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Editoriaux de l'année 2006


Editorial n°920
Une hotte pour tous ?

La fin d’année est traditionnellement consacrée aux bilans et à la réflexion pour ouvrir le nouvel exercice.

Particulièrement cette année, l’évolution du paysage apicole, bien différent des premières ébauches pour lesquelles tous étaient d’accord, nous incite à la réflexion et comme pour nous y aider, l’article paru dans Le Monde du 26 juillet 2005 (adieu à Tocqueville) à l’occasion du bicentenaire de sa naissance vient, fort à propos, nous remémorer les écrits de cet académicien sociologue.

Ce grand magistrat a toujours célébré la vertu – l’instinct de liberté – la répulsion des servitudes. Au seuil de la modernité, il s’interroge sur les institutions et, dans ses analyses, il revient sans cesse sur « l’État tuteur de tout – détaillé – régulier – prévoyant et doux – qui règle les successions et divise les héritages ».

C’est ainsi que le CNDA, qui tiendra lieu d’Institut Technique, hérite des membres affiliés aux anciennes structures syndicales SNA (1920), UNAF (1948), SPMF. Le paternalisme du tuteur leur sera acquis s’ils adhèrent aux ADA régionales. Tous ! Que non ! Seulement ceux qui peuvent être considérés comme des professionnels. Les autres sont acceptés, « pour voir ».

Lourde responsabilité que celle du CNDA qui devra répondre aux vœux de l’administration, régler les problèmes des professionnels, sans oublier que les petits producteurs catalogués non professionnels sont les plus nombreux et sont ceux-là mêmes qui prennent soin de leurs abeilles comme d’un animal domestique…

Lourde responsabilité aussi que celle des structures, représentatives vis-à-vis de la FNSEA du paysage apicole français, qui devront répondre au souci de leurs adhérents petits et grands producteurs, sans gêner les rapports entre « l’État tuteur » et l’héritier désigné...

Espérons que la trêve de Noël donne le temps et l’inspiration et nous dise comment concilier la survie et le développement de l’apiculture dans ce nouveau paysage qui élimine 80 % des acteurs d’un environnement que tout un chacun prétend vouloir protéger.

En attendant, je vous invite à lire attentivement ce numéro spécial (à conserver) tant il est riche et instructif pour l’apiculture sans exclusive. Remercions l’équipe qui, depuis des semaines, s’est investie.

Joyeux Noël à tous.

F. ANCHLING


Editorial n°919
Que ce soit hier ou bien demain…

Le ministre de l’Agriculture a annoncé une procédure d’urgence en vue de l’homologation de l’insecticide « Poncho-Maïs ». La molécule active, clothianidine, appartient à la famille des néo-nicotinoïdes, insecticide neurotoxique. Cela permettrait aux agriculteurs d’éviter de recourir à la rotation des cultures ou l’emploi de précédents culturaux (arguments développés…).

Cette molécule ne doit pas bénéficier d’une autorisation d’usage. Elle apparaît aussi dangereuse pour l’environnement et la faune que celles dont l’usage a été suspendu : stabilité exceptionnelle, persistante dans le milieu terrestre élevée, demi-vie = DT supérieure à 300 jours et jusqu’à 1 836 contre 90 maximum, suivant la Directive 91/414 qui régit l’homologation au niveau européen. La commission des toxiques, dès février 2004, avait d’ailleurs émis des réserves quant au devenir de ces produits dans l’environnement (sol et eau) ainsi qu’à l’impact sur l’abeille. Enfin ce néo-nicotinoïde n’est, à ce jour, pas inscrit sur la liste positive européenne, condition obligatoire pour l’obtention d’une AMM (en principe).

Inquiet, le monde apicole l’est assurément et repose la question de la gestion des pesticides actuellement du seul ressort du ministère de l’Agriculture étroitement lié à la filière agricole. Les ministères de la Santé et de l’Environnement ne sont pas concernés. Pourquoi ?

La coordination des apiculteurs de France « renaissante » a certes élaboré et transmis un nouveau dossier, solidement argumenté par l’un de ses membres. Ne serait-il pas souhaitable qu’elle se constitue en association pour encore plus d’efficacité et de reconnaissance ?

