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Editoriaux de l'année 2004


Anciens  éditoriaux 2003


Editorial n°899
Demain ?

Selon le rapport de la Commission européenne (2000) près de 40 % des échantillons alimentaires de fruits, céréales et légumes contenaient des résidus de pesticides, 20 % en renfermaient plusieurs. On constate que les pesticides sont pratiquement présents partout : des eaux de ruissellement aux nappes phréatiques, dans les nuages et dans les poussières de l’air comme l’a démontré l’intoxication de nombreuses ruches dans le Sud-Ouest par des poussières de FIPRONIL, cet été passé.

Ces toxiques pénètrent dans notre organisme par voie orale mais aussi par voies respiratoire et cutanée. Leur usage est omnivalent, alliant traitement des cultures à la lutte contre les puces de Médor. Outre les agriculteurs, les jardiniers du dimanche qui désirent des fruits et légumes ” impeccables ” poudrent et arrosent généreusement leurs productions avec toutes sortes de toxiques totalement méconnus des utilisateurs et des consommateurs… En raison de cette exposition indécelable à long terme de faibles doses, par effet cumulatif dans les graisses de l’organisme et certaines cibles (foie, cerveau, sang), des pathologies apparaissent. Elles sont responsables d’un certain nombre de troubles de la croissance, d’atteintes malformatives in-utéro, de cancérogenèses, d’atteintes de lignées sanguines, de troubles neurologiques. Ces maladies ou malformations sont en rapport direct avec les doses cumulées secondaires à leur usage systématique et de l’effet additif des toxicités des différents produits (effet cocktail).

Les conséquences sur l’environnement sont délétères, chacun en convient mais peu arrête d’acheter ces produits dont nul ne semble plus pouvoir se passer.

Nos abeilles souffrent et meurent des pollens et des nectars contaminés à doses infinitésimales. Nos animaux le sont à travers les fourrages, les produits alimentaires le sont en particulier les viandes, lait et dérivés sans parler des légumes, du vin…

Nous sommes en face d’un grave problème de société. Certaines de nos pratiques de productions intensives responsables de l’abus de toxiques, au demeurant utiles, constituent une intoxication chronique collective néfaste, génératrice de surmortalité. Leur usage contrôlé, la réduction de la contamination de l’environnement sont un enjeu majeur de société et cela à court terme. Les dommages économiques substantiels vont aller en s’aggravant et les coûts de réparations aussi. L’affaire GAUCHO FIPRONIL, la sensibilité des abeilles à ces toxiques et ceux à venir, rappellent à chacun et aux apiculteurs en particulier, qu’ils ne sont pas à l’abri, la santé publique non plus. Nos ”Ponce Pilate ”, gouvernants responsables dans le sens étymologique, devraient s’en souvenir…

Dr A. BECKER
Secrétaire Général du S.N.A.


Editorial n°898
Dans l'instant

Permettez-moi tout d’abord d’adresser un grand merci aux apiculteurs Aubois en particulier mais aussi à tous les apiculteurs des départements voisins venus avec leurs dirigeants, aux structures associatives et syndicales apicoles et agricoles nationales, sans oublier les membres du Conseil d’Administration du S.N.A. et de l’Abeille de France.

Le 5 Novembre, la salle du T.G.I. de Troyes était comble ainsi que le couloir d’accès. Le citoyen Védrenne connaîtra la décision du tribunal le mercredi 4 février 2004, précisément le jour où l’audience concernant le troisième et dernier prévenu débutera à Mende en Lozère. Nous vous invitons bien sûr, à cette date, à venir nombreux soutenir M. Clément. Ce même 5 novembre, à plusieurs centaines de kilomètres, la Coordination Apicole était présente devant une Coopérative d’approvisionnement qui couvre cinq départements dans la région de Niort. Il semblerait qu’à l’issue de cette manifestation de masse, les revendications des apiculteurs aient été écoutées.

Les prochaines semences de tournesol et de maïs pourraient être distribuées sans traitement préalable. Affaire à suivre… Rendez-vous cet été pour vérification sur le terrain…

Autre état membre, mais même problème avec cette prise de conscience des apiculteurs allemands sur la mortalité des colonies d’abeilles qui semble se renouveler en Allemagne. Une coordination est née là-bas aussi, coordination dont l’inquiétude est partagée par les arboriculteurs et les agriculteurs qui se plaignent d’une chute de rendement des productions de fruits et sur colza.

Plus généralement, lors des dernières réunions que nous avons eues fin octobre à Bruxelles, puis de nouveau à l’occasion du premier Congrès européen d’apiculture à Louvain la Neuve, les représentants des apiculteurs des états membres à vocation fortement apicole confirmaient rencontrer les mêmes problèmes.

