Anciens éditoriaux 2000
Editorial
n°865
Joyeuses fêtes
Chers amis,
Dans les fureurs et les bruits du monde moderne qui nous envahissent, il faut
vous souvenir que c'est dans le silence que se trouve la paix de l'esprit. Sans
renoncer à l'essentiel, vivez autant que possible en bons termes avec toutes
les personnes qui partagent votre vie.
Ne vous comparez à personne, vous risquez de devenir vaniteux ou dépressifs
car il existe toujours plus petit ou plus grand que vous.
Dites avec conviction et détermination votre vérité mais écoutez aussi
celles de l'ignorant ou du simple car ils ont un message à transmettre qui peut
changer votre conception de la vie. Evitez autant que faire se peut de
fréquenter les agressifs, bruyants, ceux imbus d'eux-même, ils sont une
vexation pour l'esprit. Jouissez de vos projets comme de vos accomplissements
mais soyez intéressé à votre carrière si modeste qu'elle puisse être. Soyez
prudents en affaire, le monde est rempli de fourbes et d'escrocs qui se cachent
derrière une façade de bonnes intentions. La vertu existe cependant, ne soyez
pas aveugles si vous la rencontrez. Honorez-la et ceux qui en sont pourvus car
elle est rare en ce bas monde. Ne soyez pas cynique en amour et dans la vie. En
face du désenchantement, l'amour reste la pierre angulaire pour bâtir une vie
réussie. Prenez avec bonté le conseil des années en renonçant sans
déplaisir à votre jeunesse. La sagesse fortifie votre esprit et vous
protégera des malheurs soudains que le destin nous impose impitoyablement. Ne
vous chagrinez pas de la perte de vos chimères. De nombreuses peurs et maladies
naissent et fleurissent de la fatigue, de la solitude et de la vieillesse.
Une saine et nécessaire discipline doit être imposée à votre corps et votre
esprit pour accomplir pleinement votre destinée. Ne soyez pas sévère avec
ceux qui par incompréhension ou manque d'esprit vous critiquent injustement de
ce que vous avez fait et réalisé.
La vie, les idéaux font parfois de nous des héros qui s'ignorent. En restant
vous-même, n'affectez pas l'amitié que vous portez à ceux qui la mérite.
Enfant de l'univers comme les arbres et les étoiles, les fleurs et les
abeilles, vous avez le droit d'être ici et d'occuper pleinement la place
donnée par vos mérites. Malgré les imperfections, les perfidies de la vie,
l'univers est magnifique et inégalable. Notre incompréhension de sa
complexité et de son immensité font qu'il se déroule sans doute comme il se
doit. Quelle que soit notre conception du monde, nos croyances, il nous faut
être en paix avec lui. Soyez donc heureux au milieu des abeilles qui sont un
des aboutissements de la création.
Partagez votre bonheur avec ceux qui ne connaissent pas encore notre coin de
paradis.
Souvenez-vous enfin de la chance insigne que vous avez de vivre chaque jour
cette communion avec la nature quand dans la vie quotidienne ou à votre rucher
vous vous sentez isolés, découragés, malheureux.
JOYEUSES FÊTES
Docteur Becker
Editorial
n°864
Des nombres et des mots
Ils étaient 800 réunis au Congrès de Mende.
C’est ainsi que débutent les articles et reportages de nos confrères de la
presse écrite et parlée pour relater l’événement. Nous reviendrons
prochainement sur cette importante manifestation qui, tous les deux ans,
rassemble, en principe, toute la filière apicole. Parmi les conférences qui
firent salle comble, signalons celles notamment consacrées aux mortalités des
abeilles, conférences en prélude à la manifestation des 23, 24 et 25 octobre
dont le point d’orgue fut la concentration d’hommes, de véhicules et de
ruches à Cormery, face à l’usine Bayer.
17 cars, 130 camions et équipements de transhumance, près de 500 véhicules
particuliers et à l'arrivée 2500 apiculteurs venus de tout l’hexagone : du
jamais vu dans cette commune paisible !
Ce cortège imposant dont la détermination sans faille, toute empreinte de
gentillesse, d’amitié et de solidarité à l’égard des automobilistes
victimes de notre manifestation, a sans doute marqué les observateurs discrets
du monde agricole (qui nous soutiennent sans faille), politique et bien sûr nos
contradicteurs du moment, sans oublier tous ceux chargés de nous surveiller à
des degrés divers.
La radio, la télévision et les journaux ne s’y sont pas trompés.
L'événement était d'importance. L'intérêt porté et les encouragements
reçus en sont un vivant témoignage.
Tout cela s’est déroulé dans le calme , la discipline, sans débordement. Un
bon point qui a permis aux organisateurs d’être reçus en Préfecture comme
cela avait été fait partout en France ce même jour.
