Analyses et propositions
relatives au maintien de la biodiversité végétale
et de la faune pollinisatrice à travers une meilleure organisation de l’espace
agricole
Dossier présenté par Frank Aletru
Centre d’élevage apicole
85 410 Saint Laurent de la Salle
Email :
smo.inter@wanadoo.fr
Ce dossier a été réalisé avec :
la contribution de Monsieur Alain LAPEROUSAZ
Apiculteur / hydromellier
Les Ruchers du Pont de la Caille
F-74350 VILLY-LE-PELLOUX - FRANCE
Tél. : +33 (0)4 50 46 84 63
Fax : +33 (0)4 50 46 40 14
Email :
danse-des-abeilles@wanadoo.fr
et l’assistance de Madame Béatrice ROBROLLE-MARY
Association Terre d’Abeilles
232 route de Châtellerault
F-36000 CHÂTEAUROUX - FRANCE
Tél. : +33 (0)2 54 36 64 11
Fax : +33 (0)2 54 36 12 06
Email :
terredabeilles@sauvonslesabeilles.com
PRÉAMBULE ET ANALYSES
A/ Biodiversité végétale, entomofaune et
apiculture
Le constat de l’érosion de la biodiversité végétale et la nécessité absolue d’y
remédier ont été confirmés par de nombreux travaux et colloques internationaux,
notamment la conférence internationale de l’UNESCO en 2005. La biodiversité
végétale, indicateur de la qualité de l’environnement, dépend, entre autres, de
la couverture du territoire en pollinisateurs, et en particulier des abeilles,
qui pollinisent plus de 23 000 espèces végétales, dont plus de 80% des espèces
de plantes à fleurs, cultivées en Europe (Williams 1994).
En cela, l’abeille est l’un des majeurs et
irremplaçables auxiliaires de la pollinisation.
Le maintien des populations d’abeilles domestiques est ainsi l’un des remèdes à
l’érosion de la biodiversité végétale, et l’apiculteur, l’un des acteurs. Le
cycle biologique, le développement ainsi que l’habitat des insectes et des
colonies d’abeilles sont totalement dépendants de la qualité de leur
environnement.
Or, les modifications de certaines pratiques agricoles au cours de ces dernières
années ont créé de nombreux déséquilibres environnementaux qui ont perturbé
gravement, entre autres, la santé des populations d’insectes utiles, l’équilibre
et la survie des colonies d’abeilles, et ont rendu difficile la production de
miel dans certaines régions ou sur certaines cultures.
Maintenir un cheptel apicole productif et constant est devenu aujourd’hui, un
souci supplémentaire majeur pour les apiculteurs.
Pour produire du miel et avoir des colonies dynamiques et en bonne santé,
l’apiculture sédentaire ou transhumante doit assurer aux abeilles des surfaces
de butinage suffisamment importantes, une bonne répartition des floraisons tout
au long de la saison apicole et, surtout, des fleurs saines, c'est-à-dire,
exemptes dans les parties de la plante visitées par les abeilles, de tout
produit bio-disponible à effet insecticide.
La surface de prospection des butineuses est d’environ 3 000 Ha. Pour assurer sa
subsistance, une colonie a besoin, chaque année, d’environ :
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100 L d’eau, |
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50 Kg de pollen, |
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100 Kg de miel. |
Pour produire 1 kg de miel, les abeilles visitent un million de fleurs
environ.
Une ruche est un espace ouvert sur l’extérieur, dans laquelle se développent et
vivent, en particulier, des œufs, des larves, des nymphes et des abeilles
adultes. Les bactéricides et bactériostatiques, présents dans le miel et autres
produits récoltés, en particulier la propolis, font de ce milieu ouvert un
espace aussi aseptisé qu’une salle chirurgicale.
Le miel est non seulement un aliment pour la colonie, mais encore sa
pharmacopée. Il est aussi depuis des millénaires le premier alicament naturel de
l’homme.
B/ Constats de terrain. Généralités
1/ Impacts des cultures traitées avec des produits phytosanitaires aux effets toxiques pour l’entomofaune et les abeilles sur l’environnement
Ces cultures traitées génèrent :
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une perte conséquente d’insectes pollinisateurs dont les abeilles, |
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une diminution conséquente de la récolte de miel, |
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une baisse des défenses immunitaires des colonies d’abeilles, |
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une baisse importante de population dans les ruches, |
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une probabilité de disparition rapide et totale de la colonie, |
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une diminution importante de nombreuses familles d’insectes. |
Et, par voie de conséquence :
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une diminution de la pollinisation des cultures et des plantes sauvages. |
2/ Impacts sur l’entomofaune de la disparition des ressources pollenifères et mellifères
Avec un seuil d’alerte souvent dépassé et inférieur à 15% de prairies
pérennes, l’agriculture moderne modifie complètement l’environnement.
