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Falsification des miels
Partie n°5 (sur 5)


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21. NOTES SUR LA « SIMPLIFICATION » DE LA DIRECTIVE 74/409

Comme pour le chocolat, les autorités de l’Union Européenne ont décidé de « simplifier » la directive miel. Ce processus, entamé depuis plusieurs années, ne se déroule pas de manière très satisfaisante.

Direction Générale de l'Industrie ou Direction Générale de l'Agriculture ?

Pour d’obscures raisons historiques, le miel entre dans le champ de compétence de la D.G III, (Direction générale III, E.1. Rond Point Schumann 11 Bureau 3. 30. 1040 BRUXELLES, BELGIQUE)

Normalement, les produits agricoles non transformés (ce qui est le cas du miel) sont gérés par la DG VI (Direction Générale de l’agriculture).

C’est donc fort logiquement que les députés européens, les consommateurs, les administrations nationales et les apiculteurs ont demandé à de nombreuses reprises, que ce dossier revienne à la DG VI, qu’il n’aurait jamais dû quitter.

A ce jour, personne, à notre connaissance, n'a obtenu de réponse.

Ce débat n’est pas neutre et conditionne en grande partie tout le travail à effectuer sur la « simplification » de la directive.

En effet, soit le miel est un produit agricole (comme la poire, la salade ou le blé), et c’est bien à la DG VI de s’en occuper, soit c’est un produit industriel (comme les sirops de maïs, de canne à sucre ou de riz), et alors la DG III est bien légitime dans son rôle. Dans ce cas, une conclusion s’impose : ni les abeilles ni les apiculteurs ne servent plus à grand chose… quant au miel ? ? ?

Ce débat DG III/ DG VI n’est pas une exclusivité apicole.

Ainsi (voir « Le Canard Enchaîné n° 3936 du 3 avril 1996), un haut fonctionnaire résume l’affaire de « la vache folle » de la façon suivante :

« Il y a une dizaine d’années, le lobby des producteurs d’aliments pour bétail a obtenu de ne plus être contrôlé par la Direction de l’agriculture, mais par celle de l’industrie .» Ah bon, pourquoi ?.

Réponse du même expert : « Parce que la Direction de l’Agriculture les emmerdait trop avec des règlements sur les produits incorporés dans leurs fabrication. Ce n’est pas que nos collègues de l’industrie soient malhonnêtes, mais ce n’est pas leur boulot. Eux, à condition qu’on ne mette pas de vrais poisons dans la nourriture des bestiaux, du genre mercure ou plomb, ou qu’on n’enfume pas toute une région, ils laissent faire »

Pour le miel, la logique de la DGIII est la même.

A la double question préjudicielle,

Personne n’a, à ce jour, osé répondre par la négative.

Les discussions sur la « simplification » de la directive se sont donc limitées à un débat technique sur trois points majeurs et quelques détails (détails qui ont aussi leur importance…).

Les 3 points majeurs sont repris dans le courrier envoyé le 19 mars dernier par la FEEDM au secrétariat Général du conseil des Communautés Européennes. (F.E.E.D.M. Fédération Européenne des Emballeurs et Distributeurs de Miel, c’est-à-dire le Syndicat de tous les conditionneurs, français y compris).

Nous sommes totalement en désaccord avec la position de la FEEDM sur chacun de ces 3 points, pour les raisons développées ci-dessous.

1. LA LIMITE MAXIMUM LEGALE DE L’HMF AU STADE CONSOMMATEUR (actuellement fixée à 40 Mg/kg).

L’hydroxymethylfurfural (HMF) est un sucre de dégradation du fructose naturellement présent dans de nombreux produits et tout à fait anodin. Il existe naturellement dans tous les miels à la récolte à l’état de trace :

Ce taux augmente avec le chauffage et le vieillissement, et constitue donc un excellent « témoin de fraîcheur ».