La varroase a été trop longtemps un refuge facile pour nos adversaires. Un simple exemple remet fortement en cause cette interprétation de la mortalité de nos ruches. En Champagne cette année, malgré la sécheresse, sur les luzernes, les apiculteurs éloignés d’autres cultures traitées ont enregistré des récoltes inespérées. Pourtant la varroase est omniprésente dans les ruchers depuis de nombreuses années. Elle n’a pas semblé jouer le rôle néfaste que l’on veut bien lui attribuer.

Retour en France à Nantes notamment où le Tribunal administratif a été invité à rejeter les arrêtés d’interdiction du Gaucho pris au printemps par deux maires du Maine et Loire. « Faute de péril imminent, ces élus ne pouvaient passer outre l’autorisation ministérielle de mise sur le marché de ce phytosanitaire » a estimé le Commissaire du Gouvernement avant de demander au Tribunal de conclure au rejet des arrêtés. Peut-être que cette Instance n’avait pas eu connaissance des résultats d’analyses et de prélèvements effectués en juillet 2002 dans le Lot et Garonne. Sur huit échantillons de fleurs de tournesol, de maïs, de terre, de graines et de pollen, les résidus plutôt habituels pour deux échantillons (plus ou moins 6 ppb) se montrent très inquiétants pour le reste puisque nous dépassons dans certains cas 1000 ppb.

Et pendant ce temps là, que deviennent les « Z.O.R. »

Au niveau de la Vendée : refus catégorique à participer, il en serait de même en région Toulousaine.

Attendons de connaître les francs-tireurs, si toutefois il y en a.

Mais Noël approche, c’est le temps des souhaits et des cadeaux.

Puisque Monsieur le Président de la République souhaite inscrire dans la Constitution la charte de l’environnement, que ce souhait se concrétise rapidement afin de donner un fondement juridique à notre action, en instituant une obligation de mettre en œuvre le principe de précaution en matière d’environnement. Que l’étude des risques posés par les nouveaux produits phytosanitaires puisse s’appuyer tant au niveau national qu’au niveau européen sur des procédures d’homologation révisées dans lesquelles les apiculteurs seront effectivement présents.

A toutes et à tous, JOYEUSES FETES.

Y. VEDRENNE


Editorial n°897
Echos et réalité

La Direction Générale de l’Agriculture de la Commission européenne organisait le 24 octobre, une réunion « experts apiculture », sur le thème de la varroase.

Représentant le S.N.A., j’ai donc attentivement écouté les douze intervenants sur quatre sujets principaux : la situation de la parasitose dans l’Union Européenne, les méthodes alternatives, les traitements chimiques et les études relatives aux abeilles tolérantes à la varroase.

Pour résumer et c’est également l’opinion d’un certain nombre de participants étrangers, nous n’avons rien appris de nouveau. Par contre, nous avons pu constater des divergences fondamentales à propos de l’utilisation des produits de lutte. Ainsi, par exemple l’Apistan n’est pas autorisé en Allemagne et tout apiculteur qui l’emploierait serait sévèrement puni (financièrement). L’acide oxalique qui semble donner satisfaction dans de nombreux états membres, voire en France lorsqu’il est utilisé pour certains essais, est exclu des trois produits autorisés. Pourtant il fut un temps recommandé par l’agriculture biologique, option apiculture, de même que la roténone dont nous avons appris qu’elle n’était pas sans danger pour l’homme.

Mais une réunion de cette importance en hommes et en qualité des intervenants est forcément ponctuée de pauses fréquentes qui permettent des échanges fructueux, même si la barrière de la langue est un obstacle. Ainsi, nous avons appris que fin novembre allaient être examinés au niveau européen les dossiers imidaclopride et fipronil. Les firmes doivent aussi déposer leurs propres dossiers pour cette date. Pour l’une au moins, c’est déjà fait … En ce qui concerne ceux des Etats membres, celui de l’imidaclopride sera présenté par l’Allemagne, celui du fipronil par la France. Curieux partage des rôles, n’est-ce pas ?

Mais la Commission est bien informée puisque le rapport du Conseil Scientifique et Technique serait déjà parvenu dans les instances européennes . Il ne porterait pas le sceau du Ministère de l’Agriculture. Qui pourrait nous renseigner ?

A propos de ce rapport, dans un courrier récent, Monsieur le Directeur Général de l’Alimentation rappelle qu’ « une lecture approfondie de celui-ci met en évidence un certain nombre de points qui méritent cependant une clarification utile pour en dégager des conclusions opérationnelles adaptées… ».