Satisfait, le monde apicole l’est. Après l’obtention de l’IGP Miel d’Alsace qui a servi de modèle, celle de Miel de Provence est acquise malgré l’opposition allemande. Il reste à valoriser ces deux signes de qualité. Les fonds européens destinés à la promotion ne pourront, hélas, pas être utilisés.

Sereines, les équipes Abeille de France et SNA qui s’apprêtent à vous accueillir, mi-octobre 2006, au prochain congrès national de l’apiculture française. Le choix vient d’être fait : Bourg-en-Bresse. Vingt ans après nous retournons sur ce site.

Toute la filière apicole, sans discrimination, est invitée à participer.

Y. VEDRENNE


Editorial n°918
Les dernieres nouvelles de demain…

Le nouveau projet d’arrêté relatif aux mesures de lutte contre les maladies réputées contagieuses des abeilles est en attente de parution. Les parasites Aethina Tumida et Tropilaelaps sp sont pris en compte.

Il est précisé que les missions des agents ne peuvent concerner que les mesures sanitaires relatives à la lutte et à la surveillance des maladies. Une modification d’un décret de l’année 2000 permettra d’inclure les agents sanitaires à la liste des collaborateurs occasionnels de l’Etat.

Pour la première fois aussi, il devrait mentionner très exactement le montant des aides apportées aux apiculteurs lorsque les ruches sont détruites. Souhaitons simplement que les crédits suivent et que l’ancienne formule consacrée (dans la limite des crédits disponibles) ne soit qu’un mauvais souvenir. Enfin, nous espérons voir disparaître dans cet arrêté la notion d’élevage amateur. Nous n’avons cesse de le répéter : il existe une apiculture familiale ou pluriactive ou professionnelle.

Le prochain audit de l’apiculture française, dont nous avons eu connaissance bien tardivement pour information et remarques éventuelles, confirme que 98 % d’entre nous ne tirent pas l’essentiel de leurs revenus de l’apiculture. Ce n’est pas propre à la France, mais c’est tout de même un nombre significatif d’éleveurs d’abeilles et un nombre encore plus significatif de ruches qui figurent dans les dossiers de l’Administration pour l’attribution de l’aide européenne. Nous sommes tous dans le même bateau, mais de retour au port, 98 % d’entre vous sont la plupart du temps ignorés. Dernière mesure en date, la suppression du crédit alloué aux plateaux grillagés pour 2006.

Les dossiers de demande d’aide seront désormais à soumettre aux collectivités locales ou régionales qui pourront ensuite les intégrer dans le dossier de demandes de remboursement au titre de la lutte contre la varroase. Compte tenu des disponibilités financières des collectivités locales et du manque d’intérêt que marquent beaucoup d’entre elles vis-à-vis de notre activité, le dégagement en touche est acquis. Les fonds ainsi récupérés complétés par ceux de l’ONIFLHOR serviront à la création d’un poste d’ingénieur pour l’apiculture au niveau de la France (100 000 ?).

Heureusement ce n’est pas partout pareil. Nous vous invitons à répondre à l’appel à participer lors du Concours Général Agricole. Le seuil de ruches est significatif. En effet, en cas de récompense, il faut tout de même proposer un volume suffisant à la vente. Pour une fois, les cotisants de solidarité à la M.S.A. ne sont pas ignorés.

Cette année, il est dit partout que la récolte d’acacia a été satisfaisante, voire surprenante quelquefois et surtout de belle qualité. Il apparaît qu’en Champagne-Ardenne, le miel de luzerne était aussi au rendez-vous. Çà et là de beaux miels d’été, notamment de tilleul ont été récoltés : toutes bonnes raisons pour tenter de voir son nom inscrit au palmarès 2006. Nous vous encourageons à participer. Par contre, nous vous invitons à la plus grande prudence en ce qui concerne des propositions à vendre votre miel en petites quantités par l’intermédiaire d’une société. Vous découvrirez dans nos « Informations dernières » la stratégie employée.

De retour d’Irlande, M. RATIA (APISERVICES) nous a confirmé la tenue du Congrès APIMONDIA 2009 à Montpellier. Il en sera d’ailleurs le Président : juste récompense pour un serviteur de l’apiculture, discret et dévoué dont les compétences et l’objectivité font l’unanimité.

