Editorial n°920
Une hotte pour tous ?
La fin d’année est traditionnellement consacrée aux bilans et à la réflexion
pour ouvrir le nouvel exercice.
Particulièrement cette année, l’évolution du paysage apicole, bien différent des
premières ébauches pour lesquelles tous étaient d’accord, nous incite à la
réflexion et comme pour nous y aider, l’article paru dans Le Monde du 26 juillet
2005 (adieu à Tocqueville) à l’occasion du bicentenaire de sa naissance vient,
fort à propos, nous remémorer les écrits de cet académicien sociologue.
Ce grand magistrat a toujours célébré la vertu – l’instinct de liberté – la
répulsion des servitudes. Au seuil de la modernité, il s’interroge sur les
institutions et, dans ses analyses, il revient sans cesse sur « l’État tuteur de
tout – détaillé – régulier – prévoyant et doux – qui règle les successions et
divise les héritages ».
C’est ainsi que le CNDA, qui tiendra lieu d’Institut Technique, hérite des
membres affiliés aux anciennes structures syndicales SNA (1920), UNAF (1948),
SPMF. Le paternalisme du tuteur leur sera acquis s’ils adhèrent aux ADA
régionales. Tous ! Que non ! Seulement ceux qui peuvent être considérés comme
des professionnels. Les autres sont acceptés, « pour voir ».
Lourde responsabilité que celle du CNDA qui devra répondre aux vœux de
l’administration, régler les problèmes des professionnels, sans oublier que les
petits producteurs catalogués non professionnels sont les plus nombreux et sont
ceux-là mêmes qui prennent soin de leurs abeilles comme d’un animal domestique…
Lourde responsabilité aussi que celle des structures, représentatives vis-à-vis
de la FNSEA du paysage apicole français, qui devront répondre au souci de leurs
adhérents petits et grands producteurs, sans gêner les rapports entre « l’État
tuteur » et l’héritier désigné...
Espérons que la trêve de Noël donne le temps et l’inspiration et nous dise
comment concilier la survie et le développement de l’apiculture dans ce nouveau
paysage qui élimine 80 % des acteurs d’un environnement que tout un chacun
prétend vouloir protéger.
En attendant, je vous invite à lire attentivement ce numéro spécial (à
conserver) tant il est riche et instructif pour l’apiculture sans exclusive.
Remercions l’équipe qui, depuis des semaines, s’est investie.
Joyeux Noël à tous.
F. ANCHLING
Editorial n°919
Que ce soit hier ou bien
demain…
Le ministre de l’Agriculture a annoncé une procédure d’urgence en vue de
l’homologation de l’insecticide « Poncho-Maïs ». La molécule active,
clothianidine, appartient à la famille des néo-nicotinoïdes, insecticide
neurotoxique. Cela permettrait aux agriculteurs d’éviter de recourir à la
rotation des cultures ou l’emploi de précédents culturaux (arguments
développés…).
Cette molécule ne doit pas bénéficier d’une autorisation d’usage. Elle apparaît
aussi dangereuse pour l’environnement et la faune que celles dont l’usage a été
suspendu : stabilité exceptionnelle, persistante dans le milieu terrestre
élevée, demi-vie = DT supérieure à 300 jours et jusqu’à 1 836 contre 90 maximum,
suivant la Directive 91/414 qui régit l’homologation au niveau européen. La
commission des toxiques, dès février 2004, avait d’ailleurs émis des réserves
quant au devenir de ces produits dans l’environnement (sol et eau) ainsi qu’à
l’impact sur l’abeille. Enfin ce néo-nicotinoïde n’est, à ce jour, pas inscrit
sur la liste positive européenne, condition obligatoire pour l’obtention d’une
AMM (en principe).
Inquiet, le monde apicole l’est assurément et repose la question de la gestion
des pesticides actuellement du seul ressort du ministère de l’Agriculture
étroitement lié à la filière agricole. Les ministères de la Santé et de
l’Environnement ne sont pas concernés. Pourquoi ?
La coordination des apiculteurs de France « renaissante » a certes élaboré et
transmis un nouveau dossier, solidement argumenté par l’un de ses membres. Ne
serait-il pas souhaitable qu’elle se constitue en association pour encore plus
d’efficacité et de reconnaissance ?
