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République Française
Le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche
Paris, le 17 DEC. 2008
Lettre reçu au SNA
avec
l'aimable autorisation de la revue
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Vous avez appelé mon attention sur le
renouvellement de l'autorisation pour 2009 de la préparation CRUISER,
insecticide utilisé en traitement des semences de maïs pour lutter contre le
taupin.
Dans le prolongement de nos rencontres et de nos échanges, je souhaitais vous
informer que je viens de décider aujourd'hui sur le fondement de l'avis rendu
par l'AFSSA de renouveler l'autorisation pour 2009 de la préparation CRUISER.
Cependant, cette autorisation est accordée à des conditions restrictives et sous
réserve d'un renforcement du suivi de son utilisation. Ainsi, cette autorisation
ne permet un semis que jusqu'au 15 mai 2009 seulement et les conditions de
fabrication et d'utilisation sont strictement encadrées :
- renforcement des conditions d'enrobage
(dit « plan poussière ») des semences qui seront précisées par un arrêté
ministériel ;
- usage sur une même parcelle uniquement une
année sur trois ;
- utilisation possible uniquement sur le
maïs ensilage, le maïs grain et le maïs porte-graine femelle (Pour le maïs
doux et le maïs porte-graine mâle l'AFSSA par manque de données recommande
de maintenir une distance de 3 km entre les ruches et les parcelles
traitées. Compte tenu de la difficulté de mise en œuvre concrète de cette
mesure et de son contrôle, le gouvernement a choisi de ne pas autoriser cet
usage) ;
- obligation pour les agriculteurs de mettre
en place des déflecteurs sur les semoirs afin de limiter les émissions de
poussières lors des semis.
En tenant compte de l'expérience de 2008 et de
vos remarques, le protocole de suivi de l'autorisation est également renforcé :
- son extension à 6 régions au lieu de 3
l'an passé (Midi_Pyrénées, Rhône-Alpes, Aquitaine, Alsace, Poitou-Charentes
et Limousin) ;
- l'augmentation du nombre de ruchers suivis
et leur mise en place précoce ;
- la mesure des poussières émises par
extraction d'air (procédé ORAMIP)
- une meilleure traçabilité des parcelles.
Ce protocole de suivi est une innovation en
termes d'évaluation des impacts environnementaux d'un produit phytosanitaire. Il
s'inscrit dans la logique du plan « Ecophyto 2018» qui prévoit la détection et
l'identification des éventuelles conséquences de l'utilisation des
phytosanitaires sur l'environnement.
Le pilotage de ce protocole sera assuré par un comité placé auprès de mon
cabinet, associant toutes les associations qui le souhaiteront dans le cadre
d'un suivi régulier et transparent. L'autorisation sera immédiatement suspendue
si les éléments de suivi ou toute circonstance particulière le justifiaient.
Par ailleurs, je souhaitais vous informer que j'ai décidé d'une série de mesures
visant à développer et intensifier les expertises :
- Monsieur Gérard Venereau, membre de la
brigade nationale d'enquête vétérinaire, sera chargé, conformément aux
préconisations du rapport du député Martial Saddier, de collecter,
harmoniser et centraliser toutes les observations permettant de déterminer
les raisons de la mortalité des ruchers sur l'ensemble du territoire
national (intoxication, pratiques apicoles, état sanitaire des ruchers, ...)
;
- J'ai demandé à l'Institut National de la
Recherche Agronomique de faire le bilan de l'état des recherches sur les
méthodes agronomiques alternatives et évaluer les pratiques des autres pays
européens pour lutter contre le taupin. Les résultats de cette étude sont
attendus dans un délai de trois mois ;
- A l'occasion du renouvellement de son
comité d'experts spécialisé sur l'évaluation des produits phytosanitaires,
et suite à votre demande les associations de protection de l'environnement
et les représentants de la profession apicole, pourront proposer des
candidatures d'experts apidologues à l'Agence française de Sécurité
Sanitaire des Aliments.
Enfin, j'ai appelé les firmes
phytopharmaceutiques à intensifier leur recherche pour trouver des solutions de
substitution afin de sortir de l'impasse technique dans laquelle se trouvent
actuellement les agriculteurs qui doivent protéger le maïs des nuisances du
taupin.
Je vous prie de croire, …, à l’assurance de mes
sentiments les meilleurs.
Michel BARNIER.
avec l'aimable autorisation
de la revue

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