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Editoriaux de l'année 2003


Anciens  éditoriaux 2002


Editorial n°887
Construire l'avenir… oui, mais ?

Décembre, mois des cadeaux et un peu plus tard, celui des souhaits …
Qu'en est-il pour les apiculteurs ?

En cette période de l'année, se tiennent une réunion au niveau européen puis au niveau national dans le cadre de consultations régulières que propose le Ministère de l'Agriculture avec l'ensemble de la filière apicole.
Au niveau communautaire tout d'abord ….

Le constat des représentants apicoles au COPA COGECA est le même pour tous : faible récolte 
européenne et mondiale, augmentation des prix du miel importé (plus 50 %). Cette situation ne devrait être qu'éphémère, on reparle pour 2003 du retour du miel Chinois et l'Argentine propose déjà sa nouvelle récolte, en principe à faire ce mois-ci, pour livraison en janvier sur le continent européen.

Comment vont évoluer les prix de gros actuellement pratiqués ? Comment va réagir la grande 
distribution notamment ?

Au plan international maintenant, le phénomène adultération des miels semble passé à la trappe au profit du problème que pourrait poser la présence éventuelle de résidus. En toile de fond également, même si les informations sont fragmentaires, les effets des colzas OGM, le miel Canadien est essentiellement récolté sur ces plantes, les effets du coton OGM cultivé en Chine, plante qui fleurit un maximum de 120 jours.

Autre question préoccupante : le problème de tous les insecticides et produits sanitaires qui peuvent se trouver dans les cires. Autant de sujets que nous devrons soumettre au Cabinet de Monsieur le Ministre qui après m'avoir reçu personnellement à la suite du Congrès de Bourges, souhaite maintenant rencontrer l'ensemble de la filière apicole.

Au niveau national, la dernière réunion du comité de pilotage a permis de faire des propositions dans le cadre du règlement 12-21. Les soucis de tous, dans leurs grandes lignes, restent les problèmes posés par la varroase, les pertes de cheptel, les insecticides avec en particulier le système d'homologation et bien sûr la qualité et la promotion de nos miels indigènes. Ces projets feront l'objet d'une nouvelle concertation en janvier destinée à finaliser les appels d'offres en direction des organismes publics et des Chercheurs. L'éternel problème subsiste, à savoir qu'un cofinancement est nécessaire pour percevoir l'aide européenne.
L'avenir des CTE a bien sûr été évoqué et les présents ont insisté pour que ce contrat puisse continuer de s'appliquer aux apiculteurs. 
Du côté de la suspension provisoire dans certains cas et définitive dans d'autre de certains insecticides systémiques, les nouvelles sont contradictoires, parfois encourageantes comme l'arrêt du Conseil d'Etat, parfois décevantes. Nous ne comprenons pas qu'il faille encore chercher des preuves pour montrer que nous perdons systématiquement nos populations d'abeilles dès l'apparition des miellées de tournesol notamment. Ce n'est certes pas un phénomène observé à 100 % mais c'est un phénomène récurrent. 

Je n'ai pas eu le sentiment lors de l'audience qui m'a été accordée que ce problème allait vers une issue rapide et conforme aux souhaits des apiculteurs. J'espère me tromper.

Vos responsables nationaux ont été sollicités pour un avis concernant la renaissance d'un Institut Technique. Nous avons à remettre avant la fin de ce mois nos observations et nos propositions. Vos idées, vos suggestions jointes aux nôtres contribueront à la synthèse mise en chantier.

En cette fin d'année, le quotidien fera place à quelques moments de joie teintés d'euphorie et d'espoir… Formulons le souhait que les apiculteurs ne soient point oubliés...

Joyeuses Fêtes.

Y. VEDRENNE


Editorial n°886
Espoir et réalité

Il est maintenant acquis que la miellée toutes fleurs sur l’ensemble de la France sera très déficitaire avec une nécessité absolue de recourir à un apport de nourriture en complément dans de nombreuses régions. Au niveau mondial, le miel reste aussi rare et cher.

Conséquences :

Des prix de gros soutenus et certains à un niveau que nous n’espérions même pas.

La répercussion de cette hausse dans la grande distribution peut inciter celle-ci à diminuer les linéaires au profit d’autres produits sucrés. Qu’adviendra-t-il alors en années normales avec une baisse des prix à la production ?

A notre humble avis, le linéaire restera tel quel, les ventes seront plus difficiles. Quelle attitude l’ensemble de la filière apicole compte-t-elle adopter ? Quelle(s) mesure(s) s’impose(ent) ? Quelle stratégie y a-t-il lieu d’envisager ?

Quelques éléments de réponse ont été donnés au congrès de Bourges mais les questions restent posées. N’oublions pas non plus que nous devrons bientôt compter avec de nouveaux partenaires européens.

Quand le miel est rare, la cire est chère. Sauf qu’en ce moment le prix de la cire est en baisse au niveau international : la Chine brade son stock.

Pouvons-nous interpréter cette démarche comme anticipant une éventuelle mesure d’interdiction liée à une ou des contaminations par exemple ?