Satisfait, le monde apicole l’est. Après l’obtention de l’IGP Miel d’Alsace qui
a servi de modèle, celle de Miel de Provence est acquise malgré l’opposition
allemande. Il reste à valoriser ces deux signes de qualité. Les fonds européens
destinés à la promotion ne pourront, hélas, pas être utilisés.
Sereines, les équipes Abeille de France et SNA qui s’apprêtent à vous
accueillir, mi-octobre 2006, au prochain congrès national de l’apiculture
française. Le choix vient d’être fait : Bourg-en-Bresse. Vingt ans après nous
retournons sur ce site.
Toute la filière apicole, sans discrimination, est invitée à participer.
Editorial n°918
Les dernieres nouvelles de
demain…
Le nouveau projet d’arrêté relatif aux mesures de lutte contre les maladies
réputées contagieuses des abeilles est en attente de parution. Les parasites
Aethina Tumida et Tropilaelaps sp sont pris en compte.
Il est précisé que les missions des agents ne peuvent concerner que les mesures
sanitaires relatives à la lutte et à la surveillance des maladies. Une
modification d’un décret de l’année 2000 permettra d’inclure les agents
sanitaires à la liste des collaborateurs occasionnels de l’Etat.
Pour la première fois aussi, il devrait mentionner très exactement le montant
des aides apportées aux apiculteurs lorsque les ruches sont détruites.
Souhaitons simplement que les crédits suivent et que l’ancienne formule
consacrée (dans la limite des crédits disponibles) ne soit qu’un mauvais
souvenir. Enfin, nous espérons voir disparaître dans cet arrêté la notion
d’élevage amateur. Nous n’avons cesse de le répéter : il existe une apiculture
familiale ou pluriactive ou professionnelle.
Le prochain audit de l’apiculture française, dont nous avons eu connaissance
bien tardivement pour information et remarques éventuelles, confirme que 98 %
d’entre nous ne tirent pas l’essentiel de leurs revenus de l’apiculture. Ce
n’est pas propre à la France, mais c’est tout de même un nombre significatif
d’éleveurs d’abeilles et un nombre encore plus significatif de ruches qui
figurent dans les dossiers de l’Administration pour l’attribution de l’aide
européenne. Nous sommes tous dans le même bateau, mais de retour au port, 98 %
d’entre vous sont la plupart du temps ignorés. Dernière mesure en date, la
suppression du crédit alloué aux plateaux grillagés pour 2006.
Les dossiers de demande d’aide seront désormais à soumettre aux collectivités
locales ou régionales qui pourront ensuite les intégrer dans le dossier de
demandes de remboursement au titre de la lutte contre la varroase. Compte tenu
des disponibilités financières des collectivités locales et du manque d’intérêt
que marquent beaucoup d’entre elles vis-à-vis de notre activité, le dégagement
en touche est acquis. Les fonds ainsi récupérés complétés par ceux de l’ONIFLHOR
serviront à la création d’un poste d’ingénieur pour l’apiculture au niveau de la
France (100 000 ?).
Heureusement ce n’est pas partout pareil. Nous vous invitons à répondre à
l’appel à participer lors du Concours Général Agricole. Le seuil de ruches est
significatif. En effet, en cas de récompense, il faut tout de même proposer un
volume suffisant à la vente. Pour une fois, les cotisants de solidarité à la
M.S.A. ne sont pas ignorés.
Cette année, il est dit partout que la récolte d’acacia a été satisfaisante,
voire surprenante quelquefois et surtout de belle qualité. Il apparaît qu’en
Champagne-Ardenne, le miel de luzerne était aussi au rendez-vous. Çà et là de
beaux miels d’été, notamment de tilleul ont été récoltés : toutes bonnes raisons
pour tenter de voir son nom inscrit au palmarès 2006. Nous vous encourageons à
participer. Par contre, nous vous invitons à la plus grande prudence en ce qui
concerne des propositions à vendre votre miel en petites quantités par
l’intermédiaire d’une société. Vous découvrirez dans nos « Informations
dernières » la stratégie employée.
De retour d’Irlande, M. RATIA (APISERVICES) nous a confirmé la tenue du Congrès
APIMONDIA 2009 à Montpellier. Il en sera d’ailleurs le Président : juste
récompense pour un serviteur de l’apiculture, discret et dévoué dont les
compétences et l’objectivité font l’unanimité.
