Document de synthèse II
Les abeilles et l'imidaclopride


punaise.gif (183 octets) Un " Document de synthèse GAUCHO / tournesol et Abeilles " ( Réf. 1 - 4 pages, déc. 2000 ) a été rédigé à partir des résultats des études menées par les chercheurs du secteur public : 4 équipes INRA, l équipe CNRS (Orléans), l'AFSSA (Nice). 

Le 10 janvier 2001, Mme Geslain-Lannéelle, Directrice de la DGAL, en accord avec le Ministre J. Glavany, est intervenue pour que nous soient remis les rapports des études que BAYER AG et le CETIOM ont soutenus le 15 novembre 2000, devant la Commission des Toxiques. 

Ainsi disposons-nous d'un document en langue française, dans lequel BAYER AG a résumé un ensemble de différents rapports d'études menées sous sa maîtrise. Tous ces rapports sont rédigés exclusivement en langue anglaise (environ 900 pages). ( Réf. 2 : BAYER AG, doc. SXR, 30 sept. 1999 : " Résumé des Résultats du Programme GAUCHO / tournesol de 1999 " , 10 pages + 2 pages de références bibliographiques ). 
Toutefois, nous faisons remarquer, - et c'est l'objet de l' ANNEXE 1 - que ce résumé ou certaines de ces études originales sont entachées d'insuffisances diverses et d'improbité, n'augurant ainsi pas bien de la pertinence et de la qualité requises en matière de l'évaluation des risques divers, volet essentiel d'un dossier de demande d'homologation d'un produit phytosanitaire.

Le CETIOM dans une note à M. R. Mestres (SDPV) , en date du 14 novembre 2000 fait le point sur les analyses GAUCHO / tournesol. ( Réf. 3 : Récapitulatif de l'ensemble des dosages d'imidaclopride et de ses dérivés totaux, effectués par le CETIOM, sur les 2 thèmes C99GER et C99GSP )

A la lumière de ces nouveaux éléments, il nous est désormais possible d'amender le premier " Document de Synthèse " ( Réf. 1 ), qui ne reprenait que les résultats - parfois encore incomplets - des chercheurs du secteur public.

Comme précédemment, nous organiserons les éléments de réflexion et de réponse, selon la trame proposée par le Ministre J.Glavany, à savoir :

  1. Métabolisme de l'imidaclopride dans les parties de la plante accessibles à l'abeille.

  2. Limite de toxicité du produit et de ses métabolites pour les abeilles et quantités présentes dans ces dernières.

  3. Persistance du toxique dans les sols et présence dans les cultures non traitées.

punaise.gif (183 octets)1. Métabolisme de l'imidaclopride dans les parties de la plante accessibles à l'abeille

1.1. ( Réf. 4 : A.Stork - BAYER AG, doc. MR - 550/ 99, sept. 1999 : Residues of 14C - Imidaclopride in Blossoms of Sunflower after Seed Dressing - 56 pages.)

Des plantes de tournesol ont été cultivées à partir de semences traitées GAUCHO ( standard : 0,7 mg de m.a. / semence ), étant entendu que l'imidaclopride est radiomarqué.
Le Total des Résidus Radioactifs ( TRR ) a été analysé dans le nectar et le pollen.

Aucun métabolite connu ou inconnu de l'imidaclopride n'a été identifié.

Dans le nectar, l'extrait (100 % du TRR) contient 1,9 ppb. d'imidaclopride.

Dans le pollen, l'extrait (86 % du TRR) contient 3,3 ppb. d'imidaclopride.

1.2. ( Réf. 5 : BAYER AG, doc. SXR/ Am 006, sept. 1999 : Residue Levels of Imidacloprid and Imidacloprid Metabolites in Nectar, Blossoms and Pollen of Sunflowers  Cultivated in Soils with Different Imidacloprid Residue Levels and Effects of  Theses Residues on Foraging Honeybees - Farmland " Höfchen " - 41 pages ) 
( Réf. 6 : BAYER AG, doc. SXR/ Am 007, sept. 1999 : (Idem) - Farmland " Laacher Hof " - 44 pages.)

Pour chacun des deux sites, Höfchen (Réf. 5) et Laacher Hof (Réf. 6), le nectar et le pollen prélevés par les abeilles sur fleur de tournesol traité GAUCHO ainsi que le pollen tombé à partir de cette fleur, cultivé dans des sols n'ayant pas connu de traitement imidaclopride depuis 1996 au moins, ne contiennent pas de résidus décelables d'imidaclopride supérieurs à 1,5 ppb. ( limite de détection = 1,5 ppb.)

Cependant, ces résultats doivent être relativisés, car :

On ne peut exclure que le " nectar " prélevé dans les cadres, contienne du sirop (donc non-contaminé par de l'imidaclopride), qui a été administré aux petites colonies juste avant leur entrée dans le tunnel, en quantité relativement importante ( 500 ml. pour 2 -à 3000 abeilles ! ). Aussi, une analyse sur la composition du " nectar " aurait-elle permis de lever les doutes. 

L'imidaclopride, éventuellement contenu dans cet échantillon de " nectar ", risque de subir une métabolisation partielle, après être passé dans le jabot de l'abeille. 