Et bien nous avons une proposition à renouveler qui n’a jamais été écoutée mais sans doute concrétisée à notre insu.

Recette :

  1. Prendre 20 ruches d’un lot de 40 aux populations équivalentes et les déposer à proximité d’un champ de tournesol traité Gaucho à la veille de sa floraison.

  2. Revenir huit à dix jours après et apprécier les populations d’abeilles.

  3. Retirer ces vingt ruches qui décidément donnent raison aux apiculteurs et les remplacer par les vingt autres.

  4. Visiter ces ruches huit à dix jours après.

Conclusion : l’évidence est critère de vérité, malheureusement toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre ou à dire.

Au moment de la réunion de Bruxelles, un long week-end apicole en Allemagne démarrait sur le thème « Insecticides systémiques ». Devant huit cents participants, les représentants du S.N.A. parfaitement maîtres du dossier et de la langue, ont éclairé leurs collègues avant, pendant et après la présentation des travaux du Professeur BONMATIN. Hélas pour nous, les abeilles allemandes ne sont pas pareilles que les abeilles françaises … (page intérieure). Les participants des différents états membres ont à cette occasion resserré les liens et les échanges d’informations se feront plus fréquents et plus intenses.

Franchissons le Rhin et saluons au passage nos amis Alsaciens, pionniers de la certification de leur miel, aujourd’hui bien déçus.

Les contraintes de toutes sortes, notamment financières, font qu’il faut beaucoup de courage à un apiculteur pour obtenir cette certification. A l’inverse, les appellations locales, les produits de la ferme ou les miels issus d’une agriculture biologique marchent allègrement sur les plates-bandes des apiculteurs certifiés et ce, à moindre frais, sans contrainte aucune notamment au niveau de certaines analyses. Sans référence à l’histoire, mais cent ans après : 2003 année de séparation des certifiés et des autres …

Et l’on reparle du projet de création d’un Institut Technique pour l’apiculture dans un courrier dont nous avons eu connaissance, courrier adressé à un syndicat national mais pas encore parvenu au nôtre. Le projet intermédiaire consiste en une commission technique au sein de l’ACTA, co-dirigée par un représentant de la filière désigné par l’ACTA et un représentant de l’Administration… Et ceci dans l’attente de la création d’une nouvelle interprofession. Ainsi soit-il.

A quelques heures de la manifestation de la Coordination des apiculteurs de France à Niort dont la date coïncide avec la comparution du citoyen VEDRENNE devant le tribunal de grande instance de Troyes, nous dirons simplement que si nous n’avons ni les relations, ni l’argent pour agir sur les leviers de décision, nous avons la foi en ce que nous faisons pour les apiculteurs, pour l’apiculture, pour les abeilles et pour l’environnement.

Ne dit on pas que la foi peut soulever des montagnes.

Y. VEDRENNE


Editorial n°896
Fournaise

Assigné en justice par la firme Bayer, Maurice MARY a été jugé par le Tribunal de Châteauroux le 24 juin et l’action de celle-ci a été déclarée irrecevable.

Le 5 novembre 2003 à 14 h 15, le citoyen VEDRENNE comparaîtra devant le Tribunal de Grande Instance de Troyes, pour le même motif, à la suite des différentes déclarations faites dans le cadre du combat syndical du S.N.A., dossier Gaucho. J’ai donc été comme mon collègue et comme le sera sans doute le troisième et dernier dirigeant syndical national, poursuivi à titre personnel, ce qui m’a valu de me défendre avec mes fonds propres.

Ce sont à nouveau les garanties accordées à la liberté d’expression des dirigeants syndicaux agricoles, protégées par la loi de 81, qui seront à l’ordre du jour. Mais au-delà, espérons que le fond de l’affaire sera également traité. En effet, avec le temps et plus précisément dans ces dernières semaines, les ultimes informations officielles, non contestables, ont montré qu’à l’origine nous avions raison de penser que le problème des abeilles sur tournesol était en relation avec l’utilisation d’un insecticide.

Dans nos pages intérieures, vous retrouverez le communiqué de presse de la Coordination des Apiculteurs et les conclusions du Conseil Scientifique et Technique à propos de l’enquête multifactorielle en cours. Les membres de la Coordination ont été en effet invités par le C.S.T. pour prendre connaissance le 18 septembre 2003 du rapport final "Imidaclopride utilisé en enrobage de semences et troubles des abeilles".