Votre revue, son secrétariat, ses permanents restent à l’écoute. N’hésitez pas à
les consulter. N’hésitez pas non plus, dans un premier temps, à vous rapprocher
des instances apicoles locales. Elles sont destinatrices, à intervalles
réguliers, de courriers et circulaires administratifs et officiels qui leur
permettent de vous apporter aides et conseils.
Les temps sont difficiles mais votre détermination doit rester forte.
Editorial n°917
Rentrée
En cette fin d’août, la presse et les médias font leurs gros titres avec ce
mot synonyme des multiples activités de l’homme : rentrée… celles des
enseignants et de leurs élèves, des politiques mais aussi de tous ceux qui ont
eu la chance et les moyens de partir en congés… Rentrée aussi pour nos abeilles
avec le grand repos qui va suivre. Les réserves sont très aléatoires suivant les
régions, les nuclei sont affamés. Vérifions avec attention le poids de nos
ruches.
Rentrée également pour les diverses structures apicoles avec deux prochaines
réunions : l’une de la filière consacrée à l’aide européenne, l’autre à la
promotion dans le cadre de PROMOMIEL.
Nous avons remarqué l’arrivée au Conseil d’Administration de l’OPIDA de 6
nouveaux membres présentés par le C.N.D.A. Son président devient vice-président
de l’OPIDA. Pas question bien sûr d’accueillir les syndicats nationaux, le
président l’a encore récemment écrit dans l’un de ses éditoriaux.
Rentrée en force de l’EPBA sur la scène apicole. Cette structure de l’Europe à
25 constituée par les différentes composantes nationales apicoles qui veulent
bien y adhérer, est intervenue à plusieurs reprises auprès de la Députée
européenne, Madame LULLING, pour obtenir une modification de la directive “miel”
: demande rejetée par le groupe de travail du COPA COGECA. L’EPBA invite le
président, M. IZQUIERDO à leur prochaine assemblée générale du 21 octobre.
Souhaitons que celui-ci reste ferme sur ses positions. Les nouveaux membres
doivent admettre que tout le travail fait jusqu’alors, a permis les avancées que
nous connaissons, notamment au niveau de la protection de la production
européenne de qualité.
Au niveau national, nous observons dans une récente réponse du Ministre (page
intérieure) que vous apiculteurs, 98 % des pratiquants, vous êtes pour ainsi
dire exclus. À la question d’un député consultant le SNA pour avis, il a été
clairement répondu qu’une aide accordée aux apiculteurs de moins de 70 ruches
allait à l’encontre de la structuration de la profession “pluriactivité,
pollinisation, biodiversité… à la trappe !”
Rentrée encore sur le marché du miel avec des prix extrêmement préoccupants dont
la chute prévisible n’est même pas encore quantifiée définitivement. Quel sera
alors le sort réservé à tous ces jeunes qui viennent de s’installer ? S’ils
devaient abandonner, n’oublions pas que l’aide à l’installation et divers
seraient à rembourser.
Comme chaque été, depuis plusieurs années, le Figaro publie dans sa page santé,
le rapport qui dédouane les insecticides. Présenter le risque comme négligeable
relève d’une certaine désinformation et d’une interprétation des données à
laquelle nous ne souscrivons pas. Dans le même temps, le Parisien publie un
rapport de l’INSERM indiquant que le nombre des cancers a augmenté de 63 % ces
vingt dernières années…
Alors comment sera la rentrée ?
Certains le savent déjà : l’Europe du Sud-Ouest est dévastée par les incendies,
celle de l’Est est noyée sous des torrents de boue, l’aviation commerciale
cumule les accidents et incidents… l’approvisionnement en énergie se fait rare
et cher. Dur, dur d’être optimiste.
Et pourtant le million de jeunes rassemblés à Cologne a montré au monde entier
que l’optimisme et la joie de vivre existaient encore !
F. ANCHLING
EPBA : European Professional Beekeepers Association.
Anciens éditoriaux 2005
Editorial n°916
Futur...
Le 15 juin, le groupe de travail miel du COPA COGECA s’est réuni sous
l’autorité de M. IZQUIERDO Président et de M. BRUNEAU Vice-Président. Ceux-ci
ont d’ailleurs été reconduits à l’unanimité dans leurs fonctions pour les deux
années à venir.