Une dernière fois, notre message est passé et bien passé. Reste à Monsieur
le Ministre de l’Agriculture, après les réunions
des scientifiques mi-novembre, avec les apiculteurs mi-décembre ou peut-être
avant, à prendre la décision qui coule de source ... à moins que celle-ci ne
soit connue avant ?
La Saint-Ambroise 2000 serait alors pour les apiculteurs la célébration de la
pérennité de l’Apiculture Française.
UN GRAND ESPOIR ?
UN VRAI BONHEUR.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°863
Persévérance
Elle imprègne tous les dirigeants nationaux et leurs équipes, elle est
bien nécessaire pour faire avancer voire aboutir les dossiers sur lesquels la
filière apicole est unanime.
Le Comité de pilotage réuni le 21 septembre a dressé un premier bilan du
programme 2000. L'essentiel a concerné la transhumance puisque 329 dossiers ont
été agréés pour 7.548.000 F, 223 sont en cours de traitement, un peu plus de
la moitié ont été payés. Mais sur le tiers des dossiers qui ne sont pas
réalisés, près d'une centaine ont été abandonnés, les autres reportés. Un
récent courrier de l'ONIFLHOR nous confirmait qu'en raison des difficultés de
livraison du matériel, les apiculteurs pourront bénéficier d'une procédure
de report de leurs projets d'investissements sur l'exercice 2000-2001 qui
débute dès le 1er septembre. Le plafond est maintenu à 150 000 F. Si après
une première demande, l'intéressé veut compléter pour l'atteindre, c'est
encore possible. La date limite pour cette année est fixée au 30 novembre.
Autre bilan positif : celui des analyses.
Le mode de fonctionnement donne satisfaction mais il est demandé d'élargir
celles-ci aux résidus. La difficulté est sans doute de trouver un laboratoire
porteur du projet qui accepte d’en financer 50 %. Ce cofinancement nécessaire
pour accompagner l'aide européenne aura finalement au cours des quatre
premières années d'exercice été un lourd handicap que nous avons bien
souvent difficilement surmonté. Il est également à l'origine de
l'impossibilité d’utiliser tous les crédits européens disponibles. La
conséquence ne s'est pas fait attendre puisque ceux-ci ont été diminués ...
L'autre grande préoccupation de l'apiculture, car il s'agit cette fois de sa
survie, est bien sûr le dossier Gaucho. La commission des toxiques s'est
réunie le 13 septembre mais nous n'avons aucun écho. Le même jour, la
coordination des apiculteurs mettait en place une grande manifestation
nationale. L'aboutissement en sera un meeting organisé à partir de 14 h le 25
octobre 2000 à proximité de l'usine Bayer de Cormery, 15 km au sud de Tours
par la nationale 143.
Soyons clairs, cette manifestation ne vise pas uniquement la Société citée
mais elle a pour objectifs le retrait du marché des produits Gaucho et Régent
pour toutes les applications et la révision des procédures d'homologation pour
les insecticides d'une manière générale. Le schéma d'organisation prévoit
que des camions de ruches mortes en provenance des régions de France
convergeront sur le site après un déplacement de deux, voire trois jours
suivant leur point de départ. Un ou plusieurs arrêts en cours de route
autoriseront des contacts avec la presse, les Préfectures, les élus, les
consommateurs. Il est impératif que le message passe définitivement.
Il n'est plus supportable que les apiculteurs pluriactifs et professionnels
soient mis en difficulté voire condamnés pour certains à disparaître. Il
n'est plus supportable que les apiculteurs de toutes conditions ne puissent plus
assurer à notre environnement la pollinisation nécessaire par le biais de
leurs abeilles. Il n'est plus supportable que des produits puissent être
utilisés sans qu'une procédure d'homologation garantisse réellement sa non
toxicité sur la faune et la flore.
Dès septembre, nous vous avions informés de cette réaction commune et forte
envisagée au travers d'une manifestation nationale. Aujourd'hui les faits se
précisent et nous vous invitons à prendre contact dès la mi octobre avec vos
responsables départementaux et pour les isolés avec le Secrétariat de votre
journal qui vous conseillera utilement. Un car gratuit sera mis à la
disposition des participants au départ de Paris. Comme à Bruxelles, comme au
pied de la Tour Eiffel, nous serons nombreux, disciplinés, courtois mais fermes
et déterminés.
D'ici à cette date, nous espérons que Monsieur le Ministre de l'Agriculture
aura reçu la délégation de la coordination pour lui éviter de devoir quitter
Tours pour la capitale le 25 octobre. Le cheptel apicole est passé de 1 450 000
ruches en 96 à près de 1 000 000 aujourd'hui. Les baisses de productions,
notamment en miel de tournesol et maintenant en colza dans certains
départements sont dramatiques. Les résultats des deux années de travaux
financés, est-il nécessaire de le rappeler en partie par l'aide européenne
aux apiculteurs, ne font que confirmer les observations, les remarques, les
déclarations, les constats, les écrits de la filière apicole.
