Anciens éditoriaux 1998
Editorial n°843
Entre savoir et décision
La complexité croissante des problèmes liés à l’environnement, les incertitudes qui pèsent sur les connaissances à un moment donné justifient qu’en cas de doute, le principe de précaution prévaille. Depuis plusieurs années et depuis plusieurs mois en particulier, les apiculteurs ne demandaient rien d’autre avec l’apparition des dépopulations d’abeilles dans les ruches à la floraison des tournesols.
Depuis plusieurs mois, de nombreuses expériences tous azimuts ont été réalisées et dans quelques jours les experts de la Commission des Toxiques déposeront leurs conclusions après avoir pris connaissance d’un volumineux rapport. La décision finale appartiendra au Ministre de l’Agriculture. Au cours d’une ultime réunion, la filière apicole a exprimé une opinion minoritaire et nous avons eu comme l’impression que ses propos agaçaient. Aussi a-t-elle décidé de développer ses arguments au niveau des deux Ministères concernés : l’Environnement et l’Agriculture. Toute la filière apicole remercie d’ailleurs les conseillers techniques qui l’ont accueillie, écoutée...
Nous avons appris à cette occasion, qu’une démarche analogue avait été effectuée par le fabricant. Un certain nombre d’observations méritaient une attention toute particulière et le monde apicole s’est efforcé de reposer les problèmes de la rémanence du produit dans le sol, de l’apparente contradiction entre les disparitions d’abeilles et les chutes de miellées sur les sites Gaucho et les autres, des comptages des butineuses à propos desquels les appareils ont posé problème, de la nature et de la toxicité des pollens récoltés, des analyses et des expériences de l’INRA de Bures et de Montfavet à la suite desquelles certaines constatations se sont montrées révélatrices. La délégation constituée a également évoqué les expérimentations et les constats effectués en-dehors du projet officiel.
Souhaitons maintenant que l’ensemble soit examiné dans son intégralité.
Entre choix et décision
Cette année encore, c’est le grand choix. Nous avons consacré plusieurs pages de notre revue pour vous proposer livres, coffrets, affiches susceptibles de se transformer en cadeaux pour un apiculteur, un ami, un proche et pourquoi pas vous-même.
Mais nous avons voulu aller plus loin et nous associer financièrement à votre projet. Ainsi, vous pourrez offrir éventuellement trois mois d’abonnement gratuits à un apiculteur, un ami de la nature qui ne nous connaît pas encore. La décision vous appartient. Nous l’interpréterons comme étant porteuse d’un message d’amitié : l’amitié par le livre, une idée comme une autre ...
BONNES FÊTES À TOUS.
Le Conseil d’Administration du S.N.A. et son Président
Y. VEDRENNE
Editorial
n°842
Contacts..
Un congrès chasse l'autre : après le national, l'international dès l'année prochaine à VANCOUVER au Canada. Dans quelques temps, nous vous apporterons les informations nécessaires pour y participer. Mais déjà il vous faut songer aux manifestations nationales intermédiaires qui vont mobiliser les apiculteurs et leurs dirigeants et aussi les médias : Journées de Saint-Faust, Université d'Automne, Congrès annuels de la FNOSAD et du SPMF, Assemblée Générale du S.N.A., Concours Général Agricole ...
Nul doute qu'en se rappelant régulièrement à l'attention des médias, nous contribuons à une meilleure connaissance de l'apiculture et des produits de la ruche ...
Ce XII° Congrès de DIJON aura été aux dires des participants, comme les vendanges de cette année, un bon cru. L'Abeille de France et le S.N.A., en tant qu'organisateurs, remercient bien sincèrement les apiculteurs, les exposants, les conférenciers, les délégations étrangères, l'ensemble de la Direction et du Personnel du Parc des Expositions. Chacun aura pu constater et apprécier la participation des Ministères de l'Agriculture et de l'Environnement, l'intervention de la Direction des Productions Hors Sol ainsi que celles des élus locaux et régionaux qui ont montré leur intérêt pour notre cause. Celui-ci s'est d'ailleurs manifesté par des subventions, certes modestes qui atténueront néanmoins le déficit important que nous avons enregistré. En effet, toutes les prestations fournies par notre intermédiaire ont été faites à prix coûtant aux apiculteurs comme aux exposants.
Comme d'habitude, l'ensemble de la filière apicole avait été invitée et a effectivement participé. Une bonne image de marque qui n'a échappé à personne, qui a quelquefois surpris, mais qui depuis quelques jours est un peu ternie : nous venons d'apprendre qu'un pourvoi en Cassation provenant de l'un des trois syndicats nationaux allait mobiliser l'énergie des deux autres .Nous pensions le dialogue rétabli, nous y avions contribué dans la plus grande discrétion et nous ne comprenons pas tout-à-fait cet acharnement...
