Codex
alimentarius
avec l'aimable autorisation de la revue Abeille de France
Dans notre numéro de
mars, sous la plume de notre collaborateur Claude BLEIN, vous avez pu prendre connaissance
du compte-rendu de la 7ème session du CODEX ALIMENTARIUS.
A ce jour, nous recevons le compte-rendu officiel émanant de la Direction Générale de lAlimentation. Nous nous empressons de vous le communiquer en complément de notre dossier.
La 7ème session du comité codex sur les sucres (C.C.S.)
sest tenue à Londres du 9 au 11 février 2000. La délégation française était
composée de J. François (D.G.C.C.R.F.) et de J.-F. Roche (F.G.A.L.) et pour les
représentants des professionnels par MM. Schiro, Clément, Besacier et Blein.
Le comité du Codex sur les sucres avait travaillé par correspondance depuis des
années sur les projets de normes sur les sucres et sur le miel, ce qui a permis
dadopter la norme sur les sucres à la dernière session de la commission et de
faire évoluer la norme sur le miel à létape 7.
Lessentiel de la session a été consacré à la norme sur le miel. Les débats ont
été difficiles du fait des enjeux commerciaux, notamment pour lEurope qui est le
principal importateur de miel, mais aussi des différences de pratiques de production
entre continents.
Les Etats membres de lUnion européenne, malgré des intérêts divergents et une
directive européenne en cours de négociation, ont pu défendre une position commune sur
la plupart des points.
I. QUESTIONS RENVOYÉES PAR DAUTRES COMITÉS
A la demande de lUnion européenne, le comité sur les sucres a répondu à la demande du comité Codex des principes généraux concernant la prise en compte dautres facteurs légitimes dans ses travaux. Le comité a reconnu avoir tenu compte des autres facteurs légitimes suivants : les considérations économiques, linformation des consommateurs et des bonnes pratiques agricoles.
II. PROJET DE NORME SUR LE MIEL (DOCUMENT CX/S 00/3)
1. PRÉAMBULE
Le Secrétariat du Codex a demandé la suppression du texte en tête de la norme
et de lannexe, qui prévoit que les dispositions de lannexe sont destinées
aux seuls opérateurs commerciaux pour application volontaire. Le comité a cependant
convenu de conserver le préambule en létat. Les comités SPS et TBT de lOMC
ont déjà indiqué que les annexes des normes révisées font référence pour le
règlement des différends au même titre que le corps des normes.
2. CHAMP DAPPLICATION
La délégation française, soutenue par lEspagne et lItalie, a demandé avec
insistance lintégration du « miel dindustrie » dans le champ
dapplication de la norme. La Présidence du comité, avec le soutien des pays
exportateurs et des USA sy est fermement opposée. Un compromis a été finalement
trouvée. Le champ dapplication comprend 2 parties nouvelles sur le « miel
dindustrie » et sur le miel produit par les autres variétés dabeilles, qui
pourront être développées ultérieurement.
Ce compromis est suffisant pour permettre dintégrer le « miel dindustrie »
dans le champ du projet de directive européenne sans avoir dopposition avec la
norme du Codex. De plus, il convient de noter que cette partie consacrée au miel
dindustrie ne couvre en fait que le miel « déclassé » qui ne satisfait pas
certains critères de composition. La majorité du miel destiné à lindustrie
correspond au miel défini dans la partie I de la norme : au moment du conditionnement du
miel en vrac, la destination vers lindustrie ou vers la consommation directe
nest généralement pas connue.
3. DÉFINITION ET DESCRIPTION
Le texte adopté pour la définition du miel est satisfaisant, sauf sur la référence à
laction de déshydratation qui est inutile, sagissant dune action
naturelle des abeilles.
Le texte adopté pour la description est satisfaisant en létat.
4. FACTEURS ESSENTIELS DE COMPOSITION ET DE QUALITÉ
Le principe dinterdiction de tout ajout dingrédients (sucres,
vitamines, minéraux, etc.) au miel a été réaffirmé et le texte de la norme a été
clarifié : seul du miel peut être ajouté au miel.
Le principe dinterdiction de tout retrait du miel a été accepté moyennant une
dérogation importante. De nombreux pays, comme les USA, pratiquent couramment une
filtration fine du miel (couleur, limpidité, maintien sous forme liquide) pour des
raisons commerciales et dhabitude de consommation.