Celle-ci veut aborder le XXIe siècle dans la sérénité et avec l'espoir d'un
avenir assuré. Vous serez donc nombreux fin octobre à soutenir vos
responsables nationaux qui chacun avec leurs compétences, leurs connaissances,
leurs relations mais toujours en harmonie et fermement décidés mènent
eux-aussi ce combat auprès des administrations et des décideurs politiques.
Persévérance, persévérance ...
Y. VEDRENNE
L'Abeille de France remercie MM. CHAUVANCY, VERMANDERE, ALETRU apiculteurs professionnels, les F.D.S.E.A. 79 et 85 et M. ANCHLING, Président de la Confédération des apiculteurs d'Alsace pour l'aide fournie à l'élaboration de cet éditorial.
Editorial
n°862
Actualités
A la demande de l'Union Nationale des Fédérations de Chasseurs, le
Ministère de l'Agriculture a retiré l'homologation des semences de pois
traitées au Promet. Elles auraient été à l'origine de nombreux
empoisonnements d'oiseaux, de pigeons ramiers en particulier, en période de
reproduction. Les chasseurs ont obtenu gain de cause et ce, apparemment très
rapidement.
Qu'en sera-t-il des apiculteurs avec le dossier tournesol dont la Commission des
Toxiques doit examiner les différents rapports dans sa séance de la mi
septembre. Depuis plusieurs années, du constat le plus simple, par la
permutation de ruches en pleine forme sur des sites pollués, en passant par des
expérimentations très fines et très poussées par des Instituts de Recherche
(INRA, C.N.R.S.), tout montre que le traitement incriminé agit bien au-delà de
ce qui était prévu par le fabricant sur le moment et s'inscrit dans la durée
quant à sa rémanence. Il est vrai qu'à cette époque, les quelques quatre
apiculteurs représentant l'ensemble du monde apicole étaient bien démunis
face à une armée d'experts, de commerçants, de producteurs, voire de
chercheurs solidement documentés. Aujourd'hui, nous attendons avec confiance et
fermeté la suspension définitive de ce traitement non seulement sur les
tournesols, mais également sur toutes les autres semences concernées. Dans le
même temps, l'inquiétude grandit à nouveau car il semblerait que des produits
similaires commercialisés par d'autres firmes, commencent à avoir le même
effet... Tout cela s'est traduit dans de nombreux départements par des
mortalités anormales, excessives, des absences significatives de récolte et
des populations d'abeilles réduites à l'état de poignées... Dans certaines
régions, non seulement la récolte est pratique-ment nulle, mais il faut
nourrir les abeilles comme il y a 15 ou 20 ans car les corps de ruches sont
totalement vides... Les fleurs n'ont pourtant pas manqué, même si les
conditions climatiques n'ont pas toujours été celles souhaitées.
Cette absence dans certaines régions de miel français va largement faciliter
la tâche des importateurs et permettra sans doute de mieux absorber les 30 000
tonnes du Mexique qui arrivent sur le marché européen avec des droits de
douane réduits. De même, l'abaissement significatif de ces droits, notamment
pour la Hongrie, devrait encourager cette tendance à l'importation massive.
Toutes les conditions sont réunies pour le déclenchement d'un grand mouvement
national des apiculteurs à l'image de ce qui avait été fait à Bruxelles,
puis répété de façon plus modeste, mais remarquable, au pied de la Tour
Eiffel. S'il faut en arriver là, amis lecteurs de l'Abeille de France, nous
espérons que vous participerez massivement.
Nombreux vous serez à ce rendez-vous qu'il ne faut pas manquer les 5, 6, 7 et 8 octobre, le XIIIe Congrès National de l'Apiculture Française organisé par le Syndicat Apicole de Lozère mais dont la gestion générale est confiée à l'Union Nationale de l'Apiculture Française. C'est un accord tacite que nous avions passé voici de nombreuses années : chaque Syndicat National organise tous les deux ans cette manifestation à laquelle nous vous invitons de nouveau à participer, ne serait ce qu'une journée...
Fin septembre, le Comité de Pilotage Apiculture se réunira pour faire le
point sur l'aide européenne déjà utilisée, et réfléchir également sur les
prochains dossiers. A ce jour et malgré les demandes unanimes de la filière
apicole, l'essentiel des crédits a été largement utilisé par les Organismes
publics. Faute de financement réel et suffisant de la part de l'autorité de
tutelle mais aussi des régions et des départements, les apiculteurs n'ont pas
pu mener à terme de nombreux projets. Ceux-ci n'étaient certes pas ambitieux
mais porteurs d'espoir et d'efficacité. Dans l'immédiat, nous invitons
vivement les apiculteurs professionnels et pluri-actifs qui souhaiteraient
s'équiper pour la transhumance à remplir le dossier paru dans nos colonnes et
de nous en adresser éventuellement un double. Attention à la date limite qui
agit comme un véritable couperet...