Les petits grains de pollen tombés librement sur les feuilles ont vite fait de blanchir : ne doit-on pas craindre les effets de photolyse de l'imidaclopride contenu dans/sur les grains de pollen re-ceuillis dans les bacs sous capitule ( la demie vie de l'imidaclopride sur une feuille de tomate = 1 jour / Scholz (1997), BAYER) ? Pourquoi n'a-t-on pas fait appel à des trappes à pollen pour échantillonner le pollen butiné par les abeilles ?

Ces analyses de résidus d'imidaclopride dans nectar et pollen, sont réalisés avec une limite de détection de 1,5 ppb. ( limite de quantification à 5 ppb.). Ces performances analytiques sont insuffisantes, au regard des niveaux de toxicité subléthale de l'imidaclopride (voir plus loin).

1.3. ( Réf. 3 : le CETIOM). 

S'agissant de tournesol traité GAUCHO, dans des sols n'ayant pas connu de traitement imidaclopride depuis 3 ans au moins.

Le dosage des résidus totaux en 4 sites différents, dans le nectar de tournesol pipeté directement dans les fleurons : 0,5 / 0,6 / 0,6 / 1,6 ppb.
Sur ces mêmes sites, le dosage des résidus totaux dans le pollen " balayé " à partir des fleurs, donne respectivement les résultats suivants : 1,37 / 1,33 / 0,55 / 0,84 ppb.

Sur 3 autres sites connaissant un historique imidaclopride analogue, le pollen " balayé " à partir des fleurs mais pouvant comprendre des étamines, représente des dosages de : 0,49 / 1,07 / 0,80 ppb.

S'agissant de tournesol traité GAUCHO, dans des sols avec précédent(s) traitement(s) imidaclopride au cours des 3 années passées.

Sur 3 sites, le dosage des résidus dans le pollen donne : 1,11 / 0,79 / 1,41 ppb.

Sur 4 autres sites, et pour le dosage en résidus totaux dans " pollen + étamines ", on obtient : 1,19 / 2,05 / 2,12 / 6,33 ppb.

1.4. ( Réf. 7 : Fr. Laurent - INRA Toulouse, novembre 2000 : " Transport et Métabolisme de l'Imidaclopride chez le Tournesol. ")

La concentration de résidus d'imidaclopride au stade E4 (bouton formé) est 20 fois plus faible dans la paire de feuilles supérieures, comparativement à celle de la partie basse. Au stade F4 de la floraison, la même paire de feuilles supérieures voit la concentration augmenter d'un facteur 3.

La formation de graines entraîne la mobilisation des réserves photosynthétiques stockées dans les feuilles, qui du reste fonctionnent comme de véritables pièges à imidaclopride. Cette formation des graines en périphérie du capitule pouvant être concomitante avec la floraison des fleurons des rangs plus centraux, l'auteur a vérifié que les concentrations de résidus dans les sépales et -en une moindre mesure- dans le plateau, augmentent en cours de floraison.

Dans le pollen, la teneur en résidus d'imidaclopride est de l'ordre de quelques ppb. Notons, s'agissant de ces teneurs ainsi que de celles dans les autres parties de la plante, l'importante variation - de 1 à 10 - d'une plante à l'autre.

1.5. ( Réf.8 : Dr. J.M. Bonmatin et Dr. I. Moineau - CNRS Orléans / Dr. M. Colin - INRA Avignon / Dr. C. Fléché - AFSSA Nice : Rapport N° 3 de juin 2000 
" Effets des produits phytosanitaires sur les abeilles - Progr. 1999 - 2000 ")

S'agissant du tournesol traité GAUCHO : 

l'imidaclopride est présent dans toutes les parties de la plante de tournesol.

la concentration de l'imidaclopride dans la partie apicale, augmente significativement à partir de la formation du bouton floral, pour atteindre une moyenne de 5-6 ppb. en début de floraison (stade 65). 

S'agissant de la plante de maïs traitée GAUCHO :

Le maïs traité GAUCHO, contient de l'imidaclopride dans toutes les parties de la plante, notamment dans la panicule visitée par l'abeille, jusqu'à 10 ppb. (moyenne = 3,8 ppb.)

Les fortes concentrations dans les parties florales (jusquà 20 ppb. , moyenne = 10,7 ppb.) rappellent le phénomène observé pour le tournesol (M. .F.Laurent - voir 1.4.)

(Travail réalisé en 1999 par J.M. Cantin, sous la direction de Dr.M.Colin - INRA Avignon) Des fleurs mâles, au début de la déhiscence des anthères, prélevées sur maïs GAUCHO, ont été séchées (20 h dans " séchoir à pollen "), broyées et tamisées. Le pollen ainsi préparé est analysé : 3,0 ppb. d'imidaclopride.

punaise.gif (183 octets)2. Limite de toxicité du produit et de ses métabolites pour les abeilles

2.1. Test de nourissement sur des petites colonies à l'extérieur.

( Réf. 9 : Prof. W.Kirchner - Université de Konstanz / All. : " The effects of sublethal doses of imidacloprid on the foraging behaviour and orientation ability of honeybees (1998) " // " The effects of sublethal doses of imidacloprid, OH-imidacloprid and olefine-imidacloprid on the behaviour of honeybees (1999) ")
Prof. W. Kirchner a proposé à des colonies de 5000 abeilles des sirops contenant différentes concentrations d'imidaclopride, dans des nourisseurs situés à 500 m de la ruche. 