Au cours de cette concertation entre les représentants des 25 états membres, la
situation dramatique du marché du miel en Europe a de nouveau été largement
exposée et commentée.
Une seule question : comment les producteurs européens pourront-ils poursuivre
leur politique de qualité avec des miels spécifiques ou biologiques importés à
prix très bas et des distributeurs qui exercent une pression considérable sur
les prix eux-mêmes ? Une démarche a donc été entreprise auprès de la seule
Députée qui depuis le début a pris à cœur ce dossier apicole européen.
L’état des lieux de l’interprétation de la directive concernant l’étiquetage a
fait l’objet d’une notice explicative dont nous apprécions le contenu (pages
intérieures). Elle vient en appui du précédent commentaire rédigé par notre
éminent collaborateur Francis sur l’étiquetage.
Autre nouvelle encourageante, c’est la position de la Commission sur
l’instauration de codes de bonnes pratiques. La classification du miel comme
production
primaire permettra pratiquement à tous les apiculteurs de pouvoir continuer
d’extraire avec des conditions sanitaires minimum et suffisantes vis-à-vis de
leur local d’extraction. Par contre, la mise en place de mielleries collectives
par plusieurs apiculteurs ou à défaut par une structure associative ou syndicale
obéira à des règles plus strictes, contraignantes, coûteuses. Nous y reviendrons
prochainement.
Dépérissement des abeilles : force est de constater que le dossier français
reste la référence. Plusieurs états membres rencontrent les mêmes difficultés
mais les apiculteurs n’ont pas les mêmes facilités, ni les mêmes moyens pour
s’exprimer tant auprès des médias qu’au niveau de leurs instances nationales.
C’est inquiétant lorsqu’on sait qu’une décision doit être prise dans les
prochains mois à propos du renouvellement de l’autorisation d’utiliser certaines
molécules.
Au niveau national, une relance des actions et des démarches paraît nécessaire
après avoir pris connaissance d’un certain nombre d’expertises et d’analyses à
propos desquelles il ne nous est pas loisible de nous exprimer davantage.
Un long débat s’est d’autre part instauré à propos d’une possible existence
d’une pollution antibiotique, pollution verticale liée aux pratiques apicoles.
Les apiculteurs, les emballeurs, les importateurs et les négociants considèrent
qu’elle est à bannir. Reste la pollution horizontale liée à la présence
d’antibiotiques dans l’environnement.
Celle-ci se situe totalement en dehors de la sphère d’influence des apiculteurs.
Il est impossible d’empêcher les abeilles de butiner dans des secteurs à risque.
Elle devient donc inévitable d’où la présence tout à fait occasionnelle de
traces éventuelles. L’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire devra donc
lancer une étude visant à déterminer le niveau de contamination environnementale
afin de fixer une tolérance maximale à appliquer en cas de contamination
accidentelle de ces miels.
Sur le court terme, il devient nécessaire de fixer une limite de quantification
uniformisée. Ce projet devrait conduire à une limite satisfaisante pour tous les
laboratoires accrédités dans tous les états membres. Le COPA, la COGECA et la
F.E.E.D.M. rappellent dans un courrier adressé à la Commission qu’il ne serait
pas acceptable d’autoriser des importations de miel de pays tiers contenant des
teneurs supérieures à celles autorisées en Europe. Nous osons espérer qu’il
recueillera un écho favorable.
L’Europe du miel se met en place. Nous devons veiller à ce qu’elle ne se fasse
pas au détriment des producteurs : vaste chantier parsemé d’embûches !
« Le futur n’a de sens qu’à la pointe de l’outil. Prendre une résolution n’est
rien, c’est l’outil qu’il faut prendre » (Alain).
Y. VEDRENNE
Editorial n°915
Ambiance
Récoltes inégales difficiles à estimer : c’est le leitmotiv des responsables
départementaux et des apiculteurs contactés. Mais l’année apicole n’est pas
terminée, même si l’essaimage intempestif et apparemment généralisé a quelque
peu réduit le volume espéré des productions futures.
Les quantités retenues en 2004 sont la base de calcul des bénéfices forfaitaires
actuellement en cours au titre de cette même année. Ceux-ci seraient à la hausse
sur l’ensemble du territoire, suscitant ici et là quelques mécontentements et
recours.