Autre manifestation pour la promotion de l'apiculture et qui s'inscrit dans le
temps : le Concours Général Agricole. Les dispositions particulières au
concours des produits apicoles sont parues dans le numéro de septembre 1999,
elles devraient paraître à nouveau dès le mois prochain. Dès à présent,
demandez le prélèvement des échantillons de miel et d'hydromel auprès de
votre Direction Départementale de la Concurrence.
La rentrée apicole est elle aussi au rendez-vous, elle ne sera sans doute pas
facile, mais les difficultés rencontrées ne font que renforcer nos
convictions.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°861
Le XXIe siècle sera génétique ou pas !
L'annonce par le consortium international public Human
Génome Project (HGP) du séquençage de 90 % du génome humain dont 20 à 30 %
le sont à titre définitif, fait apparaître CELERA GENOMICS, société privée
comme la véritable grande gagnante avec 98 % de décryptage des 30 000 gènes
humains recensés.
La démarche scientifique conduisant au séquençage du génome humain, des
êtres vivants, des abeilles est inscrite dans l'histoire. Elle ouvre des
"abîmes de réflexions éthiques" comme le souligne le Pr D. COHEN.
Elle suscite anxiété et résistance mais elle est porteuse d'avenir. S'y
opposer est un manque de clairvoyance et la preuve d'un conservatisme borné par
l'angoisse de la nouveauté.
La maîtrise du vivant est l'avenir de l'homme. Connaître, comprendre,
exploiter dans l'intérêt général au bénéfice de certains est la base de
l'entreprise. La réussite de ceux qui osent et aboutissent dans leur démarche
leur donne gloire, puissance et prospérité. Il est impensable d'endiguer cette
loi fondamentale source de progrès et de bénéfices considérables. Des enjeux
astronomiques sont liés au contrôle de la connaissance des mécanismes de la
vie. La maîtrise et la correction des anomalies tant médicales que
comportementales ouvrent des perspectives extraordinaires dans les domaines
biologiques, politiques, financiers, éthiques, religieux.
"La brevetabilité du génome est une question symbolique" (D. COHEN).
Un brevet est lié à une invention. Inventer, c'est faire appel à la
créativité, c'est-à-dire défricher un terrain inconnu et aboutir à une
idée originale ou un produit doté de propriétés nouvelles. Il convient donc
de prévenir toute possibilité de breveter la découverte d'un gène mais de
permettre des dépôts de brevets dans l'application diagnostique ou
thérapeutique. En fait, trois grands principes sont à respecter : la
non-commercialisation du corps humain, le libre accès à la connaissance du
gène et le partage de cette connaissance. Cette position est conforme à
l'éthique comme l'ont rappelé récemment le Pr. J. DAUSSET prix Nobel et Pr.
F. RAPAPORT.
La notion du principe de précaution appliquée aux biotechnologies devra faire
l'objet d'une définition claire ce qui est loin d'être le cas. Cette
définition est nécessaire pour que le législateur puisse l'inscrire dans tous
les processus de décision autorisant ou prohibant le recours aux techniques
liées à la génétique.
Si les procédés de biotechnologies respectent toutes les règles d'étiques
définies par les conventions internationales sur les droits de l'homme, les
produits issus ou dérivés de ces techniques, devraient être identifiés par
un label qui permettrait de les distinguer de ceux qui ne respectent pas cette
démarche.
Déposer un brevet sur du matériel vivant ou sur des séquences de gènes peut
choquer et doit conduire des politiques éminents en Europe et aux U.S.A. à
s'opposer à cette pratique.
Le Président J. CHIRAC a saisi le 30 juin le Président de la Commission
Européenne du problème posé par la directive de 1998 sur les inventions
biotechnologiques "afin d'en écarter toute possibilité de breveter la
découverte d'un gène qui ne serait pas prolongé par l'identification de ses
fonctions et par l'invention d'une application thérapeutique ou
diagnostique" (AFP 01/07/00).
Le moratoire et la renégociation de l'article 5 de la directive européenne ont
un caractère d'urgence. En effet, la directive qui autorise le dépôt d'un
brevet pour tout élément du corps humain isolé de son milieu et produit
techniquement peut entrer en vigueur dès le 07 juillet 2000. Les futures
applications médicales selon l'avis des spécialistes sont envisageables à
moyen terme, c'est-à-dire pas avant cinq ans, voire dix ans et plus pour les
pessimistes.
Ce qui est vrai pour l'homme doit être étendu aux espèces vivantes
végétales et animales pour les protéger de nos errements et garantir leur
pérennité par la création d'un conservatoire génétique universel. Les
applications de la génétique à l'apiculture sont fascinantes mais le haut
degré d'évolution de l'abeille justifie une éthique comparable à celle
appliquée à l'espèce humaine !