Le texte adopté prévoit la possibilité de retirer les matières indésirables qui peuvent être présentes dans le miel, ce qui permet de fait la filtration fine ou ultrafiltration du miel, qui retire le pollen, nécessaire à lauthentification de lorigine florale ou géographique du miel. Néanmoins le miel ultrafiltré devra être dénommé « miel filtré » afin dinformer le consommateur de ce traitement.
5. CONTAMINANTS ET RÉSIDUS
Le comité na pas fait de proposition de limites maximales de résidus
pour les métaux lourds. Il revient donc au comité du Codex sur les additifs et
les contaminants de faire déventuelles propositions pour le miel.
Le principe de la conformité du miel aux limites maximales de résidus élaborées par le
Codex pour les pesticides a été étendu aux médicaments vétérinaires.
6. ETIQUETAGE
La France a obtenu pour létiquetage miel de miellat, y compris en
mélange avec du miel de fleurs, lapposition du mot « miellat » dans la
dénomination de vente soit facultative.
Une avancée importante a été obtenue quant à lindication de lorigine
florale ou géographique des miels. Pour les miels bénéficiants dune indication
dorigine florale ou dune origine géographique ou topographique,
létiquetage du pays dorigine devient obligatoire (section 6.1.8). Cette
mention du pays dorigine pourra figurer tout le long du circuit commercial de cette
catégorie de miels et permettre leur traçabilité sur le plan de lorigine.
Néanmoins le texte nexplicite pas le cas des mélanges de miels et devra donc être
interprété le cas échéant.
Le comité est convenu de ne pas étiqueter le traitement de pasteurisation du miel dans
la mesure où un tel traitement ne modifie pas les caractéristiques du miel, y compris
sur le plan analytique.
Par contre, létiquetage du traitement par filtration fine, qui élimine le pollen,
élément caractéristique du miel, a été rendu obligatoire. La dénomination de vente
doit être complétée par le terme « filtré ».
7. MÉTHODES DANALYSE
Les méthodes danalyse pour la détermination des sucres par
chromatographie et la conductivité électrique ont été adoptées comme nouvelles
méthodes de référence, en remplacement des méthodes de la norme actuelle. Cest
une avancée importante sur le plan analytique, car ces méthodes utilisées par les
laboratoires de contrôle européens, sont plus rapides et plus fiables que les anciennes
méthodes de référence. Elles seront transmises au comité du Codex sur les
méthodes danalyse (CCMAS) pour accord.
Deux méthodes de lAOAC pour la recherche des sucres exogènes ont été adoptées.
Néanmoins, elles ne permettent pas de détecter laddition de tous les types de
sucres.
8. ANNEXE
Les caractéristiques de composition sur les sucres, les matières insolubles et les
matières minérales ont été transférées dans le corps de la norme, tandis que celles
sur lacidité libre, lactivité diastasique et lHMF sont maintenues en
annexe.
La teneur de référence en HMF a pu être abaissée de 80 à 40 mg/kg, conformément à
la réglementation communautaire. Néanmoins, une dérogation de 80 mg/kg est prévue pour
les miels dorigine déclarée, issus de pays ou de régions, où la température
ambiante est tropicale.
Le comité a décidé de transmettre le projet de norme révisée sur le miel pour
ladoption à létape 8 à la prochaine session de la Commission du Codex.
III. NORME SUR LES SUCRES (DOCUMENT CX/S 00/4)
La norme sur les sucres a été adoptée à létape 8 lors de la
dernière session de la Commission du Codex alimentarius. Néanmoins, lIle
Maurice, soutenue par la France, avait proposé des amendements sur le sucre de canne
brut, le sucre mou blanc et le sucre mou brun. Ces amendements, avec quelques légères
améliorations, ont été adoptées par le comité et seront proposés pour
ladoption à létape 8 à la prochaine Commission du Codex.
Un groupe de travail sur les méthodes danalyse sur les sucres sest réuni
pendant la session. Le rapport du groupe de travail figure dans le document CRD 6. Le
comité, à la demande de lInde, a accepté de remplacer la méthode de référence
pour la détermination de la blancheur du sucre blanc par une nouvelle méthode plus
favorable au sucre de canne. Une telle évolution pourrait permettre au sucre dit de
plantation, qui est moins raffiné, daccéder au marché communautaire si le
système des quotas européens était révisé.Cette proposition devra être validée par
la CCMAS avant dêtre proposée pour ladoption à létape 8 par la
Commission du Codex.
Direction Générale de lAlimentation (France)
avec l'aimable autorisation de la revue Abeille de France
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