Restons réalistes. Aujourd’hui le système du bénéfice forfaitaire est le plus
favorable aux intérêts des apiculteurs et beaucoup de petits producteurs
bénéficient de la bienveillance de l’Admi-nistration. Il faut savoir raison
garder.
Notre combat se situe au niveau des prix à la production face aux importations,
problème récurrent pour lequel nous n’avons pas la solution. Il relève des
contraintes du commerce international mais aussi de l’attitude des négociants et
coopératives français. Dans quelques jours, une table ronde réunira toute la
filière pour envisager non pas une campagne de publicité mais de promotion. Il
ne s’agira pas de faire de la publicité, action non autorisée par l’Europe
puisque nous sommes dans le cas d’une production déficitaire.
Mais ce projet sera aussi pour le monde apicole un moment de négociation à
propos des prix de revient, élément incontournable pour améliorer la qualité et
la présentation de nos productions nationales, de certaines en particulier déjà
repérées par des signes de qualité.
Ce projet, comme un certain nombre d’autres cofinancés par l’Europe, aura la
particularité d’y associer à moindre coût les fonds nationaux. Faisons donc en
sorte qu’il aboutisse.
Les autres fonds disponibles sur le budget communautaire sont maintenant
affectés aux différents centres et organismes publics ayant présenté des
demandes. La chance de l’apiculture européenne réside dans l’attribution d’un
complément d’aide lors du passage à 25. Cette décision propre à l’apiculture et
qui ne s’est pas généralisée à l’ensemble de l’agriculture est un signe fort.
Malgré la faiblesse du budget attribué, l’apiculture européenne reste une
préoccupation des responsables communautaires. Mais pour combien de temps ? Les
prochains mois devraient nous éclairer…
En attendant, conservons également toute notre vigilance à propos des
autorisations à venir ou à renouveler pour toutes les molécules de traitements
phytosanitaires qui, depuis des années affaiblissent en permanence notre
cheptel. Ils ne font certes plus la une de l’actualité, mais la menace reste
présente, effective et toujours difficile à combattre.
Regardons, autant que faire se peut, l’avenir avec espérance et détermination.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°914
Concertations… Actions ?
La saison apicole bat son plein malgré une météo capricieuse. La déception
est toutefois certaine au nord de la Loire notamment. Sur des dizaines de
milliers d’hectares de colza, nous observons une absence totale de butineuses.
Ce phénomène s’amplifie chaque année. Que cache-t-il ?
L’actualité apicole reste vive, parfois tendue. Une certitude, pas de semences
traitées cette année, c’est du moins ce qu’expriment les trois arrêtés de nos
pages intérieures. Pour l’avenir, il faudra attendre la décision de l’Europe en
matière d’autorisation. D’une rencontre récente avec le représentant du
fabricant, nous avons noté le fait qu’il admet que le produit perturbe le
comportement de l’abeille. Depuis des mois, toute l’apiculture française n’a de
cesse que de le dire et le montrer. Alors pourquoi ne pas s’orienter vers des
produits de substitution sans effet sur la faune pollinisatrice en général ?
Mais l’actualité, c’est aussi :
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la nouvelle circulaire sur le traitement des ruchers atteints de loques qui cadre exactement le processus. |
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les conditions d’importation des produits apicoles destinés à la consommation humaine ou à l’apiculture. |
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la confirmation qu’actuellement aucun miel en provenance de Chine a été importé en France et que des contrôles stricts seront effectués. |
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une surveillance accrue des lots de reines importées notamment d’Australie avec en filigrane, l’idée d’accepter que tôt ou tard, nous serons infestés, idée à laquelle nous ne pouvons souscrire. |
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la création d’un Institut ou Organisme semblable, géré par un centre qui à ce jour ne reconnaît pas l’ensemble de la filière apicole et sa composition. |
De tout ceci, il a été question lors d’une entrevue avec une responsable du
Cabinet du Ministre de l’Agriculture fin avril. Ce moment privilégié a permis de
reposer le problème d’une aide au maintien du cheptel de l’apiculture familiale
et pluriactive, comme elle se pratique ailleurs en Europe.
La question sera examinée, nous a-t-on indiqué.