Trois mots méritent qu’on s’y attarde : préoccupant, risques significatifs, sans oublier la proposition du Président lors des débats qui a demandé à ce que soient inclus des tests de mortalité larvaires dans les procédures d’homologation des insecticides et ce d’ores et déjà à propos d’un nouveau produit à commercialiser prochainement.

Que de temps perdu, que d’argent dépensé alors même que le simple apport de ruches transhumantes à proximité des champs de tournesol dès 1996 permettait de constater les dépopulations immédiates des abeilles.

Autres lieux, autres soucis.

Les apiculteurs ont cette année payé un lourd tribut aux incendies de forêts comme en témoigne notre couverture. Notre assureur, malgré l’abondance des dossiers a réagi avec rapidité et efficacité. Depuis quelques jours, d’autres apiculteurs sont victimes des orages et du brusque débordement des cours d’eau. Là encore, nous devons réagir vite pour que les professionnels atteints dans leur outil de travail puissent rapidement trouver les moyens financiers de se reconstituer. L’envers de la médaille est sans doute dans le montant des futures cotisations et ce malgré une absence caractérisée de sinistres de cette nature depuis de nombreuses années.

Récolte maintenant avec des renseignements parfois contradictoires qui permettent difficilement de resserrer la fourchette initiale . La première estimation indiquait une récolte entre 17.000 et 20.000 tonnes. Une seconde enquête vient de démarrer qui devrait permettre d’affiner ces chiffres. La conséquence est une élévation du prix de gros qui n’est pas sans incidence sur le prix de vente au détail. Une trop grande augmentation ne risque-t-elle pas de nuire à l’écoulement du produit ? En effet, si un produit est rare et cher, l’espace qui lui est consacré dans les linéaires des grandes surfaces notamment, diminue au profit d’autres produits sucrés plus attractifs et le retour à la normale chez les producteurs ne s’accompagnera pas forcément d’un retour à l’espace initial de vente.

Les temps sont difficiles, la réglementation en place et celle en préparation de plus en plus tatillonne, une bonne dose de courage et de détermination s’impose pour qui veut embrasser la carrière d’apiculteur.

Y. VEDRENNE


Editorial n°895
La rentrée… en questions

La première qui se pose est celle du revenu de tous les apiculteurs à titre principal. Après les pertes d’hiver et de printemps, la très faible récolte en mai, il n’y avait pratiquement plus rien à espérer, à quelque exception près. C’est le cas de la région Champagne Ardennes où l’abondance des luzernes impossibles à couper pour les agriculteurs, a permis une récolte inattendue, uniquement sur les sols calcaires. Mais ceci représente un tonnage infime par rapport à la masse nécessaire pour alimenter simplement le marché national estimé suivant les années entre 35.000 ou 40.000 tonnes. Il y a belle lurette que nous n’atteignons plus ces tonnages depuis notamment l’apparition des traitements des semences de tournesol et autres.

Les investigations de toutes sortes ont continué malgré les vacances. De récents travaux publiés dans ce numéro confirment la toxicité d’un produit. Le compte-rendu des résultats de l’enquête multifactorielle qui sera présenté à l’ensemble de la filière apicole invitée à participer ne fera que confirmer ce que nous essayons vainement de démontrer depuis le début de l’apparition des insecticides systémiques. Paradoxe : alors que la filière apicole présente au comité de pilotage était entièrement favorable aux travaux du C.N.R.S. sur le fipronil, ceux-ci n’ont pas été acceptés. Malgré les démarches de chacun d’entre nous, séparément ou conjointement, ils viennent d’être définitivement refusés. Comment doit-on interpréter cette brusque volte-face ?

L’inquiétude croissante et la crainte du lendemain n’ont pas échappé à vos instances nationales et au S.N.A. en particulier. Il a demandé par l’intermédiaire de la F.N.S.E.A. que la procédure dite « calamités agricoles » s’applique à l’apiculture. Nous attendons donc du Ministère de l’Agriculture un geste significatif à l’égard de l’ensemble de la filière apicole, tous producteurs confondus.

Autre question de rentrée, mais cette fois-ci débattue à la conférence ministérielle de l’organisation mondiale du commerce le 10 septembre. A l’évidence, les états d’Amérique du Nord et l’Argentine vont tenter d’obliger les participants à suspendre les aides à leur agriculture : faites comme je dis, mais ne faites pas comme je fais. Mais le plus grave est sans doute la tentative de présenter les OGM comme le seul moyen de résoudre le problème de la faim et de la malnutrition dans les pays pauvres. Les participants laisseront-ils les holding du transgénique s’emparer de cette forme d’agriculture et ainsi la rendre plus coûteuse que l’agriculture traditionnelle avec entre autres pour conséquence, l’altération de la biodiversité, l’indépendance alimentaire des nations sans oublier la pollution génétique sur les variétés sauvages, pollution dont bien sûr les abeilles seraient responsables par le biais de la pollinisation.