Apiculteurs, restons vigilants sur l’origine de nos cires gaufrées, recyclons en priorité les nôtres. Il ne faut pas exclure la possibilité de transfert de certains contaminants de la cire au miel : une pollution extérieure dont nous n’avons pas besoin.

La plus importante et la plus influente Fédération des Syndicats d’Exploitants Agricoles souhaitait réunir les associations spécialisées et les syndicats d’apiculture adhérents sur le dossier Gaucho – Régent. C’est chose faite depuis le 24 octobre … pour entendre quoi :

Les liens apiculteurs-agriculteurs doivent être solides, une collaboration resserrée est souhaitable.

Certaines pratiques phytosanitaires posent questions

De nombreux problème existent en apiculture, pas liés nécessairement à la pratique agricole …

Et encore, les preuves irréfutables de la nocivité de certains systémiques n’étant pas apportées, la décision de retrait du Gaucho/maïs ne pourrait être que « sous la pression populaire ».

Les nouvelles expérimentations sur Vendée, Deux-Sèvres devraient se faire sur quelques sanctuaires.

Il y a peut-être une intoxication par le Régent sur tournesol puisque le Gaucho est suspendu depuis quatre campagnes…

Sauf qu’au cours de la réunion, un ancien administrateur de cette Fédération a recommandé de ne pas trop prendre les apiculteurs pour des minus (merci).

Depuis 5 ans, l’argumentation des apiculteurs a été mise à l’épreuve de l’expertise, du terrain et du temps. Ils ne demandent rien d’autre que d’être entendus, écoutés en toute objectivité. Les apiculteurs de France et d’ailleurs veulent simplement vivre leur passion pour certains, s’assurer un revenu complémentaire pour d’autres, tandis qu’un certain nombre désirent vraiment en vivre comme voici quelques années.

85000 pratiquants sont concernés en France, 415000 en Europe et en toile de fond, notre environnement, celui que nous devons protéger, améliorer avant de le transmettre.

Faudra-t-il à nouveau descendre dans la rue pour se faire entendre ?

Y. VEDRENNE


Editorial n°885
Avenir Miel

A quelques jours de l'arrêt attendu du Conseil d'Etat et compte tenu des nombreuses questions qui nous ont été posées tant par les apiculteurs que par les journalistes, il appartient de préciser la situation. Un magistrat indépendant a rendu ses conclusions orales, expliqué l'affaire et préconisé une solution. En aucun cas, le Conseil d'Etat ne va prendre une décision d'interdiction. Il appartiendra ensuite à Monsieur le Ministre de l'Agriculture de procéder, si cela lui est demandé, à un réexamen de l'autorisation de vente délivrée à l'insecticide Gaucho pour le maïs.

De même, la récente déclaration de Madame le Ministre de l'Ecologie expliquant " qu'il faut interdire le Gaucho sur toutes les cultures, ses effets sur les abeilles sont clairement démontrés " n'est que le reflet d'une prise de position et en aucun cas une décision, laquelle appartient à son homologue de l'agriculture. Enfin, ce dossier a été largement débattu au cours de journées organisées par l'AFSSA à Maisons-Alfort, journées au cours desquelles les apiculteurs comme les chercheurs ainsi que la firme incriminée ont pu s'exprimer.

Difficile face à face entre scientifiques et apiculteurs, selon la grande presse… Sans doute. Mais contrairement à ce qu'elle tente de faire croire, la Coordination des apiculteurs de France regroupant l'ensemble de la filière reste ferme sur ses positions et a su montrer sa détermination au travers de trois rapports solidement argumentés. La conclusion est que l'enquête multifactorielle à laquelle personne ne souhaite participer dans les milieux syndicaux ne saurait apaiser les craintes des apiculteurs quant à leur devenir et n'apportera pas d'éclairage supplémentaire à ce que tous savent déjà mais ne veulent pas comprendre : une population d'abeilles conduite auprès de cultures traitées voit ses butineuses disparaître en quelques jours, toutes autres populations rejoignant les précédentes subissent le même sort. Avant comme après, ce phénomène n'est jamais observé…

Mais restons optimistes car petit à petit, à partir de nouvelles recherches, les résultats obtenus sont encourageants.

Réconfortant aussi le cours des miels qui a évolué ces derniers mois. A cela plusieurs explications :

L'interdiction des miels d'importation en provenance de Chine, de même que la gelée royale.

La difficulté d'importer, notamment d'Argentine, où les prix sont très élevés en raison de la situation économique.

La faible récolte d'été en France.

Ceci ne permet tout de même pas au pouvoir d'achat des apiculteurs de progresser, bien au contraire. Dans certains cas, les récoltes sont divisées par trois ou quatre par rapport à ce qu'elles étaient voici moins de dix ans.

Cette année difficile ne devrait pas décourager les nombreux apiculteurs qui participent au Concours Général. Les récompenses sont un excellent moyen de promotion pour leurs produits et pour tous les miels en général.