Comportement de butinage dans un test de nourissement en plein champ.

La fréquence des danses frétillantes, corrélée avec l'activité de recrutement dans la colonie pour une source de nourriture, est significativement moindre pour des sirops contaminés à des concentrations d'imidaclopride entre 10 et 20 ppb. 

Le décodage des paramètres caractéristiques de ces danses, permet de constater que la précision est altérée dans la communication de :

  • la direction, pour une concentration entre 10 et 20 ppb.

  • la distance, pour une concentration entre 20 et 50 ppb. 

Les danses tremblantes se manifestent clairement entre 10 et 20 ppb. Il faut noter que les effets de l'imidaclopride affecteront aussi le comportement d'abeilles qui n'ont pourtant pas eu de contact direct avec le toxique. W. Kirchner ajoute : " Selon nos connaissances en la matière, cela ne concernera pas uniquement des sources de nectar contenant de l'imidaclopride mais également d'autres sources de nectar, dans la mesure où la danse tremblante est inhibitrice du recrutement pour butiner. ( ... ). "

Activité de butinage dans ce même test à l'extérieur.

Le nombre de visites d'abeilles marquées, sur une source de nourriture contaminée ou pas, est affecté pour une concentration entre 20 et 100 ppb. Nous faisons toutefois remarquer, que la présence d'une abeille au nourisseur ne qualifie et ne quantifie aucunement sa prise de nourriture.

Oléfine- et di hydroxy-imidaclopride admettent également des effets subléthaux sur l'abeille. Ainsi des doses subléthales de l'oléfine peuvent induire des aberrations du comportement de butinage, or les effets sont moins prononcés qu'avec l'imidaclopride.

2.2. Effets à long terme sur les performances d'apprentissage Les abeilles sont conditionnées une par une, dans un tube plastique..

Kirchner ( Réf. 9 ) établit que l'imidaclopride n'affecte pas ces performances dans le seul cas testé d'une contamination sur 10-12 jours, de la nourriture avec 10 ppb. 

Dans notre Document de Synthèse ( Réf. 1 ), nous relations les résultats de Mme Pham-Delègue ( INRA Bures/ Yvette ): une diminution significative des performances d' apprentissage olfactif à une concentration d'imidaclopride entre 6 et 12 ppb. Ces résultats ne sont pas en contradiction avec ceux de W. Kirchner.

Oléfine et OH-imidaclopride en long-terme, affectent ces capacités d'apprentissage mais dans une moindre mesure par rapport à la molécule parente.

2.3. Etudes de la toxicité léthale des métabolites (laboratoire - cagettes).

( Réf. 10 : Dr. L. Belzunces - INRA Avignon, avril 2000 : " Résumé des études sur l'imidaclopride " 

L'imidaclopride présente des particularités d'action inhabituelles :

symptômes d'intoxication immédiats et mortalités tardives

mortalités qui évolueraient dans le temps

retards dans la mortalité quand les doses augmentent

une toxicité très variable

des courbes dose-mortalités multi-phasiques : on constaterait plus de mortalités à  très faible dose (0,1 ng per os) qu'à des doses " moyennes " ! Notons que 0,1 ng dans un demi-jabot d'abeille, soit 25 mg , équivaut à une concentration de 4 ppb.!

Les métabolites de l'imidaclopride.

En toxicité aiguë, seuls l'oléfine et le 5-OH-imidaclopride présentent une toxicité comparable à celle de la molécule-mère.

En toxicité sub-aiguë, l'ingestion prolongée d'une dose journalière de 0,0045 ng par abeille et par jour, tant de l'imidaclopride que des métabolites les plus connus, fait apparaître des mortalités significatives, 3 à 4 jours après le début du traitement : l'auteur fait remarquer que ce laps de temps correspond à la période entre le déclenchement de la miellée et le début de la dépopulation des ruches.

L'auteur considère comme très probable que le processus de l'intoxication de l'abeille par l'imidaclopride, passe par une action toxique des métabolites particulièrement nocive et sournoise : il est évoqué la probabilité que certains métabolites puissent agir sur des sites neurologiques différents de celui de l'imidaclopride.

2.4. Prise de nourriture très faiblement contaminée, en conditions semi-contrôlées.

( Réf. 8 : Rapport CNRS - INRA - AFSSA / Progr. 1999-2000 ) Dr. M. Colin a étudié dans le confinement d'un tunnel de 80 m2, le " butinage " d'un nourrisseur, par les abeilles provenant d'un nucleus de 1000 - 2000 abeilles.

Les effets de l'imidaclopride sur le critère de départ, en l'occurrence : la fréquentation du nourisseur, sont toujours présents à 6 ppb. et ne le sont pas toujours à 3 ppb. En décomposant l'approche d'une source contaminée à 3 ppb., l'effet notamment sur la durée de prise alimentaire est net pendant 3 jours consécutifs. L'auteur en déduit que la concentration d' imidaclopride sans effet sur l'abeille (NOEC) est inférieure à 3 ppb.