Dans certaines zones de production laitière aux prairies multicolores se sont
substituées des prairies uniformes (de Ray Grass), et ce, tout au long de
l’année.
Les insectes pollinisateurs et notamment les abeilles subissant toutes ces
nouvelles pratiques agricoles, on constate inévitablement :
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une baisse d’activité dans les ruches, |
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une diminution conséquente de la récolte de miel, |
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une baisse des défenses immunitaires des colonies d’abeilles. |
Et, par voie de conséquence :
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la disparition des colonies d’abeilles et des autres insectes pollinisateurs. |
3/ Impacts socio-économiques
Sur le cheptel apicole :
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diminution du cheptel apicole en France, |
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production nationale d’essaims d’abeilles devenue insuffisante, depuis 1998, pour compenser les pertes de colonies d’abeilles dues aux intoxications (audit de la filière apicole 2005, Rapport GEM). |
Sur la production de miel :
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production de miel déficitaire en France, contrairement aux filières agricoles qui ont à gérer des excédents, |
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diminution de la récolte de miel de 15 000 tonnes par an en France depuis 1998, |
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perte pour la France de sa position de leader européen en matière de production de miel de tournesol, depuis l’apparition du Gaucho et du Régent. |
Sur les pratiques apicoles dans ces zones agricoles à risques pour les abeilles :
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nourrissage des ruches. Alors qu’il n’était qu’occasionnel il y a une vingtaine d’années, le nourrissage des colonies pour la mise en hivernage est devenu une nécessité pour les ruchers situés dans ces zones agricoles à risques, |
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transhumance. L’apiculture professionnelle sédentaire n’y étant économiquement plus viable, la transhumance s’impose, induisant des frais et des investissements élevés. |
Notons qu’avec les mêmes abeilles et les mêmes techniques apicoles et de
prophylaxie, il se fait aujourd’hui, parfois, plus de miel en ville que dans
certaines campagnes !
(UNAF, Moyennes annoncées de miel récolté dans les ruchers urbains situés
à Paris : Opéra de Paris, Jardin du Luxembourg, Opéra Bastille; Nantes : Les
Aublates ; Maisons-Alfort : Ecole Vétérinaire).
Sur la filière apicole :
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diminution des candidats à l’installation en apiculture, |
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difficultés de transmission des exploitations apicoles, |
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réduction importante des investissements |
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forte perte de rentabilité des exploitations |
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diminution du nombre d’apiculteurs (depuis 1994, 16000 apiculteurs ont disparu sur les 85 000 apiculteurs que la filière comptait alors) (Stat DGAL, Ministère de l’Agriculture). |
Sur les productions agricoles :
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la perte des populations d’insectes pollinisateurs provoque non seulement une baisse des rendements, mais aussi une altération de la qualité en matière de récoltes grainières, fruitières, maraîchères et semencières (Vaissière, Abeilles, pollinisation et biodiversité, 2006). |
C/ Bilan des constats
Un nombre croissant de zones agricoles en France est, d’ores et déjà,
sous-pollinisé. L’agriculture en France profite encore du fait que des
apiculteurs professionnels et amateurs s’acharnent à maintenir un cheptel
pollinisateur. Mais qu’en sera-t-il si l’apiculture continue à décliner ?
Cette situation négative pour l’ensemble de la filière agricole et pour
l’environnement est d’autant plus incohérente que l’élevage des abeilles
domestiques est parfaitement maîtrisé par l’homme, à contrario des autres
insectes pollinisateurs.
Il n’y a pas de hiérarchisation des problèmes, mais deux problèmes distincts :
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l’utilisation des pesticides de façon inconsidérée qui provoque la disparition de l’entomofaune est un problème très grave, |
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la disparition de la biodiversité végétale en est un autre. |
IL EST NÉCESSAIRE DE RÉSOUDRE LES DEUX.
D/ Une solution préconisée : les jachères
pollenifères
Pour faire face à la perte de biodiversité et à la réduction des populations
d’insectes pollinisateurs, la mise en place de jachères pollenifères est
proposée comme une solution possible :
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ces jachères peuvent elles suffire à redynamiser les populations de pollinisateurs, et d’abeilles en particulier ? |
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dont elles la réponse adaptée à toutes les zones agricoles ? |
Il semble opportun de les classer en trois catégories distinctes, selon les ressources qu’elles présentent :
1/ Zones céréalières offrant une diversité de ressources florales
De tout temps, les zones agricoles dites « de grandes cultures » ou «
céréalières » ont été des zones propices à la production de miel et favorables à
l’élevage des abeilles domestiques. Depuis le milieu du XXème siècle,
ces zones ont accueilli les plus importantes exploitations apicoles, et ont été
le berceau du développement de l’apiculture moderne et rationnelle. Jusqu’en
1996, la grande moitié Ouest de la France était la première zone de production
de miel de tournesol en Europe.