AVENIR MIEL, c'était aussi le thème du Congrès des apiculteurs Italiens réunis aux même dates que celui de Bourges.

Espérons…espérons…

Y. VEDRENNE


Editorial n°884
A petits pas…

En juillet, le Comité de Pilotage regroupant les Administrations concernées et la filière apicole s'est accordé sur un ensemble de propositions pour la mise en place d'une " aide à l'achat de colonies pour la reconstitution de cheptel dans les zones sinistrées ". Cette proposition ayant apparemment recueilli l'aval de Bruxelles, il était alors possible au groupe de travail de formaliser les conditions de cette aide directe aux apiculteurs en vue de l'acquisition de paquets d'abeilles constitués d'une reine et des abeilles accompagnatrices indispensables afin de maintenir l'exploitation à un niveau économiquement viable. Cette mesure concerne notamment les zones de grandes cultures qui supportent des mortalités hivernales en constante augmentation.

Il est enfin admis qu'il se passe " quelque chose " dans nos ruchers.

Mais pour nous, cette mesure qui concerne les apiculteurs à partir de 70 ruches ne saurait être que temporaire. En effet, cette aide n'est qu'un palliatif, les causes demeurent. Elles sont pour l'essentiel connues du monde apicole et du Ministère de l'Agriculture en particulier, mais le dossier piétine. La Coordination des apiculteurs de France a donc décidé de saisir une fois de plus Monsieur le Ministre de l'Agriculture. 

Au-delà de cette aide directe évoquée, la Coordination souhaite également que soit publié dans les meilleurs délais, le rapport intermédiaire demandé à un membre du Comité Scientifique et Technique de l'enquête multifactorielle, rapport récemment déposé à la Direction Générale de l'Alimentation.

L'ensemble des apiculteurs, tous types d'exploitations confondus, ne s'explique pas que la gravité de la situation puisse perdurer et que rien ne soit réellement entrepris pour y remédier. Aussi espérons-nous qu'à l'occasion du XIVème Congrès National de l'Apiculture Française, congrès auquel les administrations concernées ont été invitées, soient enfin reconnues la pertinence et la validité des observations et des avis des apiculteurs français, hommes de terrain, d'expérience et de bonne foi.

Ce Congrès National dont vous trouverez en pages intérieures l'intégralité du programme se tiendra donc à Bourges les 4, 5 & 6 octobre au Palais d'Auron et au Parc des Expositions. Les organisateurs ont souhaité bien sûr, en priorité, informer les apiculteurs sur tous les problèmes 
d'actualité mais aussi sensibiliser l'opinion publique par un certain nombre de conférences qui leur sont plus spécialement destinées. Enfin, les structures syndicales apicoles départementales et régionales, toutes animées par des bénévoles recevront également des informations plus spécifiques.

Remercions dès à présent la municipalité de Bourges et son Maire en particulier ainsi que l'Office du Tourisme pour l'aide financière et matérielle apportée.

Merci aussi aux structures syndicales et associatives départementales sans lesquelles un certain nombre de projets n'auraient pu se réaliser.

Les 4, 5, 6 octobre, tous à Bourges comme nous le rappelle la couverture particulière de ce présent numéro.

Y. VEDRENNE


Editorial n°883
Appréhender l'incertitude, gérer les risques…

Juillet-Août : l'été, les vacances et pour nous autres apiculteurs la période des récoltes, récoltes qui devraient nous réjouir. Cependant, nous tremblons au souvenir des drames de l'été dernier, désastreux pour la cohabitation avec l'abeille, nuisibles à l'image de l'apiculture et au renom de l'apiculteur. L'époque n'est plus où l'apiculteur était considéré comme un surhomme qui brave les piqûres. Les temps ont changé, les mentalités aussi.

La seconde moitié du XXème siècle a été marquée par un mouvement d'entraide et de solidarité extraordinaire qui a conduit à la prise en charge collective des risques individuels : assurance maladie, allocations familiales, assurance chômage, retraites… toutes formes d'entraide qui devaient pallier aux accidents de la vie et ont mobilisé des ressources énormes.

Le XXIème siècle doit faire face d'une part à une mutation des comportements qui n'acceptent plus la notion de risque, d'autre part à l'apparition de risques nouveaux qui résultent des progrès scientifiques, des nouveaux modes de production de masse, des nouvelles technologies et de la mondialisation de l'économie…

Ces risques nouveaux envahissent peu à peu tous les domaines : responsabilité civile du producteur - employeur et quelquefois créancier, responsabilité civile produits (d'où les démarches de traçabilité)… et pour en rajouter, n'oublions pas les risques de vandalisme ou de malveillance, les risques politiques avec les législations fluctuantes mais que nul ne doit ignorer, les velléités des organismes para-professionnels en mal de publicité… 

Face à l'incertain, impossible à mesurer : on s'abstient, on interdit. Chaque producteur a désormais une obligation de sécurité et de résultat.

Nous sommes passés progressivement de la réparation à la prévention. De la prévention nous devons passer à la précaution.