Avec l'oléfine, le NOEC est inférieur à 0,75 ppb. 

2.5. Commentaires.

Dr. M. Colin s'interroge ( Réf. 8 ) sur la variabilité des résultats en matière d'expérimentation avec les abeilles : c'est tout à son honneur, d'autant plus que ses résultats mentionnés en 2.4. sont peu dispersés et cohérents. Aussi envisage-t-il que la variation de l'expression de l'intoxication à ces concentrations extrêmement faibles dépendrait d'un effet " facteurs environnants ", comprenant : 

des facteurs intrinsèques : motivation des individus, état de la colonie, âge des butineuses,  origine génétique, ... 

des facteurs extrinsèques : températures (pour l'imidaclopride, l'activité toxique / abeille semble moindre à 30 qu'à 20 °C), repères, analogie avec les effets muscariniques ou nicoti-niques pour l'imidaclopride, présence de l'observateur, évaluation / appréciation différentes d'un technicien à l'autre, ... 

des combinaisons de ces 2 familles de facteurs.

A la lumière de ce qui suit, il est clair que ce genre de réflexions s'impose.

* La difficulté d'expérimenter avec le couple "imidaclopride" - " matériel biologique abeille/ colonie ", se vérifie à partir de l'analyse des résultats de l'étude aussi "simple" et standardisée (EPA ou CEB), qu'est : la détermination de la Dose Léthale 50% de l'imidaclopride technique pour l'abeille, 48 h. après ingestion = DL 50 (48 h.). Les valeurs suivantes ont été publiées (en ng / abeille) : 
· ( Réf. 10 - Dr. Belzunces ): 4,8 (Apis mellifera mellifera) / 6,7 (A.m.caucasica) / 40 (Buckfast)
· ( Réf. 1 - Dr. Pham-Delègue ) : 30,6 (A.m.ligustica)
· ( Réf. 2 - BAYER ) : 3,7 ( Apis ? ) / 11,7 ( Apis ? - formulation GAUCHO)
· ( Réf. 11 : Rapport 6400036 / 1999, d'IBACON pour BAYER ) : 40,9 (Apis ?)

* Certains se sont inspirés directement d'une méthode standardisée comme la CEB N° 129, pour dispo-ser d'un protocole qui leur permette de les éclairer sur des effets subléthaux, alors que le protocole n'est pas conçu pour des insecticides présents dans la plante avant expérience et qu'il ne ne peut que renseigner sur les éventuels effets léthaux ( Réf. 5 et 6 : BAYER / ACTA : essais tunnel dans le cadre du Programme d'Etudes GAUCHO / tournesol -1998) ! 
Ou comme IBACON (Réf.11) qui à partir d'un test de toxicité léthale s'autorise à fixer une dose sans effet à 1,5 ng/ abeille !

* L'erreur dans la rédaction du rapport n'est pas à exclure. Ainsi, 3 ans révolus plus tard, se rend-on compte qu'un rapport de décembre 1990, fixant la DL 50 abeilles par contact, déclare une valeur de 10 fois inférieure, sur faute de décimale. (Rapport 101321 - J.H. Cole / HCR)

* Ne peut-on pas s'étonner si certains résultats n'interpellent pas davantage. Ainsi dans (Réf. 11 :
IBACON pour BAYER). La mortalité (% de la population testée) après 48 h. était dénombrée sur ingestion de : 40,9 ng d'imidaclopride/abeille (53,3%); de 22,9 (16,7%); de 12,2 (30,0%); de 6,0 (33,3%); de 3,1 (33,3%); de 1,5 (6,9%). - L'inflexion de la fonction à la dose de 22,9 ng/ abeille doit susciter une réaction - La proposition 40,9 ng/ abeille comme DL 50 (48h) est pour le moins hasardeuse.

Ces réflexions sur la variabilité des résultats sont d'autant plus justifiées, lorsque sont mis en oeuvre des protocoles non-standardisés, ce qui est le cas de plusieurs études biologiques et toxicologiques discutées ici et ayant été rapportées à la Commission des Toxiques.

En matière de toxicologie humaine et animale, la variabilité des résultats de tests toxicologi-ques oblige à faire appel à un facteur de sécurité, souvent égal à 100.
Lorsque les effets non-intentionnels sur des organismes non-cibles doivent être évalués, il faut pour cette raison également appliquer un facteur de sécurité ... et a fortiori lorsque l'abeille est en jeu à raison de ses implications tant économiques, qu'écologiques.

En conclusion sur ce chap. 2.:

Les neurotoxicologues comme les toxicologues sont déroutés et demeurent perplexes lorsqu'il s'agit d'expliquer les particularités d'action inhabituelles de l'imidaclopride et de ses métabolites pour des doses relevant de la toxicité aiguë. 

Les effets pour l'abeille, de concentrations subléthales d'imidaclopride dans son sirop de nourissement, sont significatifs :

  1. entre 10 et 20 ppb. : pour des critères liés à la communication dans la colonie, et notamment pour des paramètres intégrant les capacités d'orientation..