Autre question encore que doivent se poser aujourd’hui aussi les scientifiques et les consommateurs : avons-nous assez de recul sur les effets à long terme de ces produits sur la santé ?

Le moratoire sur l’importation de nouveaux OGM est officiellement abandonné par la Communauté Européenne. Nous serons donc maintenant renseignés par la seule lecture de l’étiquette qui doit mentionner cette présence quand le produit en contient plus de 0,9 %. Tous les produits en contenant effectivement sont-ils concernés ? Pour le moment, la question reste posée…

Dernière question enfin avec l’entrée en vigueur dans quelques semaines du protocole de Carthagène qui reconnaît le droit aux Etats d’appliquer le fameux principe de précaution. Les apiculteurs peuvent-ils enfin espérer qu’on les écoute et que ce principe soit effectivement appliqué lorsqu’ils apportent, par leurs observations sur le terrain, suffisamment de preuves pour les pertes subies ?

Pasteur ne disait-il pas « Expérience passe science ». Souhaitons simplement que l’expérience des apiculteurs soit réellement et objectivement acceptée pour toutes leurs légitimes revendications.

Y. VEDRENNE


Editorial n°894
Un, deux, trois…

La Constitution repose désormais sur trois piliers :

puce

déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789

puce

déclaration des droits économiques et sociaux affirmés par le préambule de 1946

puce

 et maintenant charte de l’environnement d’où nous extrayons quelques lignes « tout citoyen aura le droit de vivre dans un environnement équilibré et favorable à la santé ».

Réalité de demain ou vœu pieu ?

« Toute personne doit contribuer à la réparation des atteintes qu’elle cause à l’environnement dans les conditions définies par la loi. »

Même si le principe de précaution est inscrit dans la loi, il figure déjà dans la loi Barnier de 1995 et le traité de Maëstricht, finalement le pollueur ne doit pas réparer mais y contribuer.

Contribuer signifie-t-il réfléchir à un comportement, à une stratégie, à des moyens de lutte … en un mot prendre ou gagner du temps alors que la victime elle, continue de subir ?

C’est très exactement la situation dans laquelle les apiculteurs se trouvent depuis des années. Quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils disent, quoi qu’ils écrivent … rien n’y fait. Ils ont l’impression d’être sanctionnés parce qu’ils réagissent.

La dernière entrave à la recherche de la vérité s’inscrit dans un courrier du 19 juin où l’Administration affirme que le Comité de Pilotage n’a pas souhaité retenir un projet concernant l’influence de l’environnement pour le cheptel apicole français et qu’à partir de cette position, aucun crédit ne sera disponible pour effectuer des recherches sur la molécule Fipronil. Curieuse décision au moment où les pertes d’abeilles 2002 et 2003 notamment dans le Sud-ouest sont importantes, au moment où par exemple dans mon département toutes les colonies à proximité des tournesols s’effondrent littéralement. Pourtant les techniques analytiques mises au point et pleinement validées peuvent être véritablement appliquées aux objectifs fixés dans le projet du CNRS avec qualitativement quatre fois plus de performances et quantitativement dix à vingt fois mieux de ce qui se fait ailleurs.

Les structures associatives et syndicales qui avaient émis un avis favorable ont demandé d’urgence le déblocage des crédits nécessaires pour que le cofinancement européen puisse se faire. Lorsque nous savons que le 31 août est la date butoir et que depuis quelques jours la France entière entre dans une période de disfonctionnement pour cause de vacances, nous avons sollicité l’arbitrage de Monsieur le Ministre de l’Agriculture.

En attendant, chacun dans son village, dans sa commune, sa ville, son département, sa région, doit réagir par le biais des médias et montrer, photos et constats sur le terrain à l’appui, que les problèmes de l’apiculture sont bien essentiellement et durablement liés aux nouveaux insecticides systémiques largement utilisés désormais.

Ce fut le sens de mon propos lors du colloque organisé au Sénat où j’étais intervenant. Au cours des travaux, les sénateurs présents ont clairement exprimé leurs inquiétudes et l’un d’eux, Président de commission, m’est venu en aide. Qu’il en soit remercié.

Y. VEDRENNE


Editorial n°893
Apiculture et développement durable

La semaine du développement durable qui se tient en juin 2003 est pour l'apiculture française l'occasion de faire le point sur ce que notre pays a mis en place pour répondre aux besoins actuels des apiculteurs, sans compromettre la capacité des générations futures de producteurs de miel à répondre aux leurs.