Bonnes vacances.
Docteur Becker
Editorial
n°860
Nuages et éclaircie
Six cents hectares de colza de printemps contaminés par des
O.G.M. génèrent une certaine émotion dans les milieux agricoles, le grand
public et bien évidemment chez les apiculteurs. Le colza génétiquement
modifié n'est pas toléré en France mais surtout cette affaire révèle des
problèmes de dysfonctionnements dans l'assurance des graines certifiées et
importées. Certes 600 hectares par rapport aux 200 000 hectares de colza semés
sur le territoire français représentent une quantité anecdotique d'autant que
la contamination mesurée sur les semences est inférieure à 1 %. Enfin, il est
précisé que la variété en cause "mâle stérile" ne pose pas de
problème de dissémination.
Sur ce point particulier, nous voudrions rappeler l'action entreprise par
Protection des Plantes et de l'Environnement avec le concours de l'Abeille de
France ainsi que le financement des travaux d'un Chercheur sur les conséquences
de la fécondation par le pollen de colza transgénique des autres crucifères
dans l'environnement immédiat. Nous nous souvenons des réserves émises par
l'intéressée, puis l'année suivante par son élève. Que sont devenus ces
travaux importants, quelle utilisation en a été faite ?
L'introduction des colzas transgéniques sur les populations d'abeilles serait
sans conséquence sur leur comportement. C'est du moins le résultat annoncé en
France à la suite de récentes recherches. Or voici quelques temps, une revue
scientifique affirmait à partir d'études réalisées Outre-Atlantique que la
durée de vie de nos butineuses serait abrégée de 15 jours. Où est la
vérité ?
Le colza est sous les projecteurs de l'actualité. Mais n'oublions pas pour
autant les traitements sur tournesol et maïs et les effets secondaires qui
semblent se confirmer. Il existe aussi les problèmes rencontrés par les
mélanges de produits appliqués sans respect des consignes et sans
discernement.
Le législateur a bien du travail en perspective à la fois pour réviser les
méthodes d'homologation des produits mais aussi pour élaborer des textes qui
interdisent les dérives actuelles. Produire plus et à moindre coût est certes
louable lorsqu'on sait combien le monde a faim mais pas n'importe comment au nom
de la rentabilité exclusive...
Autre préoccupation pour les apiculteurs européens avec l'accord obtenu
récemment sur la Directive miel. Celle-ci devrait être officielle dans
quelques semaines puisque adoptée à la fin du mois de mai. Parmi les
satisfactions à inscrire à l'actif de la démarche de l'ensemble du monde
apicole et sous réserve qu'en dernière minute, certaines dispositions n'aient
pas été légèrement modifiées, nous pouvons vous apporter les précisions
suivantes. L'appellation des mélanges de miel est clarifiée, nous pourrons
reconnaître ceux de miels de pays de la Communauté, ceux de pays non membres
ainsi que les mélanges des deux à la fois.
Pour les miels filtrés, la France a obtenu qu'un considérant en interdise
explicitement le mélange avec des miels d'origine, ainsi que l'obligation
d'indiquer "miel filtré" dans le commerce de vrac.
Le miel destiné à un usage industriel sera vendu comme tel avec une mention
supplémentaire "destiné à la cuisson". Il pourra dans ce cas être
remis, exclusivement avec ces mentions en langue française, au consommateur
final.
La demande essentielle, à savoir le pays d'origine où le miel a été
récolté devient obligatoire.
Nous vous proposerons prochainement dans nos pages l'intégralité de Directive.
Celle-ci s'appliquera bien sûr à tous les États membres de Communauté.
Ainsi va l'actualité apicole ponctuée de craintes, d'espoir mais aussi de
réconfort.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°859
Droit de savoir ou mercantilisme ?
M. François HUWART, Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur du
gouvernement français, a affirmé le "principe de précaution" en
matière alimentaire lors de l’ouverture de la réunion du 11 avril 2000 à
Paris du Codex Alimentarius, organisme de la FAO (Food and Agriculture
Organisation) et de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) dépendants de
l’ONU. Le Codex est chargé de définir les normes alimentaires
mondiales.
La France y défend "la nécessité de protéger la population lorsqu’apparaît
l’éventualité d’un risque inacceptable pour la santé" en particulier
lorsque, pour un produit, "les données scientifiques sont incomplètes ou
controversées".
La responsabilité des 165 états membres de l’organisation est lourde. La
difficile discussion porte sur la reconnaissance dans les principes généraux
gouvernant le Codex de deux concepts défendus par l’Union Européenne
et particulièrement par la France. Ces deux principes fondamentaux pour nous
sont le "principe de précaution" et le "droit de savoir des
consommateurs". Ce principe de précaution s’est heurté à la position
de pays en voie de développement qui y voient une forme de protectionnisme des
pays développés et de l’Union Européenne en particulier. Les USA
considèrent que les incertitudes scientifiques sont déjà prises en compte.