  2. entre 6 et 12 ppb. : pour ce qui concerne ses performances d'apprentissage olfactif.

  3. entre 3 et 6 ppb. : pour le critère " fréquentation de la source ", voire inférieur à 3 ppb. en considérant le critère " durée de la prise alimentaire". 

Les métabolites oléfine et OH-imidaclopride admettent également des effets subléthaux. Selon le critère, les effets n'apparaissent pour les uns que pour des concentrations plus fortes, tandis que pour d'autres, le métabolite semble plus toxique que sa molécule parente : ceci est le cas avec l'oléfine, qui avec une concentration de 0,75 ppb. influence négativement le butinage, en conditions semi-contrôlées.

punaise.gif (183 octets)3. Persistance dans les sols et présence dans les cultures non-traitées. 

3.1. Persistance dans les sols.

3.1.1. Généralités.

MM. L .Belzunces et J.N. Taseï, dans leur " Rapport sur les effets du traitement de semences de tournesol au GAUCHO - déc. 1997 " commandé par la Commission des Toxiques, relévent que la demie vie DT 50 du GAUCHO est de :

188 jours +/- 25 jours, dans un sol sableux-limoneux

249 jours +/- 50 jours, dans un sol limoneux ultra-fin.

Ils ajoutent " Il s'agit donc d'un produit très stable, d'ailleurs hors-normes européennes actuelles "

3.1.2. ( Réf. 12 : BAYER AG, rep. N° MR-758/ 98, oct. 98 : " Long-term Soil Dissipation Study with CONFIDOR 70 WG in Apple Orchards in Germany following Spray Application. ") 

CONFIDOR 70 WG, matière active : imidaclopride, est épandu par pulvérisation sur 3 vergers de pommiers, à la fin du mois de mai de chacune des années entre 1992 et 1997. La dose d'application est de 150 g de m.a. / ha. Les concentrations de la molécule parente imidaclopride présentes dans les sols - sol nu dans le rang des fruitiers ou sol enherbé dans l'inter-rang -, sont déterminées, avec une limite de quantification de 6 ppb. et une limite de détection de 2 ppb.: N.D. = inférieur à 2 ppb. / ILQ = entre 2 et 6 ppb.

Ainsi dans le verger " Bechtolsheim " et pour les sols nus

Dans la couche 0-10 cm, juste avant le traitement annuel, on trouve successivement : 
N.D. / 16,9 ppb. / 27,4 ppb. / 29,6 ppb. / 32,6 ppb. / 38,1 ppb.

En 1997, et en identifiant les couches de sol resp. 0-10 cm / 10-20 cm / 20-30 cm :

  • à J + 86 (jour de traitement 1997 plus 86 jours) : 20,0 ppb. / ILQ / N.D.

  • à J + 175 : 26,3 ppb. / N.D./ N.D.

  • à J + 356 : 34,5 ppb. / ILQ / ILQ 

Comment interpréter que de l'imidaclopride se crée dans le temps ? D'autre part, peut-on supposer une migration de l'imidaclopride vers le bas ?

3.1.3. ( Réf. 8 : Rapport CNRS - INRA - AFSSA / Progr. 1999-2000 ) 

Dr. J.M. Bonmatin et Dr. I.Moineau ont analysé des sols non-traités GAUCHO en année N.

Sur 33 échantillons de sol analysés dans la série "au minimum une culture GAUCHO au cours des 2 dernières années", soit : 22 en année N - 1 // 8 en année N - 1 et N - 2 // 3 en année N - 2.

Quantification pour 26 échantillons, soit pour 79 % : entre 1,2 et 22 ppb. Détectable pour 6 échantillons, soit pour 18 % : entre 0,1 et 1,0 ppb. 

En distinguant le type de culture (non-traitée) en cours et à partir des concentrations constatées dans les sols, l'auteur émet l'hypothèse que tournesol et maïs auraient une capacité d'absorption de l'imidaclopride plus grande que le blé ou le colza.

Sur 11 échantillons " sans précédent GAUCHO au cours des 2 dernières années "

Quantification dans 1 échantillon sur 11 ( 1,5 ppb.) Détectable dans 7 échantillons sur 11 : entre 0,1 et 1,0 ppb.

3.1.4. Argumentaire BAYER / CETIOM, Commission des Toxiques, 13 novembre 2000

Devant l'énorme problème de l'excessive stabilité de l'imidaclopride, BAYER et le CETIOM se sont employés à vérifier si l'imidaclopride ne risquait pas de s'accumuler dans les sols. Le protocole utilisant la jeune plante de tournesol comme traceur des niveaux d'imidaclopride dans les sols, est pour le moins curieux lorsqu'il s'agit de suivre le devenir du produit dans les sols. Selon BAYER et CETIOM - et concernant les résidus dans les sols -, un palier pourrait être atteint après 3 années successives de cultures traitées GAUCHO. ( Voir aussi 3.1.2. / CONFIDOR ) Aucun chiffre n'est avancé pour ce palier, mais les études CNRS, CETIOM, BAYER citées tout au long de notre document, permettent d'avancer raisonnablement la moyenne de 10 ppb.