Le sondage réalisé pour le compte du Secrétariat d'Etat au Développement Durable révèle que les deux tiers des Français ont déjà lu ou entendu parler de " développement durable ". Seul un français sur douze associe spontanément à la notion de développement durable les trois piliers indispensables à sa réalisation, à savoir l'Economie, le Social et l'Environnement.

Le développement durable est pour les apiculteurs comme pour nos concitoyens une priorité absolue. Les objectifs d'une politique audacieuse, responsable, impulsés par une nouvelle forme de croissance économique libérale, seront jugés par tous les résultats concrets obtenus dans le domaine de l'emploi et d'une réponse sociale adaptée. Comme apiculteurs, nous seront particulièrement attentifs au contenu de la réponse non dilatoire du gouvernement concernant la protection de l'environnement, des soins apportés à résoudre le problème de l'usage des produits phytosanitaires systémiques et en particulier, un cas concret, celui des intoxications de ruches par des produits systémiques hautement toxiques rémanents.

Les Français, les agriculteurs sont prêts à adapter leurs comportements dès lors qu'une information objective est donnée… Face aux catastrophes écologiques, sanitaires, industrielles auxquelles nous sommes de plus en plus confrontés, l'idée d'un véritable débat constructif, d'une logique de dialogue et d'échange avec la société civile, proposée par le Président de la République devrait être partie intégrante dans l'élaboration de la stratégie nationale adoptée début mai en Conseil Interministériel pour le " développement durable " présidé par le Premier Ministre. Le S.N.A., pas plus que les autres représentants apicoles, n'a été consulté, ni entendu par la Commission ou le Ministère. 

Selon les propres dires du Ministre, faire évoluer les comportements et modes d'action de tous les acteurs de la société, est indispensable. Dans le domaine apicole, nous attendons des responsables politiques qu'ils adoptent une attitude conforme aux déclarations publiées dans les différents organes de presse, qu'ils prennent en compte la réalité vécue par les apiculteurs désespérés devant leurs ruches dépeuplées, qu'ils agissent enfin en concertation avec toute la profession pour aboutir à une solution satisfaisante pour l'apiculture dans l'intérêt de la population et du pays.

Dr BECKER
Secrétaire Général du S.N.A.


Editorial n°892
A Bruxelles tout d'abord !

Bruxelles tout d'abord où nous retiendrons que le problème de l'arrivée d'Aethina tumida, coléoptère pour lequel il n'existe à ce jour aucune parade efficace, ne soucie pas la commission. Pour elle, de toutes les façons, nous l'aurons. Ce à quoi nous répondons que le plus tard serait le mieux d'où la nécessité de prendre des mesures.

Au niveau français, l'interdiction totale des importations semble se transformer en une autorisation avec certificat de " non infestation " émis par le pays d'origine. La décision administrative est à la signature.

Quelques jours plus tard, France Miel conviait le Président du groupe miel du COPA COGECA et toute la filière apicole française à l'inauguration de ses agrandissements : impressionnant !

Belles paroles et encouragements des élus et de l'administration pour la production et la promotion des miels français étaient au rendez-vous. Oui, mais faudrait-il que nous puissions développer nos élevages quelle qu'en soit leur importance ?

Dans cette perspective, dès le lendemain à Strasbourg, les apiculteurs se regroupaient au sein d'une coordination européenne de lutte contre l'utilisation des semences traitées et se donnaient comme objectif la création d'un véritable comité d'homologation européen avec des spécialistes " abeilles " indépendants des firmes. La Coordination se met en place, en priorité avec les collègues " allemands ". Ceux-ci connaissent une hécatombe sans précédent apparemment liée à l'utilisation du Gaucho sur colza en particulier. A ce jour, allemands, autrichiens, belges, espagnols, italiens, français constituent le noyau de base rejoints par les apiculteurs suisses. Dès l'automne, une grande réunion de synthèse est prévue pour faire le point. Entre-temps, les informations s'échangeront sur Internet. Simultanément, le Parlement européen est décidé à secouer l'inertie de la Commission européenne.

Retour dans l'hexagone avec la proposition d'un projet du Ministère pour la mise en place de l'Institut Technique de l'Apiculture. Les Syndicats Nationaux d'Apiculture, le Syndicat des fabricants de matériel, celui du Miel français passent à la trappe. Oubli ou sanction ? Notre opinion est faite.

" Les apiculteurs sont tous dans leurs ruchers. Ils ne vont pas vraiment réagir ".
C'est sans compter sur leur pugnacité et leur détermination.

