|
Les travaux du mois par Jean Riondet avec l'aimable
autorisation de la revue |
![]() |
C’est le mois du jour le plus
long de l’année La chaleur est au
rendez-vous, les fleurs encore nombreuses en apparence. Ces éléments sont
trompeurs. Le couvain atteint le maximum de son développement en principe, mais
à une condition : qu’il y ait encore des miellées ! Il y en aura, mais en fin de
mois en bien des endroits, sur les châtaigniers. Mais entre la fin de l’acacia
et les châtaigniers les abeilles connaissent parfois un petit creux.
La
faim
Lors des récoltes précédentes, les réserves que les abeilles s’organisaient ont
été pillées par nos soins. La décrue des floraisons après le grand cycle qui
vient de s’achever, sera l’occasion d’une période de disette. Il n’y a pas
d’inquiétude à avoir, les abeilles nourrissant moins la reine, sa ponte baissera
et progressivement la colonie s’appauvrira en population.
Mais lors des floraisons à venir, châtaignier et tournesol, si l’eau est au
rendez-vous, les hausses s’empliront à nouveau, à condition qu’il y ait des
abeilles en masse. Donc, si à l’inspection des corps, on observe peu de miel
ouvert dans les cadres de corps et rien dans les hausses, il sera prudent de
donner un peu de sirop léger de l’ordre de 2 fois 200 cm3 par semaine jusqu’au
20 juin.
Si les hausses n’ont pas été récoltées ou depuis la récolte du miel y est de
nouveau présent, pas de souci, rien n’est à faire, les colonies ont de quoi se
maintenir. Par contre, les plus à surveiller sont les essaims artificiels. La
famine les guette vraiment. Dans mes habitudes je les nourris toujours à cette
période et après le tournesol jusqu’à fin août.
Les
essaims
Un essaim naturel enruché correctement quitte parfois la ruchette très
rapidement après son installation. Si l’on doute de sa vertu et que l’on craigne
sa fuite, surtout si c’est un petit essaim qui s’est installé un peu loin du
rucher, on peut le mettre en cave dès son entrée dans la ruchette. Après deux
nuits passées dans la cave, les abeilles ont commencé à construire et dans ce
cas elles désertent rarement leur nouvelle habitation. La ruchette peut être
replacée dans le rucher.
Un traitement anti-varroa à ce moment là est très efficace puisque les varroas
présents sur les abeilles sont sensibles au traitement. La mise en place d’un
cadre de couvain pour fixer l’essaim, autre possibilité largement partagée,
limite la qualité du traitement. Les varroas en cours de reproduction dans les
cellules avec les larves d’abeilles ne sont pas touchés par les produits
chimiques.
Les ruchettes-piège peuvent être utilisées. Il semble que cette année leur
efficacité soit avérée. Un peu d’attire essaim sur la face avant de la ruche,
sur le sommet des cadres, quelques vieux cadres dans la ruchette. Et surtout
utiliser une ruchette qui fut habitée. On la passe au chalumeau rapidement. La
chaleur dégage les odeurs emprisonnées dans la cire.
Les
colonies
Si le courage ne manque pas, on peut faire une visite approfondie des colonies
avec pour objectif de mettre au centre du nid à couvain un cadre de cire
gaufrée. La population est abondante et le rayon construit rapidement. Il le
sera d’autant plus rapidement et complètement que la floraison fournit du
nectar.
Par exemple, dans l’un de mes ruchers, un très gros essaim ramassé le 2 mai
dernier a construit 9 cadres en une semaine dans une zone sans grande floraison,
l’acacia n’était pas encore en fleur. Je l’ai nourri de 4 l de sirop en deux
fois, les abeilles ont produit une quantité énorme de cire.
Dans une Warré vitrée, on voyait des abeilles portant deux ou trois lamelles de
cire dans les périodes où le nourrisseur était pourvu. En quelques jours après
la fin du sirop, il devenait de plus en plus difficile d’en voir. L’arrivée du
sirop rendait de nouveau la visibilité de ces cirières.
L’abondance de nectar ou de sirop pousse la production de cire. Cette époque de
l’année est à privilégier pour organiser la construction de cires neuves.
L’abondance de cadres bâtis est une nécessité pour qui veut développer des
essaims artificiels. Trop pauvres en abeilles - c’est le but du jeu : faire des
essaims à moindre coût en population - ils ne peuvent bâtir.
Que faire du cadre de rive retiré pour faire la place du cadre ciré ? Il
contient sans doute du miel, on le retire et on le met à l’abri des teignes dans
une caisse fermée ou suspendue dans le courant proche du plafond dans un local à
l’abri des abeilles. Les corps neufs ou presque, posés sur des plaques bien
planes et fermées de même sont de bons réceptacles de ces cadres si on y ajoute
un petit morceau de mèche soufrée que l’on fait brûler dans une boite de
conserve. Seule manière de protéger ces précieux rayons de la teigne à la
reproduction dévastatrice.
Leur usage sera précieux au moment du renforcement des colonies pauvres en miel
pour l’hivernage.
Le
renouvellement des colonies de production
C’est la belle période de fabrication des
essaims artificiels. L’élevage démarré en mai peut être poursuivi, les reines
prêtes à naître ou nées sont enruchées sur des essaims faits de trois cadres de
couvain pris dans plusieurs ruches et avec leurs abeilles dessus. Transportés à
trois kilomètres, ces essaims sont nourris abondamment et devraient être sur 5
cadres à l’automne.
Une manière de renouveler ses colonies de production consiste à garder tous ces
essaims artificiels constitués maintenant et leur faire passer l’hiver. Dès le
mois de mars ou d’avril leur transfert en ruche de production en feront les
colonies aptes à fournir les récoltes de l’année.
Pour autant si on ne veut accroître indéfiniment son rucher, on peut opérer
différemment. La production des reines est réalisée entre les mois d’avril et de
juin. Les reines sont conservées en nucléis. Les essaims artificiels seront
faits plus tard.
Dès la dernière récolte faite, en de nombreux endroits mi-juillet mais ce peut
être plus tard, on transforme les ruches de production en pourvoyeuses de cadres
de couvain et de miel pour faire des essaims artificiels avec les reines gardées
en nucléis. Constitués sur 4 cadres de couvain à partir de juillet, et alimentés
en cadres de miel, tous ces essaims seront bons pour passer l’hiver.
Dans ce type d’opération, les populations ainsi démantelées feront l’objet de
mélanges. En pulvérisant du parfum sur tous les cadres, en veillant à tuer les
reines de ces colonies et en nourrissant pour calmer l’agressivité de ces
populations stressées par cette opération, on prépare des essaims capables de
passer l’hiver sans encombre. Ces essaims dotés de jeunes reines seront les
colonies de production de l’année prochaine.
Ainsi, le rucher sera doté chaque année de reines de moins de un an, ce sont les
meilleures pondeuses. Cette méthode évite assez largement les phénomènes de
supersédure très classiques lors des changements de reines en fin de saison.
Jean Riondet
Email : jean.riondet@wanadoo.fr
Jean Riondet est l’auteur de « Un rucher dans mon jardin », CD-Rom avec photos en vente à l’UNAF.
avec l'aimable autorisation de la revue Abeilles et Fleurs
| Realization / Réalisation / Realización
/ Realisierung: Gilles RATIA APISERVICES - Copyright © 1995-2008 |