Dans quelques jours, nous serons fixés sur les intentions des différents Ministères à propos de "l'affaire Tournesol". Bien qu'il ne nous soit pas loisible de vous en parler, nous nous permettons quand même d'attirer l'attention de toutes les parties concernées sur la complexité du problème, en particulier sur des réactions, des comportements, des effets secondaires que certaines expériences ont révélés et qu'il était difficile d'imaginer au départ ... Nous retiendrons une seule leçon, à savoir la nécessité absolue de revoir les modalités d'agrément pour l'autorisation provisoire de vente des insecticides, pesticides et herbicides. Il y a en réalité à partir des observations faites et interprétées, un vrai problème.
Le dossier des jachères refait surface. Nous avions sollicité une puissante Fédération Agricole à laquelle nous adhérons, pour l'examen de notre projet. Depuis des mois, voire plus d'une année, le Président ne daigne même pas réunir la commission spécialisée. Le mouvement apicole français doit-il encore faire confiance à cette Fédération ? Doit-il encore payer des cotisations représentant plusieurs dizaines de milliers de Francs ?
L'aide communautaire maintenant : pour les organismes publics avec un projet, cela ne semble pas poser de problèmes à partir du moment où il y a un cofinancement. Elle est en quelque sorte une aide au fonctionnement des laboratoires intéressés par l'apiculture. L'intérêt est même venu d'Organismes que nous ne soupçonnions pas ... Quant à la mise en place des aides à quatre Laboratoires et la prise en compte pour les apiculteurs d'une partie du montant des analyses, le dossier avance lentement et sûrement et c'est à peu près, pour le moment, le seul point positif.
Jusqu'à l'heure, il a été souvent débattu des procédures pour accéder à ces aides. Nous avons certes essayé de privilégier la teneur, l'utilité, le contenu des projets, mais c'est la logique inverse qui a prévalu. Et comme le syndicalisme n'a pas vraiment donné l'impression de sortir de son individualisme, il eut été utopique de croire à la réalisation immédiate de toutes nos espérances.
C'est le temps des réunions, des assemblées générales, c'est le temps de la réflexion. Apiculteurs de la base, n'hésitez pas au cours de ces rencontres, à rédiger motions, catalogues de revendications, projets pour votre département ou votre région... et à nous les transmettre. Nous les utiliserons comme instruments de réflexion pour nos concertations au niveau national, mais également comme supports lors de nos entretiens avec les Administrations concernées par le maintien sous toutes ses formes, de l'activité apicole en France...
Y. VEDRENNE
Dernière minute :
Madame Simone L'HOTE, Présidente d'Honneur du S.N.A. et du Miel de la Montagne Vosgienne a été conduite à sa dernière demeure le mardi 3 novembre. L'Abeille de France, le S.N.A., les apiculteurs Vosgiens adressent à ses proches et amis leurs très respectueuses condoléances.
Editorial
n°841
A petits pas...
Le Comité de Pilotage, chargé de suivre les études concernant l’insecticide systémique utilisé en traitement des semences du tournesol, s’est réuni le 17 septembre. Les Syndicats nationaux étaient bien sûr présents, notamment deux représentants du Syndicat National d’Apiculture. Chacun a pu prendre connaissance des résultats préliminaires des travaux en laboratoires, sous tunnels et en plein champ. Ceux-ci doivent être complétés par les résultats d’analyses des résidus annoncés pour ce mois-ci. Le prochain Comité de Pilotage aura lieu le 6 novembre. Un expert présentera un rapport de synthèse préalablement soumis au Comité pour avis et remarques. Il ne restera plus au monde apicole qu’à attendre la décision concernant le maintien éventuel sur le marché de cet insecticide. De leur côté, l’Abeille de France et le SNA ont réalisé un certain nombre d’expériences : mention bien aux départements 10, 37, 53 et mention très bien au département de la Vienne pour un travail individuel. Nous aussi, nous attendons maintenant les résultats de nos analyses. Tout sera peut-être contesté car, hors du cadre officiel, mais nous aurons au moins des éléments de comparaison.
La défense de nos abeilles va de pair avec celle de la qualité de leurs produits : second rôle et d’importance que chacun doit s’efforcer de tenir. L’aide à l’équipement pour quatre laboratoires cette année, la prise en charge d’une partie des analyses des apiculteurs sont deux moteurs auxiliaires à faire « tourner ».