Sauf pour les 3 ou 4 monofloraux particuliers, on peut considérer qu’un taux d’HMF

En conséquence, la limite de 40 mg/kg, autorisée par la directive actuelle, est tout à fait raisonnable et pourrait être même, à quelques exceptions près, légèrement baissée sans que cela ne constitue une gêne pour les conditionneurs.

Or, la FEEDM, demande de repousser cette limite maximum à 60 ou 80 mg/kg. Cela est totalement inacceptable. A ce niveau, tous les spécialistes indépendants pourront le confirmer, tout est bon : miel vieux et mal conservé, surchauffé, stocké pendant 6 mois en plein soleil dans les pires conditions, etc..

Il faut savoir que :

L’argumentation développée par la FEEDM est assez sournoise. Elle prétend, sans préciser le contexte expliqué ci-dessus bien entendu, que cette disposition est trop contraignante, alors que, une fois de plus, ce n’est qu’une question de prix. (En effet, sur le marché de gros, chaque lot est contrôlé. Avec l’analyse pollinique, l’humidité et l’HMF sont les deux principaux critères d’analyse. Plus il y a d’HMF ou d’humidité, moins le miel est cher, puisque, normalement il est destiné aux industriels sous appellation miel d’industrie ou de pâtisserie. Ainsi, chaque fois que l’on trouve un miel dépassant la limite d’HMF, ce n’est pas parce que la limite légale est trop basse mais uniquement parce que, dans la plus pure tradition des règles élémentaires de la concurrence déloyale, le conditionneur indélicat s’est fourni à bas prix avec une marchandise de second ou troisième choix.)

Le critère de l’HMF est un « pilier » de la qualité du miel, et, s’il doit être modifié, il faut l’abaisser et non l’augmenter.

Ceci dit, il serait bon de répondre à la question :

« En cas de non conformité, est-il utopique d’espérer une règle stricte, garantissant le retrait immédiat, pour la revente à l’industrie, de ce type de marchandise ? (c’est bien sûr tout le lot portant le même numéro qui est concerné) »

2. L’OBLIGATION DE L’INDICATION D’ORIGINE

Le miel est l’archétype du « produit de terroir ».

Chaque miel possède bien sûr les caractéristiques de la plante sur laquelle il a été butiné. Mais, comme pour le vin, selon la nature du sol, la même plante peut donner un miel d’un goût et d’une couleur très sensiblement différents d’une région à une autre. Il existe donc trois niveaux d’information qui doivent obligatoirement figurer sur l’étiquette :

La nature du produit

Pour ce qui nous concerne : Miel (c’est bien le moins !)

Ainsi le consommateur peut le distinguer d’un sirop d’érable, d’une confiture ou d’un autre produit.

L’origine florale

Chaque plante donne un fruit différent. Or le miel est un sous-produit de la plante. Chaque plante sécrète donc un miel particulier : goût, consistance, couleur, odeur, arôme, propriétés thérapeutiques, etc…

Pour que le consommateur soit correctement informé, l’indication de l’origine florale doit être obligatoire dans le cas des monofloraux.

Pour les polyfloraux, qui constituent l’essentiel des volumes, il ne manque pas de vocabulaire pour indiquer clairement qu’il s’agit d’une origine multiflorale (Toutes fleurs, Mille fleurs, etc..).

L’origine géographique

Nous sommes exactement dans la même logique que pour les deux points précédents. Le consommateur d’aujourd’hui est un individu libre et responsable qui entend être maître de ses choix. Entre autre, il veut connaître la provenance de tout ce qu’il consomme, au même titre que le prix au kilo, le grammage ou la date limite de consommation.

Cela est vrai même pour des aliments basiques.

Or, pour le miel, le fait qu’il provienne de tel ou tel endroit n’est pas neutre : ce n’est pas le même produit. Nous sommes donc à la fois sur une question de fond et de principe.

