une des solutions les plus efficaces :
le bois est rendu imperméable par imprégnation, la cire pénètre tous les pores
du bois ; elles détruit tous les spores, larves et insectes contenus ou sur le
bois. La ruche est réutilisable 5 mn après trempage. La protection reste
efficace de 10 à 15 ans. En une seule opération de une à deux minutes par côté,
la ruche est désinfectée et protégée. Pour la mise en œuvre de la cire micro
cristalline, il vous faudra un bac de trempage en tôle, une bouteille de gaz, un
brûleur tripatte et une pince à prise verrouillable pour tenir la ruche pendant
le trempage. Quelques précautions d’emploi : ne jamais laisser la cire sans
surveillance, elle pourrait monter comme du lait et s’enflammer en retombant sur
le brûleur. Par prudence je m’installe au milieu de la cour. Il faudra se
protéger de la chaleur en portant des gants de protection spéciaux pour tenir la
chaleur.
Assurer
la pérennité de l’apiculture est-ce possible ? Ou bien existe-t-il un vivier de
futurs apiculteurs ?
L’apiculture
revêt une importance capitale non seulement pour la pollinisation du colza ou
des arbres fruitiers mais aussi et surtout de toutes les plantes anémophiles de
notre environnement. Pour répondre à cet impératif il faudrait que les abeilles
puissent couvrir toute l’étendue du territoire avec pour corollaire une même
répartition des apiculteurs.
Beaucoup de syndicats se plaignent depuis de nombreuses années d’une disparition
des apiculteurs par défaut de renouvellement. Mais il y a également des sections
ou syndicats qui arrivent à équilibrer les sorties et entrées d’adhérents et
même à les augmenter. Comment font-ils ? Existe-t-il vraiment un vivier de
futurs apiculteurs ?
Pour le savoir nous avons conduit une enquête auprès des nouveaux adhérents de
sections en expansion, quelle a été leur motivation ? Elles sont nombreuses mais
toutes ont un dénominateur commun « un retour vers la nature » Quelques exemples
: dans mon enfance la campagne était vivante, il y avait des abeilles et des
fruits partout, les portes ouvertes du rucher-école m’ont donné envie de
participer, les articles de presse alarmistes sur la disparition des
pollinisateurs… J’ai un terrain et je cherchais une occupation de loisir ; j’ai
entendu parler de formation à l’apiculture et cela m’a attiré. Plusieurs fois
pendant mon cursus scolaire nous avons rendu visite à un apiculteur ou un rucher
école et j’ai vu qu’il y avait des tout jeunes etc…
Parmi
les nouveaux apiculteurs nous trouvons beaucoup de scientifiques : des médecins,
des chimistes, des avocats, des arboriculteurs, des directeurs de sociétés…
pourquoi ?
L’apiculture est un plaisir, c’est évident pour beaucoup mais mérite quand même
une explication. Le travail dans les colonies est une extase sans cesse
renouvelée, l’observation des abeilles, les tentatives d’expliquer un
comportement simplement en observant le trou de vol et la fierté de participer à
la sauvegarde de la nature ; ce sont les arguments qui reviennent le plus
souvent. On en oublie le pourquoi ancestral de la culture des abeilles. Mais il
est vrai que récolter son miel est un plaisir immense et sans fin et quand en
plus on prend le risque de le présenter à un concours et qu’on gagne, alors le
bonheur est à son comble. Ainsi chaque apiculteur reçoit le salaire de son temps
passé auprès de ses abeilles et se prouve qu’il a réussi à bien conduire ses
colonies. Et le bouche à oreille qui en résulte amène de nouveaux adhérents.
Une constatation étonnante, les nouveaux apiculteurs ne sont pas décontenancés
par trop de réglementation, de directives, la traçabilité, les maladies des
abeilles, les médicaments… au contraire.
Une enquête exhaustive n’a trouvé que 7 % de débutants qui sont allés à
l’apiculture pour récolter rapidement les fruits de leur investissement en
vendant du miel et les produits de la ruche. Tous les autres trouvent une
fascination en observant leur colonie et souhaitent des informations très
professionnelles.
Comment
faire ou le bon exemple fait les bons élèves
Après
les premiers cours de vulgarisation-formation en salle, le débutant est appelé à
mettre les mains dans les abeilles avec le réveil de l’activité dans les
colonies.
Lorsque arrive la saison de l’essaimage, il a la possibilité d’acquérir un
essaim et de se lancer, épaulé par un tuteur.
Chaque section organise ses cours selon sa philosophie et assure la convivialité
du groupe par une remise de diplôme et photo dans la presse, puis à l’automne
par des activités plus ludiques tels que concours de pains d’épices, fabrication
de bougies etc…
Tous sont fascinés par les découvertes qu’ils font et reviennent l’année
suivante pour réentendre et participer aux nouvelles formations, prétextant que
beaucoup de choses leur ont échappées.
En conclusion nous pouvons affirmer que le vivier existe et que les sections qui
font des formations pourront maintenir leurs effectifs.
F. Anchling
avec l'aimable autorisation de la revue
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