Votre revue, son secrétariat, ses permanents restent à l’écoute. N’hésitez pas à les consulter. N’hésitez pas non plus, dans un premier temps, à vous rapprocher des instances apicoles locales. Elles sont destinatrices, à intervalles réguliers, de courriers et circulaires administratifs et officiels qui leur permettent de vous apporter aides et conseils.

Les temps sont difficiles mais votre détermination doit rester forte.

Y. VEDRENNE


Editorial n°917
Rentrée

En cette fin d’août, la presse et les médias font leurs gros titres avec ce mot synonyme des multiples activités de l’homme : rentrée… celles des enseignants et de leurs élèves, des politiques mais aussi de tous ceux qui ont eu la chance et les moyens de partir en congés… Rentrée aussi pour nos abeilles avec le grand repos qui va suivre. Les réserves sont très aléatoires suivant les régions, les nuclei sont affamés. Vérifions avec attention le poids de nos ruches.

Rentrée également pour les diverses structures apicoles avec deux prochaines réunions : l’une de la filière consacrée à l’aide européenne, l’autre à la promotion dans le cadre de PROMOMIEL.

Nous avons remarqué l’arrivée au Conseil d’Administration de l’OPIDA de 6 nouveaux membres présentés par le C.N.D.A. Son président devient vice-président de l’OPIDA. Pas question bien sûr d’accueillir les syndicats nationaux, le président l’a encore récemment écrit dans l’un de ses éditoriaux.

Rentrée en force de l’EPBA sur la scène apicole. Cette structure de l’Europe à 25 constituée par les différentes composantes nationales apicoles qui veulent bien y adhérer, est intervenue à plusieurs reprises auprès de la Députée européenne, Madame LULLING, pour obtenir une modification de la directive “miel” : demande rejetée par le groupe de travail du COPA COGECA. L’EPBA invite le président, M. IZQUIERDO à leur prochaine assemblée générale du 21 octobre. Souhaitons que celui-ci reste ferme sur ses positions. Les nouveaux membres doivent admettre que tout le travail fait jusqu’alors, a permis les avancées que nous connaissons, notamment au niveau de la protection de la production européenne de qualité.

Au niveau national, nous observons dans une récente réponse du Ministre (page intérieure) que vous apiculteurs, 98 % des pratiquants, vous êtes pour ainsi dire exclus. À la question d’un député consultant le SNA pour avis, il a été clairement répondu qu’une aide accordée aux apiculteurs de moins de 70 ruches allait à l’encontre de la structuration de la profession “pluriactivité, pollinisation, biodiversité… à la trappe !”

Rentrée encore sur le marché du miel avec des prix extrêmement préoccupants dont la chute prévisible n’est même pas encore quantifiée définitivement. Quel sera alors le sort réservé à tous ces jeunes qui viennent de s’installer ? S’ils devaient abandonner, n’oublions pas que l’aide à l’installation et divers seraient à rembourser.

Comme chaque été, depuis plusieurs années, le Figaro publie dans sa page santé, le rapport qui dédouane les insecticides. Présenter le risque comme négligeable relève d’une certaine désinformation et d’une interprétation des données à laquelle nous ne souscrivons pas. Dans le même temps, le Parisien publie un rapport de l’INSERM indiquant que le nombre des cancers a augmenté de 63 % ces vingt dernières années…

Alors comment sera la rentrée ?

Certains le savent déjà : l’Europe du Sud-Ouest est dévastée par les incendies, celle de l’Est est noyée sous des torrents de boue, l’aviation commerciale cumule les accidents et incidents… l’approvisionnement en énergie se fait rare et cher. Dur, dur d’être optimiste.

Et pourtant le million de jeunes rassemblés à Cologne a montré au monde entier que l’optimisme et la joie de vivre existaient encore !

F. ANCHLING

EPBA : European Professional Beekeepers Association.


Anciens  éditoriaux 2005


Editorial n°916
Futur...