Y. VEDRENNE

13 mai / 14 h / T.G.I. de Châteauroux.
Venez apporter votre soutien, dans le calme, la dignité, au premier des trois justiciables poursuivis par la firme Bayer : M. Maurice MARY.


Editorial n°890
Au fil des jours

Depuis plusieurs semaines, l'ensemble du monde apicole reste sur la brèche : réunions, concertations, assemblée générale …

Le Comité de Pilotage réuni sous l'autorité des représentants du Ministère de l'Agriculture, s'est prononcé sur l'ensemble des dossiers d'aide à la transhumance, de lutte contre varroa… nos pages intérieures vous en rendent compte.

Dans quelques semaines, nous serons à nouveau consultés pour avis, cette fois-ci pour les dossiers scientifiques concernant en particulier la lutte contre la varroase. Entre-temps, les apiculteurs auront effectué leur déclaration de perte de cheptel en vue d'une indemnisation éventuelle…

Tous les renseignements sont parus dans la revue, ce mois-ci encore avec un extrait du compte-rendu officiel. 

Une lecture attentive vous est également demandée en ce qui concerne la fiche de renseignements face à d'éventuelles intoxications d'abeilles, hélas toujours d'actualité, malgré les nombreuses démarches et interventions faites notamment dans le cadre de la Coordination Apiculture encore avec la participation sur demande de l'ONIFLHOR de l'un de nos collaborateurs, pour animer dans le cadre de l'Odyssée Verte, au Salon de l'Agriculture, un stand au bénéfice des jeunes enfants : abeilles vivantes, dégustations de miel, explication de la vie dans la ruche et pour finir confection d'une petite bougie qui s'accompagne de différents produits au miel et documents pédagogiques. Notre animateur, pendant une semaine, s'est montré intarissable, même et y compris lorsque le Président de la République s'est arrêté et a accepté le pot de miel traditionnel assorti d'une supplique de notre représentant : "Monsieur le Président, jusqu'à quand pourrons-nous encore produire du miel face aux attaques toujours plus conséquentes et plus importantes de notre environnement par les insecticides et les pesticides…". Message reçu ? Sans doute ! Pour la suite à donner, tout reste à faire.

Toujours au Salon avec l'accueil sympathique que "Les poulets de Loué" ont réservé à quelques apiculteurs, accueil signifiant une forme de solidarité vis-à-vis du combat mené par la filière contre les semences enrobées.

Dans le même temps, les syndicats départementaux regroupés au sein de la Fédération S.N.A. se sont retrouvés pour une grande journée à l'Hôtel Mercure Tour Eiffel. Beaucoup de scepticisme lorsqu'il a fallu aborder les dossiers sur les normes des mielleries et l'Institut Technique. Une certaine méfiance s'est manifestée car le but poursuivi par l'Administration reste pour beaucoup peu précis dans les objectifs et tout à fait vague quant au financement. Quant au mode exact de fonctionnement de l'équipe dirigeante et du Conseil d'Administration de cet Institut, les avis sont non seulement partagés mais très divergents et l'entente cordiale sera difficile à mettre en place. A vrai dire, sur ce sujet particulier, chacun y va de son petit couplet, mais personne ne communique à l'autre ses intentions ou ses projets. Une fois encore, nous laisserons à d'autres le soin de décider avec toutes ses conséquences.

Au cours de cette même assemblée, un brillant exposé nous a rappelé les dangers que présentaient les insecticides systémiques et l'orateur nous a encouragés à poursuivre notre combat qu'il estime juste, légitime et nécessaire à la survie de l'activité apicole européenne.

Autre sujet d'actualité, celui des importations de reines ou de paquets d'abeilles pour lesquelles la Direction Générale de l'Alimentation a proposé un texte pour avis et pour amendement éventuel. Nous avons fait connaître immédiatement notre entière acceptation à cette initiative, qui prévoit que l'introduction en France d'abeilles, de ruches, de reines, avec ou sans accompagnatrice, de matériel apicole ayant servi à l'exploitation d'un rucher originaire de pays tiers est suspendue. Ces dispositions ne s'appliquent pas aux introductions d'abeilles, de ruches, de reines et de matériel ayant servi à l'exploitation d'un rucher originaire des pays suivants : Chypre, République Tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République Slovaque, Slovénie. En complément de cet arrêté, le COPA et le COGECA ont déjà alerté les services de la Commission à l'occasion de plusieurs groupes permanents et proposent des mesures d'urgence à prendre afin d'éviter la propagation de ces nouveaux et dangereux parasites.