La FEEDM prétend que tout ceci est beaucoup trop compliqué à gérer. Compte tenu des fluctuations de prix et de récolte à travers le monde, le conditionneur change en permanence de fournisseurs (c’est en tout cas l’argument développé). Il ne peut donc savoir à l’avance l’origine du miel mis en pot. ? ! ? ! ? A la place de l’obligation d’indication de l’origine géographique, la FEEDM suggère une mention passe-partout « Mélange de plus d’un pays ».

Cette argumentation est particulièrement fallacieuse : en effet, figurent déjà sur chaque pot le numéro de lot et la DLUO* qui change chaque jour, sans que cela ne pose le moindre problème technique.

* Date limite d’utilisation optimale.

L’obligation de l’indication d’origine géographique n’est pas une mesure coercitive ou vexatoire imposée aux conditionneurs. Par contre, le refus « crispé » de ces derniers à accepter cette disposition élémentaire de transparence et de respect du consommateur est particulièrement équivoque.

L’Allemagne est un bon exemple pour en étudier succinctement l’aspect technique, car avec plus de 80 000 tonnes/an, c’est le premier importateur européen.

Si l’on fait une moyenne des statistiques d’importation sur plusieurs années, cela donne :

Chine 32%
Viet Nam 1 à 3%

soit Asie 30 à 35 %

Mexique 18%
Argentine 22%
Uruguay 3%
El Salvador, Cuba, Chili et Guatemala 3 à 10%

soit Amérique du Sud
40 à 55 %

Hongrie 6%
Roumanie 2%
Bulgarie 2%

soit Vallée du Danube 10 %

Turquie 6%

essentiellement constitué de miellat de pin, destiné
à «allonger» du véritable miel de sapin, (épicéa ou
abies pectinata), car il vaut 3 à 4 fois moins cher.

Reste du monde 10 à 15% dont dans le désordre :
Australie 2%
Canada 1%
Nouvelle Zélande 0,5 à 2%

presque toujours valorisés avec l’indication d’origine

 

Union européenne, France, Italie, Grèce, Portugal, Espagne

2000 à 7000 tonnes selon les années

En résumé, 90 % des miels sont importés

Si le consommateur veut connaître l’origine de son produit, il n’a pas pour autant d’exigence surréaliste. Ce n’est pas le nom du village qui l’intéresse.

Le choix final du degré de précision reste au conditionneur qui peut étiqueter, selon le cas :

Si par contre, le conditionneur travaille dans un créneau moins segmenté, il peut très bien, qu’il se soit fourni auprès d’un seul ou de plusieurs des pays du continent, indiquer sur l’étiquette :

Mélange de miels d’Amérique du Sud.

L’origine géographique est exacte et le consommateur correctement renseigné.

On peut aussi envisager le cas d’un conditionneur souhaitant mélanger certains miels d’Asie avec d’autres d’Amérique du Sud. Rien de plus simple. Il suffit d’étiqueter :

Mélange de miels d’Asie et d’Amérique du Sud.

Là encore, nous sommes dans une logique ne posant aucun problème technique, strictement conforme à l’obligation de l’indication de l’origine et parfaitement respectueuse du consommateur.

Ce raisonnement peut être décliné pour n’importe quel pays ou continent.

On remarquera au passage que, sous la pression des intégristes de la « non entrave aux échanges », le décret français n° 76/717 (encore que le passage concerné ne soit pas d’une rédaction totalement limpide), dispense les miels de la communauté européenne de l’obligation d’indi-cation de l’origine géographique.

Cela est anormal.

Peu importe le pays : le consommateur veut savoir l’origine de ce qu’il achète, région, île, pays, péninsule, ou groupe de pays. C’est un droit, et il n’y a là aucune entrave aux échanges.

En ce qui nous concerne, nous ne pourrons que nous heurter de front à cette revendication scandaleuse de la FEEDM qui n’a en fait, aucune autre motivation, que de pouvoir, en maintenant un certain flou sur l’étiquette, tromper les consommateurs les moins attentifs. C’est la même logique que la mention « Miel d’origines diverses ». Tout est fait pour que le client entende  « Miel toutes fleurs ».