Le 15 juin, le groupe de travail miel du COPA COGECA s’est réuni sous l’autorité de M. IZQUIERDO Président et de M. BRUNEAU Vice-Président. Ceux-ci ont d’ailleurs été reconduits à l’unanimité dans leurs fonctions pour les deux années à venir.
Au cours de cette concertation entre les représentants des 25 états membres, la situation dramatique du marché du miel en Europe a de nouveau été largement exposée et commentée.
Une seule question : comment les producteurs européens pourront-ils poursuivre leur politique de qualité avec des miels spécifiques ou biologiques importés à prix très bas et des distributeurs qui exercent une pression considérable sur les prix eux-mêmes ? Une démarche a donc été entreprise auprès de la seule Députée qui depuis le début a pris à cœur ce dossier apicole européen.

L’état des lieux de l’interprétation de la directive concernant l’étiquetage a fait l’objet d’une notice explicative dont nous apprécions le contenu (pages intérieures). Elle vient en appui du précédent commentaire rédigé par notre éminent collaborateur Francis sur l’étiquetage.

Autre nouvelle encourageante, c’est la position de la Commission sur l’instauration de codes de bonnes pratiques. La classification du miel comme production
primaire permettra pratiquement à tous les apiculteurs de pouvoir continuer d’extraire avec des conditions sanitaires minimum et suffisantes vis-à-vis de leur local d’extraction. Par contre, la mise en place de mielleries collectives par plusieurs apiculteurs ou à défaut par une structure associative ou syndicale obéira à des règles plus strictes, contraignantes, coûteuses. Nous y reviendrons prochainement.

Dépérissement des abeilles : force est de constater que le dossier français reste la référence. Plusieurs états membres rencontrent les mêmes difficultés mais les apiculteurs n’ont pas les mêmes facilités, ni les mêmes moyens pour s’exprimer tant auprès des médias qu’au niveau de leurs instances nationales. C’est inquiétant lorsqu’on sait qu’une décision doit être prise dans les prochains mois à propos du renouvellement de l’autorisation d’utiliser certaines molécules.

Au niveau national, une relance des actions et des démarches paraît nécessaire après avoir pris connaissance d’un certain nombre d’expertises et d’analyses à propos desquelles il ne nous est pas loisible de nous exprimer davantage.

Un long débat s’est d’autre part instauré à propos d’une possible existence d’une pollution antibiotique, pollution verticale liée aux pratiques apicoles. Les apiculteurs, les emballeurs, les importateurs et les négociants considèrent qu’elle est à bannir. Reste la pollution horizontale liée à la présence d’antibiotiques dans l’environnement.

Celle-ci se situe totalement en dehors de la sphère d’influence des apiculteurs. Il est impossible d’empêcher les abeilles de butiner dans des secteurs à risque. Elle devient donc inévitable d’où la présence tout à fait occasionnelle de traces éventuelles. L’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire devra donc lancer une étude visant à déterminer le niveau de contamination environnementale afin de fixer une tolérance maximale à appliquer en cas de contamination accidentelle de ces miels.
Sur le court terme, il devient nécessaire de fixer une limite de quantification uniformisée. Ce projet devrait conduire à une limite satisfaisante pour tous les laboratoires accrédités dans tous les états membres. Le COPA, la COGECA et la F.E.E.D.M. rappellent dans un courrier adressé à la Commission qu’il ne serait pas acceptable d’autoriser des importations de miel de pays tiers contenant des teneurs supérieures à celles autorisées en Europe. Nous osons espérer qu’il recueillera un écho favorable.

L’Europe du miel se met en place. Nous devons veiller à ce qu’elle ne se fasse pas au détriment des producteurs : vaste chantier parsemé d’embûches !
« Le futur n’a de sens qu’à la pointe de l’outil. Prendre une résolution n’est rien, c’est l’outil qu’il faut prendre » (Alain).

Y. VEDRENNE


Editorial n°915
Ambiance

Récoltes inégales difficiles à estimer : c’est le leitmotiv des responsables départementaux et des apiculteurs contactés. Mais l’année apicole n’est pas terminée, même si l’essaimage intempestif et apparemment généralisé a quelque peu réduit le volume espéré des productions futures.