Il est tout de même bon de savoir que ce parasite serait déjà installé depuis l'année 2000 en Egypte. Selon une revue allemande, il aurait été repéré dans la région de Berlin. Enfin, l'infestation n'est pas non plus liée aux seules importations d'abeilles et de matériel apicole. Souhaitons simplement que les mesures envisagées n'arrivent pas trop tard.

Pour l'heure, rendez-vous les 14, 15 et 16 mars à la 4ème Fête du Miel et de l'Apiculture à Montargis. Votre journal sera présent. Venez nombreux !

Y. VEDRENNE


Editorial n°889
Et maintenant…

Le Communiqué de presse du 21 janvier du Ministère de l'Agriculture confirme les doutes que nous avions quant à une issue favorable du dossier insecticide en général et du dossier Gaucho en particulier. Pourtant, lors de la séance du 18 décembre, la Commission d'étude de la toxicité des produits phytosanitaires reconnaît que l'imidaclopride est susceptible de présenter un risque significatif sur le comportement des abeilles. C'est ce que la Coordination des apiculteurs a essayé de faire comprendre et admettre au Ministère de l'Agriculture lorsqu'elle a été reçue avec l'ensemble de la filière apicole. Mais à la sortie de cet entretien de plusieurs heures, nous avions le sentiment que la décision était déjà arrêtée. Quelques indices extérieurs nous confortaient dans cette position.

Nos pages intérieures, à la demande du Syndicat National d'Apiculture vous permettront d'apprécier la teneur du Communiqué, la réponse de la Coordination et quelques commentaires pour contester au nom de la filière apicole, la décision prise et les propositions faites. Celles-ci seront très certainement largement débattues par la Coordination mais d'ores et déjà, le commentaire que nous vous en donnons précise les intentions du Syndicat National.

Les apiculteurs restent mobilisés. Après les manifestations pacifiques et polies de Chasseneuil, Poitiers et Toulouse, ils ont à nouveau posé le problème fin janvier à Monsieur le Président de la République ainsi que son Ministre de l'Environnement à l'occasion du lancement de la charte nationale de l'environnement à Nantes où le S.N.A. était présent. Il reste au monde apicole à rassembler maintenant autour de lui le plus grand nombre de partenaires afin qu'au-delà des abeilles, l'ensemble des citoyens responsables puisse prendre conscience des conséquences sanitaires et environnementales croissantes liées à l'utilisation excessive des pesticides et insecticides. La France apparaît comme l'une des plus grosses utilisatrices de ces produits qui pénètrent plus ou moins dégradés dans les sols, dans l'eau, dans notre alimentation. Certains même finissent par dépasser les normes autorisées.

Rendez-vous donc dans les prochains mois pour d'autres actions et souhaitons en attendant que le nouveau recours en Conseil d'Etat insiste bien sur les articles 253-1 et 253-66 du Code Rural qui précise que l'on peut abroger une A.M.M. si des éléments nouveaux apparaissent.

Le 22 février, les responsables départementaux se réuniront en Assemblée Générale, au Mercure Tour Eiffel, à partir de 9 h pour revoir cet important dossier et peut-être prendre d'autres décisions. Quelques semaines plus tard, les apiculteurs se retrouveront au Congrès de la FNOSAD ainsi qu'à la grande fête du miel à Montargis.

Nous n'avons nullement l'intention de baisser les bras…

Y. VEDRENNE


Editorial n°888
Ensemble...

Inscrite dans le temps, la pratique des vœux peut paraître un peu désuète dans un monde nourri d'informations multiples où règnent l'abondance et la pauvreté.

Il ne s'agit pas de se limiter à formuler des vœux mais bien davantage à ne pas baisser les bras, d'être véritablement offensifs, imaginatifs et volontaires, chacun là où nous sommes.

Les événements positifs ne se réalisent pas d'eux-mêmes. Il faut les vouloir, affirmer sa détermination et tout mettre en œuvre pour atteindre son but, une façon de lutter contre tout ce qui dévalorise et stérilise les initiatives.

Nous formons une véritable communauté forcément solidaire et le nouvel essor de l'apiculture, face à toutes les agressions subies, ne se réalisera que s'il est accompli et partagé par tous.

Nous devons, plus que jamais, croire en nous-même et offrir l'image d'une apiculture unie et déterminée dans la défense de ses intérêts, dans la préservation de sa dimension sociale et écologique, dans son ouverture au progrès et à l'innovation.

Cet état d'esprit pourra nous faire oublier le mauvais millésime 2002 mais aussi nous procurer un optimisme générateur d'idées et de réalisation. C'est le sens de notre action.

Y. VEDRENNE


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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 03/04/02
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