Ce que nous exigeons de notre Ministre de l'Agriculture nous concerne également et nous est évidemment imposé.

Le producteur, quelle que soit sa taille, devient ainsi un formidable gestionnaire de risques, un réducteur d'incertitude vis-à-vis de l'environnement, de ses clients et au-delà, des générations futures.

Aujourd'hui, il convient de considérer le risque non plus comme une charge ou un malheur mais comme une valeur positive et active de notre gestion journalière, de réhabiliter une culture de prévention du risque et de sa responsabilité qui soit favorable au développement économique tout en dissipant l'illusion du risque zéro.

F. ANCHLING


Editorial n°882
Ire... Responsable

Tant au niveau national qu'au niveau européen, aucun véritable débat n'a jamais concerné une normalisation quelconque des locaux d'extraction. Brusquement nous apprenons qu'à l'initiative d'un département, une réunion aurait eu lieu avec des services officiels afin de mettre en place des normes qui devront ensuite se généraliser à l'hexagone.

Une fois de plus, on tente de contourner la représentativité de l'intégralité des structures apicoles nationales pour imposer à l'ensemble des apiculteurs un cahier des charges avec bien sûr quelques arrières pensées que bon nombre d'entre nous n'aurons pas de mal à imaginer…

Jusqu'alors, les miels récoltés et vendus par les apiculteurs, ceux livrés aux conditionneurs français et européens n'ont jamais fait l'objet de contrôle ou de rapport négatif. Si aucun d'entre nous ne rejette la nécessité d'une hygiène, d'une propreté et d'un local adapté, la concertation avant la prise de décision relève du bon sens. Nous nous opposerons à toute interprétation des textes existants au motif qu'il y a urgence, nécessité et obligation. 

Ce problème sera sans aucun doute évoqué à Bourges lors de la venue de la délégation du COPA COGECA, le débat sera public, chacun pourra s'exprimer…

Sortons de la contrainte pour parler promotion : n'oublions pas que l'Europe utilise le quart de la production mondiale alors qu'elle n'en produit que 10 %. De ce fait, lorsqu'une production est déficitaire, il est extrêmement difficile de bénéficier d'une aide européenne pour sa promotion. Pourtant celle-ci est nécessaire car ce produit véhicule une image de proximité. Le consommateur imagine aisément que la production est locale. 

Il existe certes des signes de qualité spécifiques permettant de repérer certains miels (A.O.C. , labels …). Ces signes sont-ils vraiment adaptés au miel ? Il apparaît nécessaire de communiquer sur la valeur générique de tous les miels, d'insister sur la proximité des miels européens, leur diversité, leur qualité de même que sur le sérieux des producteurs, quel que soit d'ailleurs le nombre de ruches exploitées. En apportant ainsi leur savoir-faire, des contrôles réels notamment, comme déjà évoqués à propos des antibiotiques, en insistant sur cette notion de traçabilité et de proximité, il doit être possible de convaincre le consommateur européen de la spécificité qualitative du miel produit dans la Communauté. 

Un débat sur cette importante question n'est pas à exclure du prochain rendez-vous national des apiculteurs français. Accroître la consommation de miel d'une part, l'axer plus spécialement sur les miels européens d'autre part, voilà au moins deux objectifs qui ne peuvent faire que l'unanimité des composantes de l'apiculture française et européenne.

Autre préoccupation qui n'est en fait qu'une suite de tous les ennuis que les apiculteurs rencontrent avec l'environnement des plantes et fleurs fréquentées par nos butineuses. Dès la mi-avril, l'inquiétude grandissait dans le sud ouest, notamment dans le Gers et la Haute-Garonne avec l'apparition des premiers traitements sur les cultures. Plus de 3000 ruches auraient été atteintes, ce qui a mobilisé à la fois les services départementaux mais également les services centraux, notamment la D.G.A.L. Pour mémoire, voici 20 ans, 4000 ruches dans l'Aube avaient littéralement été décimées après un traitement aérien " pucerons sur blé ". Les responsables syndicaux départementaux ont été contactés, reçus et entendus. Les conséquences premières sont bien sûr la perte de ruches, l'absence de récolte. Un certain nombre de dossiers nous parviennent pour un recours par le biais des assurances en attendant peut-être une décision 
d'indemnisation par le canal de l'administration centrale. Au niveau national, au S.N.A. et à l'Abeille de France auprès desquels les apiculteurs ont souscrit une assurance complète, nous oeuvrons pour une réparation financière des dommages subis, malheureusement toujours dans le cadre des conditions générales de l'assureur, mais pas dans le cadre du préjudice réel.

Pour conclure, relisons ensemble cet extrait paru dans Le Monde du Mercredi 22 mai sous la plume de Pierre GEORGES.