Promesse ou réalité, l’avenir nous le dira, mais cette aide est absolument
nécessaire. A ce jour, seuls 3 % des apiculteurs français sont concernés par
l’aide européenne dans la conduite de leur exploitation.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°913
L’Europe… des uns et des
autres
La fin de l’embargo sur le miel chinois, sa levée effective, a entraîné une
chute des prix mondiaux et, par ricochet, celui des prix européens. La pression
des distributeurs conduit les conditionneurs à s’approvisionner en miel bas de
gamme. Le Japon et les États-Unis, pays importateurs, maintiennent quant à eux
une politique en faveur du miel de bonne qualité.
L’Europe devient ainsi la destination première de ce miel bas de gamme venant
des quatre coins du monde alors même que ses producteurs doivent se soumettre à
de nouvelles règles d’hygiène et développer l’image de la qualité de leurs
produits.
Mme LULLING a reçu du Secrétaire Général du COPA, le 31 mars, un courrier validé
par le comité des experts afin d’apporter quelques éléments de réflexion au
Ministre et quelques propositions :
Améliorer les contrôles aux points d’accès européens, notamment ceux concernant les antibiotiques, les origines botaniques particulières.
Caractériser de façon plus explicite les miels monofloraux.
Prendre des mesures pour assurer une qualité de plus en plus accrue.
Adopter un étiquetage clair…
À partir de ces quelques propositions, la mise en place d’une campagne de
promotion, le miel européen figurant dans les produits éligibles, s’impose à
tous les états membres. Les apiculteurs français, pour partie, disposent d’une
structure adaptée et de quelques fonds. Il reste à compléter les effectifs pour
ne parler que d’une seule voix.
Retour en France avec la consultation du comité de pilotage sur les actions du
programme national 2006 avec cofinancement européen : la plupart des actions
déjà entreprises les années passées sont reconduites.
L’Institut Apicole refait surface tandis que de nouveaux projets accrochés à la
création de postes de techniciens fleurissent : à revoir dans quelques semaines
selon l’administration.
Vous tous, apiculteurs ne possédant pas le minimum requis, vous toutes,
structures de formation de type associatif ou syndical, l’administration ne vous
prend pas en compte.
Une gestion de l’utilisation de l’aide européenne qui ne peut nous convenir par
rapport à celle de certains états membres vis-à-vis de l’ensemble de ses
apiculteurs.
Quelques démarches sont en cours.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°912
Préconisations sans
contraintes
Décembre 2004 : les 170 pays signataires du protocole de Kyoto se réunissent
à Buenos Aires. Entré en application le 16 février, permettra-t-il d’inverser
une tendance devenue préoccupante : le réchauffement de la planète ?
Ce phénomène semble inévitable, plus personne ou « presque » ne conteste cette
dramatique évolution. « Sishmaref va mourir… Pour ce petit village d’Alaska,
c’est déjà trop tard. La fonte de la banquise oblige les habitants à partir, la
faune marine s’éloigne ». Certes, le Mont-Saint-Michel dominait une grande
forêt, Saint-Louis embarqua pour la croisade, à Aigues-Mortes mais pour la
première fois :
« L’homme modifiant le cycle de la nature entraîne la mort d’un village, embryon de sa civilisation ».
De nombreuses nations ont mis en place des politiques plus ou moins
ambitieuses bien avant Kyoto, mais un tiers des émanations à effet de serre
proviennent de deux états non signataires.
Il faut d’autre part, gérer l’effet polluant lié à une croissance soutenue des
pays émergents. Pour eux, les préoccupations environnementales restent
secondaires, pas question de remettre en cause leur développement économique.
Les esprits se tournent maintenant vers l’horizon 2012, l’après Kyoto. Encore
faudrait-il que ce protocole dont l’aboutissement est lié au revirement de la
Russie, appliqué seulement par 38 nations, fonctionne. Aujourd’hui, le manque de
respect des engagements et des contraintes n’est même pas précisé.
Plus près de nos préoccupations, il en va un peu de même pour nombre de
décisions ou d’autorisations liées à l’activité apicole et à son environnement.
L’Europe des 25 n’est pas traitée de la même façon par et pour toutes ses
composantes quant à la qualité de ses productions, ses coûts, sa
commercialisation. Au niveau mondial, l’essentiel reste à faire…
L’environnement de l’abeille subit le même sort. N’oublions pas dans notre
combat, la grande famille des autres pollinisateurs dont l’existence est
intimement liée aux plantes cultivées et sauvages. Ce n’est pas la timide mais
réelle avancée du principe de précaution adopté à Versailles qui nous permettra
de lutter à armes égales contre tous ces produits nés ou à naître « nécessaires
» à l’agriculture notamment.