Les quantités retenues en 2004 sont la base de calcul des bénéfices forfaitaires actuellement en cours au titre de cette même année. Ceux-ci seraient à la hausse sur l’ensemble du territoire, suscitant ici et là quelques mécontentements et recours. Restons réalistes. Aujourd’hui le système du bénéfice forfaitaire est le plus favorable aux intérêts des apiculteurs et beaucoup de petits producteurs bénéficient de la bienveillance de l’Admi-nistration. Il faut savoir raison garder.

Notre combat se situe au niveau des prix à la production face aux importations, problème récurrent pour lequel nous n’avons pas la solution. Il relève des contraintes du commerce international mais aussi de l’attitude des négociants et coopératives français. Dans quelques jours, une table ronde réunira toute la filière pour envisager non pas une campagne de publicité mais de promotion. Il ne s’agira pas de faire de la publicité, action non autorisée par l’Europe puisque nous sommes dans le cas d’une production déficitaire.

Mais ce projet sera aussi pour le monde apicole un moment de négociation à propos des prix de revient, élément incontournable pour améliorer la qualité et la présentation de nos productions nationales, de certaines en particulier déjà repérées par des signes de qualité.

Ce projet, comme un certain nombre d’autres cofinancés par l’Europe, aura la particularité d’y associer à moindre coût les fonds nationaux. Faisons donc en sorte qu’il aboutisse.

Les autres fonds disponibles sur le budget communautaire sont maintenant affectés aux différents centres et organismes publics ayant présenté des demandes. La chance de l’apiculture européenne réside dans l’attribution d’un complément d’aide lors du passage à 25. Cette décision propre à l’apiculture et qui ne s’est pas généralisée à l’ensemble de l’agriculture est un signe fort. Malgré la faiblesse du budget attribué, l’apiculture européenne reste une préoccupation des responsables communautaires. Mais pour combien de temps ? Les prochains mois devraient nous éclairer…

En attendant, conservons également toute notre vigilance à propos des autorisations à venir ou à renouveler pour toutes les molécules de traitements phytosanitaires qui, depuis des années affaiblissent en permanence notre cheptel. Ils ne font certes plus la une de l’actualité, mais la menace reste présente, effective et toujours difficile à combattre.

Regardons, autant que faire se peut, l’avenir avec espérance et détermination.

Y. VEDRENNE


Editorial n°914
Concertations… Actions ?

La saison apicole bat son plein malgré une météo capricieuse. La déception est toutefois certaine au nord de la Loire notamment. Sur des dizaines de milliers d’hectares de colza, nous observons une absence totale de butineuses. Ce phénomène s’amplifie chaque année. Que cache-t-il ?

L’actualité apicole reste vive, parfois tendue. Une certitude, pas de semences traitées cette année, c’est du moins ce qu’expriment les trois arrêtés de nos pages intérieures. Pour l’avenir, il faudra attendre la décision de l’Europe en matière d’autorisation. D’une rencontre récente avec le représentant du fabricant, nous avons noté le fait qu’il admet que le produit perturbe le comportement de l’abeille. Depuis des mois, toute l’apiculture française n’a de cesse que de le dire et le montrer. Alors pourquoi ne pas s’orienter vers des produits de substitution sans effet sur la faune pollinisatrice en général ?

Mais l’actualité, c’est aussi :

puce

la nouvelle circulaire sur le traitement des ruchers atteints de loques qui cadre exactement le processus.

puce

les conditions d’importation des produits apicoles destinés à la consommation humaine ou à l’apiculture.

puce

la confirmation qu’actuellement aucun miel en provenance de Chine a été importé en France et que des contrôles stricts seront effectués.

puce

une surveillance accrue des lots de reines importées notamment d’Australie avec en filigrane, l’idée d’accepter que tôt ou tard, nous serons infestés, idée à laquelle nous ne pouvons souscrire.

puce

la création d’un Institut ou Organisme semblable, géré par un centre qui à ce jour ne reconnaît pas l’ensemble de la filière apicole et sa composition.

De tout ceci, il a été question lors d’une entrevue avec une responsable du Cabinet du Ministre de l’Agriculture fin avril. Ce moment privilégié a permis de reposer le problème d’une aide au maintien du cheptel de l’apiculture familiale et pluriactive, comme elle se pratique ailleurs en Europe.

La question sera examinée, nous a-t-on indiqué.