" Où sont passées les abeilles ? Mortes. Tombées comme des mouches. Disparues, emportées par un redoutable fléau, une peste pesticide, la grande faucheuse des 
produits élégamment dits phytosanitaires. Les ruches sont désertes, comme rues de Vesoul à la nuit noire. Les ruches meurent. Et avec elles toute la pollinisation. C'est une folie, une pure folie chimique, un crime et un suicide 
écologiques. Il y a des années que les apiculteurs le crient. Et qui les écoute, ces faiseurs de miels et d'alerte ? "

Les futurs élus ont-ils dans leurs préoccupations ce grave problème ? C'est peut-être le moment de leur demander de prendre position. Nous avons encore quelques jours avant l'échéance...

Les prochains Ministres concernés par l'ensemble de ce qui précède sauront-ils enfin non seulement nous écouter … mais décider ?

Y. VEDRENNE


Editorial n°881
Reseau ?

La mise en place " d'un réseau d'enquête prospectif en charge du recueil régulier et standardisé des principaux paramètres caractérisant la santé et la production… de ruchers témoins… " appelle un certain nombre de réflexions quant à la pertinence de ce type de réseau proposé.

Il s'agit, à partir de données initiales définies, de surveiller le devenir des ruchers tant sur le plan épidémiologique que comme témoin des modifications éventuelles de l'environnement du rucher. L'abeille est en effet un marqueur " sentinelle de l'environnement " reconnu par tous dans ce journal, il y a quelques années.

Il convient d'observer que de nombreux facteurs différents entrent en ligne de compte dans la mise en place judicieuse d'un tel réseau. On peut citer, sans être exhaustif :

Les facteurs géographiques dans la situation du rucher.
L'environnement de départ du rucher considéré est classable en trois catégories :
- Environnement fortement anthropique et accepté comme étant le plus défavorable au développement d'une colonie d'abeilles, ce qui n'est pas toujours vrai (cf. ruchers à Paris).
- Environnement modérément anthropique et donc assez favorable à la ruche.
- Environnement peu ou pas anthropique par principe favorable.
Il convient d'affecter un nombre statistiquement significatif de ruchers des trois sous- types pour avoir une cohorte exploitable.

Facteur climatologique
Il est indépendant des activités humaines, mais a une importance certaine sur l'état sanitaire et la survie à moyen ou long terme du rucher. Il convient là aussi de répartir de façon cohérente les ruchers d'observation.

Facteur sanitaire
Il dépend à la fois de l'environnement et des compétences et moyens techniques utilisés dans la conduite du rucher. La variabilité est ici importante. Elle est fonction de l'apiculteur, de sa compétence apicole et des facteurs préexistants (parasites, germes ou virus) dans le rucher ou rapportés naturellement par des abeilles étrangères ou lors de l'intervention sur la ruche (contamination exogène ou endogène), de l'utilisation de traitements, de leur dosage et de leur efficacité, etc… L'homogénéisation des populations est indispensable, les écarts comportementaux et de résistance des différents sous groupes d'abeilles étant importants (carnioliennes, abeilles locales, italiennes, hybrides, etc..). Les résultats devront en tenir compte.

Densité apicole
Elle conditionne à la fois l'évolution des ruches du fait de la limitation alimentaire variable dans la zone d'exploitation et les risques sanitaires aggravés selon qu'il existe une ruche ou des ruches en grand nombre sur la zone étudiée, provenant de zone de transhumance ou non, etc…

Situation phytosociologique
L'intervention humaine sur un environnement apicole peut être favorable à court terme (cultures industrielles étendues riches en nectar) et défavorable en fait à moyen terme par l'absence de productions nectarifères durant tout le reste de la saison apicole. La raréfaction pollinique indispensable à la croissance du couvain diminue la résistance immunitaire des abeilles à des pathologies diverses, en particulier nosocomiales virales.

Cet aspect est aggravé par l'usage de produits phytosanitaires divers et variés sur les végétaux, dans les déjections animales, non contrôlable et quantifiable dans la ruche et dans la zone considérée même faiblement urbanisée et à priori facile à surveiller. 

L'objectif du réseau est en fait de vérifier l'impact des insecticides systémiques sur un environnement dont il serait absent initialement. Ce réseau pose donc des problèmes très complexes de méthodologie et de fiabilité des résultats. L'absence du produit insecticide systémique étudié, de ses métabolites rémanents ou de produits proches devra être établie avec une certitude absolue dans toutes les zones concernées. Ce ne sera pas évident et les risques d'erreur d'interprétation de résultats biaisés majeurs !

Si la qualité de la réponse technique des apiculteurs concernés par le réseau reste stable, si le rayon d'exploitation d'un rucher est de l'ordre de 03 km, il est clair que dans la zone de surveillance, il sera extrêmement difficile d'affecter un caractère évènementiel déterminé à une dépopulation éventuelle de ruches observée par des moyens fiables ? Les moyennes statistiques par lissage mathématique pourront faussement conclure, suite à l'introduction d'un produit insecticide systémique à son innocuité ou à sa toxicité dans la zone étudiée.

Si des facteurs naturels ou alimentaires et la concurrence entre espèces dans un créneau écologique s'associent dans l'apparition de troubles dans les ruches, quelle part auront-ils dans l'observation des résultats ? 