Soutenons avec force ce grand principe de l’article Ier de la Charte de
l’Environnement votée par les membres du Congrès : « Chacun a le droit de vivre
dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.» Droit d’un côté,
devoir d’un autre puisque désormais « Toute personne a le devoir de prendre part
à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.»
Y. VEDRENNE
Editorial
n°911
Au fil des jours
Le Conseil d’Administration, le Bureau, le Président, la Gérante de votre
journal dans l’impossibilité matérielle de répondre à l’exceptionnel courrier
reçu en ce début d’année remercient collectivement les très nombreux apiculteurs
et abonnés. Ils s’efforceront de répondre à leurs attentes exprimées au cours de
cette année 2005.
Ce début d’année devrait nous apporter avec les premières visites de nos
ruchers, une réponse à notre inquiétude grandissante : avons-nous ici et là des
foyers repérés avec Aethina tumida ? En la circonstance, même si les
mesures prises nous paraissent insuffisantes, l’Administration centrale a
promptement réagi. Dès à présent, une récente circulaire dans les Directions des
Services Vétérinaires départementaux demande expressément une visite
systématique chez les apiculteurs ayant acheté des reines en 2004. Pour aider à
ce dépistage et l’étendre à tous les apiculteurs, nous avons inclus, en encart
détachable, un document suffisamment illustré pour vous permettre de vous rendre
compte et de vous signaler. Un autre document, en préparation par
l’administration, sera repris dans nos colonnes et adressé dans toutes les
structures départementales qui nous en feront la demande. Il convient de
préciser que le parasite est rendu à déclaration obligatoire par la Commission
européenne, qu’il sera prochainement inclus dans le droit français à la
nomenclature des M.R.C. du code rural, enfin et surtout la Direction Générale de
l’Alimentation prendra en charge financièrement les ruches infestées et
détruites sur ordre de l’administration départementale. Malheureusement, dans
l’état actuel de la législation, il ne semble pas que l’on puisse interdire les
importations. Il faudrait une modification de la réglementation européenne,
suggestion faite par la D.G.A.L., section santé animale…
Dans le cadre du plan de relance du développement de l’apiculture mis en œuvre
en juin 2004, l’ensemble de la filière avait soulevé le problème d’absence de
disponibilité de traitement adapté à la lutte contre la nosémose des abeilles.
La décision définitive d’utiliser la fumagilline se fera sans doute attendre
encore de nombreux mois. L’obtention d’une L.M.R. pour cette molécule n’est pas
envisageable avant 18 mois. Viendra ensuite la procédure d’autorisation de mise
sur le marché, puis la possibilité d’étudier la délivrance d’une autorisation
temporaire. L’essentiel est que ce dossier ressorte. Il reste à espérer que l’on
puisse simplement en raccourcir les délais d’instruction.
L’autre demande concerne un possible retour de l’utilisation d’un médicament
dans la lutte contre la loque américaine en particulier. En toile de fond, il
nous apparaît nécessaire de préciser que la Limite Maximum de Résidus dans le
miel reste fixée à zéro au plan européen. Est-ce bien raisonnable compte tenu de
toutes les pollutions extérieures dont sont victimes les abeilles ?
Bien que la décision au niveau de l’Europe ne se soit pas encore traduite par
les textes, le projet d’une aide à la promotion du miel prend corps avec une
répartition des dépenses comme suit : 30 % à charge du producteur, 20 % à charge
de l’Etat, 50 % à charge de l’Europe.
Depuis de nombreuses années, les apiculteurs français avaient pris conscience de
la nécessité de la promotion au travers d’un organisme « Promomiel », né après
la disparition d’Intermiel. Il a fait preuve à plusieurs reprises de son
efficacité. Aujourd’hui, celui-ci est tout à fait indiqué pour prendre en charge
les actions aidées par l’Europe, il dispose même, ô surprise, d’un petit budget
constitué à partir du retour financier de certaines actions entreprises. Un
instrument avec lequel il va falloir compter. Ainsi va l’actualité apicole.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°910
Allées et venues…
Depuis plusieurs mois la filière apicole se trouve impliquée dans de
nombreuses réunions. Les colonnes de votre journal ne suffiraient pas à rendre
compte, aussi avons-nous choisi de nous attarder, pour cette nouvelle année, sur
l’essentiel de ce qui a été débattu.