Ils craignent que la reconnaissance du principe de précaution utilisé à des
fins politiques ne mène certains pays à des positions trop rigides dans les
négociations internationales commerciales où leurs propres intérêts sont en
jeu... L’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) reconnaît les normes fixées
par le Codex en matière d’étiquetage, additifs alimentaires,
hygiène, inspection ... Mais l’OMC a utilisé les normes définies en 1995
pour condamner la position de précaution vis à vis de la viande hormonée
nord-américaine à la demande des USA... Si les bénéfices d’une
mondialisation sont réels et évidents pour le consommateur, ils ne doivent pas
aboutir non plus à "contraindre les pays à se plier au moins-disant
sanitaire". Dans un contexte difficile, avec l’apparition d’OGM
alimentaires (Organismes Génétiquement Modifiés) plus ou moins camouflés, il
est clair que les consommateurs n’accepteront pas des critères scientifiques
qu’ils soupçonneront être porteurs de choix économiques, sociaux et
politiques implicites, voire contraire à l’idée qu’ils se font de la
qualité.
Ce qui est vrai pour tous les produits alimentaires doit l’être pour notre
miel. La décision de transférer du titre III "produits industriels"
au titre VI "produits agricoles" est un pas nécessaire et évident
dans la lutte pour la transparence et de droit à une information juste du
consommateur. C’est une obligation d’unité pour l’apiculture française
dans cette lutte formidable d’intérêts. Nos querelles de préséance, nos
divisions, nos conflits judiciaires ne font qu’affaiblir la position de notre
apiculture et de notre pays.
Faut-il comme à BYZANCE discuter du sexe des anges pendant que notre
destin se joue ailleurs ?
L’écroulement de nos murailles, la futilité de disputes absurdes et le
gaspillage de ressources et de moyens déjà très limités de nos organisations
apicoles, l’absence de vision d’ensemble stratégique de certains
(ir)responsables demandent une révolution des esprits à la hauteur de l’enjeu.
Docteur Becker
Editorial
n°858
Réunion, quand tu nous tiens...
Tel un essaim de butineuses, les structures apicoles
françaises volent de réunion en réunion pour l’amélioration de l’apiculture
européenne et française, tout au moins osons-nous l’espérer ? Pour le
moment, si tous les objectifs ne sont pas atteints, les motifs de satisfaction
dominent.
La Directive miel ne sera plus traitée par la Direction Générale de l’Industrie
mais par la Direction Générale de l’Agriculture. C’était une très
ancienne revendication du groupe de travail du COPA-COGECA. A propos de cette
Directive, un certain nombre de démarches ont été accomplies et lors de la
dernière réunion du groupe permanent, il a pu être notamment débattu à
propos de l’origine des mélanges, du texte pour l’étiquetage, du miel à
usage industriel... sujets précédemment abordés lors de la réunion du Codex
Alimentarius dont vous trouverez le
compte-rendu officiel dans ce numéro.
L’aide européenne, pour l’année 2001, était à l’ordre du jour du
dernier comité de pilotage. Il faut en effet savoir que les projets sont
examinés longtemps à l’avance afin de permettre l’établissement de
conventions suffisamment tôt entre tous les partenaires. Nous retiendrons de
cette dernière réunion un consensus général autour des dossiers d’assistance
technique, de lutte contre la varroase, de rationalisation de la transhumance, d’analyses
des miels et de recherches sur la qualité de ceux-ci, en particulier l’adultération
et les effets des produits phytosanitaires.
A propos de la transhumance, pratiquement tous les dossiers ont été acceptés
depuis deux années. Plusieurs centaines ont été validés et le pourcentage de
l’aide a pu être maintenu à 40 % du montant de l’investissement hors taxe.
Dossier analyses des miels : aux quatre laboratoires agréés, s’en est
ajouté un cinquième plus spécialement équipé pour des analyses très fines
et peut-être un sixième dont la demande a été accueillie favorablement par
le dernier comité de pilotage.
Autre dossier brûlant : les contrats territoriaux d’exploitation dans
lesquels l’apiculture a sa place. N’est-elle pas un secteur de l’agriculture
dont les fonctions principales sont l’activité économique et le
développement rural, la production de miel et d’autres produits de la ruche,
la contribution à l’équilibre écologique ? Plusieurs réunions ont permis l’élaboration
d’un projet. Celui-ci se concrétisera par une fiche dont la finalité est de
s’assurer du maintien du cheptel sur l’ensemble du territoire français et
répond aux objectifs agri-environnementaux de la C.E. Il restera que cette
disposition doit être officialisée par une circulaire d’application émanant
du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de la Forêt. Affaire à
suivre donc pour laquelle le monde apicole est relativement optimiste.