L'interprétation des résultats ne se fera certes qu'en fonction des corrélations temporelles des éléments vus et quantifiés.

Si l'abeille est un agent collecteur efficace et un accumulateur de polluants, sans données expérimentales précises établissant des relations directes ou indirectes de cause à effet, il est illusoire et aléatoire de lier la pollution des produits de la ruche à un affaiblissement ou à un état pathologique toxique de la ruche.
De fait, si un polluant est très toxique au moment du butinage, il sera très peu ou pas présent dans la ruche puisque l'abeille succombe avant son retour. 

Le risque d'un tel réseau peu fiable méthodologiquement est évident : l'absence d'un produit toxique dans les produits de la ruche analysés ou d'un toxique présent à un niveau très faible à la limite des moyens de contrôle analytique utilisés peut amener les expérimentateurs à conclure de façon " scientifique " faussement à l'absence de corrélation entre l'affaiblissement des colonies constaté et le produit insecticide systémique introduit. Celui-ci est considéré alors " spécieusement " comme non dangereux et utilisable largement commercialement . CQFD ?

Est-ce là le véritable objectif recherché ?

Dr Becker

Bibliographie : document M.E. COLIN


Editorial n°880
Au fil des jours

Depuis plusieurs semaines la question de l'emploi des antibiotiques et autres produits médicamenteux dans les élevages fait la une des médias.

Pour 2006, selon les experts européens, le problème sera résolu. Un laps de temps ''nécessaire'' pour la mise en place effective de la législation européenne et l'élimination de tous les produits. (sans commentaire)

Et l'apiculture dans tout cela ?
Actuellement, les abeilles n'échappent pas à une surveillance sanitaire accrue. La modification de l'environnement et l'emploi des produits phytosanitaires y sont pour beaucoup. Or, il n'existe pas d'A.M.M. spécifique aux abeilles et les produits autorisés le sont également pour d'autres types d'élevage. 

Le miel est donc susceptible de contenir des molécules résiduelles. Le risque zéro n'existe pas.

Les membres du groupe de travail ''miel'' du COPA-COGECA ont donc été invités à réfléchir sur cette question, à faire des propositions pour en débattre fin avril à Bruxelles. La synthèse des documents rassemblés permet de mieux cerner la difficulté du problème.

Le miel reste un produit exclusivement naturel. Mais une pratique apicole mal maîtrisée, une source de butinage contaminée, une législation actuelle parfois très tolérante des pays exportateurs, un comportement actuel d'un état membre inadmissible, des réglementations différentes à l'intérieur de la C.E.E., l'absence d'harmonisation des méthodes d'analyses ..... risquent, à un moment ou à un autre, de contribuer à la chute de la consommation avec, en corollaire, la mise en péril de l'apiculture dans la Communauté. 

Les réalités apicoles sont omniprésentes. Il appartient au législateur de les prendre en compte et d'arrêter, au niveau européen, une position claire. Des mesures discriminatoires par rapport à l'apiculture des 15 seraient intolérables.

Y. VEDRENNE

Pour réfléchir 
Un miel en Allemagne qui dépasse 10 PPb est interdit à la consommation interne mais autorisé à la vente en CEE sans information pour l'acheteur (Source France Miel)


Editorial n°879
18, 23... et autres rendez-vous

18 Février : 2.000 apiculteurs selon les services officiels Belges manifestent devant le Conseil des Ministres. Sur l'insistance de Madame LULLING et avec l'appui des Ministres Français et Belges, le Conseil se penche sur la situation alarmante de l'apiculture en Europe.

Le ministre espagnol de l'agriculture, actuel président du Conseil Agricole avait déjà reçu la député européenne ainsi qu'une délégation d'apiculteurs le 23 janvier et ses réactions avaient été très positives face aux revendications du rapport du Parlement. 

La balle est donc à nouveau dans le camp de la commission, en particulier dans celui du Commissaire FISCHLER qui ne peut plus rester sourd aux arguments et aux cris d'alarme de l'apiculture européenne. Celui-ci, dans son intervention a rappelé que les Etats membres présentent des programmes avec une utilisation de 80 % seulement des moyens disponibles, c'est donc que l'application du règlement 1221/97 semble manifestement satisfaisante.

Nous lui répondrons immédiatement que le cofinancement obligatoire n'est possible en France que sur des fonds publics. 

Il est alors facile d'affirmer que la Commission serait très heureuse que les aides soient totalement épuisées afin de mener à bien un maximum de mesures dans le cadre juridique existant. Pour lui, la situation économique du miel est stable, la production et l'importation restent à un niveau constant et le taux d'auto-approvisionnement oscille entre 48 et 50 % depuis plusieurs années. 

M. FISCHLER estime d'autre part que cet état de chose et l'hétérogénéité du secteur ainsi que l'existence dans l'Union Européenne de formes totalement différentes d'apiculture ne permettent pas d'envisager ni une nouvelle OCM miel, ni un règlement d'aides directes sous la forme d'un soutien au revenu des apiculteurs.