Bruxelles tout d’abord où, le 13 décembre, nous faisions connaissance avec une
partie des nouveaux membres du groupe de travail Miel du COPA COGECA. Quelques
changements dans le fonctionnement puisque le groupe permanent devient
facultatif avec le maintien du Président finlandais M. VANONEN à sa tête.
Au cours des débats pour lesquels nous disposions vraiment de peu de temps, a
été évoquée la réouverture, fin août 2004, des frontières au miel de Chine. Ce
ne sera pas la Chine mais des entreprises mixtes qui se chargeront de
commercialiser ce miel : le résultat est le même. Il faudra au moins 50 à 60 %
de problèmes rencontrés avant qu’une fermeture puisse à nouveau intervenir :
mission impossible. En ce moment le miel ne rentre pas mais les offres, nous
dirons la rumeur, ont fait chuter le prix des autres miels importés et par
ricochet des miels de France. Plusieurs idées ont été émises :
Obliger les états membres à des contrôles aux frontières plus importants, les améliorer.
Demander aux acheteurs de prendre position par rapport à ces miels qui leur sont offerts.
Veiller à ce que la nouvelle directive, qui malgré tout protège assez bien le marché européen, soit appliquée à la lettre.
Une manifestation dans tous les états membres à une même date a été
envisagée. Une décision pourrait intervenir courant janvier.
Le budget initial prévu pour 15 membres a été porté à 23 millions d’€uros pour
les 25. La filière miel est la seule à bénéficier à ce jour d’une augmentation.
Le problème des dépopulations d’abeilles a été évoqué, notamment au chapitre de
la reconstitution de cheptel, inscrite désormais au budget européen.
À quelques mois de l’examen par Bruxelles de l’autorisation d’utiliser ou de
réutiliser certaines molécules, l’ensemble des partenaires du Groupe de Travail
a été invité à informer largement les Ministères concernés de chaque État
membre. Le dossier français, à ce jour le plus complet, sert de référence.
Retour en France à la Direction Générale de l’Alimentation pour évoquer le 17
décembre les risques d’introduction du petit coléoptère de la ruche « Aethina
tumida ». C’est essentiellement une analyse des risques qui a été envisagée.
Confirmation a été donnée que 11 lots sur 19 provenaient du Texas, soit 3 292
reines entre avril et septembre 2004, 116 destinataires étaient concernés dans
56 départements, ce qui permet une estimation de plusieurs milliers de ruches,
en tenant compte des ruchers situés à 5 km aux alentours, le scarabée pouvant
s’éloigner jusqu’à 5 km pour pondre.
Des informations scientifiques révèlent que le Texas serait infesté depuis l’été
2002. En tenant compte des transhumances, du périmètre de 5 km, de la
descendance des reines provenant du Texas, l’ensemble du territoire national
peut être maintenant suspecté d’être infesté. Notre proposition de détruire
l’ensemble des ruches ayant reçu des reines en 2004 n’est plus d’actualité. Les
mesures à prendre seraient sur la base d’une gestion des foyers identifiés et
non pas sur celle d’une gestion des points d’introduction. Une plaquette
d’information à destination de l’ensemble des acteurs de la filière devrait voir
prochainement le jour. Ce sera l’objet d’une réunion à la mi-janvier, votre
revue a déjà préparé une proposition. Des visites des ruchers concernés par les
importations de 2004 seront effectuées très rapidement. Une aide financière a
été évoquée en cas de destruction de ruches reconnues infestées.
Nous sommes en janvier : formulons le souhait que toutes les mesures prises ne
révèlent aucun foyer et que pour 2005 l’introduction des reines et essaims
d’abeilles, en provenance d’états infestés, ne puisse se faire au niveau
européen.
Dernière réunion enfin, le 21 décembre, celle de la présentation des travaux du
Comité Scientifique et Technique en présence de MM. MARZIN et RAULT,
co-présidents. Sur ce dossier bien précis et conformément à la décision prise,
nous vous en présentons le résumé en pages intérieures.
Espérons, espérons... Regardons malgré tout l’avenir apicole avec optimisme.
À nouveau, tous nos souhaits de Bonne Année 2005.
Y. VEDRENNE
Editoriaux des numéros de l'année 2004
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2007 |
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