Nous n’avons pas assisté à la dernière réunion de ce que l’on présente déjà
comme l’Institut Technique. A ce jour, il n’a pas d’existence légale. Nous
n’avons pas non plus participé à la manifestation dans la cour de l’ACTA,
manifestation supposée faire pression sur la réunion de l’Institut.
La mission du Député et son aboutissement pour une filière apicole durable ne
sont en fait à nos yeux qu’une prise en otage de l’apiculture par l’agriculture
productiviste et toxique. L’abeille est devenue un témoin gênant de la
contamination de l’environnement alors qu’elle devrait être un partenaire de la
biodiversité. D’un commun accord, le matin de la dernière réunion du comité
opérationnel, la FAPP, la Confédération paysanne, le S.N.A. et l’UNAF étaient
décidés à ne pas cautionner la proposition connue et développée l’après-midi au
Ministère de l’Agriculture. D’entrée par un communiqué lu devant les
représentants des divers services du Ministère, nous avons insisté sur notre
désaccord quant à la participation de l’UIPP (Pesticides) à ce comité et
éventuellement à l’Institut, refusé la présence de Coop de France et remis en
cause la représentation au Conseil Scientifique ainsi que son pouvoir de
décision.
Consultés sur ce dernier point, le S.N.A. avait déjà proposé à l’Administration
des apidologues français, authentiques chercheurs, confrontés à nos problèmes.
Si l’administration a semblé reculer sur certaines de ses propositions, il n’en
reste pas moins que la F.N.S.E.A. en créant une section spécialisée dans les
régions, marginalise complètement les syndicats nationaux bien structurés.
L’APCA (Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture) crée aussi une section
apiculture, la participation de COOP de France est acquise et la porte est
ouverte aux associations phytopharmaceutiques ainsi qu’au réseau abeilles
patronné par BASF, enfin le système de représentativité réduit à une peau de
chagrin la possibilité pour les syndicats nationaux (98 % des apiculteurs
français) de s’exprimer. Le S.N.A. entend continuer de prendre comme il l’a
toujours fait, la défense de la petite apiculture de type familiale ou
pluriactive mais aussi de nombreux professionnels qui se sentent tout aussi bien
chez nous. Il est difficile dans ces conditions de comprendre l’obstination du
Ministère de l’Agriculture à vouloir passer en force en nous marginalisant...
Cette préoccupation a fait l’objet d’un recours au plus haut niveau de la
gouvernance actuelle. Nous sommes demandeurs d’une réponse claire et objective.
Dès 2004, une note retrouvée à la DGAL précisait que l’Etat devait affirmer plus
nettement sa position et ceci supposait l’établissement d’un dialogue à haut
niveau avec les organisations professionnelles (APCA, FNSEA,…), sans mention des
structures apicoles...
Après le détricotage d’une bonne partie des résolutions du Grenelle de
l’Environnement, nous voilà confrontés à ce que nous pourrions appeler le «
détricotage du tissu syndical et associatif français ».
Un débat aura lieu lors de l’Assemblée Générale du S.N.A. le 27 février, nous
verrons alors quelle position définitive votre Fédération dans l’objectif
primordial de la défense de vos intérêts et de votre avenir en tant
qu’apiculteur producteur et vendeur de miel, pourra être prise en compte.
A ce jour, si nos craintes ne sont pas vérifiées, elles sont suffisamment
identifiées par certains comportements déjà observés.
F. ROMANZIN
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