Sachant que l'imidaclopride, très peu mobile dans les sols, se maintient surtout dans la couche supérieure d'une épaisseur de 30 cm, on calcule qu'une teneur moyenne de 10 ppb. signifie une charge à l'ha de 50 grammes d'imidaclopride : 50 g/ ha est aussi ce qu' apporte le traitement GAUCHO d'un semis de tournesol !

3.2. Traitement de sols et dosages dans les cultures

3.2.1. ( Réf. 13 : BAYER AG, rep. N° RA-2091/ 92, May 1994 : " Determination of Residues of Imidacloprid in Soil and in Lettuce and Turnips Grown as Following crops " )

ZELMONE 350 FS, une formulation d'imidaclopride habituellement utilisée en traitement de semence, est pulvérisée sur sol nu, à raison de 140 g/ ha. Une orge est aussitôt semée (J 0 ).

A J 30, une demie parcelle - X - ( traitée et semée d'orge à J 0 ), est retravaillée superficiellement, et on y sème sur 2 sous-parcelles laitue et radis.

A J 112, l'autre demie parcelle - Y -, où on vient de moissonner l'orge avec sa paille, est à son tour superficiellement retravaillée et on y sème pareillement en 2 sous-parcelles, laitue et radis.

Les résidus d'imidaclopride dans la couche de sol 0-10 cm, en fonction du moment : 

( X ) 79 ppb. (J O) // 59 ppb. (J 30) // 74 ppb. (J 77) // 64 ppb. (J 97)

( Y ) 40 ppb. (J 112) // 38 ppb. (J 169) // 40 ppb. (J 212). 

Ces données permettent aussi d'arrêter pour ce sol limoneux- sablonneux, une demie-vie DT 50 = 199 jours (du reste en accord avec des études de dissipation pour ce sol)

Dans la demie parcelle Y, donc après une culture d'orge menée à maturité (J 112), la 2ème culture peut doser plus que la 1ère culture semée dans la demie parcelle X, à J 30. Ainsi pour le feuillage des radis et à 3 stades de culture identiques, les concentrations en résidus totaux ( limite de détection de 10 ppb.) sont respectivement -âge croissant- :

X : N.D. // 18 ppb. // 25 ppb. 

Y : 29 ppb. // 22 ppb. // 16 ppb.

3.2.2. ( Réf 14 : BAYER AG, PF rep. N° 3674 , Aug. 1992 : 
" C14 - imidacloprid Residues in Rotational Crops ")

A J 0, un limon sablonneux reçoit à sa surface de l'imidaclopride radiomarqué au C14, à raison de la dose élevée de 454 g/ ha. Des cultures successives de betterave rouge, de blette et de blé sont semées après des périodes de vieillissement de 30 jours (1ère rotation), de 120 jours (2e rotation), de 271 jours (3e rotation). Chaque culture est menée à maturité dans chacune des rotations; en plus le blé est pour moitié récolté au stade fourrage vert.

Les échantillons de sol sont analysés pour leurs résidus totaux : 360 ppb. (J 0) // 340 ppb. (J 30) // 210 ppb. (J 120) // 280 ppb. (J 271) // 200 ppb. (J 412). Ces résidus totaux sont essentiellement constitués d'imidaclopride.

Il est important de noter (voir aussi 3.4.) qu'en deuxième culture, les concentrations en résidus totaux peuvent être supérieures à celles mesurées à l'issue de la première culture. Ainsi, dans la première, deuxième, troisième rotation, les concentrations successives sont - pour la blette : 130 ppb. // 240 ppb. // 90 ppb. - pour le fourrage vert de blé : 480 ppb. // 1000 ppb. // 260 ppb. 

De pareils caractéristiques de persistance dans les sols de la molécule parente imidaclo-pride, doublées de qualités de systémie parfaite dans les plantes de tournesol et de maïs, aident à comprendre sa présence dans les plantes pourtant non-traitées.

3.3. Présence de l'imidaclopride dans le tournesol non-traité GAUCHO en année N.

3.3.1. ( Réf.8 : Rapport CNRS - INRA - AFSSA / Progr. 1999-2000 ) 

Dr. J.M.Bonmatin et Dr. I.Moineau ont analysé tiges+feuilles et capitules de tournesol en fleur :

Le tournesol est capable d'absorber l'imidaclopride résiduel de sols sur précédent GAUCHO en N-1 et N-2. Selon la partie végétale, les teneurs sont de l'ordre de quel-ques ppb., voire une dizaine de ppb. si antécédent N-1. 

Deux cultures GAUCHO à N-1 et N-2, par rapport à une seule culture GAUCHO à N-1, ne semblent pas provoquer d'accumulation d'imidaclopride supplémentaire dans le tournesol en année N.

3.3.2. ( Réf. 3 : le CETIOM ) ( GER : GAUCHO Enquête Régionale ) ( GSP : GAUCHO Suivi Parcellaire, dans sites CETIOM )

Des analyses de résidus totaux de l'imidaclopride sont réalisées sur des parties de la plante de tournesols dont la semence n'a pas été traitée GAUCHO, soit sur :

la partie aérienne de la jeune plante de tournesol (stade B4-B6 ), tant dans GER, que dans GSP

la feuille sous capitule et le pollen en début de floraison, dans le thème GSP.