Promesse ou réalité, l’avenir nous le dira, mais cette aide est absolument nécessaire. A ce jour, seuls 3 % des apiculteurs français sont concernés par l’aide européenne dans la conduite de leur exploitation.

Y. VEDRENNE


Editorial n°913
L’Europe… des uns et des autres

La fin de l’embargo sur le miel chinois, sa levée effective, a entraîné une chute des prix mondiaux et, par ricochet, celui des prix européens. La pression des distributeurs conduit les conditionneurs à s’approvisionner en miel bas de gamme. Le Japon et les États-Unis, pays importateurs, maintiennent quant à eux une politique en faveur du miel de bonne qualité.

L’Europe devient ainsi la destination première de ce miel bas de gamme venant des quatre coins du monde alors même que ses producteurs doivent se soumettre à de nouvelles règles d’hygiène et développer l’image de la qualité de leurs produits.

Mme LULLING a reçu du Secrétaire Général du COPA, le 31 mars, un courrier validé par le comité des experts afin d’apporter quelques éléments de réflexion au Ministre et quelques propositions :

À partir de ces quelques propositions, la mise en place d’une campagne de promotion, le miel européen figurant dans les produits éligibles, s’impose à tous les états membres. Les apiculteurs français, pour partie, disposent d’une structure adaptée et de quelques fonds. Il reste à compléter les effectifs pour ne parler que d’une seule voix.

Retour en France avec la consultation du comité de pilotage sur les actions du programme national 2006 avec cofinancement européen : la plupart des actions déjà entreprises les années passées sont reconduites.

L’Institut Apicole refait surface tandis que de nouveaux projets accrochés à la création de postes de techniciens fleurissent : à revoir dans quelques semaines selon l’administration.

Vous tous, apiculteurs ne possédant pas le minimum requis, vous toutes, structures de formation de type associatif ou syndical, l’administration ne vous prend pas en compte.

Une gestion de l’utilisation de l’aide européenne qui ne peut nous convenir par rapport à celle de certains états membres vis-à-vis de l’ensemble de ses apiculteurs.

Quelques démarches sont en cours.

Y. VEDRENNE


Editorial n°912
Préconisations sans contraintes

Décembre 2004 : les 170 pays signataires du protocole de Kyoto se réunissent à Buenos Aires. Entré en application le 16 février, permettra-t-il d’inverser une tendance devenue préoccupante : le réchauffement de la planète ?

Ce phénomène semble inévitable, plus personne ou « presque » ne conteste cette dramatique évolution. « Sishmaref va mourir… Pour ce petit village d’Alaska, c’est déjà trop tard. La fonte de la banquise oblige les habitants à partir, la faune marine s’éloigne ». Certes, le Mont-Saint-Michel dominait une grande forêt, Saint-Louis embarqua pour la croisade, à Aigues-Mortes mais pour la première fois :

« L’homme modifiant le cycle de la nature entraîne la mort d’un village, embryon de sa civilisation ».

De nombreuses nations ont mis en place des politiques plus ou moins ambitieuses bien avant Kyoto, mais un tiers des émanations à effet de serre proviennent de deux états non signataires.

Il faut d’autre part, gérer l’effet polluant lié à une croissance soutenue des pays émergents. Pour eux, les préoccupations environnementales restent secondaires, pas question de remettre en cause leur développement économique.

Les esprits se tournent maintenant vers l’horizon 2012, l’après Kyoto. Encore faudrait-il que ce protocole dont l’aboutissement est lié au revirement de la Russie, appliqué seulement par 38 nations, fonctionne. Aujourd’hui, le manque de respect des engagements et des contraintes n’est même pas précisé.

Plus près de nos préoccupations, il en va un peu de même pour nombre de décisions ou d’autorisations liées à l’activité apicole et à son environnement. L’Europe des 25 n’est pas traitée de la même façon par et pour toutes ses composantes quant à la qualité de ses productions, ses coûts, sa commercialisation. Au niveau mondial, l’essentiel reste à faire…

L’environnement de l’abeille subit le même sort. N’oublions pas dans notre combat, la grande famille des autres pollinisateurs dont l’existence est intimement liée aux plantes cultivées et sauvages. Ce n’est pas la timide mais réelle avancée du principe de précaution adopté à Versailles qui nous permettra de lutter à armes égales contre tous ces produits nés ou à naître « nécessaires » à l’agriculture notamment.