Pour l’instant, l’administration des fraudes est bien d’accord avec cette position. Il serait souhaitable que les associations de consommateurs se penchent également sur cette question.

3. L'ULTRA-FILTRATION

Nous avons gardé pour la fin la partie la plus révoltante : l'ultra-filtration.

DEFINITIONS

Filtration : à l’extraction, (c’est-à-dire dans la miellerie à la ferme de l’apiculteur) le miel passe dans un tamis (800 microns à 1 mm) en nylon ou acier inoxydable : l’équivalent artisanal de la passoire de ménage.

Chez le conditionneur, on utilise des filtres tubulaires inox (400 à 500 microns).

Ce sont les usages normaux, légaux et respectueux du produit car la taille des pollens qui varie selon les espèces, est comprise en moyenne entre 10 et 100 microns. Il arrive aussi que, soit chez l’apiculteur, soit chez le conditionneur, le miel décante quelques heures avant d’être conditionné pour permettre aux bulles d’air de remonter à la surface.

L'ultra-filtration, interdite jusqu’à présent pour le miel, nécessite, après un chauffage très élevé, l’utilisation :

Le point n° 3 du courrier de le FEEDM

Bref, d’une manière particulièrement perverse et sournoise, ce qui est demandé là, ce n’est ni plus ni moins que la légalisation de l’ultrafiltration. On peut d’ailleurs constater (tableau 19 page 24) que les deux miels achetés en Angleterre sont déjà ultrafiltrés.

Si la « simplification » de la directive débouche sur une telle ignominie, il n’y aura désormais plus rien à simplifier . A très brève échéance, c’est la disparition inéluctable du miel pur et véritable au profit des sirops industriels.

EXPLICATION TECHNIQUE 

Le spectre pollinique d’un miel, c’est sa « carte d’identité ». Avec l'ultra-filtration, tout ou partie des pollens étant éliminés, le spectre pollinique représentatif du produit natif ne sera plus interprétable. En effet, même si le nectar ou le miellat sont à l'origine du miel, on retrouve des grains de pollens parasites qui n'en modifient ni la composition ni le goût. Ils proviennent des fleurs butinées par les abeilles mais aussi de pollens véhiculés par le vent. L’examen mellissopalynologique, sera donc toujours la première analyse à effectuer, tant pour en vérifier son authenticité, que son origine florale ou géographique ainsi que son état de fraîcheur (levure de fermentation) et de conservation. Toutes les autres analyses ne peuvent que suivre ou découler de celle ci, qui en outre, est d’un prix tout à fait raisonnable.

Avec l’ultra filtration toutes les fraudes deviennent possibles. On peut même imaginer l’opération suivante : extraire tous les pollens d’un miel monofloral quelconque, en rajouter d’autres d’une autre origine, et ainsi « fabriquer » ce que l’on veut. Il n’y a bien sûr pas aujourd’hui de trafic suffisamment lucratif pour envisager une manipulation aussi lourde, mais, intégrée ainsi dans la « simplification » de la directive, cela devient en tout cas légal. Ceci dit, il n’y a pas d’inquiétude à avoir : il sera beaucoup plus simple de fabriquer du miel avec des sirops industriels.

L’ultrafiltration est la technique qui permet toutes les fraudes. Si elle est légalisée, le véritable miel disparaîtra des magasins.

Il n’est pas possible de conclure sur le chapitre de la « simplification » de la directive sans évoquer la manière dont sont menées les négociations dans le « groupe de travail ». Pour la France, il n’y a autour de la table, que des administratifs. Nous demandons qu’à chaque réunion les deux techniciens spécialisés des laboratoires du CNEVA et de la DGCCRF soient aussi présents. Il est réellement frustrant de constater que sur des sujets aussi pointus, les meilleurs spécialistes de l’administration soient tenus à l’écart des débats.