Nous vous encourageons donc à faire procéder à l’analyse de vos miels. Nous vous invitons à participer au Concours Général Agricole, catégorie miel et hydromel. Nous vous demandons d’organiser des concours départementaux et régionaux, des foires au miel et pour ces dernières situations, n’oubliez pas qu’il existe à votre journal, à Promomiel et au SNA, un assortiment de matériel publicitaire d’un coût modeste. Certes, pour 1998, les récoltes restent irrégulières. Néanmoins, une opportunité se présente qui va dans le sens d’une meilleure information du consommateur et de l’apiculteur, il ne faut pas la laisser passer...
Dans quelques jours, le Comité Permanent de l’Agriculture Biologique se réunira à Bruxelles en vue d’élaborer un règlement européen. Si la terminologie « miel biologique » est impropre, rien apparemment ne pourra s’opposer à ce que l’on fasse référence à un mode de production sous la forme « Miel produit de l’apiculture biologique ». Sur ce projet, le groupe de travail « Miel » du COPA, notamment lors de l’avant-dernière réunion en Espagne, n’avait pu se mettre d’accord. Le législateur risque de faire le ménage à sa façon. Pour contrer cette éventualité, un certain nombre de structures nationales, un représentant du SNA, ont choisi de se concerter et de réfléchir ensemble. Cette démarche arrive un peu tard...
Octobre, novembre, mois propices à la vente du miel : un carnet de recettes, un dépliant pour l’enfant qui accompagne sa maman, une petite mallette de jeux pour les meilleurs acheteurs... vous trouverez tout cela à votre journal et à notre siège. Consultez-nous...
Y. VEDRENNE
Editorial
n°840
Un grand moment
C’est en effet un grand moment de la vie apicole, tous les deux ans, la tenue du Congrès National de l’Apiculture Française. Organisées alternativement par l’UNAF qui a eu l’honneur du premier Congrès et le S.N.A. avec la participation de l’Abeille de France pour cette 12ème édition, ces manifestations drainent un public d’apiculteurs intéressés et participant massivement. Chacun se souvient du Congrès de Bourg-en-Bresse où nous nous sommes comptés par milliers ...
Nous espérons donc que les 2, 3 et 4 octobre à DIJON, nous réussirons à faire mieux encore. Comme à chaque fois que l’organisation nous en incombe, nous avons souhaité que toute la filière apicole soit présente, celle-là même qui se retrouve autour de la table des négociations pour l’aide européenne, le problème tournesol, l’association PROMO MIEL et les démarches communes auprès des Ministères, ceux de l’Agriculture et de l’Environnement en particulier. Le programme exposé en détail à l’intérieur de ces pages témoigne de notre souci d’intéresser un maximum d’apiculteurs mais aussi le grand public. Trois axes ont été retenus :
a) celui de l’information et de la formation des dirigeants départementaux apicoles avec des séances qui leur sont plus spécialement consacrées sur des thèmes afférents à la gestion proprement dite de leur structure départementale ou régionale.
b) une série de conférences destinées à l’ensemble des apiculteurs afin de les aider dans la conduite de leurs ruches, mais aussi de les informer des démarches et recherches entreprises non seulement pour une amélioration des pratiques apicoles mais aussi pour une protection de l’environnement des abeilles et au-delà de l’homme en particulier. Madame le Ministre ne s’y est pas trompée, qui rappelons-le nous a beaucoup aidés financièrement en alimentant pour un sixième le budget des expérimentations tournesol . Ses Services nous ont promis d’être à la fois à l’ouverture officielle et présents durant toute la manifestation.
c) enfin le grand public et les consommateurs en particulier n’ont pas été oubliés. Un certain nombre de nos travaux leur seront consacrés, l’accès en étant totalement libre et gratuit. Une grande première selon les responsables du Palais des Congrès de DIJON.
Nous n’avons bien sûr pas ménagé nos efforts pour qu’une exposition de matériel et de produits de la ruche, exposition ouverte à tous, se tienne en même temps que les conférences. Nous remercions d’ailleurs tous les annonceurs des revues apicoles, les fabricants de matériel et les apiculteurs qui ont accepté de participer. Nous vous permettrons également de faire connaissance peut-être de façon plus intime avec un certain nombre de chercheurs ou d’apiculteurs qui ont, ces dernières années, signé quelques ouvrages. Ils seront présents, à votre disposition ...
Nous avons voulu marquer cet événement en y ajoutant ce que nous appellerons un petit plus : outre les expositions itinérantes du S.N.A. et de l’Abeille de France qu’il vous sera possible d’admirer, nous avons obtenu du plus grand collectionneur européen, qu’il nous présente dans le grand hall un maximum de ruches anciennes récupérées çà et là au hasard de ses voyages dans les deux hémisphères, une curiosité à ne pas manquer !