Autre situation plus préoccupante cette fois-ci : elle concerne bien
évidemment le traitement des graines de tournesol. Pour cette année, la
Commission des Toxiques ne se réunissant qu’en Juin, la logique voudrait qu’il
n’y ait pas de tournesol traité. Mais entre-temps, cette Commission des
Toxiques se sera réunie début avril pour examiner les dossiers de la nouvelle
préparation Gaucho-maïs et de la nouvelle préparation et d’extension d’usage
Gaucho 600 FS à base d’imidaclopride. Toujours à propos de cette molécule,
il convient d’observer que les Etats-Unis sont très attentifs et écoutent ce
qui se passe en Europe tandis qu’au Portugal le traitement des semences est
interdit.
Autre souci à propos duquel nous espérons que les recherches en cours
notamment par le CNRS d’Orléans nous permettront de desserrer l’étau : la
varroase. Les produits existants et bénéficiant d’une A.M.M. n’ont plus ou
n’ont pas les performances attendues et même si un nouveau produit sous forme
de gel obtient son autorisation en juin, ce n’est pas pour autant que nous
aurons à notre disposition des moyens totalement efficaces pour venir à bout
de cet acarien. Le Comité de Pilotage ne s’y est pas trompé et a accepté le
financement de projets parfois ambitieux et coûteux mais pour lesquels il peut
espérer une issue favorable et durable.
L’apiculture a de bonnes raisons d’être plutôt satisfaite sans pour autant
être euphorique à propos des semaines qu’elle vient de vivre et au travers
desquelles elle a tout lieu d’espérer un avenir meilleur.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°857
Vigilance
La Commission Européenne dans un "livre blanc" publié ces
jours s'est prononcée en faveur de la création d'une autorité indépendante
de la sécurité alimentaire.
"L'Union européenne doit restaurer la confiance de l'opinion publique dans
son approvisionnement alimentaire, sa science alimentaire, sa législation
alimentaire et ses contrôles alimentaires" peut-on lire dans une
déclaration publiée à Bruxelles. Il faut reconnaître que selon les experts
"d'inquiétantes faiblesses" ont été mises à jour à la suite de
crises successives. Il faut trouver des solutions non seulement pour rassurer
les consommateurs mais aussi pour asseoir la crédibilité des produits vendus
sur le marché et assurer finalement la pérennité du grand marché unique
européen. Le document apprend que "des changements structurels majeurs
sont nécessaires dans la manière dont les questions de sécurité alimentaire
sont traitées". Le commissaire chargé de la protection des consommateurs
David BYRNE aura fort à faire pour arriver à mettre de l'ordre dans les
différentes législations des pays de l'Union. Il suffit de regarder le dernier
épisode français en cours pour s'apercevoir de la difficulté de la tâche.
Entre la D.G.C.C.R.F. (Direction Générale de la Concurrence, de la
Consommation et de la Répression des Fraudes), l'I.V.S. (Institut de Veille
Sanitaire), les intervenants des Ministères de l'Agriculture, de l'Industrie,
les Laboratoires variés... la coordination au sein d'un gouvernement n'est
déjà pas chose aisée. Ajouter à cela la pression des médias toujours à
l'affût de sensationnalisme et le bouillon est prêt à tous les dérapages. Il
est très facile de "faire un tabac" en enfourchant les chevaux de la
défiance. A propos du tabac, des vins et de l'alcool et des abus de leur
consommation responsables de plus de 100 000 morts par an, soit près de 300
morts par jour, où sont les médias ?
Les moyens audiovisuels par leurs actions de surinformation ou même de désinformation arrivent au nom même de la liberté d'information à provoquer des mouvements de masse qui mettent en danger l'avenir des professionnels et des producteurs agro-alimentaires.
La mort par la "mal-bouffe" est certes une vérité
historique. Malgré ESB, Dioxine, Listéria, staphylocoques et autres... jamais
la nourriture contemporaine n'a été aussi saine sur le marché.
Le miel est une des seules denrées alimentaires où la législation existante
tant française qu'européenne est trop souvent contournée dans des fraudes
d'Etat. Des produits d'importation frelatés ou non conformes circulent malgré
nous. Toute la profession le dit et le fait savoir par les moyens à sa
disposition. Où en est la D.G.C.C.R.F. à propos de ces fraudes ? Que fait la
Commission de Bruxelles pourtant avertie par les organisations de producteurs
soucieux de la qualité ? Pour quel résultat ? Deux poids, deux mesures... ?
Docteur Becker
Editorial
n°856
Ambiance
Nous voudrions tout d’abord remercier toutes celles et tous ceux
qui nous ont adressé leurs vœux.
Nous nous sommes efforcés de répondre individuellement : tâche ardue mais
plaisir complet.