Aujourd’hui encore, certaines zones de grandes cultures, soit toute la
moitié-Ouest, le Sud-Ouest, une partie du Centre et de la Champagne, ainsi que
la Vallée du Rhône, autorisent une apiculture professionnelle sédentaire, grâce
aux floraisons de cultures très mellifères et pollenifères, telles que le colza,
la fèverole, le lupin, la moutarde, le trèfle, la luzerne, le sarrasin et le
tournesol, sans compter les productions de semences grainières: oignons
semences, carottes semences, choux semences (…), pour ne citer que les
principales.
Evaluation de l’impact réel des jachères dans les zones céréalières offrant une
diversité de ressources florales. Dans ces zones, la mise en place de jachères
pollenifères ne s’impose pas comme une nécessité pour la relance ou le maintien
de l’apiculture, la diversité des ressources et son étalement étant généralement
suffisants. Cependant, la mise en place de jachères serait favorable aux autres
espèces de l’entomofaune pollinisatrice et auxiliaires de l’agriculture qui
pourraient y trouver refuge.
Le problème majeur rencontré par toutes les populations d’insectes situées dans
ces zones agricoles relève essentiellement des effets néfastes démontrés sur
l’entomofaune et provoqués par certains traitements phytosanitaires:
insecticides, herbicides, fongicides, insuffisamment, voire mal évalués.
2/ Zones céréalières à faible potentiel floral
Dans ces zones de grandes cultures aux ressources mellifères et
polliniques très limitées, voire parfois restreintes à la monoculture ( du type
Beauce par exemple), le bon sens apicole et la logique économique imposent la
transhumance des ruches, pour garantir la vitalité des colonies et compenser les
périodes de non-production de miel induisant des pertes de rentabilité
(transhumance après la miellée de colza, par exemple, vers d’autres ressources
mellifères régionales, telles que acacias, forêt, tilleuls,...). Par l’évolution
des moyens de transport et de chargement des ruches, impliquant de lourds
investissements en matériel et en main d’œuvre cette pratique s’est généralisée
depuis les années 1960. Les mesures de soutien économique à la modernisation de
la transhumance, qui ont été attribuées à la filière apicole par BRUXELLES
depuis maintenant trois ans, s’avèrent ainsi indispensables et doivent être
maintenues jusqu’à l’obtention d’une meilleure organisation de l’espace
agricole, qui dépendra de l’orientation des mesures de la politique agricole
commune. Ces zones de grandes cultures ne mettent pas les abeilles domestiques
et autres insectes pollinisateurs à l’abri des intoxications dues aux
pesticides.
Evaluation de l’impact réel des jachères dans les zones céréalières à faible
potentiel floral. Dans ces zones, même si la présence de jachères pollenifères
représente incontestablement des zones de butinage supplémentaires, celle-ci ne
pourra répondre qu’aux besoins d’un nombre très limité de colonies d’abeilles en
ruchers fixes. En effet, ces jachères actuellement trop limitées en surface et
en nombre n’offrent qu’une capacité de récolte de miel économiquement très
insuffisante pour justifier l’abandon de la transhumance.
Ces jachères sont néanmoins indispensables, car elles constituent pour
l’entomofaune pollinisatrice sauvage une zone d’habitat « refuge », dont l’a peu
à peu privée l’agriculture moderne. Ce problème constitue un des objectifs du
programme européen intégré 2004-2008 ALARM (Assessing Large-scale environmental
Risks for diversity with tested Methods).
PROPOSITION
N°1 : Création de jachères « refuge »en zone de grandes cultures.
Pour améliorer les conditions de vie de la faune pollinisatrice et développer la
biodiversité en zones de grandes cultures, nous pouvons envisager sur ces
jachères pollenifères, dites zones « refuge » :
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des cultures en dérobé (moutarde, phacélie,…), |
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des cultures associées (trèfle, luzerne,…), |
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le désherbage avec du trèfle incarnat plutôt qu’avec des désherbants chimiques, comme ceci se pratique en agriculture biologique, |
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un broyage post floraison de ces jachères, |
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un contrôle strict des traitements phytosanitaires effectués sur les parcelles environnantes des jachères. |
PROPOSITION
N°2 : Mesures de soutien - Pratiques agricoles – Homologations.
Pour que, la mise en place de ces jachères « refuges » puisse se réaliser à
grande échelle, et soit pertinente, des mesures motivantes en matière de soutien
économique pour l’agriculteur ainsi qu’un accompagnement de conseil technique
pour le suivi et le maintien de ces jachères doivent être validés par les
collectivités territoriales.