Note : dans le dossier de l’AOC Sapin des Vosges, le SPMF a dû déposer un recours auprès du Conseil d’Etat. Cette procédure en cours concerne un détail technique. Telle qu’elle a été promulguée, cette AOC est « morte dans l’œuf ». C’est la raison pour laquelle nous sommes soutenus par les experts de l’INRA, du CNEVA et de la DGCCRF. Un gâchis de plus dans le secteur du miel alors qu’il suffirait tout simplement que l’administration confie les dossiers techniques à ses propres techniciens qui sont :


22. GELEE ROYALE, CIRE ET POLLEN

punaise.gif (183 octets)La gelée royale

Dans les années 50, c’est l’apiculture française qui a « inventé » la technique de production rationnelle de la gelée royale.

Aujourd’hui, à côté de ceux qui ne récoltent que pour la vente directe, il reste une dizaine de producteurs de « gros ». Leurs prix de vente se situent entre 5 000,00 et 6 000,00 F/kg (au détail, la gelée royale française est vendue entre 10 et 20,00 F le gramme.)

Lorsque, il y a environ 15 ans, les Chinois ont inondé le marché mondial de ce tout petit produit, leurs prix de vente évoluaient entre 800 et 1 000,00 F de l’époque.

Cela paraissait logique.

Pour une production industrialisée, dans un pays pauvre où les salariés sont payés une misère pour récolter, cellule par cellule, 0,3 g. par 0,3 g. la précieuse substance, il paraît normal que les coûts soient divisés par 5 ou 6.

Aujourd’hui, les Chinois ont le monopole mondial du marché de la gelée royale, à un prix moyen de 100 à 200,00 F/kg, transport et emballage compris. Lorsque l’on connaît les contraintes de production, même avec des salariés qui travailleraient gratuitement, personne ne comprend. C’est un petit produit, mal connu, (y a-t-il un laboratoire au monde qui s’intéresse réellement à la gelée royale ?), et sans réel enjeu économique. C’est probablement la raison pour laquelle personne ne songe à en connaître la technique de « fabrication » même si tous ceux qui connaissent le sujet sont convaincus d’une falsification.

punaise.gif (183 octets)La cire

La cire aussi est un « petit produit ».

L’apiculteur ne la « récolte » pas à proprement parler. Simplement, chaque fois que l’on extrait 100 kg de miel, on récupère, naturellement, 1 kg de cire. Elle est soit réutilisée sur l’exploitation apicole, soit vendue pour les bougies la cosmétique ou l’encaustique.

Il n’y a quasiment pas, au niveau de la profession apicole de marché de vrac structuré. L’aspect, l’odeur et la couleur suffisent à apprécier la qualité. Seuls quelques kilos sont concernés à chaque transaction.

Par contre, sur les gros marchés industriels, les acheteurs ont eu la surprise de se voir demander par leurs fournisseurs chinois : « Quels sont les critères physico-chimiques que vous recherchez ? » …autrement dit « Comment faut-il vous la préparer ? ».

punaise.gif (183 octets)Le pollen

Il n’y a quasiment pas de pollen chinois sur le marché. Il est vrai que ce ne doit pas être simple à falsifier. Il ne suffit pas de le « fabriquer » , il faut aussi le mettre en pelotes comme le font les abeilles. Pour ce produit, la technique ne doit pas être rentable.

Résumé

L’abeille fournit à l’homme 5 produits différents :

et dont le goût ou les caractéristiques sont déterminés par les plantes butinées.


23. CONCLUSION

Désormais, la contrefaçon est partout : parfums, montres, vêtements, marques de prestige, industrie et pièces mécaniques…. et maintenant, le miel.

Dans la plupart des secteurs industriels, les entreprises ont généralement les moyens de riposter.

Pour le miel, le contexte est particulier car :

1. C’est un tout petit produit et les opérateurs concernés sont en quasi totalité des entreprises individuelles disséminées sur toute la planète. Il n’y a donc pas de leader mondial susceptible de fédérer les énergies.