Pour la matrice " végétaux ", la limite de quantification est de 5ppb, celle de détection est de 1 ppb. Pour le pollen, ces valeurs sont respectivement : 2 ppb. et 0,5 ppb. (comm. BAYER, nov.2000 ) 

S'agissant des analyses des jeunes plantes de tournesol (semence non-traitée de l'année). Sur le thème GER, parmi 25 situations de tournesol :

Sur 20 champs avec précédent(s) GAUCHO au cours des 3 années passées, et concernant les résidus dans la jeune plante : 

  • 1 avec ILQ (entre 1 et 5 ppb.) // 17 avec des concentrations entre 5 et 20 ppb. // 

  • 2 ont des concentrations resp. de 21,8 ppb. et 55,0 ppb.

Sur 5 champs sans précédent GAUCHO au cours de 3 années précédentes : 

  • 3 ne sont pas détectables // 1 avec ILQ (entre 1 et 5 ppb.: sur 3 années de friche !) 

  • 1 a une concentration de 8,8 ppb. ( 98: blé, 97: colza, 96: friche)

Sur le thème GSP, les résultats GER sur jeunes plantes de tournesol, se confirment : 

Présence systématique, dans le cas de précédent(s) GAUCHO ( 6 sols avec concen-trations supérieures à 5ppb. // 1 avec ILQ )

Présence possible, même si 3 précédents non-GAUCHO. (4 non-détectables // 1 ILQ)

S'agissant des analyses de feuilles sous capitule et de pollen. (semences non-GAUCHO). Sur le thème GSP, parmi 14 situations de tournesol :

Sur 7 champs avec précédent(s) GAUCHO au cours des 3 années passées et concernant : 

  • les feuilles : 5 avec ILQ (entre 1 et 5 ppb.) // 2 resp. à 9,8ppb. et à 12,1 ppb.. 

  • le pollen : sur les 7 champs, 5 sont chargés : moyenne de 0,7 ppb.

Sur 7 champs, n'ayant pas connu de GAUCHO au cours des 3 années passées (98 à 96) : 

  • les feuilles : 3 non-détectables // 2 (?) // 2 avec ILQ : entre 1 et 5 ppb.!! 

  • le pollen : sur les 7 champs, 4 sont chargés : moyenne de 1,2 ppb. ( après vérification, il y aurait eu en 1995, une culture GAUCHO, dans au moins 2 
    cas sur 4 - code analyse labo : S73021 et S 73023.) 

Il n'est pas inutile de rappeler l'engagement du CETIOM, qui présentant le 28 avril 1999 son protocole T99GER, mentionnait en pt.6. "Traitement des données et interprétation " :

" Les résultats d'analyses consolidés par les éléments receuillis sur le terrain permettent de vérifier directement les hypothèses testées ( N = 1999 ) :

le tournesol issu de semences non traitées ne contient pas d'imidaclopride et/ou de métabolites de l'imidaclopride.

les sols qui ont reçu des semences traitées GAUCHO à l'occasion des mises en place de précédents culturaux (+/- N-1, N-2, N-3 ) ne sont pas contaminés au point de générer la présence d'imidaclo-pride et/ou de métabolites de l'imidaclopride dans du tournesol à la limite de quantification de 5 ppb.

La présence d'échantillons positifs validés venant en contradiction des hypothèses testées prouvera l'existence de risques environnementaux mal évalués liés à l'utilisation de l'imidaclopride en protection de cultures. " (CETIOM)

Force est de constater que des plantes de tournesol, non-traitées en année N, contiennent de l'imidaclopride et de ses dérivés totaux :

A un stade B6-B8 ( env.35- 40 jours) : systématiquement dans la " jeune plante " et quantifiable dans 24 cas sur 26, si précédent(s) GAUCHO, au cours de N-1 à N-3 // leur présence est possible, en absence de précédents GAUCHO entre N et N-3 compris ( 8,8 ppb. et 2 ILQ parmi 10 champs).

En début floraison, dans la feuille sous capitule : systématiquement, si précédents entre N-1 et N-3 ( 12,1 et 9,8 ppb. et 5 ILQ) // leur présence est possible, en absence de précédents entre N et N-3 compris ( 2 ILQ sur 5 )

Le pollen de tournesol de l'année N et non-traité GAUCHO :

  • si précédent GAUCHO entre N-1 et N-3 : 5 sur 7 / moyenne de 0,7 ppb

  • sans précédent au cours des 3 dernières années : 4 sur 7 / moyenne de 1,2 ppb.  ( 2 de ces 4 champs ont connu un précédent GAUCHO en N-4 !) 

Au seul titre du respect de l'entomofaune et autres organismes utiles non-cibles, la biodis-ponibilité à travers pollen et nectar, d'un biocide parmi les plus toxiques qui soient, ne peut être tolérée : c'est la raison qui incitera le Ministre à limiter l'usage de GAUCHO sur semence de tournesol.