Il rappelle que certaines aides pour l'amélioration des populations d'abeilles grâce à des centres communs de reproduction, peuvent d'ores et déjà être mises en œuvres dans le cadre du règlement existant. Il confirme qu'il y a toutes les possibilités offertes par la politique structurelle et la politique pour la promotion des produits agricoles qui doivent être mises en œuvre. Mais ce sont ici avant tout les Etats membres qui doivent prendre l'initiative, donc cofinancer ...

Enfin dans son communiqué, il précise que ceux-ci doivent collaborer davantage dans le cadre de l'exécution et de la mise en œuvre des programmes communautaires pour qu'à l'avenir, il y ait un soutien politique mais aussi financier cohérent pour l'ensemble de l'union et pour ce secteur.

Voilà où nous en sommes et les quelques espoirs permis. Il reste un certain nombre de points soulevés qui n'ont pas trouvé d'écho, comme par exemple les pertes causées par les traitements phytosanitaires et les mélanges, la mise en place d'un système d'homologation au niveau européen...

En attendant, de nombreux et modestes apiculteurs nécessaires à l'environnement vont nous quitter. Ils n'ont pas pour le moment la possibilité de reconstituer leur cheptel ...

Nous avons depuis quelques jours un nouveau Ministre de l'Agriculture. Peut-être acceptera-t-il de nous entendre ?

23 Février : Paris accueillait à la veille du Salon de l'Agriculture, comme chaque année, les présidents départementaux des syndicats d'apiculture. Plus d'une centaine d'entre eux ont partagé, après les traditionnels rapports statutaires, le vécu et les projets de leur Fédération Nationale. Nous leur laissons le soin de vous les exposer au cours des réunions départementales.

Autre rendez-vous qui s'inscrit dans le temps, celui du Congrès National de l'Apiculture Française dont nous aurons la charge de l'organisation cette année. Il se déroulera les 4, 5 et 6 octobre à Bourges.

D'ores-et-déjà, le secrétariat de Saint-André accueillera vos demandes, vos suggestions, vos propositions.

Comme nous le faisons habituellement, toutes les composantes de la filière apicole seront invitées à apporter leur pierre à l'édifice.

Dans quelques jours également seront examinés les projets français et essentiellement les projets des organismes publics pour l'utilisation des prochains fonds européens. Reviendra sans aucun doute à la surface, la création d'un Institut Technique. Rappelons qu'en son temps, lorsque celui-ci existait, seuls deux organismes, la FNOSAD et le S.N.A. se sont élevés contre sa disparition. Remettre cet Institut en route aujourd'hui avec une aide effective du Ministère de l'Agriculture nous semble un projet à encourager. Simplement, si nous avons bien compris, le financement de départ sera assuré pour 3 années seulement et ensuite les apiculteurs devront ouvrir leur porte-monnaie. 

Autre obstacle et peut-être pas le moindre, l'idée à peine cachée de faire de cet Institut, un organisme essentiellement dévolu à l'apiculture officiellement recensée comme professionnelle... avec la participation d'une structure dont les statuts ne permettent pas aujourd'hui d'admettre l'ensemble des composantes apicoles. Dans ces conditions, une naissance prématurée ne serait pas de bon augure ...

Dernière inquiétude, la difficulté de trouver un produit autorisé, largement vendu jusqu'à ce jour et pratiquement unique sur le marché pour lutter contre la varraose. Souhaitons simplement que sa fabrication et sa distribution reprennent rapidement, même si par ailleurs un nouveau produit vient prendre la relève. Depuis 20 ans de nombreux chercheurs ont imaginé, étudié et proposé diverses méthodes de lutte, aucune à ce jour malheureusement n'est totalement efficace.

Réalisme ou langue de bois ? Nous avons préféré aujourd'hui vous présenter les préoccupations de l'ensemble des apiculteurs comme nous le ressentons...
Le débat est ouvert
.

Y. VEDRENNE


Editorial n°878
Indépendance

"C'est la condition d'un pouvoir qui ne relève pas d'un autre, qui n'est pas subordonné"*

L'indépendance est la condition nécessaire au fonctionnement d'un syndicat afin que rien ne vienne s'opposer à la défense des intérêts premiers des affiliés. Ceux-ci doivent être assurés que le syndicat auquel ils adhèrent sans contrainte, est totalement libre d'agir, qu'aucun élément de pression ne vient jouer en leur défaveur dans la défense de leurs légitimes intérêts.

L'assurance de cette liberté garantie et fonde la confiance qu'ils portent aux responsables syndicaux. S'ils étaient amenés à en douter, cette relation de confiance fondamentale serait gravement contrariée et signifierait la fin du consensus et la disparition à terme du syndicat.

Cette indépendance ne va de soi que si les dirigeants vertueux sont capables de se soustraire à des facteurs susceptibles d'altérer leur choix décisionnel, d'interférer avec leur libre-arbitre ou de résister à des pressions tendant à les contraindre à la retenue ou au silence. 