La contrefaçon n’est pas le fait d’un individu ou d’une entreprise, mais organisée à l’échelle d’un pays : la Chine. Par nécessité de survie, cette contrefaçon est copiée par les concurrents. Cela ne peut pas être autrement. Plutôt que de donner des leçons de morale à tel ou tel petit pays qui serait tenté de faire pareil, il faut s’attacher à régler le problème. C’est la Chine qui a inventé cette escroquerie. C’est donc par la Chine qu’il faut l’arrêter.

Les spécialistes consultés sont formels : c’est la quasi totalité du miel chinois exporté qui est adultéré.

La solution idéale par la mise au point d’une méthode analytique imparable et fiable à 100 % reste encore à découvrir. Pour l’instant, même les contrôles les plus rigoureux n’offrent pas de garantie totale. 40 à 60 % de miels chinois seulement sont détectés falsifiés. Encore faut-il pour cela utiliser les analyses les plus performantes disponibles. Le reste, également adultéré, est indécelable. Jusqu’à présent, les fraudeurs sont en avance sur les contrôleurs.

Les apiculteurs sont beaucoup trop faibles, dispersés et inorganisés pour lutter seuls, contre ce fléau. Il leur faut des alliés et, les premiers concernés semble-t-il sont quand même les consommateurs.

On ose espérer, de ce côté là, un soutien salutaire, actif et efficace.

Après deux ans d’enquête dans le monde entier, ce document apporte toutes les informations disponibles à ce jour : chacun a donc la possibilité de les vérifier.

Nous sommes impatients de recevoir l’aide des consommateurs.

Cependant, il n’est pas évident que même avec ce soutien cela soit suffisant pour résoudre rapidement le problème. 

Peut-être existe-t-il une solution radicale, pour moraliser et assainir le marché du miel : obtenir la mobilisation et la participation active de la grande distribution. (1)

Les choses sont simples : en France, la réglementation c’est le décret miel n° 76/717 du 22 juillet 1976. La grande distribution peut très bien, collectivement, imposer à tous ses fournisseurs un cahier de charges précis imposant :

1) le respect scrupuleux de la totalité de ce décret, et en particulier les articles 1, 2, 5 et 6,

2) l’engagement de la part des conditionneurs de ne plus incorporer, ni pur ni en mélange, du miel chinois dans les pots vendus en miel de bouche. (Même sous la dénomination « miel d’industrie » ou « miel de pâtisserie », pour les fabrications industrielles, ce produit n’est pas conforme.)

3) l’obligation de fournir, pour chaque lot provenant d’un pays à risque, une analyse au d 13C selon la méthode de l’AOAC (Hongrie en particulier, mais aussi d’autres origines en fonction des contrôles à l’aveugle que ne manqueront pas de faire les laboratoires concernés dans les semaines à venir).

Nous attendons avec la même impatience l’aide de la grande distribution pour le plus grand profit des consommateurs. Un marché loyal ne peut que dynamiser les ventes.

(1) Cela n’a semble-t-il rien d’utopique. En effet, le rôle revendiqué par la grande distribution, est de fournir le consommateur au prix le plus bas. Cependant, il n’a jamais été dit que cet objectif devait être atteint au moyen de la contrefaçon.

Jusqu’à ce jour, il nous semblait que :

Si les supermarchés vendaient jusqu’à présent des mélanges de sirops industriels sous appellation miel, ce ne peut être que parce qu’ils l’ignoraient. Maintenant qu’ils sont au courant, ils ne peuvent qu’avoir à cœur de faire cesser ce trafic.


24. BIBLIOGRAPHIE

punaise.gif (183 octets)Méthodes d’analyses, enquêtes et publications scientifiques

punaise.gif (183 octets)Organisations professionnelles

punaise.gif (183 octets)Institut technique

punaise.gif (183 octets)Centres de formation apicoles

punaise.gif (183 octets)Documentation

punaise.gif (183 octets)Laboratoires

punaise.gif (183 octets)Administrations concernées par la « simplification » de la directive miel 74/409

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Réalisation : Gilles RATIA
Mise à jour : 28/02/01
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