Soutenons avec force ce grand principe de l’article Ier de la Charte de l’Environnement votée par les membres du Congrès : « Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé.» Droit d’un côté, devoir d’un autre puisque désormais « Toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement.»

Y. VEDRENNE


Editorial n°911
Au fil des jours

Le Conseil d’Administration, le Bureau, le Président, la Gérante de votre journal dans l’impossibilité matérielle de répondre à l’exceptionnel courrier reçu en ce début d’année remercient collectivement les très nombreux apiculteurs et abonnés. Ils s’efforceront de répondre à leurs attentes exprimées au cours de cette année 2005.

Ce début d’année devrait nous apporter avec les premières visites de nos ruchers, une réponse à notre inquiétude grandissante : avons-nous ici et là des foyers repérés avec Aethina tumida ? En la circonstance, même si les mesures prises nous paraissent insuffisantes, l’Administration centrale a promptement réagi. Dès à présent, une récente circulaire dans les Directions des Services Vétérinaires départementaux demande expressément une visite systématique chez les apiculteurs ayant acheté des reines en 2004. Pour aider à ce dépistage et l’étendre à tous les apiculteurs, nous avons inclus, en encart détachable, un document suffisamment illustré pour vous permettre de vous rendre compte et de vous signaler. Un autre document, en préparation par l’administration, sera repris dans nos colonnes et adressé dans toutes les structures départementales qui nous en feront la demande. Il convient de préciser que le parasite est rendu à déclaration obligatoire par la Commission européenne, qu’il sera prochainement inclus dans le droit français à la nomenclature des M.R.C. du code rural, enfin et surtout la Direction Générale de l’Alimentation prendra en charge financièrement les ruches infestées et détruites sur ordre de l’administration départementale. Malheureusement, dans l’état actuel de la législation, il ne semble pas que l’on puisse interdire les importations. Il faudrait une modification de la réglementation européenne, suggestion faite par la D.G.A.L., section santé animale…

Dans le cadre du plan de relance du développement de l’apiculture mis en œuvre en juin 2004, l’ensemble de la filière avait soulevé le problème d’absence de disponibilité de traitement adapté à la lutte contre la nosémose des abeilles. La décision définitive d’utiliser la fumagilline se fera sans doute attendre encore de nombreux mois. L’obtention d’une L.M.R. pour cette molécule n’est pas envisageable avant 18 mois. Viendra ensuite la procédure d’autorisation de mise sur le marché, puis la possibilité d’étudier la délivrance d’une autorisation temporaire. L’essentiel est que ce dossier ressorte. Il reste à espérer que l’on puisse simplement en raccourcir les délais d’instruction.

L’autre demande concerne un possible retour de l’utilisation d’un médicament dans la lutte contre la loque américaine en particulier. En toile de fond, il nous apparaît nécessaire de préciser que la Limite Maximum de Résidus dans le miel reste fixée à zéro au plan européen. Est-ce bien raisonnable compte tenu de toutes les pollutions extérieures dont sont victimes les abeilles ?

Bien que la décision au niveau de l’Europe ne se soit pas encore traduite par les textes, le projet d’une aide à la promotion du miel prend corps avec une répartition des dépenses comme suit : 30 % à charge du producteur, 20 % à charge de l’Etat, 50 % à charge de l’Europe.

Depuis de nombreuses années, les apiculteurs français avaient pris conscience de la nécessité de la promotion au travers d’un organisme « Promomiel », né après la disparition d’Intermiel. Il a fait preuve à plusieurs reprises de son efficacité. Aujourd’hui, celui-ci est tout à fait indiqué pour prendre en charge les actions aidées par l’Europe, il dispose même, ô surprise, d’un petit budget constitué à partir du retour financier de certaines actions entreprises. Un instrument avec lequel il va falloir compter. Ainsi va l’actualité apicole.

Y. VEDRENNE


Editorial n°910
Allées et venues…

Depuis plusieurs mois la filière apicole se trouve impliquée dans de nombreuses réunions. Les colonnes de votre journal ne suffiraient pas à rendre compte, aussi avons-nous choisi de nous attarder, pour cette nouvelle année, sur l’essentiel de ce qui a été débattu.