L'indépendance fonde et trempe aussi le caractère des dirigeants du S.N.A. L'adversité rencontrée ces temps derniers renforce notre détermination commune. Cette volonté du bien commun des apiculteurs, notre détermination, notre liberté de dire et de faire ce qui est juste et nécessaire sont reconnues par tous ceux qui nous font, au travers de leur adhésion, confiance. Nous affirmons sans cesse notre vérité en toute indépendance contre toux ceux qui cherchent à nous étouffer par des moyens disproportionnés, fusse en attaquant des responsables syndicaux par exemple, juridiquement et personnellement, le Président alors qu'il s'exprime comme responsable dans un éditorial.

Les dirigeants, unitaires, honnêtes, responsables sont au service de tous les apiculteurs, quoi qu'il puisse leur en coûter personnellement, moralement et financièrement !

La vérité ne peut être étouffée par des manœuvres mesquines, par des procédés d'intimidation de toutes sortes venant d'un puissant groupe aux finances sans mesure avec les nôtres. Aucun complexe pharmaco-chimique cependant ne fera taire ceux qui sont là par la volonté démocratique des apiculteurs pour dire, répéter, crier s'il le faut, que l'apiculture se meurt des semis et des épandages de pesticides aux caractéristiques incontrôlées, dissimulées, de la mauvaise foi, des mauvaises manières du fort au faible. 

Mais courage et espérance, Chers Amis, chacun sait ce qu'il advint à la fin de Goliath face à David ...

Dr Becker
Secrétaire Général S.N.A.

*Littré


Editorial n°877
API 2002

Au-delà de nos vœux traditionnels exprimés dans notre encart central avec le calendrier 2002 que nous vous offrons, nous aurons cette année encore une pensée particulière pour tous nos apiculteurs, leurs familles mais aussi pour tous nos concitoyens victimes des intempéries. A eux en particulier, que nos vœux leur soient un message d'amitié, de réconfort et de solidarité.

L'actualité apicole n'a pas faibli fin 2001. Les apiculteurs européens se sont regroupés à Strasbourg le 11 décembre autour de Madame Astrid LULLING, Député Européenne Luxembourgeoise et de Monsieur Dominique SOUCHET, Député Européen Français pour une manifestation pacifique dans les locaux du Parlement, manifestation suivie d'une conférence de presse. Le thème en était bien sûr le rapport de Madame la Député qui allait être présenté le surlendemain devant l'honorable assemblée. Monsieur le Ministre de l'Agriculture, M. GLAVANY déclarait quelques jours plus tard accueillir favorablement cette résolution, rappelait le dépôt prochain d'un rapport sur les insecticides systémiques et confirmait l'étude multifactorielle. En pages intérieures, vous retrouverez la position de la Coordination des apiculteurs ainsi que trois communiqués, dont un nous laisse perplexes...

Dans quelques jours, le Comité de Pilotage apiculture se retrouvera au grand complet pour examiner les orientations qui pourront être retenues pour un plan de relance de l'apiculture. Attendons de voir pour vous en communiquer les lignes essentielles qui nous ont été annoncées... et surtout comment elles seront mises en place et financées...

Côté Contrat Territorial d'Exploitation à vocation apicole, la situation a bien évolué et une circulaire officielle devrait en préciser très exactement les modalités. Peut-être aurons-nous alors un outil susceptible d'aider au développement de l'apiculture pluriactive en particulier, dans les zones défavorisées et les zones de montagne : un moyen supplémentaire de développer cette production dans des régions où l'offre depuis longtemps est inférieure à la demande...

Le point d'orgue de ce premier trimestre sera sans aucun doute la manifestation des apiculteurs de toute l'Europe le 18 février, manifestation à l'initiative du Président actuel du groupe de travail miel au COPA - COGECA, M. Manuel IZQUIERDO. Celle-ci est destinée entre autre à soutenir le rapport adopté et intervient au moment où c'est précisément l'Etat Espagnol qui a pour six mois en charge la présidence. Rappelons au passage qu'en matière d'utilisation des crédits, nos collègues espagnols sont particulièrement « gâtés » puisqu'ils sont les plus performants grâce notamment à l'aide substantielle consentie par les régions...

Il convient donc au niveau national, par département, voire sur plusieurs départements, de s'organiser pour constituer des cars ou effectuer par chemin de fer des déplacements en groupes. Nous étions près de 2000 apiculteurs la dernière fois, avec rappelons le, 16 cars français, faire mieux est notre objectif à tous. Cette âme de vainqueur doit également nous aider à surmonter les difficultés de toutes sortes auxquelles nous sommes par ailleurs confrontés.

A l'heure où quelquefois le pessimisme semble à nouveau nous gagner, nous devons plus que jamais croire en nous-mêmes et offrir l'image d'une entité déterminée dans la défense de ses intérêts, dans la préservation de son activité et dans son ouverture au progrès et à l'innovation.

Dans ces conditions, nous entrerons avec succès et confiance dans l'aventure économique extraordinaire qui nous attend avec l'avènement de l'euro.

Y. VEDRENNE & F. ANCHLING


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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 03/04/02
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