Abeilles
Bruxelles renforce les mesures de protection contre les parasites exotiques
Agnès Filhol
La
Commission européenne a adopté aujourd'hui une décision visant à renforcer les
mesures de protection de la population apicole en Europe contre deux parasites
exotiques : Aethina tumida et Tropilaelaps.
La présence du petit coléoptère de la ruche (Aethina tumida) et du
parasite Tropilaelaps n'a encore jamais été signalée dans l'Union
européenne, indique la Commission.
Introduits par l'intermédiaire d'importations en provenance de pays tiers, ils
pourraient en effet constituer une grave menace pour la santé des abeilles, pour
le secteur apicole et pour la production de miel.
Aussi, les mesures qui viennent d'être adoptées visent à empêcher l'introduction
de ces parasites dans l'Union européenne en limitant les importations d'abeilles
et de bourdons vivants et en prévoyant le contrôle des abeilles importées à leur
arrivée dans l'UE afin de détecter toute trace de ces parasites.
Rappelons qu'en juillet 2003, la Commission a fait inscrire ces deux parasites
sur la liste des agents pathogènes qu'il est obligatoire de déclarer dans l'UE.
Ainsi, tout apiculteur soupçonnant la présence de ces parasites dans ses
colonies est tenu d'en informer les autorités concernées de son pays.
Les importations d'abeilles dans l'Union européenne permettent d'accroître les
stocks de reproducteurs et d'améliorer la productivité du secteur apicole; c'est
aussi de cette façon que des lots importants d'abeilles pénètrent sur le
territoire de l'UE, sans qu'il soit toujours possible de les examiner en détail
afin de détecter la présence éventuelle de parasites.
Compte tenu des risques liés à ces parasites, il a été jugé nécessaire de
prendre des mesures supplémentaires. La Commission a ainsi proposé, afin
d'éviter la propagation de ces ravageurs dans l'Union européenne, de limiter les
importations d'abeilles et de bourdons vivants en provenance des pays tiers et
de mettre en place des mesures de contrôle rigoureuses visant à détecter la
présence de ces parasites lors des importations d'abeilles. Les États membres
ont accepté la proposition de la Commission par l'intermédiaire du comité
permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale, qui s'est réuni les 4
et 5 novembre 2003.
Conformément à la nouvelle décision, les importations seront limitées aux lots
ne contenant qu'une seule reine et vingt accompagnatrices au maximum. Seuls
seront autorisés les lots provenant des pays tiers ayant montré qu'ils
disposaient des compétences vétérinaires requises pour certifier la conformité
des animaux avec l'ensemble des critères régissant l'importation dans l'Union
européenne et dans lesquels le petit coléoptère de la ruche et le coléoptère
Tropilaelaps figurent parmi les agents pathogènes qu'il est obligatoire de
déclarer.
Lorsqu'un envoi arrive sur le territoire de l'Union européenne, les cages, les
accompagnatrices et autres matériels accompagnant les reines en provenance d'un
pays tiers doivent également être envoyés à un laboratoire où ils seront
examinés en vue de la détection de la présence du petit coléoptère de la ruche,
de ses œufs ou larves, et de traces du coléoptère Tropilaelaps.
L'importation dans l'Union européenne de petites colonies de bourdons limitées à
200 adultes reste autorisée, pour autant que ces animaux se soient reproduits et
aient été élevés exclusivement dans des conditions environnementales contrôlées.
La décision entrera en vigueur dix jours après sa publication au Journal
officiel. Elle devra alors être appliquée par tous les États membres. Une autre
proposition modifiant le règlement n° 1774/2002 du Conseil prévoit un certain
nombre de mesures visant à protéger l'Union européenne contre le petit
coléoptère de la ruche et le coléoptère Tropilaelaps, ainsi que des
dispositions sanitaires supplémentaires, qui seront intégrées dans un nouveau
certificat sanitaire destiné à accompagner les produits apicoles.
Agnès Filhol
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