Bruxelles tout d’abord où, le 13 décembre, nous faisions connaissance avec une partie des nouveaux membres du groupe de travail Miel du COPA COGECA. Quelques changements dans le fonctionnement puisque le groupe permanent devient facultatif avec le maintien du Président finlandais M. VANONEN à sa tête.

Au cours des débats pour lesquels nous disposions vraiment de peu de temps, a été évoquée la réouverture, fin août 2004, des frontières au miel de Chine. Ce ne sera pas la Chine mais des entreprises mixtes qui se chargeront de commercialiser ce miel : le résultat est le même. Il faudra au moins 50 à 60 % de problèmes rencontrés avant qu’une fermeture puisse à nouveau intervenir : mission impossible. En ce moment le miel ne rentre pas mais les offres, nous dirons la rumeur, ont fait chuter le prix des autres miels importés et par ricochet des miels de France. Plusieurs idées ont été émises :

  1. Obliger les états membres à des contrôles aux frontières plus importants, les améliorer.

  2. Demander aux acheteurs de prendre position par rapport à ces miels qui leur sont offerts.

  3. Veiller à ce que la nouvelle directive, qui malgré tout protège assez bien le marché européen, soit appliquée à la lettre.

Une manifestation dans tous les états membres à une même date a été envisagée. Une décision pourrait intervenir courant janvier.

Le budget initial prévu pour 15 membres a été porté à 23 millions d’€uros pour les 25. La filière miel est la seule à bénéficier à ce jour d’une augmentation.

Le problème des dépopulations d’abeilles a été évoqué, notamment au chapitre de la reconstitution de cheptel, inscrite désormais au budget européen.

À quelques mois de l’examen par Bruxelles de l’autorisation d’utiliser ou de réutiliser certaines molécules, l’ensemble des partenaires du Groupe de Travail a été invité à informer largement les Ministères concernés de chaque État membre. Le dossier français, à ce jour le plus complet, sert de référence.

Retour en France à la Direction Générale de l’Alimentation pour évoquer le 17 décembre les risques d’introduction du petit coléoptère de la ruche « Aethina tumida ». C’est essentiellement une analyse des risques qui a été envisagée. Confirmation a été donnée que 11 lots sur 19 provenaient du Texas, soit 3 292 reines entre avril et septembre 2004, 116 destinataires étaient concernés dans 56 départements, ce qui permet une estimation de plusieurs milliers de ruches, en tenant compte des ruchers situés à 5 km aux alentours, le scarabée pouvant s’éloigner jusqu’à 5 km pour pondre.

Des informations scientifiques révèlent que le Texas serait infesté depuis l’été 2002. En tenant compte des transhumances, du périmètre de 5 km, de la descendance des reines provenant du Texas, l’ensemble du territoire national peut être maintenant suspecté d’être infesté. Notre proposition de détruire l’ensemble des ruches ayant reçu des reines en 2004 n’est plus d’actualité. Les mesures à prendre seraient sur la base d’une gestion des foyers identifiés et non pas sur celle d’une gestion des points d’introduction. Une plaquette d’information à destination de l’ensemble des acteurs de la filière devrait voir prochainement le jour. Ce sera l’objet d’une réunion à la mi-janvier, votre revue a déjà préparé une proposition. Des visites des ruchers concernés par les importations de 2004 seront effectuées très rapidement. Une aide financière a été évoquée en cas de destruction de ruches reconnues infestées.

Nous sommes en janvier : formulons le souhait que toutes les mesures prises ne révèlent aucun foyer et que pour 2005 l’introduction des reines et essaims d’abeilles, en provenance d’états infestés, ne puisse se faire au niveau européen.

Dernière réunion enfin, le 21 décembre, celle de la présentation des travaux du Comité Scientifique et Technique en présence de MM. MARZIN et RAULT, co-présidents. Sur ce dossier bien précis et conformément à la décision prise, nous vous en présentons le résumé en pages intérieures.

Espérons, espérons... Regardons malgré tout l’avenir apicole avec optimisme.

À nouveau, tous nos souhaits de Bonne Année 2005.

Y. VEDRENNE


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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 03/04/02
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