Orienter les agriculteurs vers une forte réduction de l’usage des pesticides. En
matière de toxicité des insecticides notamment, être très attentif à ce que
l’innocuité vis-à-vis des abeilles domestiques et de l’entomofaune soit
incontestablement démontrée avant leur homologation.
3/ Zones d’élevage et zones laitières avec prairies artificielles
Dans ces zones, le problème se pose différemment. L’usage intensif de
désherbant et de fertilisant, l’ensilage, l’assèchement des zones humides,
l’abandon des prairies naturelles au profit de ray-grass, ainsi que l’arrachage
des haies, ont entraîné la disparition d’une partie importante de la
biodiversité pollenifère et nectarifère, induisant la disparition de
l’entomofaune pollinisatrice locale ainsi que de l’apiculture.
Evaluation de l’impact réel des jachères en zones d’élevage. En zones d’élevage
et zones laitières, l’avenir de l’apiculture et le retour à la biodiversité
végétale ainsi que de l’entomofaune dépend totalement du bon sens « paysan »
d’une part, et, d’autre part, d’une nouvelle réglementation de la part du
ministère de l’Agriculture, voire de Bruxelles. Ces nouvelles réglementations,
régiraient la mise en place ainsi que le suivi des prairies, permettant
d’enrayer ces phénomènes et seraient accompagnées par la mise en place de
jachères polliniques complémentaires.
PROPOSITION
N°3 : retour
aux prairies naturelles.
Pour retrouver les prairies naturelles conformes aux cahiers des charges des
AOC, d’une part, et offrir des cultures propices au développement de la faune
pollinisatrice dans les zones d’élevage et de productions laitières, d’autre
part, nous proposons :
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la mise en place de 20% de prairies naturelles réensemencées en légumineuses et crucifères, avec une fauche post floraison, |
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l’encouragement au retour à des prairies naturelles et permanentes, pour un meilleur respect du cahier des charges dans les zones fromagères en production AOC. |
E/ Mesures en faveur de la protection des
abeilles domestiques :
Pour toutes les zones agricoles. Afin d’envisager un retour à plus de
biodiversité, et en complément à l’amélioration de l’évaluation des produits
phytosanitaires avant homologation, des mesures toutes particulières devraient
être prises :
PROPOSITION
N°4 : Elaboration d’une directive relative à la protection des
abeilles domestiques.
Tous les spécialistes s’accordent à reconnaître l’abeille domestique comme le
seul vecteur essentiel de pollinisation, maîtrisable par l’homme, indispensable
au maintien de la biodiversité, ainsi qu’à l’équilibre des écosystèmes
écologiques et agronomiques. Malgré cette évidence, aucune mesure d’aide
économique ne fait référence à l’abeille :
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ni les aides communautaires « sous condition » (réforme de la PAC), |
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ni les textes européens sur la « conditionnalité » (18 textes), |
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ni les mesures françaises (5 mesures choisies). |
Nous proposons que l’abeille domestique, insecte vital mais espèce gravement menacée, fasse l’objet d’un arrêté de protection spécifique. L’amélioration de la protection de l’abeille, implique une amélioration de la protection de l’entomofaune et donc de la biodiversité.
PROPOSITION
N°5 : Application de l’éco-conditionnalité. Responsabilisation
individuelle.
Depuis 2005, et ce jusqu’en 2007, le versement des aides communautaires est
conditionné aux règles concernant le respect des bonnes conditions agricoles et
environnementales (BCAE). Le versement de ces aides publiques, lié à
l’application de meilleures pratiques environnementales, est une mesure positive
mais insuffisante. Le versement de ces aides devrait être également lié à la
responsabilisation individuelle des agriculteurs, notamment :
Toutes intoxications/mortalités d’abeilles domestiques avérées et imputées à des
traitements phytosanitaires/pesticides devraient entraîner, pour le responsable
de ces traitements, la suppression du versement des primes, et l’indemnisation
immédiate de l’apiculteur sinistré.
CONCLUSION
Nous pouvons ainsi rejoindre la synthèse des réunions départementales «
Apiculture et Biodiversité », effectuées sur tout le territoire durant l’été
2004, sur décision du ministre de l’Agriculture, M. Hervé GAYMARD, qui a été
admise par tous les intervenants de la réunion ayant eu lieu au ministère de
l’Agriculture le 27 septembre 2004, et qui conclut que :
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les mesures « jachères polliniques et bandes enherbées », ne pourrons jamais résoudre le problème des intoxications d’abeilles, causé par les produits pesticides employés, sur de très grandes surfaces et insuffisamment évalués vis-à-vis de l’entomofaune, |
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et qu’elles ne pourront encore moins réduire le problème de la disparition de l’entomofaune pollinisatrice ou encore compenser d’éventuelles carences en nourriture des abeilles tant qu’elles ne s’appliqueront qu’à des surfaces trop restreintes. |
Frank Aletru
Centre d’élevage apicole
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