Or, si le pollen d'un tournesol, non-traité de l'année N et implanté dans un sol n'ayant pas connu de GAUCHO depuis N-3 est " contaminé " dans 4 cas sur 7, moyenne de 1,2 ppb., alors que le pollen d'un tournesol, traité de l'année N et également implanté dans un sol sans précédent GAUCHO depuis N-3, l'est à même hauteur ( 7 cas sur 7, moyenne de 0,9 ppb. : voir 1.3.) , ... on mesure : l'importance de l'imidaclopride résiduel à côté de l'imidaclopride du traitement GAUCHO de l'année.

3.4. Présence de l'imidaclopride dans le maïs non-traité GAUCHO en année N.( Réf. 8 : Rapport CNRS - INRA - AFSSA / Progr. 1999-2000 )

Dr. J.M. Bonmatin et Dr. I. Moineau ont analysé la plante de maïs non-traité :

5 échantillons sur 8, contiennent de l'imidaclopride, dont 4 en concentrations quanti-fiables ( de 1,1 jusqu'à 7,4 ppb.)

L'imidaclopride est retrouvé dans toutes les parties de la plante de maïs : ainsi, le maïs pourrait absorber l'imidaclopride résiduel des sols, jusqu'à 8 ppb.

punaise.gif (183 octets)CONCLUSIONS : l'imidaclopride et l'abeille butinant tournesol et maïs

  1. Les résidus d'imidaclopride dans nectar et pollen seraient essentiellement de l'imidaclopride. Dans son avis du 13 décembre 2000, la Commission des Toxiques a considéré que les  niveaux de résidus d'imidaclopride, présents dans le pollen et le nectar de la fleur de tournesol traité GAUCHO, se situent vers 2 à 3 ppb. Le pollen de maïs traité GAUCHO, est chargé d'imidaclopride à hauteur de 3 ppb.

  2. En conditions semi-contrôlées et contrôlées, des effets délétères sont observés pour des concentrations strictement de même ordre de grandeur que celles que l'abeille inévitable-ment recontre sur le terrain, en période de floraison des cultures de tournesol et de maïs . Vu la variabilité et la dangerosité de la molécule, l'application d'un facteur de sécurité sur les concentrations déclenchant des effets toxiques est indispensable,

    Le test à l'extérieur (Kirchner, 1998-99) met en évidence que la butineuse, à une concen-tration légèrement supérieure (entre 10 et 20 ppb.), lors de son retour à la ruche :
    - exécute des danses tremblantes, " informant ses congénères d'une substance dangereuse à l'extérieur " ( Schmidt, BAYER AG - 6e Symposium ICPBR )
    - est affectée sur ses capacités de communiquer précisément la direction de la source de nourriture, ce qui est susceptible de conditionner la colonie en son entier.
    L'application d'un facteur de sécurité, aussi minime soit-il, oblige à considérer ce risque.

    Le traitement GAUCHO de la semence de tournesol et de maïs engendre la contamination par l'imidaclopride, du nectar de tournesol et du pollen de tournesol et de maïs butinés par l'abeille, à des niveaux déclenchant des effets subléthaux. 
    Aussi, faut-il constater l'incompatibilité entre, - d'une part : la présence continue et constante de l'imidaclopride à hauteur de quelques ppb., tant dans le nectar du tournesol traité GAUCHO, que dans le pollen de tournesol et de maïs traités GAUCHO, et - d'autre part : la présence en ces zones de grandes cultures, de colonies d 'abeilles, ... Le retrait de GAUCHO tant sur tournesol que sur maïs, s'impose : tellement le risque d'effets délétères sur la butineuse au contact de ce toxique est réel, tellement la stabilité et la survie de sa colonie sont menacées. 

  3. Dans des sols ayant connu des précédents GAUCHO, même si le dernier date de l'année N-4, les plantes de tournesol et de maïs non-traités en année N, peuvent se charger d'imidaclopride. Il est mis en évidence que souvent le pollen de tournesol pourtant non-traité en année N, grâce à l'" imidaclopride résiduel ", exprime l'imidaclopride aussi facilement que ne l'exprime celui d'un tournesol traité GAUCHO en année N. Cet imidaclopride résiduel a été constitué à partir de traitements au cours des 4 ou 5 dernières années, indifféremment que le GAUCHO ait traité les semences de céréales à paille, tournesol, maïs ou betteraves.

L'imidaclopride résiduel peut s'exprimer dans le pollen de tournesol non-traité, à des niveaux comparables à ceux constatés avec le traitement GAUCHO de la semence de tournesol. La biodisponibilité de l'imidaclopride à travers le pollen du tournesol contaminé par des précédents GAUCHO, engendre une agression permanente sur l'entomo-faune, dont l'abeille fait partie.

L'imidaclopride résiduel est pareillement détecté dans le maïs, le colza, les plantes adventices, susceptibles d'être butinées : l'analogie avec la plante de tournesol, fait craindre que leur pollen ou nectar, puissent également être contaminés à des niveaux toxicologiquement significatifs. 

Cet imidaclopride résiduel provenant d'applications précédentes du GAUCHO sur la semence de quelconque culture, il est par conséquent urgent d'en retirer tous ses usages. 

Le 21 janvier 2001. 
La Coordination des Apiculteurs de France


Apiservices - Galerie Virtuelle Apicole - Page d'accueil