Enfin, votre journal encourageant les arts et les lettres, vous pourrez admirer les sculptures et les bronzes qu’un artiste étranger, apiculteur, nous a réalisé. Vous y trouverez en particulier un chef-d’œuvre exécuté pour le 75ème anniversaire de votre magazine ainsi que d’autres œuvres qui partiront ensuite, pour quelques mois, au Musée APIMONDIA.
Le menu est connu, le décor est planté, toutes les bonnes volontés ont été mobilisées. Le succès devrait être au rendez-vous ...
A bientôt de nous rencontrer .
Le Conseil d’Administration du S.N.A. et son Président Y. VEDRENNE
Le Conseil d’Administration de l’Abeille de France et sa Gérante V. CHONG-WING
Dès maintenant, certains fournisseurs proposent de nous facturer dès le 1er janvier 1999 en euros jusqu’à cette date, ce sera une réalité pratique qui ne deviendra totalement effective qu’au XXIème siècle...
320 millions de consommateurs sont concernés dans une Europe où la stabilité économique et monétaire s’installe petit à petit. C’est une formidable réplique aux monnaies dominantes de l’économie mondiale : le dollar et le yen japonais. Pour autant, les agriculteurs et les apiculteurs en particulier y trouveront-ils quelques avantages ... ? Un premier constat s’impose : au-delà de la transparence des marchés, il va surtout falloir admettre et accepter la concurrence. Si celle-ci s’accompagne d’une uniformisation dans les domaines du social, de la fiscalité et du judiciaire, nous avons tout lieu d’être optimistes. Mais il ne faudrait pas que ce soit à terme un alignement vers le bas, en particulier, lors de l’arrivée de nouveaux membres, notamment les pays de l’Est, traditionnels fournisseurs de miel à des prix de vente où la main d’œuvre n’est que peu prise en compte. Retenons pour l’instant que cette monnaie unique nous semble être une étape fondamentale dans la mise en place d’une entité susceptible de jouer non pas le rôle de trouble-fête mais un rôle décisif au plan mondial.
En attendant, les apiculteurs pourront-ils continuer de produire du miel, en particulier les miels dominant le marché français : colza et tournesol.
La réforme de la politique agricole commune fait peser sur ces deux oléagineux une lourde menace. Lorsque nous examinons ce qu’il convient d’appeler le paquet Santer, nous observons une évolution des assolements au profit de la culture des céréales. Certaines sources autorisées, certaine revue spécialisée annoncent pour les dix prochaines années, une baisse effective de 30 % pour le colza, voire de 50 % pour le tournesol. Seule une demande mondiale exceptionnelle peut enrayer cette chute. Enfin, il ne faut pas oublier l’arrivée sur le marché de nouvelles hybrides ou de plantes génétiquement modifiées. La question reste posée du comportement de nos abeilles sur ces O.G.M. et surtout de la réaction de rejet possible du consommateur pour les miels issus de ces cultures. Il serait d’ailleurs souhaitable qu’au beau milieu de toutes ces directives qui pleuvent de Bruxelles, l’une d’elles au moins fasse très précisément le point et marque les obligations de chacun, en particulier des conditionneurs. Il n’existe apparemment pas de texte suffisamment contraignant pour que le consommateur puisse repérer, par rapport à un produit classique, le même produit issu de plantes génétiquement modifiées...
Mais l’Europe, c’est encore pour cette année un programme qui s’exprime en écus au profit de l’apiculture. Si le projet 97/98 avait plus ou moins recueilli l’assentiment à la fois des Services du Ministère de l’Agriculture et de l’ensemble de la filière apicole, c’est qu’une nécessaire période de rodage s’imposait. Pour la seconde année, un délai rapproché et une absence de concertation préalable ne nous ont pas permis de faire connaître nos souhaits pour le 15 mai, date de remise du projet initial, plus aucune modification n’étant possible après le 15 juin..
Nous aurons donc à examiner dans quelques jours, une proposition de l’Administration qui reconduit pratiquement les actions passées, qui ne laisse pas paraître d’effort financier nouveau au niveau du Ministère de l’Agriculture, à part l’aide à l’analyse des miels. Or dans l’esprit de tous et certains Etats membres s’y sont déjà fortement engagés, une partie de cette aide devrait être consacrée à l’assistance technique, à l’aide à la transhumance et à l’amélioration effective de la lutte contre la varroase, pourquoi pas par des aides directes aux apiculteurs.
C’est sans aucun doute ce que va réclamer la filière apicole au prochain Comité de Pilotage prévu à peine deux semaines avant la clôture définitive des dossiers. Aurons-nous gain de cause ?
Y. VEDRENNE
Abonnez-vous dès maintenant à l'Abeille
de France =>
![]()
| Réalisation : Gilles RATIA Mise à jour : 03/04/02 APISERVICES - Copyright © 1995-2003 |
Haut de la page |