Nous avons souhaité marquer à notre façon, par un numéro spécial et
exceptionnel, le passage à l’an 2000. Hélas, nous ne pourrons pas faire
ainsi chaque mois et nous revenons pour les mois à venir à notre formule
traditionnelle. Nous réfléchissons à une refonte complète de notre revue
pour 2001 et nous attendons vos suggestions et vos conseils.
Face à la tempête et à ses conséquences, nous avons mobilisé nos moyens
humains et matériels, trois quarts des dossiers sont actuellement en cours de
règlement.
Et pour l’Apiculture Française maintenant, que se passe-t-il ?
Le Conseil d’Etat vient de donner raison à Monsieur le Ministre de l’Agriculture.
Le retrait provisoire de l’autorisation de mise sur le marché du traitement
Gaucho sur Tournesol est justifié. Il faut attendre maintenant la décision de
la commission des toxiques, mi-mars, pour connaître ensuite la position du
Ministère de l’Agriculture. Il sera alors difficile d’utiliser
éventuellement des semences traitées en raison du délai de fabrication de
celles-ci. L’apiculture aura vraisemblablement encore un an de répit pour
étayer son dossier.
L’Aide Européenne à la transhumance en particulier fera l’objet d’une
prochaine réunion de concertation. Votre revue de janvier vous a permis de
peaufiner votre dossier. Fin mars se décideront également les projets 2001.
Formulons le souhait que le cofinancement soit substantiel.
Dernièrement, une démarche commune des structures syndicales et associatives a
permis de déposer un projet dans le cadre des contrats territoriaux d’exploitation.
S’il est accepté au niveau national puis européen, il répondra en grande
partie aux préoccupations du moment : varroa, produits phytosanitaires et
handicaps naturels des zones de montagne.
Ambiance au beau fixe ... Méfions-nous tout de même des caprices de la
météo.
Y. VEDRENNE
Editorial
n°855
Oser toujours, Céder parfois, Renoncer
jamais
Dossier Des mois durant, le passage à l'an 2000 était annoncé
comme une apothéose du genre. C'était en quelque sorte le couronnement de la
civilisation moderne. Puis brusquement, après que les folies de la météo
aient paralysé le pays aussi sûrement qu'une informatique défaillante, le
bogue de Dame Nature a achevé de démystifier l'événement.
Au-delà de nos vœux traditionnels exprimés dans notre page précédente et en
ces temps d'épreuves, nous avons une pensée particulière pour tous ceux qui
n'ont pu passer normalement les fêtes de fin d'année, pour tous ceux de nos
apiculteurs dont les exploitations mêmes modestes ont été plus ou moins
atteintes par la tempête et l'eau. A eux plus spécialement, que nos vœux leur
parviennent comme un message d'amitié, de réconfort et d'espérance ...
Nous aurons aussi une pensée pour tous nos collègues et tous les citoyens
victimes de la marée noire, un autre fléau qu'il était sans doute plus facile
de maîtriser que les folies de la météo.
En ces moments difficiles, l'Abeille de France et ses services, bien que
partiellement en congés, ont montré qu'ils étaient capables de vous apporter
les premières informations pour vous aider dans votre détresse. N'oublions pas
non plus la solidarité et le dévouement qui se sont déployés autour des plus
malchanceux d'entre nous. C'est rassurant pour l'avenir, même si la tempête
n'a pas pour autant balayé l'individualisme croissant qui marque notre
Société en cette fin de siècle.
Bon nombre d'apiculteurs ont connu la révolution industrielle. Devront-ils en
cette fin de siècle s'approprier l'ère des nouvelles technologies ? Un
changement qui ne sera pas sans conséquence sur le devenir de nos métiers, de
l'apiculture en particulier et plus largement sur le fonctionnement et
l'organisation de notre Société. Toutefois, les événements récents viennent
de nous rappeler la fragilité de nos modes d'organisation.
La nature a toujours le dernier mot et notre développement ne doit pas se faire
au détriment de celle-ci comme en témoignent ces dernières décennies partout
dans le monde.
Une année nous est donnée avant le passage au XXIe siècle. Sachons l'utiliser
pour faire concrètement émerger nos soucis comme nos attentes dans les
domaines de l'aide européenne, la directive et la toilette du Codex
alimentarius mais aussi dans la lutte entreprise, avec conviction et
fermeté, à propos de la commercialisation et de l'utilisation de tous ces
produits qui agressent l'environnement, mettent en péril nos abeilles et le
métier d'apiculteur.
Ensemble, efforçons-nous d'aimer et d'apprendre ce monde difficile, porteur de
tous nos possibles.
| Pour
le SNA le Président Y. VEDRENNE |
Pour
l’Abeille de France la Gérante V. CHONG WING |
Editoriaux des numéros de l'année
1999
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| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2003 |
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